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Citation de migdal


Placé jusque-là à l'arrière-plan, Étienne Clavière gagne ici le devant de la scène dans le rôle de défenseur de la cause abolitionniste. À ce titre, son premier acte est la fondation, avec Jacques-Pierre Brissot, de la SAN, créée à Paris le 19 février 1788. Celle-ci est formée sur le modèle des associations abolitionnistes instaurées entre 1775 et 1787 d'abord dans certaines des Treize Colonies d'Amérique du Nord (noyau des futurs États-Unis) puis en Angleterre. Les fondateurs de la SAN ne cachent pas leur dette idéologique à l'égard des pionniers anglais de l'anti-esclavagisme (Thomas Clarkson et William Wilberforce), qu'ils reconnaissent comme leurs mentors et avec lesquels ils entretiennent ouvertement des contacts.

Les attaches anglo-saxonnes de la SAN, sa référence à un modèle étranger et l'admission en son sein de membres originaires de l'Angleterre et de l'Amérique du Nord protestante, ainsi que de la Genève calviniste, constituent une de ses singularités et, selon les milieux pro-esclavagistes, son talon d'Achille. Ceux-ci ne manquent pas de tirer profit de cette supposée vulnérabilité pour présenter l'association comme un agent à la solde de la Grande-Bretagne chargé d'anéantir l'édifice colonial français.

La filiation étrangère de la SAN, revendiquée, mais problématique, ne doit pas surprendre. La traite et l'esclavage ayant dès le départ un caractère cosmopolite, la lutte pour leur abolition n'est envisageable que dans un cadre international. Dans les statuts de la SAN, seule une action concertée entre nations est considérée pour mettre fin au commerce des esclaves.
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