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Citations de Bernard Friot (168)


Bernard Friot
Nowowak   24 mars 2021
Bernard Friot
Je plonge dans le silence
Sans risque de me noyer
Je m'enfonce
Je disparais
Et quand je reviendrai
A la surface des mots et des bruits
Je serai capable
A nouveau
De vivre.
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Bernard Friot
sabine59   10 novembre 2019
Bernard Friot
Amour engourdi
amour oreiller mou
j'y pose ma tête endormie
et je rêve d'orage
et d'ouragan.

Réveille-moi
par un baiser enflammé
sur les lèvres ou dans le cou
Réveille-moi
et dis-moi
oh oui dis-moi
que la nuit est finie.
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Dixie39   12 juillet 2015
Peut-être oui de Bernard Friot
j'apprendrai à me taire
je remplirai de blancs
la conversation
je traverserai des plages de silence
et je noierai les mots
dans une tasse de café

fermé le dictionnaire
il faut ouvrir les portes
et puisque vivre est une langue étrangère
j'apprendrais à me taire
définitivement
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Piatka   15 septembre 2013
L'agenda du (presque) poète de Bernard Friot
Dans la poésie chinoise ancienne, les mots sont agencés de façon à permettre plusieurs lectures. Le lecteur doit donc interpréter.
Voici, par exemple, la traduction littérale d'un poème de Wang WEI :

Accompagner voyageur / jusqu'à la Haute-Tour
Fleuve-plaine / obscur sans bornes
Soleil couchant / oiseaux entrant voler
Homme cherchant / s'en aller sans répit

François CHEN ( L'Ecriture poétique chinoise ) propose cette interprétation :

Sur le haut de la Tour, pour dire adieu :
Fleuve et plaine perdus au crépuscule.
Sous le couchant, reviennent les oiseaux ;
L'homme, lui, chemine, toujours plus loin.

Et voici celle de Claude ROY ( Le Voleur de poèmes ) :

Accompagner celui qui part jusqu'à la tour.
Le fleuve dans la plaine se perd dans le crépuscule.
Soleil couchant. Vols d'oiseaux qui rentrent.
Un homme s'éloigne vers le lointain.
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Piatka   24 juin 2013
L'agenda du (presque) poète de Bernard Friot
La litanie est, au sens propre, une longue prière, faite de formules brèves, récitées sur le même ton uni et construites sur la même structure.

Tu vas écrire la litanie des mauvaises excuses, en utilisant la structure suivante :
" Désolé, ..., je...parce que..."
Exemple :
" Désolé, maman, j'ai pas pu ranger ma chambre parce que le premier étage s'est envolé. "
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sabine59   13 novembre 2019
Je t'aime, je t'aime, je t'aime... : Poèmes pressés de Bernard Friot
J'aime aussi vague à l'âme
doucement mélancolique
tête dans les nuages
et le coeur en écharpe .
Sourire à moitié
léger goût d'amertume
comme un regret
de ne pas aimer assez.
J'aime aussi vague à l'âme
aux couleurs de l'automne
bientôt il fera froid
chez moi.
Mais j'irai vers toi
me réchauffer
tête sur ton épaule
le coeur sous l'édredon.
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Juin   03 janvier 2016
J'aime/je déteste : Le français de Bernard Friot
J'ai dessiné une gorgone : c'est une femme qui a des serpents à la place des cheveux et dont le regard vous pétrifie. On pouvait trouver une certaine ressemblance entre ma gorgone et la prof de français, mais Mme Croazic n'y a vu que du feu.
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orbe   30 mai 2014
Le cahier de mes vacances nulles... : Et de gribouillages de Bernard Friot
Samedi. Suis épuisé. C'est drôle, quand même : pendant l'année scolaire, le samedi, c'est repos ; ouf, on respire après la semaine agitée, on se détend, on prend son temps. En vacances, c'est le contraire : on s'ennuie du lundi au vendredi, et le samedi on tourne à 100 à l'heure.
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Jumax   26 juillet 2013
Lilo de Bernard Friot
Lilo ne sait pas lire. Mais il aime les livres. [...] Quand il est seul, il retourne le livre et le regarde à l'envers. Il l'agite, le secoue, en espérant que les mots vont tomber. Comme ça il pourra les ramasser, et peut être les avaler. Mais non, ça ne va pas.
Il a une autre idée. Il colle le livre à son oreille. Et...oui... Il entend les mots écrits sur la page. les mots lui racontent une histoire. Une histoire à l'envers bien entendu.
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Verdorie   16 mai 2013
Pressé ? Pas si pressé ! de Bernard Friot
J'ai ouvert la porte de la salle de bains. Je suis entré. Je me suis cogné le genou contre un tabouret qui traînait là. J'ai refermé la porte derrière moi. Je me suis déshabillé. Nu de la tête aux pieds. Et je me suis contemplé dans le miroir [...].
Je suis beau.
Mes yeux sont beaux. Bleus, tout bleus. Mon nez est beau, ma bouche aussi. Mon menton est beau. Mon torse est beau. Et mes biceps, super beaux. Tâtez, c'est de l'acier.
Mon nombril est beau. Et tout ce qu'il y a dessous. Oui, oui, c'est vrai. Mes genoux sont beaux. Mes mollets sont beaux. [...].
En résumé : je suis beau. Je trouve.
Et puis ma mère a ouvert la porte. Zut ! j'avais oublier de fermer à clé. Vite, j'ai pris une serviette, l'ai enroulée autour des hanches.
Elle a allumé la lumière.
- Qu'est-ce que tu fais là dans le noir ? a-t-elle demandé.
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trust_me   16 septembre 2014
Rien dire de Bernard Friot
Dis rien s’il te plait, Brahim, dis rien, ça sert à rien. Te fais pas remarquer et tout ira bien.
C’est le refrain de ma mère, pauvre mama, je t’aime, alors je ne dis rien, je presse sur mon ventre pour que ça s’enfonce tout au fond, et que ça sorte pas, hein, que ça sorte pas. Lisse, toujours lisse… Bien lavé, bien peigné, bien habillé, clean, cool, poli, propre sur moi, bon élève, délégué de classe, club de judo, groupe de rock, et aide aux devoirs pour les minots, tout comme il faut. Comme notre pelouse, devant notre pavillon de banlieue, la plus belle pelouse du lotissement, taillée aux ciseaux, pas une mauvaise herbe. Et les jardinières de fleurs sur mes rebords de fenêtres, et les rideaux lavés tous les quinze jours. Mes pantalons bien repassés, même les jeans – non, maman, on ne repasse pas les jeans-, et les baskets nettoyées tous les samedis… Lisse, bien lisse… Même le vocabulaire, propre, bien astiqué – dis pas ça Brahim, parle correctement Brahim – Et j’obéis, oui, maman, oui, maman… Lisse, lisse, lisse… ça sert à quoi ? Je m’appelle Brahim, justement, et j’ai les yeux noirs. Et ça, ça ne s’efface pas, ça ne se lisse pas.

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sabine59   03 octobre 2019
J'aimerais te dire... de Bernard Friot
C'est là
dans un carré de lumière
un point tombé dans l'angle.
C'est ça.
Immense.
Hasard.

Joie.

Ne pas toucher.
Fragile.
Fermer les yeux.
La lumière est à l'intérieur.

Joie.

Et tendre la main
serrer la main du voisin.
Partage
de proche en proche
chaîne invisible.

Joie.
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Dixie39   10 juillet 2015
Peut-être oui de Bernard Friot
au moins j'ai les mots

je ne les aime pas
vraiment
ne joue pas avec eux
ils ne sont pas à moi
je les prends les assemble les polis à ma voix
c'est suffisant

s'en méfier un peu
toujours entre eux poser un souffle de silence
pour troubler
leur vérité

et s'en servir
pas dupe
pour soulager
des blessures
qu'on ne guérit pas
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coco4649   14 novembre 2019
Je t'aime, je t'aime, je t'aime... : Poèmes pressés de Bernard Friot
je le crie sur les toits…


je le crie sur les toits
je le hurle à la lune
je grimpe aux murs en y pensant
je saute en l’air en le disant
je t’aime je t’aime à la folie
j’en ai des frissons dans le dos
les cheveux qui se dressent sur la tête
les dents qui claquent les genoux qui tremblent
yeux exorbités doigts de pied électrisés
hou là là c’est excitant
exaltant étonnant époustouflant
vraiment
d’aimer
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Piatka   14 juillet 2013
L'agenda du (presque) poète de Bernard Friot
La lecture, c'est comme la pêche à la ligne. Vous pouvez rester des heures à ne rien prendre et soudain vous prenez quelque chose. Ce n'est même pas une question de patience, parce qu'être patient c'est être passif, mais plutôt d'être vigilant et de prendre son temps.

Citation de Emmanuel Hocquard
Page du 20 avril
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Nastasia-B   12 mai 2014
Politesse, mes fesses ! de Bernard Friot
Moi, je suis poli. Mais ce n'est pas ma faute. Je suis trop timide. Alors, quand une grande personne me parle, je sais juste dire : " Bonjour, madame. Merci beaucoup. S'il vous plaît. Oui, monsieur... "
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muse2805   15 mai 2012
Histoires pressées de Bernard Friot
Compte
Je suis entré dans le salon. Ma mère lisait un magazine. Elle n’a pas levé les yeux, elle ne m’a pas regardé.
Je me suis dit : Je compte jusqu’à vingt. Si à vingt, elle ne m’a pas adressé la parole, je fais mon baluchon et je disparais pour toujours. Je le jure.
Un… deux… trois… quatre… cinq…
Je sais bien qu’elle ne m’aime pas.
Six… sept… huit… neuf…
Si je n’existais pas, elle pourrait sortir, s’amuser, se remarier peut-être.
Dix… onze… douze… treize…
L’autre jour, j’ai entendu ce qu’elle disait à sa copine Annie. « J’ai beaucoup de soucis avec lui. » Voilà ce qu’elle a dit.
Quatorze… quinze… seize…
Ça fait des mois qu’elle ne m’a pas embrassé.
Dix-sept… dix-huit…
Cette nuit, elle a pleuré.
Dix-neuf… dix-neuf… dix-neuf…
Maman… maman…
Dix-neuf… vvv…
— Mais qu’est-ce que tu fais là ? File te coucher ! Et plus vite que ça, ou je te fiche une claque !
Il était temps…
Merci, maman !
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Eze3kiel   27 mars 2010
Rien dire de Bernard Friot
C'est pourtant ma langue maternelle, le français, maternelle et paternelle, oh oui, maternelle et paternelle... On n'a jamais parlé arabe à la maison, juste ma grand-mère qui chante des chansons parfois. Moi, j'ai été bercé en français, j'ai appris "A la claire fontaine" à l'école maternelle, et même "Petit papa Noël". J'ai joué en français, rêvé en français, j'ai appris en français, j'ai aimé en français, oui, oui, tout en français, et aujourd'hui je me noie en français, j'étouffe en français, je crève, madame, je crève en français ! Non reste à ta place ! J'ai pas fini.
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jeromfan   20 avril 2008
Pour vivre : presque poèmes de Bernard Friot
j'aimerais vivre au présent
et pas à l'ombre du passé
ni sous les néons crus du lendemain

à la limite exactement
là où sont les choses

et où l'on vit
vraiment

simplement

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Omnibusse   29 janvier 2019
Des trous dans le vent de Bernard Friot
Je connais un enfant
qui fait des trous dans le vent
et puis il les remplit
avec des confettis.
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