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Note moyenne 3.65 /5 (sur 13 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Sidi-bel-Abbès , 1944
Biographie :

Née à Sidi-bel-Abbès en Algérie, Annie Cohen vit à Paris. Elle a publié une vingtaine d’ouvrages, dont Bésame Mucho, La dure-mère, Géographie des origines (Gallimard), et Le Marabout de Blida (Folio). Parallèlement à son travail d’écrivain, elle mène une activité plastique sous forme de gouaches, de dessins à l’encre de Chine, de rouleaux d’écriture. Un portrait d’elle, La dentelle du signe, a été réalisé en 2008 par Isabelle Singer et Marcel Rodriguez, avec la participation de François Barat (Production Métisfilm /Direction du livre).

Source : http://www.zulma.fr
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Bibliographie de Annie Cohen   (13)Voir plus

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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
Harioutz   26 janvier 2020
Puisque voici l'aurore de Annie Cohen
Avant d'être à nouveau hospitalisée dans la clinique de Meudon, j'ai passé des semaines, assise dans le fauteuil de cuir noir qui tourne. Sans rien faire. Ce sont les médecins qui m'ont enfermée.

Le vide peut occuper une vie.

Sans culture, sans invention.

Écrire est encore si loin.

Et puis ça vient.

Une phrase complexe est attendue, mais elle n'arrive pas, tout est plat, petit, jamais à la hauteur de la véritable écriture. C'est ce qui tue. La folie et l'absence de raison devraient donner d'autres mots. On voit mal le moment où la dépression s'en va : quand j'ai voulu sortir de Meudon, quand j'ai eu la force de faire la valise et de signer une décharge contresignée par FB. Je fais toujours comme ça. Je ne marchais pas, brisée de l'intérieur. La dépression qui ronge peu à peu m'a finalement dévorée et je n'ai pas pu la surmonter.
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Harioutz   31 janvier 2020
Puisque voici l'aurore de Annie Cohen
"Ma blessure existait avant moi, je suis né pour l'incarner", écrivait Joë Bousquet.

Qu'est-ce qui pourrait me faire chavirer ? Quand la maladie est dans la maison, elle imprègne tout.

FB m'a vue si lasse, si dépressive, si proche de la fin. C'est une marche d'amour à deux. Notre union a été sanctifiée, divinisée par les monstres qui m'habitent.

A chaque fois, il est là dans l'amour absolu. Liés l'un à l'autre, comme destinés à ne jamais se dissocier. C'est une histoire qui n'a pas de fin. Il fallait son attention, son recueillement pour que je dépasse les phases maniaques ou dépressives. Il m'accompagne toujours à Sainte-Anne, je passe d'abord puis il vient donner son point de vue et discuter du traitement. C'est lui qui me le donne tous les jours de Dieu.

On a vu des hommes quitter leur femme malade. On en a vu qui les accompagnent amoureusement dans des chimiothérapies violentes.

Marie, notre gardienne, s'est vue abandonnée, elle va à messe de Saint-Médard. Elle a élevé ses deux enfants toute seule avec une longue maladie. Et sans pension alimentaire.
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Harioutz   31 janvier 2020
Puisque voici l'aurore de Annie Cohen
Pourquoi mentir ? Je suis à la porte de Meudon. La maladie bipolaire est indigne tant elle vous plonge dans des abîmes sans nom, elle vous coupe des mots, elle rend le cerveau creux.

On cherche. On cherche d'où vient cette incapacité à sortir du lit avant seize heures. Ce vide mental. On attend la chimie. On l'implore. On a honte d'être une telle larve. Désintéressée de tout. C'est-à-dire obsédée par la mort. On ne pense qu'à ça, c'est ce qu'il faut exprimer au psychiatre. On doit m'assommer d'une manière ou d'une autre. Ecrire n'apporte aucune consolation. Dessiner l'angoisse, la visualiser, extraire de ses entrailles le cataplasme qui oppresse toute respiration, non plus. Je commets un geste de sincérité en traçant ces lettres. Je fuis le fauteuil noir et les idées morbides que je ne cesse de fabriquer comme un objet. Je vis à côté d'un monstre qui me ronge et qui est à égale distance du suicide et de l'hôpital. Arrête ! Mais arrête ! Quand on sait ce qu'est le dangereux précipice. Quand on voudrait ne plus jamais se plaindre. Mais c'est la maladie qui rend minable. Un corps déchiré en deux par le milieu. Toujours ces images de boucher, de croc. La honte mange le sang. Tiens toi debout ! Et je vois une amie courageuse, digne malgré les soucis qu'elle vit. C'est là que je mesure l'ampleur des dégâts psychiques. L'incapacité de relever la tête.
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Harioutz   31 janvier 2020
Puisque voici l'aurore de Annie Cohen
Alors que je ne marche plus, c'est venu avec le syndrome extrapyramidal. Manifestation de Parkinson. Bonjour à lui !

Je m'accroche à un bras et j'avance bien mal avec une canne. Je me revois faisant le tour du quartier, du square, aller à Galaxie, répondre à des rendez-vous au Canon des Gobelins.

Aujourd'hui, je suis foutue, je ne peux rien faire de ce que je viens d'énoncer, ni le marché, ni la pharmacie, ni la boulangerie. Je suis toujours conduite. Et je finis les quelques pas qui restent avec douleur et appréhension. On peut perdre sa dextérité pédestre.

Il faut bien comprendre ce que cela veut dire, peur de tomber, trembler de partout, on ne voit que le lit ou un fauteuil pour apaiser cette angoisse d'être un humain désarticulé.

Ce qui fait que les cigarettes fumées assise au bureau consolent un peu du malheur de ne pas sortir. Mais où aller ?



L'été est à son comble. Pas d'escapade au Touquet-Paris-Plage. Trop diminuée. La kiné donne des exercices mais elle ne fait pas marcher. Demain, je lui demande de descendre dans notre grande cour.

Seule, je piétine, je m'accroche aux voitures, je suis un fil, je n'ai plus le contrôle de mon corps, je frémis, je mesure jour après jour la dégradation, les tremblements des membres.

J'avais observé celle du voisin de quatre-vingt dix ans. C'était mortel. Il faisait des allers et retours dans le couloir de l'étage. Il montait les escaliers, il voulait arriver à sortir son petit chien. Quelle douleur !



Mais quand l'angoisse de la mort est absente, tout reste possible. Je reviens de Sainte-Anne, j'ai tenté d'expliquer au psychiatre le trou noir de la semaine dernière. J'ai raconté que l'angoisse était partie au moment où j'avais décidé d'ouvrir l'ordinateur, et de tout relire.

D'un coup, le ballon chargé du gaz noir qui pèse sur mes entrailles s'est dégonflé. Il m'a toujours dit que je serai sauvée par le clavier.
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oran   27 août 2016
Bésame mucho de Annie Cohen
Samedi matin, au marché de la rue Mouffetard, à l'angle de la rue des Patriarches, devant la pharmacie, en face du café où j'ai repris l'habitude d'aller lire le journal, une vieille tzigane assise sur un tabouret pliant joue de l'accordéon à côté d'un violoniste beaucoup plus jeune (peut-être son fils ou son gendre). Je m'avance vers eux, je mets de l'argent dans leur tirelire en plastique et je leur demande de jouer Besame mucho. (...) Les musiciens ne me quittent pas des yeux. Ils reprennent le couplet plusieurs fois de suite. Je comprends qu'ils ne s'arrêteront pas tant que je resterai devant eux. Il faut que je m'éloigne.

Besame , besame mucho

como si fuera esta noche la ultima vez

Besame mucho

que tengo miedo perterte, perderte despuès

besame, besame mucho

como si fuera esta n oche la ultima vez

besame mucho

que tengo miedo perderte perderte despues.
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oran   13 juillet 2016
Le Marabout de Blida de Annie Cohen
Il était malin comme un singe, ce marabout ; l'entendre me mettait en joie. (...) En joie, disais-je, en raison du peu de nostalgie qu'il affichait malgré ses gestes et ses comportements linguistiques. Quand je le voyais, son visage et son corps se démultipliaient, offrant d'autres formes , des paysages, des couleurs, des aubergines, des parfums de mérou à la sauce tomate, des rondelles de courgettes frites dans une poêlée d'huile d'olive, des poivrons rouges grillés, coupés en fines lamelles sur un immense plat ovale, aillés et persillés, des beignets au sucre, des carottes cuites assaisonnées au cumin, des montecaos, des fèves en salade, du couscous au beurre, des dattes fourrées, des patates douces au sirop, caramélises.
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PartageTesPages   24 février 2021
Puisque voici l'aurore de Annie Cohen
« Puisque voici l’été, un bain dans la Méditerranée serait un rêve avant de mourir. Que l’on m’offre ce dernier voyage ! La mer de mon pays, les vagues, la plage de Staouéli sous les parasols. » (p.65)
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PartageTesPages   25 février 2021
Puisque voici l'aurore de Annie Cohen
« La marche et l’écriture, rien d’autre pour regarder l’horizon. Sinon quelques plaisirs simples qu’il faut savoir s’autoriser. » (p.103)
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PartageTesPages   23 février 2021
Puisque voici l'aurore de Annie Cohen
« La dépression est sans doute la maladie mentale la plus répandue dans le monde. Il faut dire qu’un livre aura été écrit sous cannabis, du matin jusqu’au soir, entrecoupé de la lecture numérique et quotidienne du Monde. De séances de kiné qui ne soulagent en rien un mal dantesque sur l’omoplate droite. » (p.13)
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rkhettaoui   02 mars 2015
Le petit fer à repasser de Annie Cohen
C’est péché de maltraiter l’argent, faudrait pas, faudrait pas, mais l’interdit de le faire s’est levé tout seul, sans m’atteindre. Je ne sais pas comment ça vient ! Mais ça vient ! Le petit fer à repasser ! Un petit plaisir ! On croit qu’il s’agit d’un plaisir ! Mais non ! C’est du gaspillage à l’état pur, de la dépense ! Dépense sans pensée ! Dépense irraisonnée, insensée ! Dépenses !
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