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Note moyenne 3.84 /5 (sur 45 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Bordeaux
Mort(e) à : Venise , le 18-04-2006
Biographie :

Bernard Delvaille, né en décembre 1931 à Bordeaux et mort à Venise le 18 avril 2006, est un poète, prosateur, essayiste, traducteur et anthologiste français.

Diplômé de l’Institut d’Études Politiques, il entre dans l’édition au début des années 1950, comme lecteur chez Denoël, avant de collaborer aux Éditions Seghers en 1956, où il effectue divers travaux éditoriaux. À partir de 1962, il s’occupe avec Pierre Seghers de la collection « Poètes d’aujourd’hui » jusqu’au rachat des éditions par Robert Laffont en 1969. Il dirige alors ladite collection jusqu’en 1989.

Son implication dans l’édition est renforcée par une participation au Centre National des Lettres de 1975 à 1983 dans les commissions « Poésie » et « Revue ». Ses connaissances littéraires l’amènent à devenir critique et à donner des conférences pour les Alliances Françaises et dans plusieurs universités comme Bruxelles, Lisbonne, Rome ou Toronto. En plus de ces exercices oratoires, il est l’auteur de nombreux articles dans des revues: Combat, Les Nouvelles Littéraires, Les Lettres Françaises, Le Figaro Littéraire, Le Magazine Littéraire et La Revue des Deux Mondes. Enfin, il fait partie des jurys des prix Apollinaire et Max Jacob, est membre de l’Académie Mallarmé et tient le poste de Président de l’Association internationale des Amis de Valery Larbaud. Il a d'ailleurs obtenu le prix Larbaud en 1985 pour l'ensemble de son oeuvre.

Son premier ouvrage est consacré à Valery Larbaud et récompensé du prix Sainte-Beuve en 1963. Suivent d’autres études sur Johannes Brahms, Samuel Taylor Coleridge, Théophile Gautier, Paul Morand et Mathieu Bénezet, où l’on constate une attirance pour le romantisme et la modernité du début du XXè siècle. Outre ces monographies, on distingue son travail d’anthologiste, puisqu’il est l'auteur de trois ouvrages devenus des classiques et salués comme tels par la critique: La Poésie symboliste (Bernard Delvaille sera récompensé du prix Henri-Mondor en 1983 pour ses travaux sur le symbolisme et Mallarmé), La Nouvelle poésie française, qui dresse un état des lieux des espoirs poétiques au milieu des années 1970 et Mille et cent ans de poésie française, une somme de plus de mille pages répertoriant les grands poètes du XIè siècle au milieu du XXè siècle.

Bernard Delvaille est enfin l'auteur d'une oeuvre poétique réunie en 2006. Le poète y développe les thèmes du voyage, de l'errance, du bonheur et de la mort.


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POÉSIE 19e – La Poésie symboliste existe-t-elle ? (France Culture, 1971) L’émission « La Tribune des critiques », par Pierre Barbier, diffusée le 29 juin 1971 sur France Culture. Invités : Bernard Delvaille, auteur d’une anthologie sur la poésie symboliste publiée chez Seghers en 1971, et Pierre Barbier, Bernard Delvaille, Hubert Juin, Luc Estang, Stanislas Fumet.


Citations et extraits (51) Voir plus Ajouter une citation
Bernard Delvaille
coco4649   17 juin 2020
Bernard Delvaille
Le gaz est bleu





Du plus lointain du temps

du plus profond de ton enfance

les désirs étouffés remontent

Cette nuit d’été les accueille

ô tilleul du soir dans la brume

le long des rues de notre amour

à l’heure où la fontaine abrite

un regard triste et cruel

une bouche avide où se perdre

et ce désir étouffé qui surgit

Nuit de braise sur les jardins

herbe froide la solitude où l’on chavire

cette promesse à la même heure

d’accomplir un silence unique

Tu marches dans les rues

comme un fantôme au long des palissades

Le gaz est bleu

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jaygatsby   30 août 2020
Mille et cent ans de poésie française de Bernard Delvaille
La charmeuse de serpents



Sur l’orteil, nichons de proue, publique, elle se cambre, à poils : diadème à ses pieds, se délovant au déclic de son geste, lascivement jaillissent vers les yeux d’aiguail les serpents tout à l’heure assoupis, et la fille aussitôt s’abandonne au brasier de spirales que la foule pressent de rubis sous l’écaille, cependant que Satan, maître du cirque, renifle le festin en apprêts au fond de la crapule, car déjà les reptiles ont envahi la chair ciselée de flèches vives et vont consumer l’âme de l’idole qui se pâme, symbolique, en sa maligne apothéose de révolutions, un sifflet de vipère entre ses lèvres de cerise.



Saint-Pol-Roux
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Derfuchs   17 mai 2020
Mille et cent ans de poésie française de Bernard Delvaille
Conversation



Comment ça va sur la terre ?

- Ça va, ça va bien.

Les petits chiens sont-ils prospères ?

- Mon dieu oui merci bien.

Et les nuages ?

- Ça flotte.

Et les volcans ?

- Ça mijote.

Et les fleuves ?

- Ça s’écoule.

Et le temps ?

- Ça se déroule.

Et votre âme ?

- Elle est malade

Le printemps était trop vert

Elle a mangé trop de salade.



Jean Tardieu XXème siècle
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Derfuchs   13 juin 2019
Mille et cent ans de poésie française de Bernard Delvaille
Ce monde est une mer, la terre la galère ;

L'homme en est le forçat ; le pilote, le sort ;

Le travail, l'argousin ; et le tombeau, le port

Où plutôt qu'il n'arrive, il n'est franc de misère.



Pierre Mathieu (XVIIème)
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coco4649   26 avril 2015
Tout Objet Aimé est le Centre d'un Paradis de Bernard Delvaille
La poésie est le réel absolu.

C’est le noyau de ma philosophie.

D’autant plus poétique,

d’autant plus vrai.

Ce caillou au bord de la mer,

ce brin d’herbe que tu mords,

autant de poèmes.

Et ton corps est une ode livrée

aux vents marins.

Seul le poème est réel:

c’est à dire ce que j’ai créé en le nommant.

Tu dis un mot et tu engendres le monde.

Une étoile n’existe que si tu la murmures à mon oreille.

Plus tu rêves et plus la réalité apparaît.

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michfred   03 octobre 2015
La Poésie symboliste : anthologie de Bernard Delvaille
Tristan Corbière:



Petit mort pour rire



Va vite, léger peigneur de comètes!

Les herbes au vent seront tes cheveux;

De ton oeil béant jailliront les feux

Follets, prisonniers dans les pauvres têtes...



Les fleurs de tombeau qu'on nomme Amourettes

Foisonneront plein ton rire terreux...

Et les myosotis, ces fleurs d'oubliettes...



Ne fais pas le lourd : cercueils de poètes

Pour les croque-morts sont de simples jeux,

Boîtes à violon qui sonnent le creux...

Ils te croiront mort - Les bourgeois sont bêtes -

Va vite, léger peigneur de comètes!

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Derfuchs   12 octobre 2019
Mille et cent ans de poésie française de Bernard Delvaille
Mon bel amour, mon cher amour, ma déchirure

Je te porte dans moi comme un oiseau blessé

Et ceux-là sans savoir nous regardent passer

Répétant après moi les mots que j'ai tressés

Et qui pour tes grands yeux tout aussitôt moururent

Il n'y a pas d'amour heureux



Louis Aragon - extrait -

Chanté aussi par Georges Brassens
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Kirsikka   06 juin 2015
Mille et cent ans de poésie française de Bernard Delvaille
Le cri du Prince des Sots



Sots lunatiques, sots étourdis, sots sages,

Sots de villes, de châteaux, de villages,

Sots rassotés, sots niais, sots subtils,

Sots amoureux, sots privés, sots sauvages,

Sots vieux, nouveaux et sots de tous âges,

Sots barbares, étrangers et gentils

Sots raisonnables, sots pervers, sots rétifs ;

Votre Prince, sans nulles intervalles,

Le Mardi gras jouera ses jeux aux Halles.



Sottes dames et sottes demoiselles,

Sottes vieilles, sottes jeunes, nouvelles,

Toutes sottes aimant le masculin,

Sottes hardies, couardes, laides, belles,

Sottes frisques, sottes douces, rebelles,

Sottes qui veulent avoir leur picotin,

Sottes trottantes sur pavé, sur chemin,

Sottes rouges, maigres, grasses et pâles,

Le Mardi gras jouera le Prince aux Halles.



Sots ivrognes aimant les bons lapins,

Sots qui crachent au matin jacopins,

Sots qui aiment jeux, tavernes, ébats,

Touts sots jaloux, sots gardant les patins,

Sots qui chassent nuit et jour aux congnins,

Sots qui aiment à fréquenter le bas.

Sots qui faites aux dames les choux gras,

Advenez-y, sots lavés et sots sales,

Le Mardi gras jouera le Prince aux Halles.



Mère sotte semond toutes ses sottes,

Ne faillez pas à y venir, bigottes,

Car en secret faites de bonnes chères.

Sottes gaies, délicates, mignottes,

Sottes douces qui rebrassez vos cottes,

Sottes qui êtes aux hommes familières,

Sottes nourrices et sottes chambrières,

Montrer vous faut douces et cordiales,

Le Mardi gras jouera votre Prince aux Halles.



Fait et donné, buvant vin à pleins pots,

En recordant la naturelle gamme,

Par le Prince des sots et ses suppôts ;

Ainsi signé d’un pet de prude femme.



Pierre Gringoire.

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coco4649   17 octobre 2017
OEuvre poétique de Bernard Delvaille
Elégie





Extrait 3/3



Et puis le vent tourna et je vins à cueillir

aux talus interdits les roses de Touraine

et le haut bouillon-blanc des talus ferroviaires

mêlé à la fleur bleue des chicorées sauvages

quand le vent s’épaissit aux confins de la plaine



Dans la fraîcheur de l’aube où nait le chèvrefeuille

je partis tout au long des chemins et des haies

rapportant dans mes bras toutes les fleurs des bois

l’aconit violet et la gentiane amère

et de mauvais lilas couleur du souvenir



Aux jardins suspendus de Venise il y a

des arbustes fleuris qui s’accrochent aux pierres

des statues qui sourient de grands plaqueminiers

croulant sous les fruits lourds des oiseaux

qui ont peur des nuages et du vent et du ciel indigo



La mer vient au Lido s’épuiser sur le sable

une mouette se pose au sommet d’un duc d’Albe

surveille les bateaux s’enfuit dans un vol blanc

et la lune soudain au-dessus du Canal se lève

Qu’attendre encore ô dernière saison



Tout fut comme un fatal été qui se consume
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Derfuchs   21 juillet 2019
Mille et cent ans de poésie française de Bernard Delvaille
Quand mon cœur sera mort d’aimer : sur le penchant

du coteau où les renards font leurs terriers,

à l’endroit où l’on trouve des tulipes sauvages,

que deux jeunes gens aillent par quelque jour d’Été.

Qu’ils se reposent au pied du chêne, là où les vents,

toute l’année, font se pencher les herbes fines.

Quand mon cœur sera mort d’aimer : ô jeune fille

qui suivras ce jeune homme, essoufflée et charmante,

pense à mon âme qui, en proie aux noires luttes,



cherchait sur ce coteau raclé par les grands vents

une âme d’eau d’azur qui ne la blessât plus.

Dis-toi, ô jeune fille, dis-toi : Il était fou,

pareil aux amoureux bergers de Cervantès

paissant leurs chevreaux blancs sur la paix des pelouses…

Ils délaissaient les vieilles bourgades enfumées

où Quittéria, peut-être, avait meurtri leurs cœurs.

Dis-toi : Il fut pareil à ces malheureux pâtres

qui essayaient, en vain, couchés aux belles fleurs,

de chanter leurs chagrins en soufflant dans des outres.



Elégie dixième, Francis Jammes
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