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Note moyenne 4.03 /5 (sur 138 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Saint-Claude, Jura , le 03/05/1961
Biographie :

Bruno Doucey est un écrivain, poète et éditeur.

Il a été longtemps professeur de lettres et formateur à l'Institut Universitaire de Formation des Maîtres (IUFM).

Il est auteur de nombreux ouvrages pédagogiques à destination des enseignants, proposant une réflexion essentielle sur la pédagogie de la poésie à l'école, ainsi que d'études critiques consacrées à Marivaux, Patrick Modiano, J.M. G. Le Clézio, Francis Ponge, Claude Roy, Jean Tardieu, etc.

Bruno Doucey est également auteur d'anthologies, de récits et de poèmes qui ont accompagné des expositions de peinture en France et à l'étranger et maître d’œuvre du "Livre des déserts", publié en 2006 dans la collection Bouquins des Éditions Robert Laffont.

Il a dirigé les Éditions Seghers pendant huit ans jusqu'à leur mise en sommeil. Actuellement installé à Paris, il a fondé, en mai 2010, sa propre maison d'édition, les Éditions Bruno Doucey, qui ont déjà publié plus d'une centaine de titres.

Il est également l'auteur d'une œuvre personnelle poétique et romanesque abondante. Son roman "Le carnet retrouvé de monsieur Max" est paru en 2015 dans la collection Sur le fil.

On lui doit plusieurs biographies de poètes dans la collections pour enfants "Des graines et des guides" des éditions A dos d'âne, dont celle de Pablo Neruda en 2017.

Il est le compagnon de l'écrivaine Murielle Szac.

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Source : http://www.sef-bale.ch
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Bruno Doucey lit un extrait du recueil "grécité", de Yannis Ritsos, reproduit dans notre livre spécial dix ans "Un bateau nommé poésie". Nous avons publié "grécité" en 2014, en bilingue grec/français, dans la traduction de Jacques Lacarrière.
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Citations et extraits (227) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24   23 mai 2014
La Résistance en poésie : Des poèmes pour résister de Bruno Doucey
-Poèmes de circonstance-



A mon corps



Ils ne m'auront ni par la faim ni par la peur

Et s'ils m'avaient un jour, ce serait mon squelette

Et s'ils faisaient un jour ma dernière toilette

Ils trouveraient changé mon corps, mais non mon coeur.



Mais nous serons bien un ou deux



Le monde usé jusqu'à la corde

découvre son envers hideux

Et l'univers se désaccorde

mais nous serons bien un ou deux



pour ne pas nous soucier des hordes

et pour lever encor les yeux. (p.56-57)

Jean Wahl (1888-1974)



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TerrainsVagues   29 janvier 2018
Passagers d'exil de Bruno Doucey
Regardez-les, ces hommes et ces femmes qui marchent dans la nuit.

Ils avancent en colonne, sur une route qui leur esquinte la vie.

Ils ont le dos vouté par la peur d’être pris

Et dans leur tête,

Toujours,

Le brouhaha des pays incendiés.

Ils n’ont pas mis encore assez de distance entre eux et la terreur.

Ils entendent encore les coups frappés à leur porte,

Se souviennent des sursauts dans la nuit.

Regardez-les.

Colonne fragile d’hommes et de femmes

Qui avancent aux aguets,

Ils savent que tout est danger.

Les minutes passent mais les routes sont longues.

Les heures sont des jours et les jours des semaines.

Les rapaces les épient, nombreux.

Et leur tombent dessus,

Aux carrefours.

Ils les dépouillent de leurs nippes,

Leur soutirent leurs derniers billets.

Ils leur disent : « Encore »,

Et ils donnent encore.

Ils leur disent : « Plus ! »,

Et ils lèvent les yeux ne sachant plus que donner.

Misère et guenilles,

Enfants accrochés au bras qui refusent de parler,

Vieux parents ralentissant l’allure,

Qui laissent traîner derrière eux les mots d’une langue qu’ils seront contraints d’oublier.

Ils avancent,

Malgré tout,

Persévèrent

Parce qu’ils sont têtus.

Et un jour enfin,

Dans une gare,

Sur une grève,

Au bord d’une de nos routes,

Ils apparaissent.

Honte à ceux qui ne voient que guenilles.

Regardez bien.

Ils portent la lumière

De ceux qui luttent pour leur vie.

Et les dieux (s’il en existe encore)

Les habitent.

Alors dans la nuit,

D’un coup, il apparaît que nous avons de la chance si c’est vers nous qu’ils avancent.

La colonne s’approche,

Et ce qu’elle désigne en silence,

C’est l’endroit où la vie vaut d’être vécue.

Il y a des mots que nous apprendrons de leur bouche,

Des joies que nous trouverons dans leurs yeux.

Regardez-les,

Ils ne nous prennent rien.

Lorsqu’ils ouvrent les mains,

Ce n’est pas pour supplier,

C’est pour nous offrir

Le rêve d’Europe

Que nous avons oublié.



Laurent Gaudé
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Dionysos89   26 novembre 2014
Aimé Césaire : Un volcan nommé poésie de Bruno Doucey
Ce matin-là, sur les bancs de l’école, Aimé est assis à côté d’un garçon plongé dans un livre. « Que lis-tu ? » lui demande-t-il. « Un livre sur nos ancêtres les Gaulois, répond le petit enfant nègre. Tu sais qu’ils avaient les cheveux blonds et les yeux bleus ? » Aimé, en colère, lui arrache le livre des mains : « Pauvre crétin ! Va te voir dans une glace ! »



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Piatka   23 avril 2018
L'ardeur : ABC poétique du vivre plus de Bruno Doucey
LEVÉE EN MASSE



Ne serait-ce qu’une fois, si tu parlas de liberté,

Tes lèvres, pour l’avoir connue, en ont gardé le goût du sel,

Je t’en prie,

Par tous les mots qui ont approché l’espoir et qui tressaillent,

Sois celui qui marche sur la mer.

Donne-nous l’orage de demain.



Les hommes meurent sans connaître la joie.


Les pierres au gré des routes attendent la lévitation.

Si le bonheur n’est pas au monde nous partirons à sa rencontre.


Nous avons pour l’apprivoiser

les merveilleux manteaux de l’incendie.



Si ta vie s’endort,


Risque-la.



JEAN MALRIEU - Une ferveur brûlée, 1995.
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Dionysos89   06 février 2015
Aimé Césaire : Un volcan nommé poésie de Bruno Doucey
L’imagination est un cheval fou qui court sur la mer.



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TerrainsVagues   05 mai 2019
S'il existe un pays de Bruno Doucey
Écrire de feu l'eau claire

la pente du sourcil

la traque du jaguar

Écrire d'un bond ta peau

le sable des lisières

l'aube des sentinelles

Écrire sans fin de rage

de peur et de brisures

écrire de bric et de broc

de soc et de pollen

Pourvu qu'en son passage

le vent te laisse nue

à la pointe des mots.
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Piatka   24 avril 2018
L'ardeur : ABC poétique du vivre plus de Bruno Doucey
ULYSSE



Je veux te retrouver enfant

retrouver ces jours de grand vent

qui sculptaient ta chevelure

de sable et de sel



alors tu rejoignais mon antre

à pas lents

pour que j’admire ta coiffe

et ton allure étrange



tu ne parlais plus

tu faisais de grands gestes

le soleil dans ton dos

tu déplaçais les ombres



et je t’appelais Reine



je veux glisser mes mains d’enfant

derrière ta nuque

porter ton visage comme un calice

et danser en aveugle



je veux frôler ton pied

dans la poussière froide

et que ton rire me dévore

je veux dormir quand tu veilles

et que les chèvres dévalent la colline



pour annoncer le soir



je veux te voir partir et rester seul

pour recueillir

au son des cloches animales

les perles de sable et de sel

tombées de tes cheveux



AURÉLIA LASSAQUE - En quête d’un visage, 2017
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Piatka   01 mai 2018
L'ardeur : ABC poétique du vivre plus de Bruno Doucey
J’AI KAYAKÉ



J’ai kayaké,

méandré, la Seine.

Fait reculer les mascarets.

dans un bar d’outre-tombe,

dernière luciole

d’un quartier survivant

d’entre-bombes,

Mado, de Saint-Agrève,

m’a promu matelot…

sur une goélette

en goguette.

À son bord,

J’ai usé mes paumes

entre étai de flèche et grand-voile,

chanté les grands cacatois

les petits perroquets

et tous les Artimons

du temps perdu

des brigantines

malouines.

À Bilbao, sur un cargo poisseux,

J’ai secoué les plis de nappe

D’un pavillon panaméen

À miettes d’équipage

aux langues dépareillées

et gestes accordés.

J’ai viré à Sagres

où naquirent ces coquilles de noix,

bateaux ivres

appelés caravelles.

Les oiseaux m’ont appris

que l’un d’entre eux, le labbe,

menait double vie

sous le nom de stercoraire

Un vieux yacht à la vapeur dorée

m’a dérivé vers Gibraltar où j’ai vu,

dans le regard des singes du Rocher,

les reflets atlantiques des grandes cataractes

qui emplirent jadis la Méditerranée

Une escale en Sardaigne

m’a fait tenir en main

des statuettes d’un bronze nuragique.

À Malte, deux commères d’Homère,

Nausicaa et Calypso,

battaient la crique ulysséenne

dont la ceinture d’algues

échappait vainement

aux crocs des roches jaunes.

Ma direction m’a mené

aux côtes de Turquie.

J’étais heureux de cette porte

de terre à serrure continentale.

Sur un caïque grec, la grève j’ai touché

et le fond du malheur

au nom roulant soudain tonnerre de Bodrum…

Un enfant gisait là,

en habit d’écolier.

Le front sur un coussin de sable,

dormeur d’un autre val.

Un enfant mort noyé,

venu il y a trois ans

Au monde de toute mer et terre,

fuyant avec son frère la guerre de Syrie.

Cet enfant sans cartable, sans vie,

promis aux écailles d’obus

et jeté dans la nuit aux mousses du naufrage.

Une photographie de lui

a fait le tour du monde.

Carte postale de guerre,

toujours la même qui revient,

celle de l’enfant mort,

sur ma peau épinglée.

Les rames de mon kayak

font, depuis ce jour-là,

comme un bruit de sanglot

dans l’eau inattentive

au destin d’un enfant

prénommé Aylan.



PEF - Terra Migra, 2018

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fanfanouche24   30 mai 2014
La Résistance en poésie : Des poèmes pour résister de Bruno Doucey
Jean Cassou (1897-1986)



La plaie que, depuis le temps des cerises....

Je garde en mon coeur s'ouvre chaque jour.

en vain les lilas , les soleils, les brises

viennent caresser les murs des faubourgs.



Pays des toits bleus et des chansons grises,

qui saignes sans cesse en robe d'amour;

explique pourquoi ma vie s'est éprise

du sanglot rouillé de tes vieilles cours.



Aux fées rencontrées le long du chemin

je vais racontant Fantine et Cosette

l'arbre de l'école, à son tour répète

une belle histoire où l'on dit : demain...

ah ! jaillisse enfin le matin de fête

où sur les fusils s'abattront les poings ! (p.39-40)



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Bruno Doucey
sabine59   15 août 2018
Bruno Doucey




Les mots



Je les ramasse comme on ramasse des galets sur une plage

Je les cueille comme on cueille des fleurs et des feuilles



Je les recueille

comme on fait un nid de ses mains

au frêle oiseau de la parole



Puis

je me tiens debout

mains

offertes

pour un

partage

à haute voix



(" mots dits, mots lus ", février 2017)
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