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Note moyenne 3.67 /5 (sur 15 notes)

Nationalité : Allemagne
Né(e) à : Jaclack , le 20/081934
Biographie :

Né à Jäglack en 1934 en Prusse-Orientale, c’est grâce à un éditeur suisse, Noir sur Blanc [*], qu’a été traduit en français, en 2002 par Évelyne Schmitt, son premier roman, très important pour lui, Jokennen, chronique d’un village des confins allemands (Jokennen, oder Wie lange fährt man von Ostpreussen nach Deutschland ?, Gebühr Verlag, Stuttgart, 1974), sa province natale ayant été partagée depuis 1945 entre la Pologne et l’URSS...

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Bibliographie de Arno Surminski   (3)Voir plus

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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
ivredelivres   21 juin 2015
Jokehnen, chronique d'un village des confins allemands de Arno Surminski
Il était couché au fond des roseaux avec Peter et chantait les victoires de l’Allemagne aux canards et aux crapauds
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PATissot   23 avril 2017
Jokehnen, chronique d'un village des confins allemands de Arno Surminski
À la fin de février, Steputat eut un lumbago tel qu'il dut garder le lit pour un temps. Ceint d'un bandage, il était allongé sur des pommes de terre brûlantes que Matha renouvelait toutes les heures. C'est à cette période que Wiehn le forestier apporta, sur une luge du domaine, le bois de chauffage qui avait été commandé.

– Je vais t'envoyer quelques Russes, ils savent scier et débiter le bois, dit l'intendant Mikoteit.

Quatre prisonniers arrivèrent un dimanche matin. Deux portaient une hache, le plus petit traînait une longue scie sur l'épaule. Ils se tenaient devant la porte de Steputat avec un sourire gêné. Stetupat sortit avec sa béquille et leur montra le travail à faire. Hermann regardait par la fenêtre les Russes qui cognaient sur le billot de hêtre de Steputat. Ils ne ménageaient pas leur peine.

– Ils ont l'air bien, ces types, dit Heinrich le Mazure. Pas étonnant, Mikoteit avait certainement envoyé les meilleurs.

Bientôt, Hermann trouva le temps long à la fenêtre. Il sortit et se plaça à bonne distance pour que les bûches de hêtre ne lui volent pas autour des oreilles. L'un d'eux cria quelque chose. On avait l'impression que c'était : « Alors, petit, tu veux nous aider ? » En russe, bien sûr.

Hermann se mit à rire. Celui qui avait la barbe posa un morceau de bois sur le billot de façon qu'il parte en l'air lorsqu'on taperait dessus. Il renouvela l'opération plusieurs fois. À chaque fois que le morceau de bois se trouvait au-dessus de leurs têtes, à hauteur de la maison, il criait : « Boum… boum… boum ! » Il s'imaginait en train d'abattre des avions en bois.

Pour le petit déjeuner, Martha invita les Russe à venir à la table de la cuisine. Gênés, ils se tenaient dans le couloir, grattant interminablement leurs bottes usées. Martha dut leur enjoindre plusieurs fois de prendre place. Alors ils s'assirent en silence et regardèrent Martha passer le café sur le fourneau. Du pain frais maison, du beurre, de la charcuterie et un pot de miel produit par les abeilles de Steputat, avec, en plus, du saindoux et des grattons. On pouvait prendre ce qu'on voulait. Allez-y, servez-vous. Hermann était à côté. Le petit lui mit en riant l'assiette de charcuterie sous le nez. Hermann fit non de la tête ; il ne voulait pas manger ce qui était prévu pour les prisonniers. Ils mâchent comme tout le monde, se dit Hermann. Peut-être avec plus d'appétit.

Le barbu se brûla les lèvres en buvant trop vite. Il jura exactement comme Heinrich le Mazure lorsqu'il se piquait le pouce avec une aiguille. Et les autres se moquèrent du barbu.

Ils ne sont pas comme on s'imagine les Russes, se dit Hermann. Difficile de croire qu'on puisse tirer sur des gens comme ça. Quand on voit les choses de près, tout paraît beaucoup plus humain. Ce sont les idées lointaines qui poussent les hommes à s'entre-tuer. Les idées rendent le monde mauvais.

Les Russes allumèrent des " papyrossy " qu'ils roulaient eux-mêmes, non sans avoir demandé auparavant s'il était permis de fumer. Cela puait encore plus que le gros tabac d'Heinrich. Martha apporta à nouveau du pain et du café. L'un d'eux racontait quelque chose et, tandis qu'ils parlaient, tous les quatre regardaient Hermann. Il parlait certainement d'un petit garçon qui devait avoir neuf ans lui aussi, et qui vivait quelque part dans la steppe, du côté de l'Oural. Eh oui, il faudrait que l'on se réunisse plus souvent autour de tables de cuisine polies par l'usure pour manger du pain et de la charcuterie. La proximité fait du bien.

Martha appela Hermann.

– Ne t'approche pas d'eux comme ça, chuchota-t-elle. Martha Steputat avait toujours peur. Peut-être à cause des poux, à cause des maladies contagieuses. Et pourtant, Mikoteit avait certainement envoyé à Steputat les plus propres, les plus gentils, les plus fiables. Il n'empêche que Martha, une fois que les prisonniers furent retournés au travail, frotta la table et les chaises avec plus de soin que d'habitude. À midi, le bois coupé était rangé derrière l'étable. Steputat donna un mark à chacun et Martha sortit un saucisson que le plus petit, plein de reconnaissance, cacha sous son manteau.

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ivredelivres   21 juin 2015
Jokehnen, chronique d'un village des confins allemands de Arno Surminski
concilier les deux générations, pour les amener à mieux se comprendre
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