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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
aboirie   09 février 2018
Angélique B.
La porte entrouverte, je frappe tout de même avant d’entreprendre de franchir le seuil.

— Hé ho ?



Je la renferme et avance jusqu’à l’escalier central d’où je n’ai pas besoin de relever le regard pour savoir qui en descend, avec le cliquetis de ses talons aiguilles et son parfum bon marché qui assaille mes narines. Au déplaisir de revoir Nikki Lovac, toujours aussi vulgaire qu’au club dans sa robe jaune poussin à ras des fesses.



— Tiens, la vilaine petite sorcière inutile, chantonne-t-elle en s’accoudant à la rambarde de l’escalier, un sourire de cinglée aux lèvres.



Je ne relèverai même pas, elle n’en vaut pas la peine.



— Où est Kerian ?



— Il prend sa douche maintenant que nous avons fini.



Nous ?



Elle se campe prudemment sur ses échasses de quinze centimètres puis descend les quelques marches restantes, relevant sa robe un peu plus haut sous chacun de ses mouvements.



N’a-t-elle aucune décence ou respect pour elle-même ?



— Dis-moi, toutes tes robes rétrécissent au lavage, ou tu ne trouves pas l’équivalent d’une robe qui serait plus longue que ton string ?



Touchant enfin terre promise, le pot de peinture s’approche de moi.



— Ça n’a pas l’air d’avoir dérangé Kerian, tout à l’heure. À vrai dire, moins de tissus il y a et… enfin tu vois, gazouille-t-elle en plantant ses dents dans sa lèvre inférieure.



Mes mâchoires se serrent toutes seules, sans que je ne puisse rien y faire.



— Mhmm, il est tellement bestial que la plupart du temps, c’est lui qui me les raccourcit en me les déchirant sauvagement.



Une boule de dégoût se forme dans ma gorge. Et dire qu’il m’a allumée il y a moins d’une heure pour se la taper après !



— Libre à lui de tremper dans de vulgaires grognasses dans ton genre. Si c’est ce qui le branche, grand bien lui fasse.



— On ne peut pas empêcher les gens d’être jaloux, hein, petite sorcière ?



Calme. La cogner n’arrangera rien, mis à part mes nerfs !



— Jalouse ? D’une fille facile comme toi, qui de surcroît n’a pas une once de respect pour elle-même ? Oui, t’as raison, ça ne se voit pas, là, mais je crève de jalousie. J’envie ton charisme, ma belle, et tout ce qui fait de toi… enfin, ça, là, persiflé-je en faisant des moulinets avec mes mains pour désigner son allure de rouquine déglinguée.



— Je le savais.



Non, mais, elle est sérieuse, là ? Elle n’a pas saisi l’ironie, en plus de ma remarque sarcastique ?



Aïe, aïe, aïe…



— Whaou ! Dis-moi ton berceau a pris feu quand t’étais petite et tes parents ont dû l’éteindre à coups de poêle ? Non, parce que là, ma grande, je dis que la connerie à ce summum, ça devient gênant et y a de quoi se poser de sérieuses questions. Ou pas. En même temps, vu ton cas, il y a certainement une raison logique à cela, comme quelques rouages qui doivent être grippés ou un bon nombre de neurones qui manquent à l’appel dans ta petite caboche, pour penser que je puisse être jalouse de toi.



Houla ! Cette fois, la grognasse, euh, je veux dire – Nikki – saisit mon sarcasme, puisqu’elle réduit la distance, les oreilles fumantes.



— Espèce de petite salope ! éclate-t-elle, furieuse.



— Je t’en prie, ne fais pas de ton cas une généralité.



Hystérique, la rouquine fonce sur moi, enfin disons aussi vite que ses talons de quinze centimètres le lui permettent.



— Tu vas me le payer, garce !



— Nikki, Nikki, Nikki, fredonné-je de dépit, les mains sur les hanches.



Elle se stoppe, plissant les yeux d’un air circonspect.



— Tu n’as donc que des insultes à la bouche. Écoute donc ce silence, il est bien plus agréable, non ?



— Arrrghhh !



Elle bondit sur moi, mais je n’ai pas plus tôt eu fait de la repousser, que par inadvertance, bien évidement, je brise l’un de ses talons aiguilles avec mes pouvoirs, la faisant ainsi ridiculement s’écrouler à mes pieds ; chute mémorable, tant par sa symbolique que pour l’expression indescriptible peinte sur son visage à ce moment-là.



Méchante, moi ? Non.



— Mesdemoiselles, s’annonce Kerian d’une voix forte.



Je relève la tête tandis que mes yeux le cherchent. Sortant d’un renfoncement, il s’approche de la balustrade, pose dessus ses deux bras en nous observant, amusé. Il ne porte pour tout habit qu’une serviette de bain qui lui cintre parfaitement les hanches. La vue n’est pas pour me déplaire l’espace d’un instant, avant que la crue réalité me rattrape et la raison de cet accoutrement s’impose à moi. Lui et Nikki couchant ensemble après notre conversation téléphonique.



— Elle m’a agressée, Kerian ! glapit la pleurnicharde, en se relevant.



— Léana, me réprimande-t-il gentiment.



— Quoi ! Ce n’est pas de ma faute si son talon a lâché, ça casse ces machins-là, répliqué-je sèchement.



— Elle s’en est prise à moi, Kerian, et délibérément ! Je demande réparation pour ça, fais quelque chose, piaille cette dernière en pointant sa griffe sur moi.



Oh, je vous en prie, achevez-moi !



Elle demande « réparation », sérieusement ?



Je me frotte les tempes avant de rejeter mon regard dans celui du brun.



— Bon, tu avais réellement quelque chose à me dire, ou tu voulais simplement me torturer les tympans avec ta nympho ! fais-je, agacée.



Il incline la tête sur le côté, visiblement surpris par ma soudaine froideur.



— C’est important, oui, monte, lâche-t-il d’un ton autoritaire en rebroussant chemin.



Rectification : Kerian a le don de m’apaiser, autant qu’il peut m’exaspérer !
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aboirie   09 février 2018
Angélique B.
igts et m’écarte d’un pas que Kerian absorbe immédiatement.



— Je ne peux…



— Une danse. Non…



— Rien qu’une.



Son regard à moitié suppliant finit d’affaiblir ma lutte. Ayant raison de mes dernières forces, j’accepte en toute connaissance de cause.



La fébrilité pulse dans mes veines comme une bombe à retardement. Kerian glisse l’une de ses mains dans le creux de mes reins tandis que l’autre finit sa course plus bas, au-dessus de mes fesses.



Je fais courir les miennes le long de ses flancs, d'abord, maladroitement, avant de céder à la tentation de les enrouler autour de sa nuque, rendant plus intime notre étreinte. Son corps tressaille à mon toucher alors que le mien perd totalement pied contre le sien.



Captivée par nos mouvements et nos regards, je ne sais combien de minutes s’ensuivent pendant cette longue danse lascive. Nos visages se rapprochent de plus en plus, si près que nos lèvres s’effleurent et se taquinent. Je suis comme happée par cet instant, submergée par ses pupilles assombries par le désir qui les dilate, le même désir qui flambe en moi comme un appétit à satisfaire, une soif à étancher. J’égare mes mains dans ses cheveux dont je ne peux m’empêcher de caresser et d’empoigner la vigueur quand les siennes me serrent plus près contre son corps dans un grognement.



Je sens le tambourinement de ses battements de cœur s’affoler le long de mon bras, s’alignant à la même cadence que le mien. C’est comme si plus rien n’existait autour de nous, comme si plus rien ne me semblait être une mauvaise idée. Ce qui en devient dangereux et imprudent car Kerian est comme un feu qu’on ne doit pas approcher, sous peine de se brûler les ailes.



Un feu puissant est dangereux, mais qui en dépit de cela m’attire irrémédiablement, et attise cette flamme en moi qui se consume à petit feu en sa présence. Réduisant une a une les barrières que je tente d’ériger entre lui et moi, en cendres. Inclinant son visage près du mien ses lèvres frottent contre ma joue jusqu’à atteindre mon oreille de son souffle sulfureux:



— Si tu savais combien je te veux en cet instant, susurre-t-il, et à quel point je regrette que nous soyons en mission. Sa voix n’est plus qu’un filet rauque et sensuel dans mes tympans, m’infligeant de violents frissons.



— Léana…



Nos respirations superficielles s’entrechoquent lorsqu’il approche ses lèvres tièdes des miennes.
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aboirie   04 mars 2018
La conquête du sang, tome 2 : Révélations de Angélique B.
À bout de souffle, il met un terme à notre baiser et recule son visage du mien sans toutefois retirer ses mains de mon corps. Nos lèvres sont gonflées par notre échange enfiévré, nos respirations bruyantes et erratiques, tandis que mon cœur est sens dessus dessous. Non seulement j’éprouve quelque chose de différent en sa présence et à son contact, mais maintenant que j’ai goûté à ses lèvres, que je connais la saveur de ses baisers et parcouru son corps du mien, je n’ai plus qu’une seule envie… recommencer.



Un sourire caressant se dessine sur ses lèvres tentatrices, sa main dans mes cheveux les quitte pour rejoindre celle qui relâche aussi ma cuisse. Il les pose toutes deux sur mes fesses qu’il cajole entre ses paumes. Puis il les presse d’un geste vif pour me soulever de terre, forçant mes jambes à encercler son bassin et mes bras à passer autour de sa nuque. J’émets un hoquet de surprise mélangé à un plaisir non feint, en sentant son membre se presser contre mon intimité. Cette nouvelle proximité déclenche chez lui un sourire indécent tandis qu’il nous dirige vers un renfoncement un peu plus en retrait de la foule.



Je ne crois pas que nous devrions nous retrouver tous les deux dans un recoin isolé après… « ça ».



— Je ne suis pas sûre que… mon souffle se meurt dans une vaine tentative de reprendre le dessus.



Nous échouons toujours enlacés dans une alcôve, où Kerian me coince contre le mur me retenant fermement entre ses bras.



— Kerian…
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aboirie   09 février 2018
Angélique B.
Un hurlement de métal résonne dans l’habitacle à chaque coup porté par leurs multiples assauts qui finissent par soulever la Porsche, d’abord par l’arrière puis sur les côtés, jusqu’à ce que Kerian perde complètement le contrôle du véhicule. Nous dévions de notre trajectoire, la voiture est propulsée vers le parapet lorsque nous traversons le pont.



— La rambarde ! crié-je quand la voiture semble en prendre la trajectoire.



— Accrochez-vous ! Kerian braque le volant de droite à gauche afin de nous stabiliser et de nous garder sur la route.



Mais inéluctablement la voiture entre en collision avec la rambarde à deux lisses, qui explose sous l’impact, nous entraînant malgré nous dans une chute de plusieurs mètres.



Nous dégringolons le ravin à n’en plus finir, de tonneau en tonneau, et c’est dans un vacarme assourdissant de bruit de tôle et de verre brisé que notre chute interminable s’achève près d’une clairière, roues en l’air, la voiture sur le toit. Un bourdonnement se greffe à mes tympans.



Désorientée, je secoue la tête et bats plusieurs fois des paupières pour stabiliser ma vue tandis que quelque chose de chaud coule le long de ma tempe. J’ai du mal à respirer, cela est probablement dû à quelques côtes fêlées. Me remuant un peu je sens ma jambe gauche se déchirer…
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aboirie   09 février 2018
La conquête du sang, tome 1 : La traque de Angélique B.
Son visage se marbre du teint silencieux et du brusque sérieux dont ses traits s'enténèbrent, et mon corps, lui, comme à son habitude, répond à ma place et lui permet. Il fait lentement redescendre sa main qui retient mon bras pour rejoindre l'autre qui accroche le bas de ma blouse. J'écarte les bras et le laisse soulever l'ourlet. Son regard ne se décroche pas du mien, il scrute et analyse chacune de mes réactions quand il me frôle de manière accentué ou vague et que ça me brûle la peau. Je fais de mon mieux pour ne rien laisser paraître, mais je suis certaine qu'il entend les battements de mon cœur s'affoler et cogner comme une petite furie, moi en tout cas, je les entends...
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aboirie   04 mars 2018
La conquête du sang, tome 2 : Révélations de Angélique B.
Mains jointes nous sommes tout proches de la crique où nous avons garé la voiture, quand une fulgurante douleur me transperce le bas de la jambe gauche. Je lâche la main de Kerian, sous le choc qui me fait perdre l’équilibre et je tombe à genoux.



— Léana !



J’ai l’impression que l’on me déchiquette la chair de la cheville au mollet. Dans un cri de douleur étouffé, je porte ma main à ma blessure invisible qui se dévoile alors sous mes yeux.



— Qu’est-ce que…



Sans comprendre ce qui se passe, Kerian tente de m’aider à me relever lorsqu’il est brutalement projeté en arrière par quelque de chose de puissant.



Oh non…
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aboirie   14 avril 2018
La conquête du sang, tome 3 de Angélique B.
Je retire mon épée Saï de son étui.



— Si vous ne voulez pas me donner un coup de main… dans ce cas, je ne vois plus l’utilité de celle-ci.



— NOOON !



D’un coup sec et vif, je tranche son poignet gauche avec ma lame, puis balance le morceau de chair au sol du revers de mon épée.



— Aaarrrghhh… !



— Alors, dites-moi. Avez-vous encore des doutes sur ce dont est capable une Prêtresse de la Lumière lorsque l’on ne la prend pas au sérieux, et qu’elle commence à en avoir passablement plein le cul de ce qu’elle doit ou ne doit pas être aux yeux des autres ? demandé-je calmement ...
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aboirie   14 avril 2018
La conquête du sang, tome 3 de Angélique B.
Je me mets à courir aussi vite que je le peux afin de réduire la distance jusqu’à la porte au loin. Je passe outre l’odeur et la douleur de mes chairs calcinées qui me monte aux narines alors que mon épiderme s’étiole à chacun de mes pas, de plus en plus lents. Mes pieds brûlent littéralement et ma peau s’en arrache. Je tends les bras de chaque côté et m’aide des parois rocheuses qui sont suffisamment rapprochées, pour ainsi réussir à me maintenir encore debout. Mais mes jambes s’affaissent et finissent par me lâcher, laissant mes genoux s’enfoncer dans les braises...
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aboirie   14 avril 2018
La conquête du sang, tome 3 de Angélique B.
La nausée me retourne l’estomac, qui se comprime avec douleur à cette idée que mon cœur ne peut accepter. Un conflit entre mes sentiments et ma raison qui elle, sait ce qu’elle doit faire. J’ai du mal à respirer, je ne peux supporter ce qui arrivera par ma faute...



J’ai l’impression que l’on m’arrache le cœur de la poitrine.
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aboirie   04 mars 2018
La conquête du sang, tome 2 : Révélations de Angélique B.
Je saute le muret et franchis la distance qui me sépare de… La raison de cette odeur abominable. La raison de ce sentiment qui me serre le cœur d’effroi. La raison de mon sang qui se paralyse d’épouvante. La raison de cette douleur inqualifiable, qui ravage mon corps et mon cœur.



La découverte est macabre et ignoble.
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