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4.41/5 (sur 1556 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Nice , 1983
Biographie :

Anthony Passeron est un écrivain français.

En 2010, Il devient professeur de Lettres et d’Histoire-Géographie en Seine Saint-Denis. En 2015 Anthony Passeron créé le groupe Pop Folk, The dead fox on the road avec Laetitia Faure. Il sortent un premier disque en 2016 et après un succès remarqué dans la presse (Les Inrockuptibles, FIP, 20 minutes), ils dévoilent un second en 2018. Parallèlement Anthony Passeron se lance dans l’écriture. Il écrit son premier ouvrage, L’art délicat de rater sa vie, un recueil de poésie autobiographique mêlant humour et tragédie.
Dans un premier roman autobiographique, "Les enfants endormis", il redonne vie à sa famille confrontée au sida.

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Découvrez le lauréat du Prix Première Plume 2022, Anthony Passeron pour son roman "Les enfants endormis" publié aux éditions du Globe. https://www.furet.com/livres/les-enfants-endormis-anthony-passeron-9782383611202.html


Citations et extraits (187) Voir plus Ajouter une citation
Au cours de l'année 1982, le nombre de malades diagnostiqués en France progresse. Willy Rozenbaum a trouvé un poste à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, où il peut de nouveau recevoir ses patients. Aucun d'entre eux ne voit son état s'améliorer. Les décès s'accumulent.
L'infectiologue est habitué à côtoyer la mort, mais dans le cas de cette maladie, la condamnation des patients est double : une mort physique et aussi sociale. Les articles de presse, les reportages de télévision sur la maladie ont propagé la peur dans la population. Les proches sont rares au chevet des malades, qui sont réduits à leur homosexualité, leur toxicomanie, la plupart d'entre eux n'ayant plus que de rares médecins comme interlocuteurs.

Page 49, Globe 2022.
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J'ai voulu raconter ce que notre famille, comme tant d'autres, a traversé dans une solitude absolue. Mais comment poser mes mots sur leur histoire sans les en déposséder ? Comment parler à leur place sans que mon point de vue, mes obsessions ne supplantent les leurs ? Ces questions m'ont longtemps empêché de me mettre au travail. Jusqu'à ce que je prenne conscience qu'écrire, c'était la seule solution pour que l'histoire de mon oncle, l'histoire de ma famille ne disparaissent pas avec eux, avec le village. Pour leur montrer que la vie de Désiré s'était inscrite dans le chaos du monde, un chaos de faits historiques, géographiques et sociaux. Et les aider à se défaire de la peine, à sortir de la solitude dans laquelle le chagrin et la honte les avaient plongés.
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Au sein même de services consacrés aux malades qui en étaient atteints, le sida demeurait une maladie tout à fait singulière. Emprisonnée dans la vision morale qu'on avait d'elle, cernée par les notions de bien et de mal, accolée à l'idée de péché. Le péché intime d'avoir voulu vivre une sexualité libre, eu des relations homosexuelles, de s'être s'injecté de l'héroïne en intraveineuse, d'avoir caché sa séropositivité à ses partenaires, à ses camarades de seringue, d'avoir voulu satisfaire son désir d'enfant quand on se savait pourtant condamnée. Des malades étaient plus coupables que d'autres.

Pages 180-181, Globe 2022.
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Le 3 octobre 2014, un article collectif est publié dans la revue Science. Une équipe internationale, dirigée par Nuno Faria de l’université d’Oxford, affirme être parvenue à retracer l’origine historique et géographique de l’épidémie de sida.
On savait depuis plusieurs années que le VIH était une forme de virus ayant migré des grands singes vers l’espèce humaine, probablement au cours d’un accident de chasse ou directement lors d’une consommation de viande, quelque part au sud-est du Cameroun. C’est à partir de cette région que les chercheurs ont commencé à suivre son trajet.
Ils ont séquencé les virus contenus dans des centaines de prélèvements effectués dans cette grande région d’Afrique au cours du XXe siècle, et conservés dans un laboratoire du Nouveau-Mexique. Ainsi, ils ont pu suivre à la fois l’évolution génétique du VIH et ses déplacements géographiques. Dans les années 1920, un premier sujet contaminé se serait rendu du Cameroun à Kinshasa, au Congo. La maladie se serait ensuite progressivement diffusée dans les grandes villes voisines, comme Brazzaville, Bwamanda et Kisangani, aidée en cela par le développement de l’urbanisation, l’essor des transports et les campagnes de vaccination coloniales. La forte présence de travailleurs haïtiens dans cette région de l’Afrique au cours des années 1960 explique probablement comment le virus a traversé l’Atlantique et permet enfin de comprendre pourquoi cette population était particulièrement représentée parmi les premiers cas observés au début des années 1980.
Au jour de la publication de ce travail gigantesque, le sida avait déjà fait plus de 36 millions de victimes à travers le monde.
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Dans le monde très feutré des institutions hospitalières parisiennes, l'inquiétude de l'agitation de ce directeur de service commence à déranger. Tout cela va bientôt lui coûter cher. Un soir de mai 1982, le couperet tombe. La direction de Claude Bernard, gênée par l'apparition d'une population homosexuelle que l'infectiologue attire dans ses consultations, lui signifie que, s'il choisit de continuer à travailler sur ce syndrome, il devra trouver un autre hôpital où exercer. (p.41)
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Sans doute que ça a commencé comme ça. Dans une commune qui décline lentement, au début des années 1980. Des gosses qu'on retrouve évanouis en pleine journée dans la rue. On a d'abord cru à des gueules de bois, des comas éthyliques ou des excès de joints. Rien de plus grave que chez leurs aînés. Et puis on s'est rendu compte que cela n'avait rien à voir avec l'herbe ou l'alcool. Ces enfants endormis avaient les yeux révulsés, une manche relevée, une seringue plantée au creux du bras. Ils étaient particulièrement difficiles à réveiller. Les claques et les seaux d'eau froide ne suffisaient plus. On se mettait alors à plusieurs pour les porter jusque chez leurs parents qui comptaient sur la discrétion de chacun.

Page 75, Globe 2022.
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Des allers-retours entre le village et la ville, entre sa chambre d'hôpital et son appartement, entre la drogue et le sevrage, entre une lente agonie et de brefs moments d'apaisement. Entre la vérité et le déni aussi. Des médecins qui constatent la dégradation progressive de leur patient. Une mère qui affirme que son fils ne souffre pas d'une maladie d'homosexuels et de drogués. Un fils qui dit qu'il ne se drogue plus. À chacun son domaine : aux médecins la science, à ma famille le mensonge. (p.126-127)
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Le sida en avait fini avec nous. Il s'en était allé saccager d'autres corps, gâcher d'autres rêves de vies simples. Il ne laissait derrière lui que les survivants d'une famille sonnée, s'échangeant des comprimés incapables de les endormir pour oublier, quelques heures, des souvenirs qui les hanteraient pour toujours. (p.259)
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Rarement des scientifiques ont côtoyé la mort d'aussi près et se sont confrontés si violemment à leurs propres échecs. C'était d'ordinaire le lot des médecins. L'épidémie de sida bouleverse tout, notamment la relation du chercheur au malade. Elle rend la communication entre eux indispensable, fait tomber des cloisons qui les ont longtemps tenus à distance. Soudain, les échecs de la recherche ne se traduisent plus uniquement par des comptes rendus, sur des écrans d'ordinateur, mais aussi par des visages désespérés.
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Pierre Dellamonica n'était pas soutenu au sein de son propre hôpital. Le chef du service de virologie avait refusé d’analyser les prélèvements sanguins de ses premiers patients susceptibles d’être infectés. Il arguait fièrement ne pas travailler « pour les pédés et les drogués ». (p.120)
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