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Note moyenne 3.38 /5 (sur 26 notes)

Nationalité : Colombie
Né(e) à : Bogota , 1945
Biographie :

Né en 1945, Antonio Caballero a habité en Espagne, en France, en Angleterre, en Italie, et vit depuis trois ans à Bogotá. Célèbre en Colombie pour ses dessins satiriques, il est également chroniqueur de tauromachie au journal El Tiempo, et surtout journaliste. Il a notamment travaillé pour l’Agence France-Presse, pour El País et pour Cambio 16, créé en Espagne en 1975 à la mort de Franco. Il a également fondé et dirigé la revue colombienne de gauche Alternativa.


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Et si on prenait un café, Antonio Caballero ?


Citations et extraits (7) Ajouter une citation
SophieChalandre   09 décembre 2016
Un mal sans remède de Antonio Caballero
Bogota a vaguement la forme d'un rein, appuyée sur ses montagnes, nauséabonde, boudinesque.
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PhilippeSAINTMARTIN   09 décembre 2016
Un mal sans remède de Antonio Caballero
L'inauthenticité est la seule chose qui soit vraiment authentique en Colombie.
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SophieChalandre   09 décembre 2016
Un mal sans remède de Antonio Caballero
Tu as été mort pendant toutes les minutes de ta vie, depuis que tu es né.
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jmquentin   18 avril 2015
Un mal sans remède de Antonio Caballero
Vers midi, avec un certain sérieux, il pensa au suicide. Mais il savait qu’il ne se suiciderait pas. Ça, on le sait toujours. Le savait-il vraiment ? Pourquoi ne pas essayer au moins le suicide, pour savoir une fois pour toutes si au moins il était capable de se suicider, ce qui est relativement facile ? Parce que, s’il en était capable, il l’aurait découvert trop tard pour que ça puisse lui servir à quelque chose de le savoir. Et, s’il n’en était pas capable, il n’en serait pas plus avancé. Si. Du moins aurait-il connu ses limites. Les limites qu’il n’avait jamais voulu connaître ; ni même essayer, pour pouvoir penser qu’il n’avait peut-être pas de limites.
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SZRAMOWO   01 juin 2016
Un mal sans remède de Antonio Caballero
- Tu ne les trouves pas divins ? lui demanda la cousine maigre.

- Si. Non. Je ne sais pas.

Qu'on les pende tous. Et les oncles, les tantes, les belles-filles, les cousines et les gendres. Une grande hécatombe. Une révolution sanglante. Bien qu'une révolution, ce soit peut-être la même chose : des gens

qui trébuchent, des choses qui se cassent, des verres qui se renversent. On reste seul, entouré par l'odeur du peuple, une odeur d'oignon et de bouillon à la ciboulette, acculé contre un piano. Et un intellectuel qui s'écrie dans cette extase insensée : "Tu ne les trouves pas divins, ces révolutionnaires ?" Si. Non. Je ne sais pas. C'est une question de point de vue.

Evelia revint avec d'autres glaçons et d'autres verres. Mais déjà les jeunes mères allaient et venaient, récupérant petits manteaux et béguins, les cousins et les gendres sortaient, de mauvaise humeur, en faisant tinter dans leurs mains les clés de leurs voitures.

La paix revint.
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OlivierMaldent   24 juillet 2021
Un mal sans remède de Antonio Caballero
De l'autre côté de la rue, dans son bois d'eucalyptus, il vit comme dans une vision mythologique un enfant qui jouait à jeter en l'air et à rattraper une balle d'or. Ce devait être une orange. Il en eut l'eau à la bouche.

– Je te l'achète ! cria-t-il par-dessus le vrombissement rapide des voitures, alors qu'il se trouvait encore de l'autre côté de la rue.

C'était effectivement une orange : l'enfant la pela avec ses ongles, planta ses dents dans la pulpe blanche tachée d'or. Escobar vit le jus couler sur son menton, et c'est à peine s'il put se retenir de se précipiter dans le torrent de voitures.

– Je t'achète ce qui reste ! cria-t-il de nouveau.

L'enfant leva son orange et la mordit dans la lumière, en souriant. Et soudain il la lança de toutes ses forces contre le large pare-brise d'une voiture qui arrivait à toute vitesse. L'orange éclata sur le verre en projetant dans le soleil un flot de diamants, et le conducteur sembla un instant perdre le contrôle du véhicule, faisant quelques embardées au milieu d'un épouvantable hurlement de pneus déchirés avant de s'arrêter cinquante mètres plus loin. La voiture fit rapidement marche arrière et freina devant Escobar. Il en descendit un homme gros en sueur, avec des pattes épaisses et frisées et des yeux injectés de sang. L'enfant, debout sur son talus de l'autre côté de la rue, fit un salut militaire. L'homme tira en s'appuyant sur le toit de sa voiture après avoir saisi dans sa main gauche son épais poignet droit autour de sa montre en or, pour bien viser. L'enfant se mit à courir en zigzaguant entre les arbres. Après avoir tiré six fois, et comme l'enfant n'était plus qu'une petite cible mobile qui grimpait la montagne au pas de course en direction des quartiers pauvres, le gros homme rechargea son pistolet en soufflant fort, remonta dans sa voiture rutilante et démarra en faisant rugir le moteur et crisser ses pneus au premier tournant.
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OlivierMaldent   24 juillet 2021
Un mal sans remède de Antonio Caballero
Il lut à voix haute, à genoux au pied du lit. C'était peut-être comme ça que Pétrarque lisait ses sonnets à Laure, après avoir tenté en vain de coucher avec elle. Et peut-être que Laure continuait à dormir, impassible, comme Cecilia à présent, respirant la bouche ouverte, sans entendre un seul mot. Peut-être. Mais Laure se réveillerait tôt ou tard, les yeux chassieux, et le sonnet, en revanche, garderait sa fraîcheur de rose tout juste cueillie. Laure vieillirait, année après année, et finirait par mourir, ses os seraient dissous dans la chaux de la fosse commune, alors que les sonnets de Pétrarque resteraient éternellement jeunes. Il relut le sien. Ce n'était pas un sonnet de Pétrarque.
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