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Note moyenne 3.24 /5 (sur 16 notes)

Nationalité : Russie
Né(e) à : Kharkiv , le 31/01/1879
Mort(e) à : Moscou , le 07/05/1925
Biographie :

Boris Viktorovitch Savinkov est un écrivain et un révolutionnaire russe, l'un des dirigeants de la Brigade terroriste du Parti socialiste révolutionnaire.

Il est responsable de nombreux assassinats de fonctionnaires en 1904 et 1905 et monte l'attentat contre le ministre de l'intérieur Plehve en 1904. Il fut livré par Azev, chef des terroristes et agent double, qui préparait les attentats et livrait ensuite ses camarades à l'Okhrana. En 1906, il est arrêté, mais il s'évade de prison à Odessa. Il retourna en Russie en avril 1917 et devint assistant au ministre de la défense sous Alexandre Kerensky, mais il fut rapidement expulsé par le gouvernement et le parti socialiste-révolutionnaire pour son rôle lors du putsch du général Kornilov en septembre 1917. Il a été un contre-révolutionnaire en Russie durant la période succédant à la révolution d'Octobre. Pendant la guerre russo-polonaise, il organise une Armée populaire russe, qui se bat aux côtés des troupes du Maréchal Piłsudski.

Boris Savinkov vit en exil à Prague et à Paris. En mission pour le Secret Intelligence Service, il part en Russie en 1924. Il est arrêté et jugé le 30 août 1924. Il reconnait avoir fomenté l'attentat contre Lénine par le biais de Fanny Kaplan. Il assure avoir reçu de l'argent du président tchécoslovaque Masaryk à cet effet.

Il est d'abord condamné à mort. Puis après plusieurs aveux, sa peine est commuée en 10 ans de réclusion. Il s'est suicidé (d'après la version officielle) dans la prison de la Loubïanka, à Moscou. Selon Alexandre Soljenitsyne, il aurait été assassiné par des agents de la Guépéou.

Il écrit quelques romans, tels que "Ce qui ne fut pas" (1918) et "Le Cheval blême" (1913). Un film a même été tiré de son autobiographie par le cinéaste russe Karen Shakhnazarov.
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Bibliographie de Boris Savinkov   (3)Voir plus

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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
nadejda   12 mars 2015
Le Cheval blême : Souvenirs d'un terroriste de Boris Savinkov
Je me souviens de ma première chasse. Les champs de sarrasin rougeoyaient, des fils de la vierge tombaient des arbres, la forêt était silencieuse. Je me tenais sur une lisière, près d'un chemin raviné par la pluie. Parfois, un murmure de bouleaux, un vol de feuilles jaunes. J'attendais. Soudain l'herbe eut une ondulation inhabituelle. Des buissons, telle une pelote grise, un lièvre déboula et se dressa prudemment sur les pattes arrière, regardant autour de lui. Tremblant, je levai mon fusil. Un écho roula dans la forêt, une fumée bleue se dissipa entre les bouleaux. Le lièvre blessé se tordait dans l'herbe brunie par le sang. Il criait, de ces cris aigus mêlés de pleurs qu'ont les enfants. J'eus pitié de lui. Je tirais encore un coup. Il se tut.

De retour à la maison je l'oubliai tout de suite. Comme s'il n'avait jamais existé, comme si je ne lui avais pas ôté le plus précieux -- la vie. Et je me demande : Pourquoi ai-je éprouvé de la douleur quand il criait ? Et pourquoi n'en ai-je pas éprouvé de l'avoir tué par amusement ? p 39
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nadejda   13 mars 2015
Le Cheval blême : Souvenirs d'un terroriste de Boris Savinkov
Je m'en souviens : j'étais dans le Grand Nord, au-delà du cercle polaire, dans un village de pêcheurs norvégiens. Pas d'arbres ni de buissons, pas même d'herbe. Des rochers nus, un ciel gris, l'océan gris et nébuleux. Les pêcheurs en cirés tirent leurs filets mouillés. Il y a une odeur de poisson et d'huile de foie de morue. Tout m'est étranger. Le ciel, les rochers, l'huile, tous ces hommes, leur langue étrange. Je me perdais. Je devenais étranger à moi-même.

Et aujourd'hui aussi, tout m'est étranger. (...)

Le ciel vespéral s'assombrit, les nuages nocturnes s'amoncellent. C'est demain notre jour. Tranchante comme l'acier, une pensée nette surgit. Celle de l'assassinat. Il n'y a pas d'amour, pas de monde, pas de vie. Il n'y a que la mort. La mort comme couronnement et la mort comme couronne d'épines. p 115
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julienmorvan   12 juillet 2019
Le Cheval blême : Souvenirs d'un terroriste de Boris Savinkov
Heureux celui qui croit à la résurrection du Christ, à celle de Lazare. Heureux aussi celui qui croit au socialisme et au paradis terrestre. Mais ces vieux contes me font sourire, et trente arpents de terre en partage ne me séduisent pas. J'ai dit que je ne voulais pas être esclave. (p. 38)
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julienmorvan   12 juillet 2019
Le Cheval blême : Souvenirs d'un terroriste de Boris Savinkov
Je suis habitué à la clandestinité, à la solitude. Je ne veux pas connaître l'avenir. Je m'efforce d'oublier le passé. Je n'ai ni patrie, ni famille, ni nom. Je me dis :

Un grand sommeil noir

Tombe sur ma vie :

Dormez, tout espoir,

Dormez, toute envie ! (p. 37)
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julienmorvan   12 juillet 2019
Le Cheval blême : Souvenirs d'un terroriste de Boris Savinkov
Je ne sais pas pourquoi il est interdit de tuer. Et je ne comprendrai jamais pourquoi il est bien de tuer au nom de la liberté, et mal au nom de l'autocratie. (p. 34)
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Charybde2   09 mai 2016
Le Cheval blême : Souvenirs d'un terroriste de Boris Savinkov
Nous nous taisons tous.

Des rails fins courent sur le remblai. Les poteaux télégraphiques s’en vont vers l’horizon. Tout est calme. Seuls les fils bourdonnent.

– Écoute, dit Vania, voilà à quoi j’ai pensé. Il est facile de se tromper. La bombe pèse quatre kilos. En la lançant à bout de bras, on n’est pas sûr de bien viser. Si on touche la roue arrière, il en réchappera. Rappelle-toi le 1er mars, Ryssakov.

Heinrich s’agite :

– Oui, oui… Comment faire ?

Fiodor écoute attentivement. Vania dit :

– Le meilleur moyen, c’est de se jeter sous les pattes des chevaux.

– Et alors ?

– Et alors, la voiture et les chevaux sauteront sûrement.

– Et toi avec.

– Et moi avec.

Fiodor hausse les épaules avec dédain :

– Pas besoin de ça. On l’aura simplement. Il suffit de courir vers la portière et de jeter la bombe par la vitre. Et c’en sera fait.

Je les regarde. Fiodor est couché sur le dos dans l’herbe, et le soleil brûle ses joues basanées. Il cligne des yeux : le printemps le réjouit. Vania est pâle, son regard pensif se perd dans le lointain. Heinrich fait les cent pas et fume avec acharnement. Au-dessus de nous, le ciel est bleu.
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Charybde2   09 mai 2016
Le Cheval blême : Souvenirs d'un terroriste de Boris Savinkov
Écoute : de fait, si tu aimes beaucoup – véritablement – il est alors possible de tuer. On le peut bien, n’est-ce pas ?

Je dis :

– On peut toujours tuer.

– Non, pas toujours. Tuer est un péché grave. Mais souviens-toi : il n’y a pas de plus grand amour que de donner son âme pour ses amis. Pas sa vie, son âme. Comprends-le : il faut prendre sur soi le supplice de la croix, il faut être résolu à tout par amour, pour l’amour. Mais obligatoirement par amour et pour l’amour. Sinon, nous retrouvons Smerdiakov, le chemin vers Smerdiakov. Je vis. Pour quoi ? Peut-être pour l’heure de ma mort. Je prie : « Seigneur, donne-moi la mort au nom de l’amour. » On ne peut certes pas prier pour un assassinat. Et une fois que tu as tué, tu ne vas pas aller prier… Je le sais bien : il y a peu d’amour en moi, lourde est ma croix. Ne souris pas, reprend-il au bout d’un instant, pourquoi te moques-tu, et de quoi ? Je prononce des paroles divines, et tu vas prétendre que c’est du délire. Tu vas le dire, hein, tu vas le dire que c’est du délire ?

Je me tais.
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julienmorvan   26 juillet 2019
Le Cheval blême : Souvenirs d'un terroriste de Boris Savinkov
Elle pensait au terrorisme, pensait que je tuais. Oui, bien sûr je tue ... Et je dis tout haut :

- Oui, c'est notre travail. (p. 131)
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Charybde2   09 mai 2016
Le Cheval blême : Souvenirs d'un terroriste de Boris Savinkov
Quand je pense à lui, je ne ressens ni haine ni courroux. Ni pitié non plus. Il m’est indifférent. Mais je veux sa mort. Je le sais : il est nécessaire de le tuer. Nécessaire pour la terreur et pour la révolution. Je sais que les gros poissons mangent les petits, je ne crois pas aux paroles. Si je le pouvais, je tuerais tous les chefs et tous les dirigeants. Je ne veux pas être esclave. Je ne veux pas qu’il y ait des esclaves.

On dit qu’il est interdit de tuer. On dit encore qu’on peut tuer un ministre, mais pas un révolutionnaire. On dit aussi le contraire.

Je ne sais pas pourquoi il est interdit de tuer. Et je ne comprendrai jamais pourquoi il est bien de tuer au nom de la liberté, et mal au nom de l’autocratie.
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julienmorvan   26 juillet 2019
Le Cheval blême : Souvenirs d'un terroriste de Boris Savinkov
La nuit est mon heure. L'heure de l'oubli et de la paix. (p. 160)
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