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Note moyenne 4.06 /5 (sur 74 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Beaune , le 22/06/1947
Biographie :

Bruno Latour est un sociologue, anthropologue et philosophe des sciences français.

Après avoir été assistant de Jean-Jacques Salomon au CNAM, puis avoir enseigné à l'École des mines de Paris, il est depuis septembre 2006 professeur à l'Institut d'études politiques de Paris (Sciences Po). En septembre 2007, Bruno Latour a été nommé directeur scientifique et directeur adjoint de ce même institut. En 2010, il initie au sein de Sciences-Po, le programme d'expérimentation en arts et politique (SPEAP).

Agrégé de philosophie, Latour a été profondément influencé par la pensée de Michel Serres. Il s'intéresse à l'anthropologie et entreprend une enquête de terrain dans un laboratoire de l'ORSTOM en Côte d'Ivoire à Abidjan dont le résultat est une brève monographie sur la décolonisation, la notion de race et les relations industrielles. Parallèlement, il mène une recherche sur l'exégèse biblique des textes portant sur la résurrection pour une thèse de troisième cycle.

En 1979, il publie avec Steve Woolgar "Laboratory Life: the Social Construction of Scientific Facts" (traduit en français en 1988 sous le titre "La Vie de laboratoire : la Production des faits scientifiques"). Après un projet de recherche sur la sociologie des primatologues, Latour poursuit ses recherches entreprises dans "La Vie de laboratoire" avec "Les Microbes : Guerre et paix" (1984).

Latour se tourne ensuite vers des travaux plus théoriques et programmatiques. À la fin des années 1980, il devient un des principaux défenseurs de la théorie de l'acteur-réseau aux côtés notamment de Michel Callon et de John Law.

Ses ouvrages les plus connus sont "La Vie de laboratoire" (1979), "La Science en action" (1987), "Nous n'avons jamais été modernes" (1991) et "Politiques de la nature" (1999).

Bruno Latour est membre du comité d'orientation de la revue Cosmopolitiques.

site officiel : http://www.bruno-latour.fr/

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Intervention du philosophe Bruno Latour lors du colloque "Gaïa face à la théologie" le 6 février 2020. #bernardins#ecologie#colloque En savoir plus : https://bit.ly/34CQMin Le Collège des Bernardins est un espace de liberté qui invite à croiser les regards pour cheminer dans la compréhension du monde et bâtir un avenir respectueux de l'homme. Pour tout savoir de l'actualité du Collège des Bernardins, suivez-nous sur les réseaux sociaux Facebook : https://www.facebook.com/CollegedesBernardins/ Twitter : https://www.twitter.com/CBernardins Instagram : @collegedesbernardins
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Citations et extraits (49) Voir plus Ajouter une citation
lanard   18 août 2010
Nous n'avons jamais été modernes : Essai d'anthropologie symétrique de Bruno Latour
p. 156 L’erreur des modernes sur eux-mêmes est assez facile à comprendre une fois que l’on a rétabli la symétrie et que l’on prend en compte à la fois le travail de purification et le travail de traduction. Ils ont confondu les produits et les procédés. Ils sont cru que la production de rationalisation bureaucratique supposait des bureaucrates rationnels ; que la production de science universelle dépendait de savants universalistes ; que la production de techniques efficaces entraînait l’efficacité des ingénieurs ; que la production d’abstraction était elle-même abstraite, que celle de formalisme était elle-même formelle. Autant dire qu’une raffinerie produit du pétrole de façon raffinée, ou qu’une laiterie produit du beurre de façon laitière ! Les mots science, technique, organisation, économie, abstraction, formalisme, universalité désignent bien des effets réels que nous devons en effet respecter et dont nous devons rendre compte. Mais ils ne désignent en aucun cas les causes de ces mêmes effets. Ce sont de bons substantifs mais de mauvais adjectifs et d’exécrables adverbes. La science ne se produit pas de façon plus scientifique que la technique de manière technique, que l’organisation de manière organisée ou l’économie de manière économique. Les scientifiques de paillasse, descendants de Boyle, le savent bien, mais dès qu’ils se mettent à réfléchir à ce qu’ils font, ils prononcent les mots que les sociologues et les épistémologues, descendants de Hobbes, placent dans leur bouche.
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Bruno Latour
mosaique92   07 décembre 2019
Bruno Latour
La justice sociale, c’est comme l’amour maternel, tout le monde est pour. Cela veut dire quoi, d’un point de vue pratique ?
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Bernacho   22 juillet 2016
Nous n'avons jamais été modernes : Essai d'anthropologie symétrique de Bruno Latour
Que faire si nous ne pouvons plus avancer ni reculer ? Déplacer notre attention. Nous n’avons jamais ni avancé ni reculé. Nous avons toujours trié activement des éléments appartenant à des temps différents. Nous pouvons trier encore. C’est le tri qui fait le temps et non pas le temps qui fait le tri. Le modernisme – et ses corollaires anti- et postmodernes – n’était qu’une sélection faite par un petit nombre au nom de tous. Si nous sommes plus nombreux à récupérer la capacité de trier nous-mêmes les éléments qui font partie de notre temps, nous retrouverons la liberté de mouvement que le modernisme nous déniait, liberté qu’en fait nous n’avions jamais vraiment perdue. Nous n’émergeons pas d’un passé obscur qui confondait les natures et les cultures pour parvenir à un futur où les deux ensembles se sépareront enfin nettement grâce à la continuelle révolution du présent. Nous n’avons jamais été plongés dans un flux homogène et planétaire venu soit de l’avenir, soit du fond des âges. La modernisation n’a jamais eu lieu. Ce n’est pas une marée longtemps montante qui refluerait aujourd’hui. Il n’y a jamais eu de marée. Nous pouvons passer à autre chose, c’est-à-dire revenir aux multiples choses qui ont toujours passé de façon différente.
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deuxquatredeux   16 décembre 2017
Où atterrir ? Comment s'orienter en politique de Bruno Latour
Chacun de nous se trouve donc devant la question suivante : " Est-ce que nous continuons à nourrir de rêves d'escapade ou est-ce que nous nous mettons en route pour chercher un territoire habitable pour nous et nos enfants ?"



Ou bien nous dénions l'existence du problème, ou bien nous cherchons à atterir. C'est désormais ce qui nous divise tous, bien plus que de savoir side droite ou de gauche. (p. 15)
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paulhaderach   27 août 2015
Face à Gaïa. Huit conférences sur le nouveau régime climatique de Bruno Latour
Ils savent, ils entendent, mais au fond, ils n'y croient pas. C'est là, je crois, qu'il faut aller chercher l'origine profonde du climato-scepticisme. Ce n'est pas un scepticisme qui porte sur la solidité des connaissances mais un scepticisme sur la position dans l'existence. S'ils doutent ou s'ils dénient, c'est parce qu'ils prennent ceux qui crient à temps et à contre temps qu'il faut changer totalement et radicalement de mode de vie pour des zozos dans plus de crésdit que Philippus le Prophète qui effraie Tintin dans l'Etoile Mystérieuse avec son gong et son drap blanc. "Le changement de vie total et radical", mais ils l'ont déjà accompli, justement, en devenant résolument modernes ! Si la modernité n'était pas si profondément religieuse, l'appel à s'ajuster à la Terre serait facilement entendu. Mais comme elle a hérité de l'Apocalypse simplement décalée d'un cran dans le futur, elle ne suscite qu'un haussement d'épaules ou qu'une réposne indignée. "Comment pouvez-vous venir nous prêcher encore une fois l'Apocalypse. Où est-il écrit dans les Livres qu'il y aura une apocalypse après la première ? La modernité est ce qu'on nous a promis, ce que nous avons conquis, parfois par la violence, et vous prétendez nous l'arracher ? Nous dire que nous nous sommes trompés sur le sens de la promesse ? Que la Terre promise de la modernité devrait rester promise ! C'est insensé".

Et en effet, il n'est écrit nulle part que l'Apocalypse puisse être suivie d'une autre. D'où cette certitude indéracinable, ce calme total, cette froideur de marbre, de ceux qui lisent pourtant tous les jours l'annonce de catastrophes diverses. Il semble qu'ils aient droit à cett terre qu'on leur a en effet promise, mais cette terre n'a rien de terrestre, puisque ce qui est nié, justement, c'est qu'elle ait une histoire, une historicité, une rétroaction, des capacités, bref, des puissances d'agir. Tout tremble, mais pas eux, pas le sol sur lequel ils ont les pieds posés.Le cadre où se déroule leur histoire est forcément stable. La fin du monde n'est qu'une idée.
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Jean-Daniel   29 mars 2020
Face à Gaïa. Huit conférences sur le nouveau régime climatique de Bruno Latour
Agir signifie faire venir son existence [...] du futur vers le présent.
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paulhaderach   27 août 2015
Face à Gaïa. Huit conférences sur le nouveau régime climatique de Bruno Latour
Personne, littéralement personne, ne peut jouer le rôle impossible de l'Anthropocène, et c'est là tout l'intérêt de la notion. Parler de l'origine anthropique du réchauffement climatique global n'a aucun sens, en effet, si l'on entend par "anthropique" quelque chose comme "l'espèce humaine". QUi peut prétendre parler de l'humain en général, sans susciter aussitôt mille protestations ? Des voix indignées vont s'élever pour dire qu'elles ne s'estiment en aucune manière responsables de ces actions à l'échelle géologique - et elles auront raison ! Les nations indiennes au coeur de la forêt amazonienne n'ont rien à voir avec "l'origine anthropique" du changement climatique - du moins tant que des politiciens en campagne électorale ne leur ont pas distribué des tronçonneuses. Pas plus que les pauvres des bidonvilles de Bombay qui ne peuvent que rêver d'avoir une empreinte carbone plus importante que celle laissée par la suie émise par leurs foyers de fortune. Pas plus que l'ouvrière obligée de faire de longs trajets en voiture parce qu'elle n'a pas pu trouver un logement abordable près de l'usine où elle travaille: qui oserait lui faire honte de sa trace carbone ? C'est pourquoi l'Anthropocène, malgré son nom, n'est pas une extension immodérée de l'anthropocentrisme. [...] C'est bien plutôt l'humain comem agent unifié, comme simple entité politique virtuelle, comme concept universel, qui doit être décomposé en plusieurs peuples distincts, dotés d'intérêts contradictoires, et convoqués sous les auspices d'entités en guerre - pour ne pas dire de divinités en guerre. L'anthropos de l'anthropocène ? C'est Babel après la chute de la tour géante. Enfin l'humain n'est plus unifiable ! Enfin il n'est plus hors sol ! Enfin il n'est plus hors de l'histoire terrestre !
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paulhaderach   26 août 2015
Face à Gaïa. Huit conférences sur le nouveau régime climatique de Bruno Latour
On ne se guérit pas de l'appartenance au monde. Mais à force de soin, on peut se guérir de croire qu'on n'y appartient pas; que ce n'est pas la question essentielle; que ce qui arrive au monde ne nous regarde pas [...] Ce qu'il faudrait par conséquent c'est découvrir un parcours de soin.
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hupomnemata   23 novembre 2012
Enquêtes sur les modes d'existence de Bruno Latour
Entrée en scène de l'Homo faber qui moule ses besoins à travers des outils par une "action efficace sur la matière". Cinq petits mots aussi parfaitement innocents que parfaitement inadéquats pour saisir un tel zigzag : il n'y a pas de matière, on n'agit pas "sur" elle, l'action n'est pas "efficace" (elle le sera peut-être, mais plus tard) et, enfin, comme nous allons le voir, il n'est pas sûr du tout que ce soit une "action", en tout cas pas l'action de "quelqu'un".
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paulhaderach   27 août 2015
Face à Gaïa. Huit conférences sur le nouveau régime climatique de Bruno Latour
Au moment même où il faudrait avoir autant de définitions de l'humanité qu'il y a d'appartenances au monde, c'est le moment même où l'on a enfin réussi à universaliser le même humanoïde économisateur et calculateur sur toute la surface de la Terre. Sous le nom de globalisation ou de mondialisation, la culture de cet étrange OGM - de son nom latin Homo oeconomicu - s'est répandue partout... Juste au moment ou l'on a un cruel besoin d'homodiversité ! Pas de chance vraiment: il faut affronter le monde avec un humain réduit à un tout petit nombre de compétences intellectuelles, doté d'un cerveau capable de faire de simples calculs de capitalisation et de consommation, auquel on attribue un tout petit nombre de désirs et que l'on est enfin parvenu à se convaincre de se prendre vraiment pour un individu, au sens atomique du mot. Au moment même où il faudrait refaire de la politique, on n'a plus à notre disposition que les pathétiques ressources du management et de la gouvernance. Jamais une définition plus provinciale de l'humanité n'a été transformée en un standard universel de comportement. Au moment même où il faudrait desserrer l'étreinte de la première Nature, la seconde Nature de l'économie impose sa cage de fer plus strictement que jamais.
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