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Note moyenne 3.88 /5 (sur 192 notes)

Nationalité : Allemagne
Né(e) à : Flensbourg , 1965
Biographie :

Cay Rademacher a étudié l’histoire anglo-américaine et la philosophie à Cologne et à Washington avant de devenir journaliste et écrivain.

Il a écrit, entre autres, pour GEO et Die Zeit et il est le cofondateur du journal GEO Epoche.

Ses romans et documents sont publiés dans huit pays.

Il a vécu à Hambourg avant de s’installer avec sa famille en Provence.

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Citations et extraits (44) Voir plus Ajouter une citation
Pecosa   28 février 2018
L'assassin des ruines de Cay Rademacher
Quand un homme ne sait plus quoi dire à une femme, il l'embrasse.
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nameless   28 août 2018
L'assassin des ruines de Cay Rademacher
- Saviez-vous qu'à Hambourg, plus de 250 000 appartements et maisons ont été détruits lors des bombardements ? 3 500 entreprises, 277 écoles, 24 hôpitaux, 58 églises. 43 millions de mètres cube de ruines et de décombres. On dirait que les gars de l'Office sont fiers de leurs chiffres.

- Ça leur assure vingt ans de boulot.

p. 169
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Sylviegeo   31 juillet 2019
L'orphelin des docks de Cay Rademacher
Stave embrasse les abords du regard: partout, sur des centaines de mètres carrés, des monceaux de ruines accumulées. Tout au long de ces docks qui s'étendent sur deux à trois cents mètres, des murs soufflés, des façades de brique à moitié effondrées, des cheminées détruites, des amas de métal fondu sous une épouvantable chaleur, des ronces et des oxalis foisonnant entre les pavés cassés, soulevés, des môles à l'épais béton recouvert d'un manteau végétal vert de grisé. Puis c'est l'Elbe aux flots gris et rapides qui coule au-delà des derniers docks. Plus loin encore, des ruines et encore des ruines. Seule, isolée comme une gigantesque stèle funéraire, la flèche de l'église Saint-Michel émerge de la brume de chaleur.
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Sylviegeo   01 septembre 2019
Le faussaire d'Hambourg de Cay Rademacher
Les Trümmerfrauen évacuent à mains nues d'innombrables mètres cubes de gravats dans la ville en ruines. Sans cela, Hambourg étoufferait sous les décombres - et sans les tuiles intactes qu'elles dégagent laborieusement, sans les tuyaux et les conduites, les fenêtres et les portes qu'elles arrachent au déblais, aucune maison ne serait encore reconstruite.
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BlackKat   18 juin 2017
L'assassin des ruines de Cay Rademacher
Cette sérénité toute récente vient certainement du fait que, depuis la guerre, les femmes sont devenues des soutiens de famille (...) les femmes ont su organiser tout le nécessaire aussi bien que les hommes. Au minimum aussi bien. Mais elles en payent le prix fort, et pas seulement par la fatigue, le surmenage. Bien des mariages n'ont pas tenu quand les hommes sont rentrés après des années de guerre: ils n'ont pas supporté que leurs épouses se débrouillent mieux qu'eux dans ce monde étranger de ruines et de marchés clandestins.
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cvd64   01 mai 2020
L'orphelin des docks de Cay Rademacher
Enfants perdus, sauvages, familles disparues. C'est ce que notre génération leur a fait subir. Nous en faisons des orphelins, nous réduisons leur monde à l'état de ruines, nous refusons de les accueillir, nous ns nous occupons absolument pas d'eux. Finira-t-on tout de même par punir leurs assassins?
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luocine   29 janvier 2018
L'assassin des ruines de Cay Rademacher
l arrive que de jeunes Hambourgeois, dont certains viennent juste d’être libérés d’un camp de prisonniers des Alliés, chahutent des soldats britanniques dans les rues sombres, par fierté nationale comme ils disent, sans toutefois oser aller plus loin. Stave quant à lui ne ressent aucune haine des occupants, même si c’est bien une bombe anglaise qui lui a ravi Margarethe. Confusément, il se sent honteux des crimes des nazis, et c’est pourquoi, même si l’idée lui paraît perverse, il se sent libéré d’un poids face aux dévastations de la ville et à sa vie anéantie. Une perte et des privations comme punition méritée. On est devant des temps nouveaux. Peut-être.
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rkhettaoui   15 mai 2018
L'orphelin des docks de Cay Rademacher
Les enfants-loups – c’est le nom que se donnent les filles et les garçons venus de l’Est, les orphelins qui ont perdu leurs parents durant les combats ou au cours de leur fuite de la zone soviétique, de Prusse orientale ou de Silésie. Un père fusillé, une mère violée jusqu’à ce que mort s’ensuive, la ferme incendiée. Des convois de réfugiés sous la neige, sur des chemins glacés. Des enfants qui survivent dans les forêts et les marais comme des sauvages venus du fond des âges, qui mendient, chapardent, mangent ce qui leur tombe sous la main. Certains ne connaissent même pas leur nom, vivent dans des granges incendiées et des maisons en ruines.
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mimo26   31 octobre 2018
L'orphelin des docks de Cay Rademacher
Le garçon sur la bombe

Vendredi, 30 mai 1947

Le sang du garçon mort recouvre comme un voile la bombe anglaise de deux cent cinquante kilos. La lumière entre à flots par la toiture disloquée du hangar, se déverse sur le cadavre – ainsi que sur la bombe non détonée qui a déchiqueté le sol en béton, cylindre fuselé rongé de rouille, poisson monstrueux de la taille d’un homme. Le reste de l’entrepôt est plongé dans l’obscurité. Le garçon et la bombe, en revanche, sont illuminés, comme par un projecteur de théâtre se dit l’inspecteur principal Frank Stave de la police criminelle de Hambourg.



Il est à la tête d’une petite équipe du bureau des homicides et devrait être en train d’examiner le cadavre et la scène de la découverte du corps. Mais au lieu d’enquêter, de questionner des témoins et de relever des pistes – car le garçon âgé de douze ans, quatorze au plus, a été assassiné, aucun doute là-dessus –, il est accroupi à côté de quelques collègues, abrité derrière la carcasse difforme d’une grue détruite d’où, par un trou dans le mur, il observe attentivement à l’intérieur du hangar un homme évoluer autour de la bombe et de la misérable dépouille. Pas hésitants, gestes prudents, il ne jette qu’un regard fugace à Stave, s’agenouille enfin devant la bombe non explosée, pose avec délicatesse sur le sol une grande sacoche en cuir noir.



Un artificier du service de déminage qui va désamorcer cette bombe. Aussi longtemps que le détonateur reste actif, les policiers courraient un risque bien trop grand à s’approcher.



J’espère qu’il ne va pas m’effacer mes empreintes, se dit Stave.







Un appel téléphonique à sa prise de service à la Karl-Muck-Platz a alerté l’inspecteur principal. Il a pris avec lui quelques schupos, ces agents de police en uniforme bleu – des jeunes pas encore sec derrière les oreilles, recrutés par les officiers des troupes d’occupation britanniques. Stave reconnaît le gardien-chef Heinrich Ruge, qui l’a déjà accompagné sur plusieurs interventions.



— Le mort ne risque pas de se sauver, lui avait-il crié.



Stave s’était tu et ne lui avait jeté qu’un regard de commisération. S’échappant des bords du shako, la sueur lui ruisselait sur les tempes. En temps normal déjà, les policiers en uniforme moquent ce haut képi tronconique inconfortable en le traitant de « hotte à vapeur ».



Il fait trente degrés en ce début de matinée.



Stave se rappelle en frissonnant son dernier hiver : six mois impitoyables, durant lesquels le thermomètre oscillait le plus souvent entre dix et vingt degrés au-dessous de zéro – descendant parfois même plus bas. Et à présent ce printemps, de mémoire de Hambourgeois le plus chaud. Comme si, après les hommes, c’est le temps qui devenait fou. N’empêche que la guerre est finie, se dit l’inspecteur principal pour se donner du courage.



Ruge et cinq autres schupos se tiennent à ses côtés, à l’abri derrière la grue aux poutrelles tordues. Il n’y a aucune ombre protectrice aux alentours et le soleil les frappe obliquement. Stave sent leur transpiration. N’est-elle due qu’à la chaleur ? Ou la peur leur chasse-t-elle l’eau par tous les pores ?



Près d’eux, à croupetons lui aussi, un petit rouquin sec, le visage parsemé de taches de rousseur, luisant d’un coup de soleil : Ansgar Kienle, le photographe de la police et, par manque de spécialistes, le seul membre de l’anthropométrie judiciaire chargé du relevé des empreintes à la brigade criminelle de Hambourg.



Le crâne chauve brûlé par le soleil du Dr Alfred Czrisini brille plus encore. Stave a fait appel au médecin légiste qui, sans autre forme de procès, a emprunté la jeep d’un collègue anglais qui lui rendait visite pour se précipiter sur le lieu de la découverte du corps où, une fois encore, il est arrivé avant les policiers. Il a l’air pâle sous son coup de soleil. De sa main aux doigts nerveux, il pince une Woodbine entre ses lèvres.



— Vous pensez vraiment que c’est une bonne idée de fumer pendant qu’on désamorce une bombe d’un quart de tonne ? lui lance Stave, lèvres serrées, en sifflant entre les dents.



En réalité, il sait que rien ni personne – et encore moins une bombe –, ne pourrait empêcher le Dr Czrisini de fumer. Le légiste se contente de sourire et secoue la tête. Telle une minuscule oriflamme bleuâtre, l’épaisse fumée de sa cigarette monte en volutes au-dessus du champ de ruines.
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Cay Rademacher
collectifpolar   22 octobre 2019
Cay Rademacher
Ruge zigzague entre les obstacles. Il roule trop vite, estime Stave. Le jeune homme est nerveux. Les lampadaires, quand ils sont encore debout, sont brisés. Le ciel est bas, un vent piquant souffle du nord-est. La lunette arrière de la vieille Mercedes doit être fêlée quelque part, le courant d’air sibérien s’infiltre dans l’habitacle. Stave frissonne et remonte le col de son manteau. Quand a-t-il eu chaud pour la dernière fois ?
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