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Note moyenne 4.2 /5 (sur 49 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Plouguernével, Côtes-d'Armor , le 12/01/1912
Mort(e) à : Paris , le 30/03/1961
Biographie :

Armand Robin est un écrivain français, également traducteur, journaliste, et homme de radio.

Il naquit dans une famille d’agriculteurs et sa langue maternelle était le breton. Il se passionna pour l’étude des langues et en comprenait une vingtaine.

Il employa ces connaissances pour traduire des poètes (après guerre, il dirigea des émissions de radios bilingues sur les poètes du monde entier), et aussi pour faire des écoutes de radios en langues étrangères.

Il publia de ses propres écrits à la NRF au début de la guerre : "Ma vie sans moi" (1940) (où ses propres poèmes apparaissaient aux côtés de ses "non-traductions"), et "Le Temps qu’il fait" (1942), une épopée lyrique dans le paysage de son enfance.

Il continua à écrire durant la guerre, mais ce fut pour signer un adieu à la littérature. Il ne publia pas ces œuvres. Elle seront en partie éditées après sa mort.

Sa fin est tragique : à la suite d'une série de fâcheux événements, il est embarqué par la police, et meurt le 30 mars 1961, dans des conditions mal élucidées, à l'infirmerie spéciale du dépôt de la préfecture de police.
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Source : www.florilege.free.fr
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Vidéo de
Armand ROBIN – L’anarchiste de la grâce (France Culture, 1989) Une compilation de cinq émissiosn de radio des « Chemins de la conaissance », par Roger Dadoun, diffusée du lundi 2 octobre au vendredi 6 octobre 1989 sur France Culture. Invités : Gérard Meudal, Antoine Berman, Mireille Guillet, Alain Bourdon et Georges Monti. L’émission « Surpris par la nuit », par Frédéric Acquaviva, diffusée le 22 mars 2007 sur France Culture.
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Citations et extraits (70) Voir plus Ajouter une citation
steka   10 mars 2014
La Fausse parole de Armand Robin
« Le processus qui mène au langage obsessionnel, c’est-à-dire en fin de compte à la suppression du sens des mots, a quelque chose de fascinant, d’ensorcelant ; dans ce surgissement d’un non-langage, il y a comme la promesse d’une nouvelle façon d’être, laquelle, tel le vide, attire et fait chuter ; si affreux que cela puisse paraître, nous irions jusqu’à dire qu’à des millions et des millions d’hommes, cette biblique extermination du langage peut paraître comme un repos inespéré, comme la Terre Promise ; le silence totalitaire, parfaitement réalisé sous forme de fausse parole imposée à toutes les lèvres, a ses chances de réussir à hypnotiser une humanité harassée ; un tel silence est promesse, non plus de mort au sens que les religions ont donné à ce terme mais d’une mort encore innomée où chaque homme serait mué en objet glacé ; dans les eaux de la parole totalitaire, l’humanité voguerait à l’aise en goûtant aux plaisirs des poissons silencieux ; bien plus, ces pseudo-humains auraient besoin à chaque instant de ces géantes vagues de paroles insensibilisantes et ne pourraient plus supporter d’en être retirés, encore moins d’être mis dans le cas d’avoir eux-mêmes à parler. »
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Grapheus   25 février 2011
Ma vie sans moi, suivi de Le monde d'une voix de Armand Robin
Je serai dans le monde à partir de minuit

Avec les ronces et le travail de la rosée.



À partir de minuit je serai dans le monde

Avec le grand travail de la rosée dans les ronces!
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TREMAOUEZAN   21 septembre 2015
Le Monde d'une voix. Poèmes, fragments posthumes de Armand Robin
Elle osa me servir un mets très abondant ;

Je devais manger, lentille par lentille lentillement

Quelque chose qui s'appelait comme un escalopement.



Ce manger c'était comme un escaladement

Et moi j'écrivais un poème lentille par lentille, lentillement,

Sur la restaurantière que je regardais restaureusement ...

("La restaurantière", page 215)
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coco4649   26 décembre 2014
Fragments de Armand Robin
Toute douceur de langage

Me vient quand je songe à elle



J’en fis ma femme par confiance en son poème, par un don venu d’elle. Tendrement, patiemment elle m’ôte à des hasards disgraciés, elle se mire en élan de mon élan. Elle est un lys poussant, m’outrepassant



Je la songe stagnante en blanc

Cousine des herbes, des eaux, penchante

Près d’un étang

Invitée aux noces !



Et je renouvelle la terre,

Je demande aux abeilles, aux oiseaux,

Pendant qu’elle songe,

De la venir becqueter.



J’aimerai le monde

Qui l’aimera !

Je me ploierai au monde

Qui la gémira !



Tu es mon oiseau, je te vois bec jeune

De l’oiseau qu’un jour je vis dans mon Oisquay

Me becqueter, te becqueter !



Et depuis cet oiseau fut toujours mon ami,

Je reste un bois infecté de ronces, d’orties

Depuis !





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Hardiviller   05 mai 2017
Les poèmes indésirables de Armand Robin
On supprimera l’Âme

Au nom de la Raison

Puis on supprimera la raison .



On supprimera la Charité

Au nom de la Justice

Puis on supprimera la justice .



On supprimera l'Esprit

Au nom de la Matière

Puis on supprimera la matière .



Au nom de rien on supprimera L'Homme ;

On supprimera le nom de l'Homme ;

Il n'y aura plus de nom .



Nous y sommes .
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steka   25 juin 2014
La Fausse parole de Armand Robin
Peut-être le processus de mutation de l’espèce humaine en une sorte de chose ayant vitalement besoin de non-parole est-il plus avancé que les esprits les plus vigilants ne le soupçonnent ; peut-être quotidiennement côtoyons-nous déjà toute une catégorie d’objets, gardant provisoirement le nom d’hommes mais n’ayant de commun avec l’humanité que les formes extérieures irréductibles d’un tout petit nombre de comportements élémentaires ; peut-être le peuple des «atteints de propagande», plus inguérissables que les antiques populations massivement atteintes de la peste, se trouve-t-il déjà bien au-delà de toutes les thérapeutiques mentales connues. Les décervelés ont besoin de leur folie, les damnés de leur damnation.
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Erik35   05 septembre 2017
Poésie sans passeport de Armand Robin
La Bretagne, c'est un univers ou, si on veut, c'est une patrie mondiale. C'est une patrie forte et non pas dolente et plaintive, ainsi qu'a eu trop tendance à la faire apparaître la littérature française qui s'est occupée des choses de Bretagne. Cette Bretagne universelle, cette Bretagne qui n'est pas localisable, c'est pour nous le point de vue de l'âme, ce qui est encore mieux, ce qui est encore plus haut que le point de vue de l'esprit. Il est clair que ce lieu parfait de l'âme se trouve être aussi par nature le lieu parfait du génie poétique.



O sainte nef de la nuit plafonnée de velours,

0 santual an noz pallennet gant voulouz,

0 neved an noz, Haute nef de la nuit,

De stellaires lampes à tes lustres luisent

Stered ennãn da c'houleier o lugerniñ

Nuit pure, si gente en ta calme nuitée

Disourr, didrouz...

Ni bruit chutant, ni chuchotis...

Seul, là-bas, au long du lac, le silence des chutes

De grenouilles glissées en la fraîcheur de l'onde

Nemet du-hont war lez al lenn,

Lamm ur glesker efreskter an dour.



(Extrait d'un poème en breton, inséré dans sa traduction, de Maodez Glanndour, 1909-1986)
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coco4649   09 novembre 2013
Ma vie sans moi, suivi de Le monde d'une voix de Armand Robin
LES ANCIENNES SOUCHES...





les anciennes souches, nul n'a pu me les arracher.



Avec le temps des aubes nettes, des longues, dures

nuits de tourments,

Toujours j'ai rêvé

D'accéder à tous les sommets de l'esprit ;



J'ai accepté de devenir visible et risible,

J'ai accepté de paraître parmi les maîtres de la vanité,



Afin de montrer ce que peuvent les miens,

J'ai voulu passer aux miens les armes de l'âme ;



Un jour très proche j'aurai de nouveau mes fêtes

Avec la sueur aux mille sourires sur mon corps.



En de très vieux temps, où je parus exister,

On prétendit m'avoir rencontré.



Me faufilant à rebours dans les âges,

J'ai empoigné, secoué les années où je fus dit en vie,



Attendant qu'en tremblotement de poussière mon

avant-vie ait dansé,

J'ai dansé dans la poussière toutes les danses de

l'avant-vie.



Je ne rendrai pas compte de la vie

Qu'on dit avoir été ma vie.



Abusivement inséré en vie,

Contre toute mon évidence à partir de 1912 je fus

dit en vie.



On établit contre moi des constats de présence :

Je fus pris en flagrant délit de vie.

Telle est la légende bien établie.
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steka   25 juin 2014
Lettres à Jean Guéhenno suivies de Lettres à Jules Supervielle de Armand Robin
Mercredi 18 juillet [1935]

Bien cher Guéhenno,

La chance n'a pas voulu que ces derniers temps nous puissions nous parler d'homme à homme. Il me faut donc vous écrire et ce n'est pas facile: je ne sais où vous trouver; je ne saurai pas comment vos yeux et vos mains accueilleront mes paroles; me voici seul: de ce côté de ces pages, de la souffrance pour moi. De l'autre côté, de la souffrance pour vous. (...)

Il y a deux ans je suis allé à Moscou ; sans doute n'avais-je guère à me déplacer beaucoup, pour me trouver là-bas, car depuis longtemps je ne voyais pas d'autre lieu possible pour la conscience des hommes. J'y suis allé; j'ai mis bien longtemps à en revenir. Cher Guéhenno, j'ai pu me mentir; j'ai voulu me persuader que j'avais mal vu, mal entendu; pour me permettre d'espérer encore, je me suis, en bon intellectuel, inventé des prétextes : "Ce que tu as aperçu ce fut un cauchemar, ce fut un monde dans lequel tout sens de la dignité humaine est mort, traqué."
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coco4649   17 juillet 2015
Ma vie sans moi, suivi de Le monde d'une voix de Armand Robin
Le monde d'une voix



LES LIVRES ET LES SOURCES





Celui qui, sourd au monde,

S'enivre de connaissances

En voyant dans les pages

Passer vraiment le rire et les rives

De ses premiers amis ruisseaux,

Si frais qu'il y rafraîchit ses doigts,

Il retrouve lorsqu'il met sa tête dans les fougères

La source des livres ;

Et les lettres grisonnantes des eaux de fontaine

Et les gouttes qui font la pluie calme dans les livres

Lui sont le même repos

Mouillé d'enfance du monde,



Et sa tête , même fatiguée, ne logera pas fatigue.



p.223

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Poème méconnu du siècle passé 16

De la manière dont finira cette poésie / on ne sait encore rien / Je n'ai encore dit à personne / comment elle finira / c'est pourquoi la foule s'est rassemblée / devant ma fenêtre / personne ne veut rater le final / et chaque habitant de la ville / me regarde à la longue-vue / moi, je me lève je m'habille je bois mon café / je sais que je suis exaspérant / mais je ne peux dire si facilement / comment tout cela finira / même le roi et ses conseillers / sont venus avec leurs fauteuils / ils se sont assis tout devant / et ils attendent de voir / comment finira cette poésie

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