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Note moyenne 3.91 /5 (sur 76 notes)

Nationalité : France
Biographie :

Après de sages études, Camille Emmanuelle s’est plus particulièrement intéressée à la culture érotique ; elle en alimente aujourd’hui une chronique pour le Huffington Post et divers magazines, est auteur de nouvelles à La Musardine et a co-créé un site consacré au plaisir féminin, le Cabinet de curiosité féminine (cabinetsdecuriosite.fr ). Elle est par ailleurs rédactrice pour des marques et des agences.

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Comment s`est opérée la sélection des lieux conseillés dans le livre ? Quels types de lieux avez-vous voulu mettre en avant ?

J`ai sélectionné une soixantaine de lieux ou d`expériences. J`ai privilégié la diversité des lieux (cela va de la créatrice de lingerie, à la boutique de sex toys, jusqu`au club BDSM). L`idée était de montrer comment Paris peut être une capitale érotique, si on s`amuse à la voir ainsi. Proust a écrit « le véritable voyage de découverte ne consiste pas à rechercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux. » Dans ce livre, j`ai tenté d`apporter un regard érotique et léger sur la capitale.



Y a-t-il au contraire des lieux que vous avez voulu garder pour vous ? Des adresses que vous avez voulu écarter ?

Il y a, à Paris, beaucoup de clubs libertins, mais je ne voulais pas faire un « guide libertin », donc je n`en ai sélectionné que six. Par ailleurs, il y a des lieux gays, où en tant que femme, je n`étais la bienvenue. Mais j`ai trouvé une solution : j`ai missionné un ami journaliste !



Qu`est-ce qui vous a le plus surpris à propos du Paris coquin au cours de vos pérégrinations nocturnes ?

Dans les « guides roses » de l`entre deux-guerres, ou dans les revues type « Paris frou frou » de l`après guerre, ce sont des articles écrits par des hommes, pour des hommes. A l`époque le comble de l`érotisme était ou le bordel, ou le cabaret avec des femmes seins nus. Aujourd`hui l`érotisme parisien est plus protéiforme, et les femmes ne sont pas uniquement des objets sexuels, mais des actrices à part entière de cet érotisme. Je pense notamment aux shows new burlesques, où les performeuses apportent un discours libre, sexy et drôle, sur la féminité et la sexualité. Des performeuses comme Louis(e) de Ville ou Cherry Lyly Darling jouent d`ailleurs pour un public essentiellement féminin.



On entend souvent que Paris n`est plus la ville la plus "sexe" d`Europe et que d`autres villes telles que Berlin ont pris le relais. Est-ce quelque chose que vous avez constaté ? De quels clichés les nuits parisiennes souffrent-t-elles ?

Ce sont les clichés que j`ai voulu contrecarrer dans ce livre. L`herbe n`est pas plus verte ailleurs, ni plus sexy ! Certes la nuit parisienne souffre de plusieurs problèmes (nuisances sonores, fermetures de lieux, etc), mais si on s`y penche un peu, elle est peut être tout aussi folle et libre que la nuit berlinoise ou barcelonaise. Comme je le dis dans le livre, Paris est une femme, mais ce n`est pas une fille facile. Elle est mondaine, elle coûte cher, elle est parfois insupportable. Mais elle est aussi drôle et séduisante !



Beaucoup sont des lieux chargés d`histoire. Les fantômes de quels personnages célèbres pourrait-on croiser dans ces lieux dont vous nous parlez ?

C`est ce qui est intéressant avec Paris. La capitale a un fort potentiel symbolique érotique, liée notamment à son histoire. A Pigalle on croise le fantôme de la Goulue, danseuse de cancan au début du XXème siècle, un personnage féminin fantasque. Du côté de chez Madame Arthur, on salue Bambi, meneuse de revue transexuelle, aujourd`hui devenue auteur. Des personnalités qui ont fait avancer les mentalités, et qui ont fait en sorte qu`aujourd`hui on peut vivre sa sexualité de façon plus libérée, et plus joyeuse.



Avez-vous encore des adresses parisiennes à tester ? Les lieux se renouvellent-ils fréquemment ?

Mais oui ! Il y a des lieux, des expériences, que j`aimerais tester. Je pense aux cours de « shibari » (bondage avec des cordes) qui se développent beaucoup à Paris dernièrement, aux ateliers de tantra… Peut être dans un deuxième tome ?



De nombreux dessins de Fred Bernard illustrent le guide. Pourquoi avez-vous choisi de travailler avec lui ? Comment s`est déroulée cette collaboration ?

Fred Bernard illustre mes Chroniques « érotico-culturelles » (sur le Huffington Post aujourd`hui) depuis plus de trois ans. Il a un trait léger, élégant, drôle et sexy, donc parfaitement adapté au propos de ce livre, je crois.



Avez-vous une adresse à conseiller à nos membres (ce sont majoritairement des femmes et de très grandes lectrices) ?

Je considère qu`une de nos zones érogènes la plus importante est le cerveau, l`imaginaire. Donc aller faire un tour à La Musardine, la librairie érotique de Paris, c`est l`occasion de découvrir de fabuleux romans qui se lisent à une main ! Et autre chose que Cinquante nuances de Grey



Découvrez "Paris couche-toi là !" de Camille Emmanuelle aux éditions Parigramme :


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Imaginez... Un soir, votre mère - qui se comporte de plus en plus bizarrement depuis que votre père est partie - s'enferme des heures à la cave et ne cuisine rien sinon de la viande presque crue... cette mère vous mord ! C'est ce qui arrive à Hippolyte... "Ogresse", conte moderne ? Peut-être. Mais aussi et surtout un récit très contemporain, entre harcèlement et slut shaming. Je vous emmène à la découverte de ce roman d'Aylin Manço, mais aussi de la collection érotique pour ados l'Ardeur chez Thierry Magnier... et d'une ogresse de conte bien souvent oubliée !


Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
letilleul   17 novembre 2019
Le goût du baiser de Camille Emmanuelle
L’odeur du pain grillé. Je ne sens pas l’odeur du pain grillé. J’ai pourtant bien entendu le bruit du pain qui saute du grille-pain, dans la cuisine. C’est samedi matin. Je suis dans ma chambre, dans mon lit, encore allongée. Je suis réveillée depuis plusieurs minutes. Le matin, le week-end, ma mère fait griller du pain. Tous les samedis et tous les dimanches, depuis que je suis petite, je me réveille avec cette odeur familièrement délicieuse. Quand j’étais en maternelle et en primaire, elle le faisait vers huit heures du matin. Depuis le collège, j’ai découvert la grasse matinée, et elle ne commence donc les hostilités pain grillébeurre- salé-confiture qu’aux alentours de dix heures. Cette odeur qui donne faim a un effet magique – elle me fait bondir du lit. Mais elle est aussi l’odeur du week-end, et donc du temps que l’on prend. Je peux traîner en pyjama, lire des BD blottie dans le canapé, me recoucher et regarder des séries, me raser les jambes, ou faire un masque beauté qui ne sert à rien. Tout cela sans souci de l’heure. Le bonheur. C’est ça, que sent le pain grillé que prépare ma mère. Sauf que ce matin, je ne sens rien

Le médecin m’a dit, hier : « Si vous avez des réactions physiques anormales, ces prochains temps, comme la tête qui tourne ou des vomissements, revenez consulter immédiatement. » Est-ce que ne pas sentir le pain grillé, c’est une raison pour consulter ?
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l-ourse-bibliophile   24 octobre 2017
Lettre à celle qui lit mes romances érotiques et qui devrait arrêter tout de suite de Camille Emmanuelle
Je n’étais pas une auteure qui trouvait l’inspiration à une terrasse de café de Manhattan et avait envie de faire rêver ses lectrices. Non, j’écrivais à la chaîne et étais le rouage d’une « fabrique à fantasmes ». Les romances sont quasi exclusivement écrites par des femmes. Et ces femmes, dont j’ai fait partie, sont comme celles qui, au XVIIIe siècle, aidaient les autres femmes à serrer leur corset. La femme ainsi ficelée retenait sa respiration, puis souffrait en silence toute la journée, empêchée dans ses mouvements. Elle correspondait à ce qu’on attendait d’elle. Aujourd’hui, ces corsets sont mentaux, et empêchent tout autant de respirer et de se sentir libre.
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l-ourse-bibliophile   24 octobre 2017
Lettre à celle qui lit mes romances érotiques et qui devrait arrêter tout de suite de Camille Emmanuelle
C’est toute une vision de la société – ultra-libérale, culturellement appauvrie et réactionnaire – qui est promue à longueur de page. Eh oui ! Manon, je n’ai pas écrit des mommy porns, mais bien des « Zemmour porns », réacs et bêtifiants. Je suis un peu la Monsanto de la littérature érotique. Et, alors que je suis une auteure féministe, j’ai contribué à délivrer aux femmes des messages extrêmement vieillots sur leur corps, leur vie, leurs rêves, leurs fantasmes.
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LivresdAvril   12 août 2020
Le goût du baiser de Camille Emmanuelle
J'ai totalement changé mon regard sur mon corps, sur le corps, depuis trois mois. J'y suis plus attentive, depuis qu'il me fait défaut... J'ai aussi réalisé que nous, les filles, les femmes, nous étions obnubilées par l'aspect purement extérieur de notre corps. Par la peau, qui doit être sans cellulite, sans boutons, sans poils, sans marques. Toute lisse. Alors que ce que l'on devrait rechercher, et ce qui devrait être valorisé, c'est notre force. Notre corps n'est pas un joli emballage cadeau. C'est ce qui nous permet de marcher des heures quand on visite un nouvel endroit, de courir après le bus, de soulever des trucs, de porter des enfants quand on en a, d'affronter les emmerdes de la vie. De vivre quoi ! On n'est pas des petits objets de déco fragiles ! (p. 174)
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LivresdAvril   12 août 2020
Le goût du baiser de Camille Emmanuelle
Je suis capable de lire un passage de Rousseau ou de Proust sans paniquer, mais quand je lis "La perception olfactive prend naissance au niveau de l'épithélium olfactif qui se trouve au niveau du toit des fosses nasales", c'est comme si je lisais une autre langue. Mon attention part en vrille. Il y a tout d'un coup, dans mon cerveau, un petit singe déguisé en clown qui joue de la cymbale tout en faisant des ronds avec son monocycle. (p. 53)
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cathulu   01 décembre 2019
Le goût du baiser de Camille Emmanuelle
Physiquement, j'ai besoin de taper contre quelque chose ou contre quelqu'un . J'ai besoin de sentir mon corps. Mon corps devenu en partie insensible, anesthésié.Mon corps confisqué, et moqué par Antoine.
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LivresdAvril   12 août 2020
Le goût du baiser de Camille Emmanuelle
- Ce qui ne tue pas rend plus fort, nan ?

- Nietzsche ?

- Nan Kanye West, meuf ! répond-elle dans un grand éclat de rire. L'album "Graduation" ! (p. 204)
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Low_Livropathe   30 janvier 2020
Le goût du baiser de Camille Emmanuelle
Dans l'ascenseur de l'immeuble, j'ai envie de hurler. De joie. Comme dans les films. Pourquoi est-ce qu'on n'a pas inventé, au XXIe siecle, des especes de cabines d'essayage insonorisées dans lesquelles on pourrait aller quand on est tres en colère ou très heureuse, pour pouvoir crier à pleins poumon? Hurler que l'on se sent vivant, enfin. Que la vie peut être merveilleuse.
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LivresdAvril   12 août 2020
Le goût du baiser de Camille Emmanuelle
Je me sens comme un temple sacré, magnifique, que l'on désire ardemment explorer mais que l'on découvre sur la pointe des pieds. (p. 189)
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de   21 mars 2017
Sang tabou de Camille Emmanuelle
Comment les hommes hétéros peuvent-ils partager la vie de leurs amantes, amoureuses, femmes, tout en ignorant complètement ou partiellement un phénomène physiologique qui impacte de façon plus ou moins forte, quatre jours par mois, le corps et la physiologie de celles-ci ?
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