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Note moyenne 3.11 /5 (sur 167 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Paris , le 06/08/1956
Biographie :

Antoine Audouard est un écrivain et éditeur français.

Petit-fils du surréaliste André Thirion (ami d'Aragon et de Breton, auteur du classique Révolutionnaires sans révolution), fils du journaliste et écrivain Yvan Audouard, filleul d'Antoine Blondin, il est très vite plongé dans le milieu littéraire.

Après des études au lycée Pasteur de Neuilly, puis à Sciences Po, Antoine Audouard a publié chez Gallimard entre 1977 et 1981 trois romans d'éducation sentimentale.

Parallèlement, il rencontre Bernard Fixot, avec qui il commence une carrière d'éditeur, d'abord à Édition N°1, puis chez Fixot et enfin chez Robert Laffont, où il sera pendant six ans directeur général. Il y travaille avec des auteurs aussi différents qu'Alphonse Boudard et Claude Michelet, Bret Easton Ellis et Christian Jacq, Alina Reyes et Jean-Dominique Bauby.

Il quitte les éditions Robert Laffont en 2000 pour revenir à l'écriture. Après "Adieu, mon unique (Gallimard, 2000), traduit en 14 langues, il se lance avec deux amis, Jean-Daniel Baltassat (1949) et Bertrand Houette, dans l'écriture la trilogie "Inca" (2001), publié sous le pseudonyme d'Antoine B. Daniel et traduit dans 27 langues.

Depuis, il a publié neuf livres, dont "Un pont d'oiseaux" (2006), "L'Arabe" (2009), "Le Rendez-vous de Saigon" (2011), "La geste des jartés" (2013), "Changer la vie" (2015), "Paradis Quartier bas" (2016) et "Partie gratuite" (2018).

Il poursuit également des activités d'édition, sur papier ou sur Internet (il est le créateur du Prix Internet du Livre), dans le cadre de la société créée par sa femme, l'éditrice Susanna Lea.

Depuis 2004, il partage sa vie entre Paris et New York.

site officiel : https://www.slog.fr/antoineaudouard
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Source : www.mondalire.com
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Entretien avec Antoine Audouard à propos de son roman Changer la vie



Une grande partie de l`action de votre roman Changer la vie se passe dans la ville de New York au début des années 1980 alors que le narrateur, André, âgé d`une vingtaine d`année, y passe un été. Que représentait la ville de New-York lorsque vous aviez 20 ans ?


Je suis un peu plus âgé que mon héros (de cinq ans exactement) : en 1976, New York était encore pour moi la ville où j’avais failli me rendre trois ans plus tôt, juste après mon bac, à l’invitation d’une amie américaine (rencontrée en Union Soviétique au cours d’un voyage linguistique). J’avais renoncé le matin même de mon vol pour traquer en stop jusque dans les Pyrénées Orientales une jeune fille rencontrée le jour de mon bac, sur les pelouses de la maison des examens d’Arcueil, et dont j’étais tombé fou amoureux ; je me suis contenté d’un pitoyable télégramme à mon amie américaine promettant des explications qui ne sont jamais venues malgré sa gentille lettre de deux lignes : pourquoi tu n’as pas écrit ? Pourquoi tu n’es pas venu ? J’espère qu’elle m’a pardonné. J’ai fini par passer par New York en 1982 – quelques jours seulement, en transit vers la Californie. J’étais avec un ami et nous avons réellement logé au 65 Jane Street, l’adresse de mes héros. Pour le reste, si mon héros ne voit pas ce qu’il attendait, moi je n’ai RIEN vu, si ce n’est les fameux joueurs d’échec de Washington Square, qui d’ailleurs sont toujours là…




Le New-York que vous dépeignez est bien loin de la ville rêvée par le narrateur. Il n`y croise pas ses idoles, parties ailleurs, et certains lieux ont disparu. Pourtant, la ville ne semble jamais décevoir André. Qu`y trouve-t-il que François, son ami, ne semble de son côté pas trouver ?


Je ne donne que des indications assez vagues sur ce que François découvre – ce serait un autre roman que celui de la scène gay new yorkaise au moment de l’explosion du sida, et je n’ai pas été tenté de l’écrire – l’ébauche qui en est donnée m’a suffi, car ici François est le protagoniste dont le mystère reste presque entier : à New York dont il n’attendait rien, il a découvert et vécu son homosexualité. Pour la nier ensuite au fil de sa vie. Pourquoi ? Je ne sais pas. En ce qui concerne les découvertes musicales, sportives, humaines d’André, j’ai pris un grand plaisir à laisser les sensations (de mon séjour new yorkais, bien ultérieur, puisque j’en ai été résident entre 2004 et 2007) se transformer en milk-shake avec mes lectures, mes conversations avec des amis new yorkais, mes impressions musicales et cinématographiques. Le paradoxe d’André est que, parti à la recherche d’un New York mythologique, il y retrouve une France qu’il fuit, et que cela ne l’empêche pas de vivre l’expérience du New York qui se propose à lui – et qui rejoint par une boucle inattendue sa mythologie car c’est peut-être une des forces de cette ville – comme de la culture américaine, que sa mythologie et sa réalité sont dans une infusion réciproque permanente.




Il est question d`une amitié brisée au début du roman, celle de François et d`André qui se sont éloignés au fil des années, sans que les deux ne sachent tellement pour quelles raisons. Est-on maître de son destin ? Peut-on si facilement changer sa vie, l`infléchir ?


Pour moi leur amitié n’est pas brisée, elle est profonde et les imprègne l’un et l’autre : simplement leurs trajectoires de vie ont été si différentes depuis leurs vingt ans, qu’elles ne trouvent plus à s’incarner. Pour la maîtrise du destin il me semble ne pouvoir vous donner que des « réponses de bistrot » et je ne vois pas en quoi un romancier aurait sur ce point, comme sur tant d’autres questions, un point de vue d’expert fondamentalement plus intéressant que n’importe quel être humain. Je pourrais seulement dire que nous sous-estimons peut-être systématiquement, et la part de l’inévitable (génétique, social) et celle des rencontres (« le hasard ») dans ce qui oriente nos vies de façon décisive ; dans cette mesure nous avons tendance à voir émerger assez fièrement, le souvenir de quelques refus alors que le choix de dire oui à ce qui nous arrive est ce qui nous permet de l’expérimenter pleinement – et d’être vraiment vivants… De ce point de vue, « changer la vie » est un slogan qui n’est pas moins trompeur pour les individus que pour les sociétés. Est fausse et dangereuse l’idée selon laquelle par quel acte radical de rupture personnelle ou collective nous pourrions nous réveiller « autres ». Nous nous transformons pourtant bien, c’est vrai,et comme dit mon cher ami Denis, « charlopathe » de métier et poète de tempérament, si nous passons toujours par les mêmes carrefours nous ne sommes pas obligés d’emprunter exactement la même route… Nous ne sommes pas condamnés à la terrible note du Journal de Pavese : Ne dis pas une autre fois je ferai différemment, dis plutôt : une autre fois je sais déjà comment je ferai. Mais ce sont des processus extraordinairement lents et sans doute en bonne partie inconscients, car les forces à l’œuvre en nous relèvent, là aussi, de la nécessité et des hasards, même s’il peut se produire que nos expériences de vie – maladies en tête - nous servent de maîtres efficaces et de guides, pour peu que nous apprenions à les écouter…




Changer la vie, le nom de votre roman était également le titre du programme du Parti socialiste puis l`hymne de François Mitterrand avant les élections de 1981. Avez-vous été marqué par ces quelques mots ?


Sans vouloir paraphraser la phrase "Je préfère avoir eu tort avec Sartre que raison avec Aron" (une parfaite ânerie bien typique de l’intellectuel de gauche français), je ne ressens aucun remords d’avoir été faire la fête à la Bastille plutôt que d’avoir milité avec les jeunes giscardiens. La force du slogan politique est aussi que ses auteurs n’y croyaient pas, mais qu’il a pris de la force par la mystique collective qui l’entourait, naïveté, lassitude de la droite, bégaiement post soixante-huitard, je ne sais plus. Pour moi, j’y croyais comme les autres mais pas plus – c’est-à-dire pas beaucoup. Pourtant quand l’heure de vérité est venue (assez vite) j’en ai ressenti un choc affectif profond, comme beaucoup de gens.




Il est beaucoup question, dans ce roman, de la désillusion née de ces slogans et fausses promesses politiques. Partagez-vous cette désillusion avec le narrateur ?


Oui, mais comme lui je ne crois pas que cette désillusion soit source de tristesse, d’amertume ou de cynisme. J’ai lu Vassili Grossman , depuis, qui nous guérit en une phrase de toute croyance au « Bien » - valeur suprême au nom de laquelle partout on détruit et on tue, et nous rappelle la force de la bonté ( privée, sans témoin, précise-t-il) par laquelle un être humain en aide un autre). Cela laisse peu de place aux messianismes de tous ordres et tend à orienter, dans l’espace public, la sympathie (ou la moindre méfiance) en direction de ceux qui promettent peu et font preuve d’une vraie modération de tempérament protectrice de la vie, plutôt que de promettre l’éternel « grand soir ». On peut être « désespéré » (au sens qu’André Comte Spontville donne au désespoir) et vivre dans le présent le plus joyeusement possible.




Des titres de chansons accompagnent le lecteur tout au long du livre. La musique, comme la littérature, ont-t-ils été pour vous un moyen de vous évader, de vivre d`autres vies ?


Nous vivons tous sous l’emprise d’un sentiment bien exprimé par Emmanuel Berl, que je cite dans le livre : "Ma vie ne ressemble à pas à ma vie." Cela peut se décliner sur le mode du regret, de l’envie, de la déprime de ce qu’on a raté, des occasions perdues… Les chansons, en particulier, et pas forcément les « grandes chansons » (je parle beaucoup du punk new yorkais qui n’est pas une grande musique), nous aident à le vivre avec un truc en plus : à la différence du fil de sa propre vie, une bande son, on peut perpétuellement la modifier et la reprendre, l’ajuster à ses découvertes et à ses humeurs intérieures. La bande son de mon livre n’est que très partiellement celle que j’écoutais quand j’avais l’âge de mes héros. Il y a aussi une bande-livres à laquelle je tiens, car c’est elle qui m’a accompagné tout au long de l’écriture : les poèmes et contes de Supervieille, la poésie de Robert Frost, l’univers de Philip K. Dick, un auteur dont je ne me lasse jamais de redécouvrir le génie qui dépasse le genre « science fiction », Emmanuel Berl, Patrick Modiano, Philip Roth, Saul Bellow, tous des merveilleux « amis pour le bien », pour reprendre la belle expression employée par le philosophe Alexandre Jollien pour nommer les livres qui deviennent nos compagnons de route et de vie.




Antoine Audouard et ses lectures




Quel est le livre qui vous a donné envie d`écrire ?


Le Club des Cinq et le Le Bossu avant le Le dernier des Mohicans, Ivanhoé et la Chanson de Roland.




Quel est l`auteur qui vous a donné envie d`arrêter d`écrire (par ses qualités exceptionnelles...) ?


Aucun. Très longtemps, m’a dit mon père à la fin de sa vie, je n’ai pas compris la différence entre Léon Tolstoï et moi ; maintenant, je sais. Adolescents épris de littérature, nous voulons tous, comme écrivait Victor Hugo, être François-René de Chateaubriand ou rien et, le temps de nous rendre compte que nous ne sommes pas et ne serons jamais Chateaubriand (dans mon cas Stendhal, Honoré de Balzac, Gustave Flaubert, Arthur Rimbaud, Franz Kafka), nous pouvons peu à peu, sans être moins passionnés, accepter que nous ne sommes pas « rien » et que cette confrontation avec nos grands ainés, nos grands contemporains, est une source de vie et de créativité, pas une cause de dépression. J’ai rencontré Romain Gary quelques mois avant son suicide et je me souviens l’avoir entendu dire qu’il lisait peu de romans car il y en avait deux catégories : ceux qu’il aurait pu écrire (la plupart), dont il cessait la lecture au bout de quelques pages par manque d’intérêt, et ceux qu’il aurait été incapable d’écrire, qui le décourageaient. Il mettait dans cette classe Cent ans de Solitude. J’avais trouvé cela attristant et je regrette de ne pas avoir eu la présence d’esprit de lui dire que Gabriel Garcia Marquez n’aurait jamais pu écrire La Promesse de l`aube (je n’aurais pu ajouter La Vie devant soi, ignorant alors l’identité Gary/Ajar) et que cela ne l’attristait pas une seconde… Chez les autres écrivains, même si j’essaie d’en sourire, seules la médiocrité, la tricherie cynique ou la vulgarité humaine sont susceptibles de m’accabler – l’admiration élève et libère au lieu d’inhiber. Je ne sais plus quel âne disait ne pas lire quand il était en train d’écrire, de peur d’être influencé… Il faut être très sûr de soi – par génie ou par bêtise car l’influence de ceux que nous admirons n’est nuisible que si nous les pastichons. Même cela n’est pas sûr : combien de peintres devenus des maîtres ont commencé en copiant des tableaux au Louvre ! Il me paraît moins dommageable d’essayer, à quinze ans, d’écrire en se prenant pour Charles Baudelaire, Arthur Rimbaud, Louise Labé, Marina Tsvetaieva ou Rainer Maria Rilke de se trouver un émule inconscient de Marguerite Duras ou – pire – de Michel Houellebecq.




Quelle est votre première grande découverte littéraire ?



Après les Les misérables, mon premier choc, un livre qu’on ne lit plus guère, je crois : Les Thibault, tome 1 (1/3) : Le Cahier gris - Le Pénitencier..., de Roger Martin du Gard. J’ai enchaîné sur Guerre et Paix (II), que je lisais la nuit et pendant les cours en cachette de mes profs.



Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?



Les nouvelles de Anton Pavlovitch Tchekhov – un des rares cas dans l’histoire de la littérature où ce que l’on devine de l’homme est à la hauteur de l’admiration pour l’œuvre - et Les Confessions de Saint Augustin (les aveux si l’on préfère, dans une traduction plus récente). Et Don Quichotte aussi où, au fil des lectures, l’âge venant, j’apprécie avec plus de profondeur le personnage de Sancho, très loin du comique rondouillard de la caricature. Sinon c’est Honoré de Balzac dont je ne me fatigue jamais, Le Voyage au bout de la nuit, - ce qui me rappelle que je n’ai lu qu’une seule fois cet autre chef d’œuvre de Louis-Ferdinand Céline qu’est Mort à crédit




Quel est le livre que vous avez honte de ne pas avoir lu ?


Honte, aucun, car ils sont nombreux et je suis très heureux, approchant les soixante ans, de ressentir la curiosité, mieux, le besoin d’en découvrir tant. Je n’ai pas réussi à aller au bout de l’L`Homme sans qualités, tome 1 de Robert Musil je n’en suis ni fier, ni honteux. Je constate seulement qu’il en est ainsi. Comme dit Simon Leys, il vient un moment dans la vie où l’on trouve sur son chemin les livres que l’on doit lire… pour ceux que je mourrai sans les avoir lus, tant pis pour moi mais tant que je ne suis ni mort, ni aveugle, je profite de ces plaisirs restés dissimulés comme d’autant de cadeaux de la vie. Si je devais avoir honte de mon ignorance, ce serait pour la faiblesse de ma culture scientifique et médicale, où je ne procède que par élans, sans méthode.




Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?


Méconnue je ne sais pas, mais La mort de Napoléon, le petit chef d’œuvre de Simon Leys, le sinologue, traducteur, essayiste mort récemment et dont on peut retrouver l’esprit dans un superbe volume d’extraits de sa correspondance avec Pierre Boncenne (Philippe Rey éditeur). Dans les classiques Adelaïde, le récit de Gobineau, dont on ne se souvient trop souvent que dans les sources de fait très lointaines, de l’idéologie nazie. Et un de mes livres favoris, le court récit de Joseph ConradThe Secret Sharer, traduit en français sous le titre, Le Compagnon Secret. Plus proche de nous dans le temps, Sylvia, le roman autobiographique d’Emmanuel Berl, d’où est tirée la phrase citée plus haut. Désolé, je ne sais même pas s’il est disponible, mon exemplaire est une vieille édition du Livre de Poche…




Quel est le classique de la littérature dont vous trouvez la réputation surfaite ?


Quand je n’arrive pas à me plonger dans un classique ou à m’en dépêtrer (cf. L`homme sans qualités, tomes 1 et 2, cf. aussi Comte de Lautreamont auquel j’avoue n’avoir jamais rien compris), l’hypothèse que je retiens d’abord est plutôt que c’est moi qui ne suis pas au niveau ; longtemps Marcel Proust m’a fait cet effet jusqu’à ce que, vers la trentaine, j’aie un éblouissement dont je ne suis pas remis et ne tiens pas à me remettre…




Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?


De Flaubert je crois : La bêtise en littérature consiste à vouloir conclure. Pas seulement en littérature… « Ma vie ne ressemble pas à ma vie » me hante aussi, pour ce qu’elle suggère de possibles enfouis et que l’écriture nous donne l’occasion de faire exister, au moins virtuellement.




Et en ce moment que lisez-vous ?


Je viens de finir un roman inachevé de Yasunari Kawabata : Les pissenlits. Magnifique. Obsédé par Balzac, je vais maintenant suivre une recommandation de Leys et lire Le Curé de Tours avant de relire Le Colonel Chabert.





Découvrez Changer la vie de Antoine Audouard
aux éditions Gallimard :



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15 décembre 2009 : Mot de l'éditeur : Un inconnu vient se réfugier en un lieu où il croit trouver la tranquillité : une cave donnant sur une petite place, dans un village du Sud. Un inconnu : un Arabe. Le jour, il charrie des tonnes de cailloux sur un chantier de terrassement. le soir il rentre dans son trou. Pourquoi se cache-t-il ? Le village s'agite, une hostilité sourde monte de la terre. Ici, il n'est pas chez lui et ne le sera jamais. L'Arabe n'entend rien, se berce de l'illusion qu'à force de vivre invisible, il finira par disparaître. Lorsqu'un meurtre est commis sur la place, cette illusion se dissipe. Aux yeux de tous, c'est lui le coupable. Mais les forces qui se dressent contre lui sont anciennes, comme le feu, la rage, la peur. Pour leur échapper, se rendre invisible ne suffira plus. L'Arabe est un grand roman «sudiste», où des personnages de Faulkner ou de Flannery O'Connor traverseraient des paysages à la Giono. le Sud d'Antoine Audouard est lui aussi un vieux pays vaincu, peuplé de figures tour à tour tragiques et grotesques. Ecrit dans une langue où le parler populaire se mêle à un lyrisme altier, ce roman qui multiplie les dissonances et les ruptures de ton est l'oeuvre d'un écrivain accompli. Antoine Audouard est né en 1956. Il est l'auteur de huit romans, dont Adieu, mon unique et Un pont d'oiseaux (Gallimard).

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Citations et extraits (84) Voir plus Ajouter une citation
marina53   26 juin 2015
Changer la vie de Antoine Audouard
Il en est, des silences qui ne s'achèvent pas.
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marina53   25 juin 2015
Changer la vie de Antoine Audouard
La vie, c'est ce qui arrive aux autres tandis que je m'occupe à en rêver.
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marina53   25 juin 2015
Changer la vie de Antoine Audouard
Le mensonge laisse toujours passer un rayon de lumière vers la vérité.
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Ziliz   02 juillet 2015
Changer la vie de Antoine Audouard
Roland, ayant entendu dire par ma mère que j'écrivais "bien", m'avait demandé de réécrire les scènes érotiques d'un auteur de best-sellers, négligeant de me préciser (après un essai d'une page jugé satisfaisant) que, celui-ci n'écrivant pas ses livres, je me trouvais donc à l'ombre de l'ombre, nègre d'un nègre, un ancien de la Légion à qui l'Indo avait donné sur le sexe des vues simplistes et répétitives, où l'arrachage des vêtements et sous-vêtements de la femme (toutes des salopes sauf maman : elles disaient non et pensaient oui) était un point de passage obligé. (p. 35)
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gouelan   31 mai 2015
Changer la vie de Antoine Audouard
[...] ce que j'ai été ne me suffit pas, ne peut me suffire, et même, à mesure que je vieillis, me contente de moins en moins. Nous ne pensons trop souvent qu'à ce que nous avons manqué, raté. Nous ne faisons pas la part assez grande à ce que furent nos rêves. Ce sont eux, cependant, bien plus que nos actes, qui nous accordent avec le temps et le monde. Notre vraie vie est à leurs couleurs [...]



Jean Guéhenno, changer la vie.
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marina53   25 juin 2015
Changer la vie de Antoine Audouard
Notre seul choix, [c'est] de chercher sur quelle bande-son nos rêves se briseront un par un et quelle quasi invisible pièce de tissu nous avons par notre misérable existence ajouté au grand quilt de la vie sur terre.
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Nadael   26 juin 2015
Changer la vie de Antoine Audouard
« Je t'ai vu ouvrir la porte de l'immeuble et à mon tour j'ai murmuré : « Le changement c'est maintenant ». J'ai commencé à rire sans pouvoir m'arrêter, for old time's sake, un de ces fous rires d'abrutis qui nous prenaient parfois, me répétant entre deux hoquets sa phrase, qui a glissé vers le slogan qui nous avait accompagné cette année-là : « Changer la vie. » Mon rire a tourné à la toux, putain d'allergies de printemps que je regardais de loin, avant. Changer la vie ! C'est bien maintenant qu'on en aurait besoin, toi, moi, et le paquet des autres, tous les crétins innocents qui avaient cru Tonton, et qu'on passait, sans blague, merde (ici, la voix de Coluche), de l'ombre à la lumière. J'avais vingt et un ans tout mouillés, toi deux de plus (« quand même, Giscard ou pas, je suis beaucoup plus majeur que toi! »), nous étions dans la catégorie du jeune homme au balcon, version pré-changement climatique, rageurs et nonchalants, sûrs de tout et flous jusque dans les plus infimes détails. »
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la_fleur_des_mots   12 avril 2013
L'arabe de Antoine Audouard
Un lapin dans son terrier, voilà ce qu’il était entouré de notre belle jeunesse, débordante d’énergie à dépenser, un dimanche soir de fin de saison, quand les distractions commençaient à manquer et qu’on risquait l’ennui.
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Ziliz   03 juillet 2015
Changer la vie de Antoine Audouard
- André, tu fais chier. Un président socialiste élu pour la première fois et tu veux t'enfermer dans ton studio à écouter sur ton Teppaz des disques de rock insupportables. Tous ces pédés anglais punk, ça me file la gerbe.

- Pour les Anglais, je suis d'accord, mais je ne te parle pas de ça. Sûr que s'il y avait Lou Reed et Patti Smith à ta fête de merde, je viendrais en courant. Mais je suis sûr qu'ils vont nous sortir les derniers des ringards, Leny Escudero et Georges Chelon avec Jean Ferrat en rock star.

(p. 64)
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gouelan   01 juin 2015
Changer la vie de Antoine Audouard
" Ce n'est pas nostalgique, disait Pam, c'est réaliste, c'est pour rester connectée à ce passé et conserver l'humilité face à tout ça. Dans ce pays, quand tu as de l'argent, tu crois que tu as acheté le droit de tout détruire et de tout refaire à ta façon - ou pas. Tout n'a pas une étiquette avec un prix, André; il y a des choses qui sont juste des dons, des dons que la vie te fait et que tu prends avec gratitude.
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