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Citations de Charline Malaval (31)


Chacun a droit à l’amour, mais chacun aime à sa façon. Alors que certains aiment tièdement et se contentent de sentiments étriqués, d’autres aiment corps et âme, constamment prêts à en mourir. Ceux qui savent aimer y sacrifient tout, leur cœur et leur âme.
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Je crois que je ne saurai jamais s’ils m’ont raconté toute la vérité ce jour-là mais, a dix-sept ans et en l’espace de quelques jours, j’ai compris que les drames se jouent dans les non-dits, dans les phrases qu’on hésite à prononcer de peur de blesser celui à qui on se confie, avant de se rétracter pour toujours.
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L’histoire de ma famille, depuis toujours, alors que je la rêve en vingt-quatre images par seconde, me semble aussi fascinante et aussi douloureuse qu’un beau film en noir et blanc projeté sur l’écran du Rialto quand s’écartent ses imposants rideaux de velours rouges.
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On fantasme les retours de guerre comme des jours heureux. On s’imagine qu’ils seront la promesse que le danger n’existe plus et que la quiétude a envahi pour toujours nos vies. Mais ces jours ont surtout été de longs hivers de secrets enfouis.
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Ma famille est comme marquée du sceau d’une malédiction. J’ai très peu connu mon père, et lui-même n’a jamais connu ses parents. Je viens d’une famille où les liens du sang et du passé disparaissent sans laisser de traces.
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Avec l'accueil goguenard, voire franchement hostile, auquel elles avaient du faire face, beaucoup de ces recrues feminines eurent l'impression de plonger la tête la première dans l'eau glacée. Pour survivre elles devraient, quoi qu'il en coûte, rester soudées. Comme si être en guerre n' était pas suffisant, il leur faudrait aussi endurer d'être femmes.
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C’est par un grand éclat de rire sinistre que sonna le glas de la démocratie pour Josefa. Tous les matins, le senhor Aleixo écoutait la radio, passait des coups de fil, et Josefa l’entendait régulièrement commenter les actualités depuis son bureau, derrière la double porte en acajou.

– Victoire! s’écria-t-il au point de faire sursauter la secrétaire. L’histoire ne retiendra pas ce mollasson de Jango.

Le jour du coup d’Etat militaire qui renversa le président Joao Goulart, Josefa était en train de prendre en sténo une lettre qu’elle devrait ensuite dactylographier, mettre sous enveloppe et confier à un coursier pour qu’elle soit acheminée le plus rapidement possible au P-DG de Volkswagen do Brasil, qui était alors en déplacement à Rio de Janeiro. Tandis qu’elle écrivait sous la dictée du père de Pedro, ils avaient été interrompus par un coup de fil. Il répondit pendant qu’elle attendait debout au milieu de la pièce, son calepin dans une main et son stylo dans l’autre. Il lui avait finalement fait signe de sortir d’un geste de la main sans considération, l’air de dire « du balai ». Il ne s’était encore jamais permis cela.

Derrière la porte, le senhor Aleixo s’était mis à rire aux éclats. Il ponctuait ses réponses de nombreux cris de victoire, d’onomatopées toutes plus bruyantes les unes que les autres et d’insultes envers la « racaille marxiste » qu’il souhaitait voir « crever », « pendue haut et court ». Il sortit de son bureau de manière tonitruante. Il voulait qu’elle assiste à sa joie. Josefa refusait encore de comprendre même si, depuis des semaines, les réunions syndicales auxquelles elle assistait dans le plus grand secret étaient agitées.
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Les hommes sont inconséquents, et encore plus à vingt ans, ma chérie. Il n'y a que l'âge et la peur de se retrouver seuls qui les rendent plus attentifs à la chance qu'ils ont d'avoir une femme à leurs côtés…
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Est-ce que tu sais ce que c’est de voir sa vie s’effriter soudainement sans pouvoir y faire quoi que ce soit ? C’est exactement ce que j’ai ressenti ce jour là. Le lendemain était incertain, et j’étais impuissant. Je ne savais plus ce que la vie allait inventer pour me dépouiller.
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Et j'ai appris en un instant que l'on pouvait mourir d'amour et que c'est la seule torture qui nous rende véritablement humain.
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- Le passé est une blessure que rien ne guérit, lance-t-il, car chaque fois le souvenir en rouvre la plaie.
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J'en étais arrivé à ne plus penser à la mort, je me disais que j'allais m'en sortir pour trimer dur, me tuer à la tâche pour les miens, que c'était bien plus utile que de finir en chair à saucisse dans une flaque à Verdun.
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A la fin du conflit, nous touchions presque le même salaire que les hommes pour accomplir les même tâches. Pour certaines, comme moi d'ailleurs, les lendemains de la guerre ont été abominables en partie pour cela… Nous étions du jour au lendemain redevenues des femmes au foyer. Nos hommes, les valides, s'étaient empressés de travailler, à recouvrer la vie d'avant, s'étaient attacher à nous gâter pour - eux non plus ne l'avoueraient sans doute jamais - retrouver cette place que nous leur avions prise.
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Ils ont tous été si braves et fiers qu’la mort est venue leur dire « chiche ».
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Comme un hommage à l’heure de la naissance de mon père et au moment où mes grands-parents se sont rencontrés, c’est à nouveau à la faveur de la première lueur du matin que les mystères se dénouent.
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Le jour t’invite à garder la raison, la nuit tnautorises à la perdre…
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Il y a des femmes qui sont des amusements, et d’autres qui sont plus dangereuses… 
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L’absence de mon frère est un vacarme, une invasion, une violence insurpassable. 
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Quel gâchis, tous ces mots d’amour évanouis dans les senteurs d’été. 
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On se préférait puants que mort parce que c’est la mort qui empeste le plus fort…
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Je suis un poète baroque du XVI° siècle, protestant, hanté par la mort, l’inconsistance de la vie, oublié puis redécouvert au début du XX° siècle. Je n’ai rien écrit pour la scène.

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