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Note moyenne 3.88 /5 (sur 47 notes)

Nationalité : Slovénie
Né(e) à : Trieste , le 28/08/1913
Biographie :

Boris Pahor est un écrivain slovène.

En 1920 il assista à l'incendie de la maison de la Culture slovène ("Narodni dom", soit la "Maison du peuple"), par les fascistes italiens. Quand les nazis prirent le contrôle de la région en 1944, il rejoignit les rangs de l 'armée de libération yougoslave. Arrêté, il fut déporté en Alsace (Natzweiler-Struthof), puis en Allemagne (Dachau et Bergen-Belsen).

La plupart de ses romans ont leur source dans cette épreuve. Il est aujourd’hui considéré comme l’un des écrivains slovènes les plus importants de son époque.

Parmi ses écrits les plus importants on cite "Le Pèlerin parmi les ombres" (où il narre son expérience des camps de la mort), "Printemps difficile" et "Quand Ulysse revient à Trieste".

Il est candidat sur la liste de la Südtiroler Volkspartei (SVP) au nom de l'alliance avec la Slovenska Skupnost pour les élections européennes de 2009.
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À l'occasion des 40 ans des éditions Phébus en 2016, trois auteurs de la rentrée littéraire lisent des extraits des livres qui les ont marqués au sein de la maison : - Gil Jouanard auteur du roman "Les Roses blanches" lit des extraits de "Paris" de Jean Follain (Phébus, 1978, Libretto, 2006), - David Boratav auteur du roman "Portrait du fugitif" lit des extraits de "Sublimes paroles et idioties de Nasr Eddin Hodja" (Phébus 1990, Libretto, 2002), - le slovène Drago Jan?ar auteur du roman "Six mois dans la vie de Ciril" parle de son compatriote et ami Boris Pahor auteur de "L?Appel du navire" (Phébus, 2008), "Jours obscurs" (Phébus, 2001) et "Printemps difficile" (Phébus, 1995, Libretto, 2013). Retrouvez nos livres et nos auteurs sur http://www.editionsphebus.fr

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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
LydiaB   17 février 2013
Pèlerin parmi les ombres de Boris Pahor
Toutes les fois que, dans la matinée, ils descendaient quelqu'un par les escaliers qui donnaient du côté du four, un vide sourd se faisait en nous. André était encore plus pâle que d'habitude, il ne savait même plus qu'il était médecin bon et dévoué, il était comme impotent dans le froid qui soufflait de la terrasse du bas. En tant que médecin, il savait - il le voyait - que le SS accompagnait un groupe de gars à la visite. Entlassung. Ce qui signifie licenciement, renvoi ainsi que congé et même finalement adieu. Et c'était adieu sa véritable signification. Le médecin devait certifier le bon état de santé des renvoyés. Les gars avaient des yeux fixes et hagards mais le SS s'emportait contre celui à qui il manquait la jambe droite à partir du genou. "Tu n'es pas en bonne santé ? Tu ne veux pas être renvoyé ?" Pendant ce temps, Leif agitait nerveusement la main dans laquelle il tenait son stéthoscope ; la sinistre comédie devant laquelle il était impuissant lui répugnait mais il ne pouvait refuser quand on lui ordonnait d'examiner les gars. Or, pour ça, il était médecin. André n'aimait pas Leif mais lui n'aurait pas pu faire autrement. Seuls les gars qui avaient en main le fichier des convalescents du bloc n°2 réussissaient de temps à autre à sauver l'un des marqués. Ils risquaient alors le tout pour le tout car, si on les avaient découverts, c'est eux qui, un matin, auraient descendu les escaliers jusqu'aux crochets. Franc, par exemple, un grand et chaleureux ljubljanais, constamment agité, bourré d'ingéniosité et d'un humour obstiné, pouvait le faire. Quand le SS arrivait avec une liste de Entlassung, commençait le sauvetage fiévreux d'au moins un des condamnés, parfois de deux mais c'était exceptionnel car il fallait éviter d'éveiller le moindre soupçon.Il s'agissait en effet de placer sur l'orteil d'un cadavre étendu sur le sol des lavabos - du Waschraum -, qui attendait qu'on le porte en bas, un papier avec le numéro du condamné au lieu du vrai, du sien. Le gars sauvé changeait de nom et de numéro et il fallait aussi vite que possible lui faire quitter le camp avec n'importe quel convoi de travail.
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5Arabella   10 août 2018
Place Oberdan à Trieste de Boris Pahor
C'était une nuit d'août étoilée, un vent espiègle rafraîchissait la côte solitaire de Miramare. Il dégringolait en cachette de la garrigue sur le rivage et s'emmêlait dans les frondaisons des platanes élancés. De l'autre côté du trottoir, un orchestre jouait à l'abri devant un café, de temps à autre, des phares éclairaient la route, les instruments de musique et les triangles jaunes et bruns des parasols. Le rivage était dans l'obscurité ; ici le vent entamait sa danse, se précipitait sur les rochers, se cognait contre l'eau, rebondissait avant de revenir se glisser sous un petit banc sous un jeune platane. Là où la place était occupée, il se faufilait entre les visages pour emporter le baiser tout juste avenu.
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Maphil   22 février 2013
Pèlerin parmi les ombres de Boris Pahor
En cet instant, j'aimerais dire quelque chose à mes anciens camarades mais j'ai l'impression que tout ce que je leur dirai en pensée sera faux. Je suis vivant, voilà pourquoi mes sentiments les plus sincères sont quelque part impudiques.
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A_fleur_de_mots   28 septembre 2020
Place Oberdan à Trieste de Boris Pahor
Elle a appuyé la tête contre le dossier du banc et fait tomber ses cheveux en cascade. Tant mieux pour elle si elle a pu traverser, intacte, les malheurs et les deuils, me suis-je dit, heureuse Živka, si elle n’a pas été éclaboussée par le sang. Heureuse Živka. Et alors que je m’étonnais en me demandant, bougon, d’où elle était sortie, elle me dit : “ Je suis tombée du ciel, comme cette étoile là-bas”.

Extrait de la nouvelle “La respiration de la mer”
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CCoco   10 avril 2015
L'Appel du navire de Boris Pahor
La main de Danilo la dénuda lentement, et après un instant d'étonnement, alors qu'elle sentait qu'elle allait résister machinalement à la curiosité de la clarté matinale, elle resta calme, attendant elle-même la signification de cette nouvelle découverte. Il était plein de recueillement et d'attention, comme devant une statue couchée et recouverte d'un drap, dont il allait calmement et posément révéler le secret. Les vagues écumeuses pouvaient à nouveau se lever dans les arrière-fonds, perçut-elle, elle voulait maintenant suivre le cheminement de ses mains avec une calme résistance. Ses mains accompagnaient les courbes de son corps, les effleurant de la pointe des doigts et des paumes, puis s'en allaient, détachées, proches et distantes à la fois.
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Maphil   22 février 2013
Pèlerin parmi les ombres de Boris Pahor
Tout autour, les gens se sont levés sur la pointe des pieds pour voir les cendres et les morceaux d'os dans les pots, quant à moi, il me semble toujours aussi inconcevable qu'on puisse, devant ce four si imposant, demander de quoi il s'agit; en même temps, cette légèreté me calme car elle me confirme dans l'idée que la conscience s'éveille à un rythme désespérement lent. C'est-à-dire que je suis plutôt satisfait de constater que le monde des camps est incommunicable même si je ne peux pas dire que cette idée me soulage.
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A_fleur_de_mots   28 septembre 2020
Place Oberdan à Trieste de Boris Pahor
- À quoi penses-tu? demanda-t-elle.

- À l’automne de Vivaldi.

-Mais le Karst est plus fort.

- Mais son musicien n’est pas encore né.

Comme toujours merveilleusement raisonnable, pensa-t-il. Pourtant, à ce moment-là, il lui sembla que le Karst n’avait besoin d’aucun musicien car la nature était une artiste qui se suffisait à elle-même.

Extrait de la nouvelle “La danseuse”
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babelioff   05 février 2016
Quand Ulysse revient à Trieste de Boris Pahor
Car, là-bas, de l'autre côté de la ligne du tram et de la barrière, le grand bleu souriait pudiquement à la lumière qui frissonnait au sommet des collines, hésitant encore à se déverser vers lui.
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CCoco   06 avril 2015
L'Appel du navire de Boris Pahor
Ce qu'il y a, c'est qu'à l'époque nous n'avions pas conscience de cet état de choses ; c'est seulement plus tard que nous nous sommes rendu compte que jusqu'à la fin de la Première Guerre nous étions dans un tunnel sombre, et quand nous avons cru sortir du tunnel autrichien pour trouver enfin le soleil, alors a commencé un autre tunnel, bien plus noir. Prendre conscience de ces faits a enlevé toute valeur à ces abris de pierre, à ces feux et à ces hippocampes que la marée se déposait sur le sable en se retirant.
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A_fleur_de_mots   28 septembre 2020
Place Oberdan à Trieste de Boris Pahor
Des feuilles vivantes pour sa chambre, pensa-t-il. Un morceau bigarré de la nature pour une femme qui est la soeur de la nature. Spécialement pour elle qui vit tellement avec cette nature qu’elle en oublie sa féminité, et sa coexistence mystérieuse avec l’univers l’emplit d’une sagesse et joyeuse pétulance. Et, cachée, la subtilité, une subtilité raffinée jusqu’aux nuances les plus délicates. Qu’un homme ne peut comprendre.

Extrait de la nouvelle “La danseuse”
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