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Note moyenne 3.57 /5 (sur 109 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Paris , le 15/11/1876
Mort(e) à : Paris , le 30/04/1933
Biographie :

D’origine gréco-roumaine, Anna de Noailles, née princesse Bibesco Bassaraba de Brancovan, est née à Paris, où elle vécut de 1876 jusqu’à sa mort, en 1933.

À partir de son premier recueil, "Le Coeur innombrable" (1901), couronné par l’Académie Française, Noailles composa neuf recueils de poèmes, trois romans (dont le savoureux "Visage émerveillé", en 1904), un livre combinant histoires courtes et méditations sur les relations hommes-femmes ("Les Innocentes", ou "La Sagesse des femmes", 1923), un recueil de proses poétiques ("Exactitudes", 1930), et une autobiographie couvrant son enfance et son adolescence ("Le Livre de ma vie", 1932).

Anna de Noailles fut la seule femme poète de son temps à recevoir les plus hautes distinctions publiques. En dépit de l’oubli partiel auquel elle fut soumise après sa mort, des jugements critiques ultérieurs confirment que cette reconnaissance était méritée. Reflétant la situation de Noailles entre romantisme et modernisme, un écart entre forme et contenu caractérise sa poésie où des concepts et des images dynamiques s’efforcent de dissoudre une structure qui reste largement classique.

En s’engageant dans un dialogue avec son héritage littéraire français tout en trouvant une source d’inspiration dans le paganisme grec et dans la pensée radicale de Nietzsche, Anna de Noailles est parvenue à construire une vision poétique originale. Son oeuvre peut être décrite en termes dionysiens – extatique, sensuelle, érotique, ludique, quelquefois violente, et toujours marquée par un courant tragique qui devient plus manifeste vers la fin de sa vie.
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Source : http://www.annadenoailles.org/
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"Le Coeur innombrable d'Anna de Noailles", par Paul Mourousy. Première diffusion le 29/08/1972 sur France Culture. Peinture : Philip Alexius de László, "Anna-Elisabeth, comtesse de Noailles", 1913 Une vie à cheval sur deux siècles pour cette poétesse, romancière française d’origine roumaine, cousine germaine d’Antoine Bibesco (ami de Marcel Proust) : Anna de Noailles, dont on apprendra son amitié "téléphonique" avec Colette ! Thème(s) : Littérature| 19e siècle| Grands Classiques| Littérature Française| Anna de Noailles Source : France Culture

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Citations et extraits (268) Voir plus Ajouter une citation
Anna de Noailles
palamede   20 avril 2018
Anna de Noailles
Chaleur



Tout luit, tout bleuit, tout bruit,



Le jour est brûlant comme un fruit



Que le soleil fendille et cuit.



Chaque petite feuille est chaude



Et miroite dans l’air où rôde



Comme un parfum de reine-claude.



Du soleil comme de l’eau pleut



Sur tout le pays jaune et bleu



Qui grésille et oscille un peu.



Un infini plaisir de vivre



S’élance de la forêt ivre,



Des blés roses comme du cuivre.



(L’ombre des jours)
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Anna de Noailles
sagesse66   15 décembre 2020
Anna de Noailles
La vie profonde



Être dans la nature ainsi qu'un arbre humain,

Étendre ses désirs comme un profond feuillage,

Et sentir, par la nuit paisible et par l'orage,

La sève universelle affluer dans ses mains !



Vivre, avoir les rayons du soleil sur la face,

Boire le sel ardent des embruns et des pleurs,

Et goûter chaudement la joie et la douleur

Qui font une buée humaine dans l'espace !



Sentir, dans son coeur vif, l'air, le feu et le sang

Tourbillonner ainsi que le vent sur la terre.

- S'élever au réel et pencher au mystère,

Être le jour qui monte et l'ombre qui descend.



Comme du pourpre soir aux couleurs de cerise,

Laisser du coeur vermeil couler la flamme et l'eau,

Et comme l'aube claire appuyée au coteau

Avoir l'âme qui rêve, au bord du monde assise...
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Anna de Noailles
Piatka   23 mars 2016
Anna de Noailles
IL FERA LONGTEMPS CLAIR CE SOIR



Il fera longtemps clair ce soir, les jours allongent,

La rumeur du jour vif se disperse et s'enfuit,

Et les arbres, surpris de ne pas voir la nuit,

Demeurent éveillés dans le soir blanc, et songent...



Les marronniers, sur l'air plein d'or et de lourdeur,

Répandent leurs parfums et semblent les étendre ;

On n'ose pas marcher ni remuer l'air tendre

De peur de déranger le sommeil des odeurs.



De lointains roulements arrivent de la ville...

La poussière, qu'un peu de brise soulevait,

Quittant l'arbre mouvant et las qu'elle revêt,

Redescend doucement sur les chemins tranquilles.



Nous avons tous les jours l'habitude de voir

Cette route si simple et si souvent suivie,

Et pourtant quelque chose est changé dans la vie,

Nous n'aurons plus jamais notre âme de ce soir...
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Anna de Noailles
Piatka   13 mars 2014
Anna de Noailles
LE TEMPS DE VIVRE



Déjà la vie ardente incline vers le soir,

Respire ta jeunesse,

Le temps est court qui va de la vigne au pressoir,

De l'aube au jour qui baisse.



Garde ton âme ouverte aux parfums d'alentour,

Aux mouvements de l'onde,

Aime l'effort, l'espoir, l'orgueil, aime l'amour,

C'est la chose profonde ;



Combien s'en sont allés de tous les coeurs vivants

Au séjour solitaire,

Sans avoir bu le miel ni respiré le vent

Des matins de la terre,



Combien s'en sont allés qui ce soir sont pareils

Aux racines des ronces,

Et qui n'ont pas goûté la vie où le soleil

Se déploie et s'enfonce !



Ils n'ont pas répandu les essences et l'or

Dont leurs mains étaient pleines,

Les voici maintenant dans cette ombre où l'on dort

Sans rêve et sans haleine.



- Toi, vis, sois innombrable à force de désirs,

De frissons et d'extase,

Penche sur les chemins, où l'homme doit servir,

Ton âme comme un vase ;



Mêlée aux jeux des jours, presse contre ton sein

La vie âpre et farouche ;

Que la joie et l'amour chantent comme un essaim

D'abeilles sur ta bouche.



Et puis regarde fuir, sans regret ni tourment,

Les rives infidèles,

Ayant donné ton coeur et ton consentement

A la nuit éternelle...
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Anna de Noailles
Piatka   27 mai 2014
Anna de Noailles
LA VIE PROFONDE



Être dans la nature ainsi qu'un arbre humain,

Étendre ses désirs comme un profond feuillage,

Et sentir, par la nuit paisible et par l'orage,

La sève universelle affluer dans ses mains !



Vivre, avoir les rayons du soleil sur la face,

Boire le sel ardent des embruns et des pleurs,

Et goûter chaudement la joie et la douleur

Qui font une buée humaine dans l'espace !



Sentir, dans son coeur vif, l'air, le feu et le sang

Tourbillonner ainsi que le vent sur la terre.

- S'élever au réel et pencher au mystère,

Être le jour qui monte et l'ombre qui descend.



Comme du pourpre soir aux couleurs de cerise,

Laisser du coeur vermeil couler la flamme et l'eau,

Et comme l'aube claire appuyée au coteau

Avoir l'âme qui rêve, au bord du monde assise...
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Anna de Noailles
Eve-Yeshe   01 mai 2015
Anna de Noailles
L’ardeur



Rire ou pleurer, mais que le cœur

Soit plein de parfums comme un vase,

Et contienne jusqu’à l’extase

La force vive ou la langueur.



Avoir la douleur ou la joie,

Pourvu que le cœur soit profond

Comme un arbre où des ailes font

Trembler le feuillage qui ploie ;



S’en aller pensant ou rêvant,

Mais que le cœur donne sa sève

Et que l’âme chante et se lève

Comme une vague dans le vent.



Que le cœur s’éclaire ou se voile,

Qu’il soit sombre ou vif tour à tour,

Mais que son ombre et que son jour

Aient le soleil ou les étoiles…



Anna de Noailles, Le cœur innombrable
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Anna de Noailles
Piatka   17 mai 2015
Anna de Noailles
LE PREMIER CHAGRIN



Nous marchions en été dans la haute poussière

Des chemins blancs, bordés d’herbes et de saponaires.



Le descendant soleil se dénouait sur nous,

Je voyais tes cheveux, tes bras et tes genoux.



Un immense parfum de rêve et de tendresse

Était comme un rosier, qui fleurit et qui blesse.



Je soupirais souvent à cause de cela

Pour qu’un peu de mon âme en souffle s’en allât.



Le soir tombait, un soir si penchant et si triste,

C’était comme la fin de tout ce qui existe.



Je voyais bien que rien de moi ne t’occupait ;

Chez moi cette détresse et chez toi cette paix !



Je sentais, comprenant que ma peine était vaine,

Quelque chose finir et mourir dans mes veines,



Et comme les enfants gardent leur gravité,

Je te parlais, avec cette plaie au côté…



J’écartais les rameaux épineux au passage,

Pour qu’ils ne vinssent pas déchirer ton visage ;



Nous allions, je souffrais du froid de tes doigts nus,

Et quand, finalement, le soir était venu,



J’entendais, sans rien voir sur la route suivie,

Tes pas trembler en moi et marcher sur ma vie.



Nous revenions ainsi au jardin bruissant,

L’humidité coulait, j’écoutais en passant -



Ah ! comme ce bruit-là persiste en ma mémoire ! -

Dans l’air mouvant et chaud, grincer la balançoire



Et je rentrais alors, ivre du temps d’été,

Lasse de tout cela, morte d’avoir été,



Moi, le garçon hardi et vif, et toi, la femme,

Et de t’avoir porté tout le jour sur mon âme…
+ Lire la suite
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Anna de Noailles
sagesse66   12 juin 2021
Anna de Noailles
Chaleur ...



Tout luit, tout bleuit, tout bruit,

Le jour est brûlant comme un fruit

Que le soleil fendille et cuit.

Chaque petite feuille est chaude

Et miroite dans l’air où rôde

Comme un parfum de reine-claude.

Du soleil comme de l’eau pleut

Sur tout le pays jaune et bleu

Qui grésille et oscille un peu.

Un infini plaisir de vivre

S’élance de la forêt ivre,

Des blés roses comme du cuivre.
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marina53   06 avril 2014
Poème de l'amour de Anna de Noailles
Je suis lasse, rien ne m’assiste,

Je voudrais choir sur le chemin.

Dois-je songer que tu existes?

Poursuivrai-je cet examen?

Je rêve à tes yeux, à tes mains.

Que tu me plais! Mais je persiste

À souffrir! — Hélas ! c’est si triste,

Et si joli, un être humain!
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Anna de Noailles
Piatka   22 juin 2014
Anna de Noailles
MIDI



Un store de paille est penché

Sur la vitre où le soleil donne ;

La cloche du déjeuner sonne,

L'air sent la rose et le pêcher ;



Des guêpes de vol et de lucre,

Dans la claire salle à manger

sont arrivées du potager

Pour le melon et pour le sucre.



Les compotiers sont pleins de fruits,

Les guêpes s'en vont et s'en reviennent ;

Les plats de faïence ancienne

Se fêlent d'entendre du bruit.



Soigneux de vos douces haleines,

Pour vous, beaux fruits d'un goût si fort,

Les couteaux ont des lames d'or

Et des manches de porcelaine...



Dans un coin, près d'un broc d'étain,

Une araignée alerte file ;

- Les fruits qu'on mange au soir tranquille

Ne sont pas si bons qu'au matin .



Il faut qu'un peu de soleil dore

Le mal vif et doux qu'on leur fait,

Et que leur fraîche agonie ait

L'encouragement de l'aurore ;



Pour que, plus émus, nous pressions

Leur chair suave qui rayonne,

Il faut que le matin leur donne

Sa luisante exaltation,



Il faut que la claire rosée

Ait attendri leur coeur juteux,

Et que leurs corps pleurent un peu

La moelle existence brisée...
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