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Note moyenne 4.09 /5 (sur 111 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Paris , le 10/01/1948
Biographie :

Annette Wieviorka, née en 1948, est une historienne française, spécialiste de la Shoah et de l'histoire des Juifs au XXème siècle.

A partir de 1968, elle a enseigné dans le Secondaire puis a été détachée comme professeur de lettres et de civilisation française à l’Institut des Langues étrangères du Guangdong (Chine).

Après une agrégation d'histoire obtenue en 1989, elle obtient deux ans plus tard son doctorat (Université Paris XIII-Nanterre) sous la direction d’Annie Kriegel. Sa thèse publiée aux Éditions Plon en 1992 s'intitule "Déportation et génocide entre la mémoire et l’oubli".
Elle est par la suite détachée au CNRS puis devient Directrice de recherche au CNRS (CRHQ-Caen puis au Centre de recherches politiques de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Elle a été membre de la Mission d'étude sur la spoliation des Juifs de France dite Mission Mattéoli (du nom de l'ancien ministre et résistant Jean Mattéoli) créée après le discours de Jacques Chirac reconnaissant la responsabilité de l'État français dans la déportation des juifs de France.

Faite Officier de la Légion d'honneur et nommée Commandeur de l'ordre national du Mérite, elle est aujourd'hui engagée dans le comité de soutien à l'Association Primo Levi (soins et soutien aux personnes victimes de la torture et de la violence politique).

Elle est la sœur de du sociologue Michel Wieviorka et de l'historien Olivier Wieviorka.
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L?historienne Annette Wieviorka revient sur la Shoah et l?importance du travail de mémoire. La chercheuse du CNRS sort elle aussi un livre, une version augmentée d?un de ses premiers ouvrages intitulé « Ils étaient juifs, résistants, communistes », publié une première fois en 1986. Il raconte la lutte armée, contre l?occupant nazi, des FTP-MOI (Francs-tireurs et partisans Main d?oeuvre) à Paris, Lyon et Grenoble.
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
gabylis   16 mai 2016
Auschwitz expliqué à ma fille de Annette Wieviorka
Dans des temps inhumains, être simplement humain relève parfois de l'héroïsme.
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ClaireG   06 septembre 2015
L' Heure d'exactitude - Histoire, mémoire, témoignagne. Entretiens avec Séverine Nikel de Annette Wieviorka
P. 224 - Qu'Auschwitz soit devenu un musée est en soi incongru. Si un musée a pour objet de montrer au public et de conserver des oeuvres d'art, des produits de la culture, celui d'Auschwitz témoigne au contraire d'une éclipse dans la culture, d'un épisode de dé-civilisation.
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ClaireG   06 septembre 2015
L' Heure d'exactitude - Histoire, mémoire, témoignagne. Entretiens avec Séverine Nikel de Annette Wieviorka
P. 230 - Se rendre à Auschwitz pour un homme politique, c'est y chercher un certificat de moralité. Peu importe la façon dont il gouverne, que ses prisons soient pleines de détenus politiques qu'on y torture.
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PATissot   20 juillet 2015
A l'intérieur du camp de Drancy de Annette Wieviorka
[ La déportation des enfants. ]



L'arrivée des enfants en provenance des camps de Pithiviers et Beaune-la-Rolande bouleverse tous ceux qui sont à Drancy. Georges Wellers, nommé chef du service d'hygiène de l'administration juive du camp, a été le témoin de l'arrivée le 15 août et les jours suivants de 4000 enfants juifs de 2 à 12 ans, mêlés en quatre convois à 200 adultes, un pour vingt enfants. Il témoignera de cet épisode au procès Eichmann le mai 1961. Auparavant, André Schwartz-Bart avait intégré son récit à son chef-d'oeuvre " Le dernier des Justes " .

Les enfants ont été conduits de la gare d'Austerlitz à Drancy en autobus. Les baluchons oubliés dans les véhicules sont jetés dans la cour et, dans cet amoncellement, ils tentent, souvent en vain, de retrouver leurs biens. Puis, ils sont " parqués par 110-120 dans des chambres sans aucuns mobilier, avec des paillasses d'une saleté repoussantes étalées par terre. Sur les paliers, on disposait des seaux hygiéniques parce que beaucoup étaient trop petits pour descendre l'escalier tout seuls et aller aux WC se trouvant dans la cour, écrit Georges Wellers, un des rares adultes autorisés à pénétrer dans les chambrées d'enfants après 21 heures. A cette époque, l'ordinaire du camp se composait de soupe aux choux. Très rapidement, tous les enfants furent atteints de diarrhée. Ils salissaient leurs vêtements et les paillasses sur lesquelles ils restaient assis toute la journée et sur lesquelles ils dormaient la nuit. [ . .. . ] Leur sommeil était agité, beaucoup criaient, pleuraient et appelaient leur mère et, parfois, la totalité des enfants d'une chambrée hurlaient de terreur et de désespoir ".

( . . . )

L'internée Odette Daltroff-Baticle accompagne les enfants dans les épreuves qui précèdent leur déportation. " On recrute parmi nous des femmes de bonne volonté pour s'occuper de ces enfants, raconte-t-elle. Nous sommes munies de brassards et de laissez-passer signés par la gendarmerie, qui nous donnent droit de circuler dans le camp. Des autobus arrivent, nous en sortons des petits êtres dans un état inimaginable. Une nuée d'insectes les environne ainsi qu'une odeur terrible [ . . . ] les trois quarts sont remplis de plaies suppurantes : impétigo. [ . . . ] Pour 1000 enfants nous disposons de 4 serviettes, et encore, avec difficulté. Par groupe nous menons ces enfants aux douches, une fois nus ils sont encore plus effrayants, ils sont d'une maigreur terrible [ . . . ] ils ont presque tous la dysenterie. Leur linge est souillé d'une manière incroyable et leur petit baluchon ne vaut guère mieux. [ . . . ] après le départ de ces 3000 ou 4000 enfants sans parents, il en restait 80 vraiment trop malades pour partir avec les autres : mais on ne pouvait les garder plus longtemps. "

Comme les adultes, les enfants subissent la veille de leur déportation la fouille par le SEC et la tonte. Puis, comme le raconte Odette Daltroff-Baticle : " Vers 5 heures du matin il fallait les descendre dans la cour pour qu'ils soient prêts à monter dans les autobus de la STCRP qui menaient les déportés à la gare du Bourget. Impossible de les faire descendre ; ils se mirent à hurler, une vraie révolte, ils ne voulaient pas bouger, l'instinct de conservation. ( . . . ) . "



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Cyril_lect   10 février 2015
Auschwitz : La mémoire d'un lieu de Annette Wieviorka
Encore !

Cet adverbe, nous l'entendons chaque fois qu'est proposé sur Auschwitz un livre, un film, un voyage de lycéens... Encore ! Mémoire saturée, fascination perverse pour l'horreur, goût mortifère du passé, instrumentalisation politique des victimes... Sortir enfin d'Auschwitz... Oublier que cela fut. Ou alors en parler, à la condition d'inscrire les morts d'Auschwitz dans la litanie des assassinés en masse : Indiens d'Amérique, morts des champs de bataille de la Première Guerre mondiale, Arméniens, paysans ukrainiens, Kosovars, hommes de Sebrenica, Tutsi, Herero, Cambodgiens, jusqu'à ce qu'ils se dissolvent.

" Encore ! vont dire les blasés, ceux pour lesquels les mots chambres à gaz, sélection, torture, n'appartiennent pas à la réalité vivante, mais seulement au vocabulaire des réalités passées."
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gabylis   16 mai 2016
Auschwitz expliqué à ma fille de Annette Wieviorka
Pourtant, cet été-là, elle eut un choc en voyant un numéro sur l'avant-bras gauche de Berthe, tatoué d'une encre bleue un peu délavée. Brutalement, tout ce qui circulait à la maison, à la télévision, dans les films ou à l'école s'incarnait, devenait en quelque sorte réel.
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Misswisdom   03 mai 2020
Auschwitz expliqué à ma fille de Annette Wieviorka
Qu'on imagine maintenant un homme privé non seulement des êtres qu'il aime mais de sa maison de ses habitudes de ses vêtements de tout enfin littéralement tout ce qu'il possède: ce sera un homme vide réduit à la souffrance et au besoin dénué de tout discernement oublieux de toute dignité car il n'est pas rare quand on a tout perdu de perdre soi-même ce sera un homme dont on pourra décider de la vie ou de la mort le coeur léger sans aucune considération d'ordre humain, si ce n'est tout au plus un critère d'utilité.
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sarahorchani   12 mars 2020
Ils étaient juifs, résistants, communistes de Annette Wieviorka
On arrive à l'école, le patronyme marqué sur la tête. Des patronymes avec des z, des k, des y et des w, lettres rares sur lesquelles butent immanquablement les instituteurs. Quand le maître appelle son nom en l'écorchant, Étienne Raczymow rougit : " Quand on tombait sur un instituteur qui était bien, qui voulait nous comprendre, au bout de quinze jours, il savait prononcer nos noms... Mais d'autres..Et Victor "Ziegelman ( prononcé "mant" à la française), ce n'était pas du tout courant. J'aurais préféré m'appeler Dupont André, comme un de mes camarades de classe" Et vers 10, 11 ans, l'enfant laisse entendre à qui le questionne qu'il vient d'Alsace. Car il a honte d'être juif, comme d'assister à la confrontation de ses parents à l'univers des Français de souche. " Pour rien au monde je n'aurais voulu que ma mère me vienne me chercher à l'école ", dit Etienne. Une mère qui n'a jamais réussi à parler autre chose que des bribes de phrases françaises colorées d'un accent yiddish à couper au couteau. Un jour, Victor rentre de l'école en pleurnichant. Le maître l'a battu. Sa joue en est griffée. Et le père d'aller se plaindre au directeur, avec son mètre cinquante-neuf,son accent et le français qu'il massacre. Le contraste avec la langue et le maintien du représentant de l'État et de la culture française est pour l'enfant une humiliation terrible.
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oran   20 août 2016
1945, la découverte de Annette Wieviorka
La découverte (du camp) d'Ohrdruf a été l'objet d'une véritable opération de communication, d'une intense médiatisation, pour utiliser des expressions tout à fait anachroniques. Cette opération est fondatrice d'une image unifiée des camps nazis : tous identiques, tous lieux de mort de masse pour l'ensemble des internés, tous lieux de torture où s'exerçaient le sadisme des nazis, ce qui n'est pas faux, bien sûr, mais gomme les différences entre les camps et entre les internés eux-mêmes.

page 88
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oran   20 août 2016
1945, la découverte de Annette Wieviorka
Comme le chewing-gum, la jeep est inséparable du Débarquement. Elle est l’un des symboles des libérateurs américains. Dans le cadre de leur préparation à une entrée en guerre contre les puissances de l’axe que l’administration démocrate estimait inévitable, les Etats Unis avaient travaillé à l’élaboration d’un véhicule de reconnaissance léger, donc minimaliste et sans aucun confort, maniable, tout-terrain, qui avait ensuite été produit en série. Ce véhicule vert olive, sans toit, au pare-brise mobile, devait pouvoir transporter trois hommes, donc disposer de trois sièges « baquet » : un pour le chauffeur, deux pour ses passagers. Il doit en principe être conduit par un chauffeur de l’armée et être affecté pour des raisons d’économie à deux hommes.

Page 40
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