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Note moyenne 4.06 /5 (sur 8 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Saint-Servan , le 12/8/1917
Mort(e) à : Bazouge-la-Pérouse , le 08/12 /1980
Biographie :

Angèle Vannier est une poétesse française.

Elle passe une enfance heureuse dans un milieu essentiellement féminin. Sa mère la confie à la grand-mère alors qu'elle n'est qu'un bébé de 8 mois. Sa grand-mère vit dans la demeure familiale, "Le Châtelet" à Bazouges-la-Pérouse, avec sa belle-sœur : toutes deux sont veuves. Avec elles vivent deux autres femmes, la tante d'Angèle (fille de la grand-mère), très pieuse, et Amélie, la servante. Angèle vivra au milieu de ces quatre femmes jusqu'à l'âge de 8 ans. Elle retrouvera ensuite ses parents à Rennes où elle sera scolarisée.

En 1938, alors étudiante en pharmacie, elle devient aveugle à cause d'un glaucome qui n'a pas été soigné. Elle décide alors de retourner vivre dans la maison de sa grand-mère. Là-bas, alors que sa grand-mère et la belle-sœur sont morte, elle passera un an auprès de sa tante et d'Amélie, pour apprivoiser le monde nouveau dans lequel elle est obligée de vivre à présent.
Là-bas, puisqu'elle ne peut plus écrire, Angèle Vannier dicte ses poèmes et elle passe le reste de son temps à marcher dans la forêt, retrouvant peu à peu goût à la vie. Son amie vient lui lire des poèmes se trouvant dans la revue "Le goéland" à laquelle elle est abonnée. Elle y découvre ceux de Théophile Briant (1891-1956). Elle envoie à la revue ses propres poèmes qui seront publiés et elle reçoit même le prix de poésie.
C'est Théophile Briant qui va préfacer son premier recueil de poèmes "Les songes de la lumière et de la brume" (1946) et la faire connaître.
Elle retourne à Rennes, fréquente la faculté des Lettres, anime des émissions sur Radio-Rennes avec Pierre-Jaquez Helias.

En 1947, elle part à Paris, seule, bien décidée à vivre et à rencontrer d'autres poètes. Elle rejoint le cercle des poètes de Saint Germain-des-Prés.
En 1955, Angèle écrit pour Édith Piaf "Le chevalier de Paris" qui sera mis en musique par Philippe Gérard et obtiendra le premier prix de la chanson française, puis fera le tour du monde en plusieurs langues et donnera lieu à de nombreuses reprises. Elle va aussi rencontrer Paul Eluard et, avec lui, le surréalisme qui marquera son œuvre. Il va d'ailleurs préfacer ainsi son second recueil de poèmes "L'arbre à feu" (1950). Elle publie un certain nombre de recueils qui lui valent le grand prix de poésie de l’Académie française.
En 1973, elle retourne s'installer dans son village d'enfance et crée le spectacle La Vie tout entière avec le harpiste Myrdhin.
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Source : http://www.bulledemanou.com
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
babounette   20 mars 2019
Choix de poèmes de Angèle Vannier
Je suis née de la mer et ne le savais plus



Trop de pavots avaient maculé mes pieds nus



Les soirs où les bergers m'appelaient dans la ronde



Pour passer le furet de ma main dans leurs mains



Furet des bois jolis furet des vieux jardins.



Je suis née de la mer et ne le savais plus



Trop de chênes avaient appris à mon corps nu



Cette haute caresse où l'écorce connaît



La façon d'arracher aux jeunes filles blondes



Des gouttes de bonheur de quelque sainte plaie.



Je suis née de la mer et ne le savais plus



Trop de bêtes avaient partagé mon cœur nu



Dans les hautes futaies habitées par la lune



Trop de sangliers forts à renifler l'oronge



Trop de biches mes sœurs effrayées par leurs songes



Trop de martins-pêcheurs gonflés d'humides chants



Délivrés par leurs becs en baisers trop savants.



Je suis née de la mer et ne le savais plus



Mais l'homme au bras marin me parla de l'écume



Et l'humus des forêts fut le sable des dunes



Et les bergers laissant leurs troupeaux de moutons



Au premier loup venu gardèrent des poissons



Le nez du sanglier fouilla le goémon



La biche apprivoisa chaque lame de fond



Et les désirs des fûts chantèrent un navire



Que les oiseaux pêcheurs voilèrent sans rien dire



De leurs ailes tendues à des ciels inconnus.



Je suis née de la mer et ne l'ai reconnu



Qu'au bras de mon amour et ne l'oublierai plus.



Angèle Vannier «Choix de poèmes» ed.Seghers 1961
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babounette   20 mars 2019
Choix de poèmes de Angèle Vannier
Délivrance (extrait)



Épuiser l’ombre

Avec des mains bénies

Je connais le fond de la nuit

Mon existence est une étoile

Une fatalité d’or vert

Où la pureté se fait chair.

Je prends la place des prairies.



Ah! Que la terre est infinie!
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coco4649   09 octobre 2016
Angèle Vannier. Avec la permission de Dieu. Orné de 3 dessins par Louis-Roger de Angèle Vannier
J'adhère





J'adhère au chant du berger solitaire qui use du bois de son propre corps pour alimenter le feu créateur



J'adhère au voyou à l'œil louche qui jette son mégot contre une meule de paille pour griller l'antre du métayer



J'adhère à la jeune fille qui se noie dans les eaux inférieures pour un simple chagrin d'amour



J'adhère à la chute des eaux supérieures qui lavent notre crasse et fait des vierges avec des putains épuisées



J'adhère aux crucifiés de tous les siècles pour cause de guerre de religion



J'adhère aux filles de joie qui se promènent dans les chansons à boire assassinées par les rouliers dans les soupentes



J'adhère au feu à l'eau quelles que soient leurs sources et leurs embouchures



J'adhère à l'élément trouvé pour faire la soudure dans les mines de la nature.

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cathcor   21 juin 2012
Choix de poèmes de Angèle Vannier
Les prêtres du soleil ont tout vu ont tout dit

L'aveugle à son miroir cherche à violer la nuit.
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Erik35   18 septembre 2017
Poèmes choisis (1947 - 1978) de Angèle Vannier
AVEC TES GRANDS YEUX VERTS



Que veux-tu Brocéliande avec tes grands yeux verts

battus

cernés par les caresses des amants

noués et dénoués au bord de la fontaine

ton cœur ricoche dans la nuit

sur les serments défaits

Je t'ai vécue deux fois dans l'arbre de ma vie



C'est le ventre de ma mère que je t'ai lue

fœtus

baignant dans les eaux



Et j'ai précipité ma naissance

pour m'engager les yeux ouverts

plus vite en ton nom



Mais c'est aveugle que j'ai vu ton sens

et même pris ton texte à la lettre



Au premier tour de fièvre

enroulée dans l'instinct

des feuillages des sexes

et des lièvres enfouis dans leur terrier de sang

tu m'as donné tu m'as repris

le goût de ces paniers tressés pour le cavalier

des chansons



Au second tour de cœur

tu m'as gardé douze ans alliances

alexandrines

cercle

on m'a lâché pour que j'écrive ou que je vole



Et j'atterris à tes genoux

ce soir

cachant mon corps dans un buisson orange et noir

puisque je veille

et porte les couleurs du sens

de tes fruits

arborés



tard
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coco4649   09 octobre 2016
L'arbre à feu de Angèle Vannier
Entre la pluie et le soleil

L'aveugle touche l'arc-en-ciel

L'aime, le respire et l'écoute

Sans s'étonner que sur sa route

Un bras ami des yeux du cœur

Ait envoyé les sept couleurs.



Je dis Violet quand les statues

Rêvent de Pâques revenues

L'Indigo sur ma langue passe

Quand je la passe à l'eau de grâce

Où la boule miraculeuse

Fut plongée par quelques laveuse.

Je dis Bleu quand les hirondelles

Reconnues au bruit de leurs ailes

Rentre au nid de ma tourelle…



Je dis Rouge quand ton amour

Se met à traverser ma nuit…

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Erik35   08 juin 2016
Poèmes choisis (1947 - 1978) de Angèle Vannier
La quatrième chambre est un ventre de pluie



La voyeuse affutée jusqu'au faîte

du regard

Dort dans la dormition de cette prose humide et ronde

investie par son double au comble de sa chair



Un nénuphar aveugle a surgi de ses paumes



De voyeuse à voyante il existe un loup blanc

qui écarte en rêvant les cuisses de la femme

pour peu qu'elle consente à ce ventre de pluie

le soir où les chasseur visent des roses mâles
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Erik35   10 juin 2016
la nuit ardente de Angèle Vannier
Gaël extrait de son sac à dos une boite d'allumettes, un paquet de bâtonnets d'encens, un traité de magie de Papus, un couteau et de vieux journaux. Il pose le tout sur la grande dalle de granit où Viviane et Merlin, d'après la légende, se sont pris l'un pour l'autre d'un amour fou que l'usure des siècles n'a pas réussi à entamer.

Anne dit :

--- Quelle folie, Fabienne ! Quelle folie de nous avoir entraînés ici !

Brocéliande ! Il est environ onze heures du soir. C'est la nuit de la Saint-Jean d'été, le solstice d'été. Fabienne rayonne : elle a atteint son but en temps voulu. Elle est à genoux au bord de la fontaine. Gaël la regarde : elle n'est pas jolie ; pourtant Gaël a tapissé sa chambre d'une série de portraits de Fabienne dessinés par lui. Il a cru souvent puiser dans la contemplation de ce visage au front bas, aux pommettes saillantes, au menton volontaire, l'énergie dont il a besoin pour secouer son penchant à la rêverie confuse, car il sait que quand Fabienne, elle, s'engage dans le rêve, c'est pour creuser les fondations de quelque chose qui avec le temps fini toujours par prendre corps.
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coco4649   31 mai 2018
A hauteur d'ange de Angèle Vannier
L'aveugle à son miroir





L'ange exterminateur a retourné mes yeux

Vers la terre promise et la face de Dieu.

Je bénis cette main qui m'a donné le droit

De changer l'eau en vin à la table du roi.



Aveugle chaque jour, j'entre dans mon miroir

Comme un pas dans la nuit comme un mort dans la tombe

Comme un vivant sans cœur dans un corps de colombe.

Mais je vois de mes yeux courir sous le manteau



Quelque chose de Dieu qui passe et qui repasse

La couleur d'un amour qu'un regard d'homme efface.

Et mon sang dévasté par le tour des orages

Travaille à dégager sa course du chaos

À calculer le poids des armes et bagages

Que la vie vous accroche en douce sur le dos.



Le marchand de miracle est passé par ici

Mes yeux sont au tombeau mon âme au paradis.

Seigneur tu m'as promis que je lirai ce soir

Le véritable nom de l'arbre dans le noir.



Les prêtres du soleil ont tout vu ont tout dit

L'aveugle à son miroir cherche à violer la nuit.

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coco4649   25 mai 2020
L'arbre à feu de Angèle Vannier
Vent printemps





Celles qu’on éteignait celles au blanc promises

Celles qu’on habillait de silence et de froid

Celles qui ronronnaient des leçons bien apprises

Cœur battant cils baissés mais qui n’y croyaient pas.



Celles qu’on enfermait dans des chapelles grises

Celles qu’on emmurait dans les plus hautes tours

Celles qui n’attendaient qu’un signe de la brise

Ont cassé leurs carreaux pour passer dans l’amour.



Nous t’embrasserons trois fois sur la bouche

Chevalier printemps pas très comme il faut.

Est-ce défendu que les vierges couchent

Avec un amour couronné d’oiseaux ?



Et tant pis s’ils sont vrais ces vieux dits de nos mères

Que le vent du printemps fit les quatre cent coups

Dans les bois dans les prés sur le bord des rivières.



Ca alors si vous saviez comme on s’en fout
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