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Note moyenne 3.86 /5 (sur 100 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Lyon , le 9/11/1963
Biographie :

Bernard Lahire est professeur de sociologie à l'École normale supérieure Lettres et Sciences humaines et directeur du Groupe de recherche sur la socialisation (CNRS/Université Lyon-II/ENS-LSH).
Son travail mène à une théorie de l'action à la fois dispositionnaliste et contextualiste, une réflexion qui nuance les concepts développés par Bourdieu, notamment les notions de champ et d'habitus, à travers le concept de "jeu social"

Il est notamment l'auteur de Tableaux de familles (Gallimard/Seuil, 1995), L'Homme pluriel (Nathan, 1998), L'Invention de l'« illettrisme » (La Découverte, 1999, 2005), Portraits sociologiques (Nathan, 2002), La culture des lndividus (La Découverte, 2004, 2006) et de La condition littéraire (La Découverte, 2006).

Source : editionsladecouverte.f Wikipedia
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De quoi parlent nos rêves et que disent-ils de nous ? Bernard Lahire, sociologue et professeur à l'Ecole Normale Supérieure de Lyon, publiait "L'interprétation sociologique des rêves (volume 2) : La part rêvée" à La Découverte en janvier 2021. Il est l'invité d'Olivia Gesbert.

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Citations et extraits (96) Voir plus Ajouter une citation
Ileauxtresors   21 mars 2021
Culture écrite et inégalités scolaires de Bernard Lahire
Si nous avons mis en exergue les premières lignes de l'ouvrage de William Faulkner, Le Bruit et la Fureur, c'est parce qu'il existe une étrange similitude entre l'écriture de l'auteur et les récits oraux des enfants les plus éloignés de la logique de l'univers scolaire. Faulkner produit une écriture aux phrases inachevées, pleine d'implicites (les lieux non indiqués, les personnages désignés par de simples pronoms...), qui livre souvent une suite d'actions sans autre transitions que les "et", "et puis" (classiquement stigmatisés scolairement) et dans un ordre qui n'est pas forcément chronologique ou logique, mais lié à l'association des idées et des souvenirs qui peuvent venir pêle-mêle à l'esprit d'un personnage.
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Ileauxtresors   21 mars 2021
Culture écrite et inégalités scolaires de Bernard Lahire
Se rendre maître du langage, c'est se rendre maître des relations sociales qu'il permet d'établir et donc, d'une certaine façon, se rendre maître de ceux qui ne peuvent adopter la même attitude réflexive ; apprendre "en toute innocence" le code, c'est se mettre objectivement en position de dominer ceux qui ne le possèdent pas.
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hupomnemata   15 octobre 2014
La culture des individus de Bernard Lahire
La domination radiophonique et télévisuelle de la culture du divertissement n'était pourtant pas une fatalité inscrite dans la nature des choses. Dans les années 1950 et 1960, télévision et radio publiques jouaient un rôle éducatif et culturel plus grand qu'aujourd'hui où la culture vit retranchée dans des territoires bien délimités (essentiellement France 5 et Arte pour la télévision, France Culture et France Musique pour la radio). On a même oublié qu'au début des années 1930 "la musique classique était majoritaire à la radio" et que c'est seulement "à partir de 1937, (qu') on observe un net renversement de tendance au profit de la variété". Durant les années 1920-1930, les radios d'état vont être de puissants vecteurs de diffusion de la culture la plus légitime : diffusions de musique classique et de spectacles en direct de l'Opéra de Paris (au rythme d'un concert ou une oeuvre lyrique par soir), de pièces de théâtre radiophoniques, de lectures de romans faites par des comédiens, de chroniques sur l'art, la littérature, l'histoire, les sciences, d'informations et même de cours et de conférences prononcés à la Sorbonne ou au Collège de France. C'est à partir des années 1930 que, sous l'effet de la concurrence de radios privées, l'ensemble de l'offre radiophonique commence à se transformer avec la montée en puissance de la chanson populaire, des feuilletons, des jeux et, plus généralement, des divertissements de toute nature. Malgré tout, dans les années 1950 la radio de service public continue à jouer un rôle important dans l'accès aux genre culturels les plus nobles (musique classique, opéra, théâtre, vulgarisation culturelle et scientifique).

La sphère privée est propice aux relâchements contrôlés des émotions, à l'expression des dispositions les moins formalistes et les plus hédonistes (moindre contrôle du regard d'autrui, moindre officialité et moindre formalité de la situation) et, du même coup, propice aux consommations culturelles les plus divertissantes. Plutôt que de surinterpréter l'intensité de la foi et des pratiques dévotes en matière de culture légitime, la saisie des nuanciers culturels individuels permet de se faire une idée de la variété des moments dans lesquels des goûts et inclinations très différents s'expriment.
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moussk12   20 septembre 2016
Pour la sociologie de Bernard Lahire
Apprendre à être attentif, à développer une écoute patiente, compréhensive et curieuse, à relancer une discussion au bon moment pour qu'elle puisse se poursuivre, voilà un moyen concret d'acquérir certaines valeurs, qui, laissées à l'état de slogans démocratiques, relèvent le plus souvent du simple prêchi-prêcha.
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hupomnemata   13 octobre 2014
La culture des individus de Bernard Lahire
C'est l'idée même de démocratisation de la culture qui rebute Fumaroli. Il pense en effet que l'ordre naturel des choses (des talents, des goûts, des envies, des passions) étant caractérisé par la diversité, il est vain (et méprisant pour la diversité naturelle) de vouloir imposer le même programme culturel à tous. Naturalisant des différences sociales, Fumaroli pense qu'il faut respecter ces différences et ne pas perturber l'ordre naturel des choses en laissant à chaque art (savant ou populaire) ou chaque loisir (studieux ou sans prétention) la possibilité, dans son ordre propre, d'apporter sa contribution. Il se distingue ainsi de ceux qui "souhaitent généreusement que cette propriété (du clergé intellectuel) soit partagée" : "leur générosité n'est pas douteuse. Mais son point d'application est très contestable." Car "la racine de cette "culture" (...), sa chance d'accroissement et de renouvellement, c'est la nature, c'est la lumière naturelle impartie plus ou moins à tous les hommes, et dont peut-être les voyageurs du P.L.M regardés avec commisération par Saint-Exupéry et Guéhenno, ou la femme de ménage citée par Danièle Sallenave sont pourvus en abondance, plus que leurs doctes observateurs. Cette lumière naturelle trouve en chacun de nous une expression différente, et parfois méconnaissable pour des esprits pourvus du luxe patenté de la "culture" ". Il faut accepter le fait que la Bibliothèque nationale, les musées, les théâtres, les opéras, les salles de concert, les archives ou les sites archéologiques soient destinés à une "élite" ou à une "minorité". Marc Fumaroli ne trouve pas cela plus choquant que le fait qu'une minorité de personne puissent se retrouver entre elles dans des stades ou sur des pistes de danse sans être gênées par des non-sportifs ou des non-danseurs. Pourquoi contraindrait-on les minorités cultivées "à se fondre dans la foule indistincte des badauds" comme cherche à le faire l'État culturel?
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hupomnemata   15 octobre 2014
La culture des individus de Bernard Lahire
On mesure concrètement l'effet du passage des films des salles de cinéma à la télévision (avec les diffusions multiple et la possibilité de visionnage des cassettes vidéo) sur les caractéristiques de leurs publics. Plus les films sont anciens et plus ils ont une chance d'avoir été vus, et même appréciés, par un public autre que celui qui s'était déplacé pour les voir au moment de leur sortie en salle. D'une part, les films d'auteurs "réservés" initialement au public très diplômé et cinéphile trouvent ainsi des publics plus larges qui ne se seraient pas déplacés et n'auraient pas payé pour aller les voir par peur de s'ennuyer ou de ne rien comprendre, mais qui ont néanmoins la curiosité de les voir à la télévision. D'autre part, les films les plus "grand public" et les moins légitimes (films d'action ou d'aventures, films policiers ou films comiques) peuvent être vus par des publics aux exigences culturelles ordinairement plus hautes, qui ne seraient pas non plus allés les voir en salle (noblesse culturelle oblige), mais qui peuvent apprécier de les regarder gratuitement, en privé, sans ressentir de honte culturelle et sans être gênés ou rebutés par la présence de publics aux propriétés sociales et culturelles très éloignées des leurs.

Comme le résume Jean-Michel Guy, "il apparaît que, au fil du temps, par le jeu des rediffusions sur petit écran, le profil du public d'un film se rapproche de plus en plus d'un profil moyen. Si, lors de leur sortie en salle, la plupart des films ont un "public-cible", et atteignent essentiellement la cible visée, ils finissent, tôt ou tard, par gagner à eux des spectateurs au profil de moins en moins conforme à celui du spectateur-cible". Les stratégie (plus ou moins conscientes) de distinction, quand elle existent, concernent essentiellement le moment des sortie en salle. On entrevoit donc bien les mixités culturelles à travers l'objectivation de quelques propriétés scolaires et culturelles des publics. Même quand le film est clairement un film d'auteur, il est rare d'avoir affaire à un public massivement orienté vers les films d'auteurs (à eux seuls les films d'action, d'aventures et de science-fiction arrivent souvent largement en tête des préférences cinématographiques, et si l'on ajoute les préférences pour les films comiques, la prédominence pour les films assez peu légitimes est écrasante) et on ne constate aucun grand déséquilibre en faveur des publics à fort capital scolaire par rapport à ceux qui ont un faible capital scolaire (9 films plutôt légitimes sur les 14 retenus dans le tableau ci-dessous ont même une plus forte proportion de spectateurs et télé-spectateur à faible capital scolaire). Inversement, les films peu légitimes sont vus par des publics dont une partie (jamais marginale) exprime une préférence pour les films psychologiques et d'auteurs et possède un niveau d'études supérieures. C'est ainsi que, effet de la télévision aidant, le profil des publics d'À bout de souffle (Jean-Luc Godard, 1960) et d'À nous les petites Anglaises (Michel Lang, 1975) se révèle assez semblable.
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Colchik   09 mai 2018
L'interprétation sociologique des rêves de Bernard Lahire
Quelques décennies plus tard, en 1964, les psychanalystes états-uniens Thomas Morton French et Erika Fromm mus par de solides intentions scientifiques ont, par exemple, œuvré pour faire de l’interprétation un pratique plus contrôlée qu’elle ne l’est ordinairement. Les auteurs partent déjà du constat que les concepts de la psychanalyse sont trop souvent stéréotypés (érotisme oral, érotisme anal, érotisme phallique, complexe d’Oedipe, culpabilité, etc.) et que le matériau recueilli tombe, du même coup, un peu trop rapidement dans les mailles d’une grille d’interprétation préconçue, en présupposition notamment d’expériences (enfantines ou plus récentes) insuffisamment connues. Il faut donc éviter le forçage théorique qui plaque des schèmes d’interprétation sur un matériau empirique défaillant ou malmené. Par ailleurs, cet usage stéréotypé des concepts freudiens ou postfreudiens s’accompagne souvent d’une interprétation intuitive, spontanée qui ne prend pas le temps de recueillir suffisamment des données ou qui ne s’appuie que sur une partie des données à disposition.
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hupomnemata   14 octobre 2014
La culture des individus de Bernard Lahire
Même critique de la confusion sous la plume de Marc Fumaroli en 1991 prenant à partie Jack Lang, ministre de la Culture, qui selon lui mélange Carême et Carnaval et peut, dans le même temps, subventionner "des groupes "rock" français qui singent des groupe "rock américains depuis longtemps défunts" ainsi que " la "culture rap", importée des quartiers ensauvagés du Nouveau Monde", "se porter caution pour l'imitation servile en France d'une des dernières trouvailles du show-business" et "vanter l'attachement des Français à leur patrimoine architectural". Pour lui, exposer des taggers dans des musées nationaux constitue un double mal, pour le patrimoine culturel comme pour les taggers eux-mêmes : "C'est une insulte pour les malheureux que l'on encourage dans une "créativité" qui les abîme ; c'est une insulte pour le patrimoine artistique français, que l'on traite en contrepoint frivole d'une "expérience" hasardeuse."
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Ileauxtresors   21 mars 2021
Culture écrite et inégalités scolaires de Bernard Lahire
On se demandera peut-être ce que l'on peut "ajouter" de plus aux analyses désormais classiques de la sociologie de l'école. Celles-ci ont révoqué en doute les discours sur le don, ont établi que l'école reproduisait statistiquement, dans son ordre propre, des différences sociales préexistantes tout en contribuant à la méconnaissance et à la reconnaissance des rapports sociaux, que le capital culturel allait au capital culturel, etc. Le sociologue n'a-t-il plus désormais qu'à illustrer, par des enquêtes empiriques, les cadres théoriques déjà établis ?
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moussk12   20 septembre 2016
Pour la sociologie de Bernard Lahire
Par exemple, parler de l'immigration comme d'un "problème" non seulement empêche de se demander ce que l'immigration apporte à la vie d'un pays, mais contribue à détourner l'attention publique sur une catégorie (les "étrangers") pour éviter de parler des inégalités économiques et sociales les plus criantes et qui touchent souvent en premier lieu les populations immigrées ou "issues de l'immigration".
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