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Note moyenne 3.89 /5 (sur 257 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Paris , 1965
Biographie :

Angélique Villeneuve a vécu en Suède et en Inde et réside en banlieue parisienne aujourd'hui.


Elle a publié 7 romans, dont le dernier, Maria (Grasset), a été récompensé en 2018 par le Grand prix SGDL de la fiction. Les fleurs d'hiver, sorti en poche chez Libretto, a obtenu 4 prix. Nuit de septembre (2016) est le récit de deuil qu'elle a écrit peu après la mort de son fils.

Auteur pour adultes, elle s'adresse à la jeunesse depuis le début des années 2010 avec un roman, "A la recherche du paon perdu" (les Grandes personnes). L'ouvrage est sélectionné par la revue Page des Libraire pour le niveau 5e/4e. De nombreux albums suivront, pour la plupart publiés aux Editions Sarbacane.

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SCOP Librairie Les Volcans Les Fleurs d'hiver - Angélique Villeneuve - éditions Libretto
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Citations et extraits (89) Voir plus Ajouter une citation
LydiaB   30 juillet 2015
Un territoire de Angélique Villeneuve
Ils oublièrent ce qu'ils étaient avant, un seul corps à eux trois. Ils devinrent comme des animaux et elle, dans le terrier, après l'effondrement, n'eut d'autre solution que de se dessiner, lentement, un espace humain où se tenir debout. Elle le trouva dans le geste. Elle le trouva dans le linge, dans l'éponge, dans l'évier. Mais elle le trouva, et elle se tint debout.
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LydiaB   27 juin 2015
Les Fleurs d'hiver de Angélique Villeneuve
Tout lui revient.

C'est sa peur à lui qui est différente. Et pourtant.

Pourtant.

La peur.

Ici, rue de la Lune, ou avant, à Belleville, il n'a jamais eu peur. Pas peur d'elle, pas comme ça.



Il pense soudain au fromage. Là, dans sa musette, le gros morceau sec et d'un bel orangé qu'il garde depuis des jours. Le fromage, il se dit, le fromage pourrait être un laissez-passer, un cadeau de roi mage. sous sa paume, le renflement du havresac l'aide à se mettre en mouvement.

Il pose la main à plat sur le bois, et puis s'appuie, d'abord faiblement puis, prenant sa respiration, avec une belle ampleur.

C'est fait.

Il a poussé le battant mais reste sur le palier , bien droit, dans l'obscurité. Alors Jeanne, subitement, lève la tête, les yeux encore trempés du rouge des dahlias.



Si on leur demandait, maintenant, à l'un et à l'autre, il est probable qu'ils ne sauraient pas. Ce qui s'est passé. Ce qu'ils ont pensé, ressenti, à ce moment-là.
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Ladybirdy   28 janvier 2019
Un territoire de Angélique Villeneuve
Dans la journée, son corps ne transpire pour ainsi dire pas. Peut-être dans son sommeil se mue-t-elle en une autre personne, une femme avec la peau qui pleure.
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Erik35   17 juillet 2018
Les Fleurs d'hiver de Angélique Villeneuve
La mobilisation.

Elle y réfléchissait encore.

La guerre.

Qu'est-ce que c'était, la guerre ? Une masse énorme, grise, impalpable, impossible. Incompréhensible. Ces mots-là, ceux de l'affiche et ceux des autres, n'étaient pas des mots pour eux.

Et pourtant, malgré son obstination et l'énergie qu'elle mettait à faire tournoyer dans sa tête mille arguments irréfutables qui prouvait qu'il s'agissait là d'une lubie, d'une trop grande précipitation du gouvernement ou d'une obscure affaire de militaires, sa certitude d'y échapper avec Toussaint se fissurait au fil des heures.
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Erik35   18 juillet 2018
Les Fleurs d'hiver de Angélique Villeneuve
8



Au début de la guerre, on disait qu'on tiendrait facilement six semaines, mais qu'on ne savait pas ce qu'on deviendrait si ça durait six mois.



On disait que dans le Nord, c'était une vraie tuerie.



On disait qu'à Reims on mourait de faim.



On disait que leurs canons tiraient à huit cents kilomètres.



On disait que dans un village, les réfugiés mangeaient du pain mêlé de paille.



On disait que Joffre allait faire sauter toute une ville.



On disait que dans les tranchées c'était presque un palais, qu'on y prenait des douches tièdes et s'installait comme au spectacle.



On disait que des rangs entiers d'Allemands s'effondraient les uns sur les autres.



On disait qu'ils coupaient les mains des enfants, qu'ils mettaient le feu aux vêtements des adultes.



On disait que leurs obus ne faisaient que des bleus, que leurs shrapnels éclataient mollement, que leurs balles traversaient la chair sans rien déchirer.



On disait que malgré les efforts du pape Benoît XV, on n'aurait pas de trêve à Noël.



On disait que dans nos rangs les pertes étaient minimes.



On disait qu'il existait en Indre-et-Loire un hôpital pour enfants mutilés.



On disait qu'à partir du quinze, ils enverraient une bombe toutes les cinq minutes sur Paris.



On disait que le printemps, un matin, allait revenir.
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Erik35   22 juillet 2018
Les Fleurs d'hiver de Angélique Villeneuve
Ce que ces hommes ont traversé de commun, ce qu'ils vivent encore aujourd'hui et l'avenir qui pour eux se dessine, tout cela abandonne le reste du monde sur le bas-côté.
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Erik35   19 juillet 2018
Les Fleurs d'hiver de Angélique Villeneuve
Fermer les yeux.

Dormir.

elle va devoir se lever tôt. La nuit, dehors, sera la même nuit. À cause de ce qui s'est passé avec Sidonie, elle aura une demi-grosse de renoncules en plus de son programme quotidien à faire le lendemain.

Il faudrait laisser fondre. Au creux de son chignon, les pensées viendraient se mettre en rond et, petit à petit, dociles, suinteraient comme une huile chaude au travers des cheveux, des plumes et de la vielle laine du matelas. Les pensées tournoyantes feraient enfin place au sommeil.

Mais les pensées ne sont pas dociles. Elles tournoient.
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Palmyre   01 juin 2018
Maria de Angélique Villeneuve
C'est pendant cette autre nuit de mars, deux ans plus tôt, que tout a commencé à se désarticuler dans sa vie. Ou bien est-ce avant. Va savoir où et comment les histoires prennent racine.
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Ydamelc   26 juin 2016
Les Fleurs d'hiver de Angélique Villeneuve
Le premier soir, il leur faut rouvrir le lit-cage qui, depuis la dernière et si lointaine permission, gît contre le mur du fond.

Dans ce lit dont les montants de fer ne servaient plus qu'à faire sécher le linge derrière la table de travail, Léo s'endort mal, décollée de sa mère, et leurs chairs pareillement douces, leurs tiédeurs par le passé si souvent confondues s'appellent sans fracas, en un imperceptible grésillement qui persiste au- delà de la nuit. Elles se manquent.

Dans le grand lit partagé, malgré l'ampleur du corps qui prend une place immense et lourde, Jeanne a plus froid, se sent plus seule qu'avant le retour du soldat.
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Ladybirdy   28 janvier 2019
Un territoire de Angélique Villeneuve
Sur le chemin vers le village, elle observe la maison des voisins. Dans l’ensemble, les alentours sont tristes, avec de belles pelouses bien taillées, des arbustes arrondis, des fleurs aux couleurs pimpantes. Elle, elle aimerait du fouillis. De la mouche. Du taillis. De l’insecte. De l’épine. Ça doit faire peur aux gens. Les gens aiment contrôler la vie. N’y arrivent pas, se vengent sur le décor.
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