AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Note moyenne 4.64 /5 (sur 424 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Vigneux-sur-Seine , le 10/08/1913
Mort(e) à : Paris , le 01/03/1985
Biographie :

Charlotte Delbo est une femme de lettres française.

D’une famille d’immigrés italiens, elle est l’aînée de quatre. Son père, Charles, est chef monteur, spécialisé dans les ouvrages en fer.

Elle adhère en 1932 aux Jeunesses communistes puis rencontre en 1934 Georges Dudach, qu'elle épouse. En 1937, elle devient l’assistante de Louis Jouvet au théâtre de l'Athénée. Elle part avec la troupe en mai 1941 pour une tournée en Amérique latine sous l'égide du gouvernement de Vichy.

Mais quand elle apprend en septembre 1941 la mort sous la guillotine d’André Woog, un jeune architecte de leurs amis, elle décide de rejoindre son mari en France et entre dans la Résistance.
Ils font partie du "groupe Politzer", en charge de la publication des Lettres françaises dont Jacques Decour était rédacteur en chef. Georges Politzer, le philosophe communiste qui avait donné son nom à ce groupe, est fusillé en mai. Charlotte et son mari sont arrêtés le 2 mars 1942 par la police française qui les livre à la gestapo. Il sera fusillé au fort du Mont-Valérien, le 23 mai 1942, à l'âge de 28 ans.

D’abord incarcérée à la prison de la Santé, à Paris, puis transférée au fort de Romainville pendant un an, elle est passée par Compiègne pour être immédiatement déportée ensuite à Auschwitz. Elle est l’une des 49 femmes rescapées. Envoyée à Ravensbrück parmi un petit groupe de huit, en 1944. Libérée par la Croix-Rouge le 23 avril 1945, elle est rapatriée en France le 23 juin 1945 en passant par la Suède.

Après la guerre, elle travaille de nouveau avec Louis Jouvet de 1945 à 1947, puis pour l’ONU puis, à partir de 1961, au CNRS, avec le philosophe Henri Lefebvre qui avait travaillé avec Georges Politzer avant guerre.

Durant la Guerre d'Algérie, elle se situe clairement dans l'opposition à la guerre, la dénonciation de la torture et le soutien aux insoumis et "porteurs de valises" du réseau Jeanson. Elle publie une série de correspondances sur ce thème dans "Les Belles lettres" (1961).

Elle écrit une œuvre faite de récits, de pièces de théâtre et de poèmes, essentiellement autour de la déportation. Ses livres figurent parmi les plus forts sur ce sujet. Son livre le plus important "Auschwitz et après" est publié en trois tomes à partir de 1965.

+ Voir plus
Ajouter des informations
étiquettes
Videos et interviews (20) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de

Charlotte Delbo : Spectres, mes compagnons - Lettre à Louis Jouvet (France Culture / Théâtre et Cie). Texte présenté par Geneviève Brisac. Réalisation : Marguerite Gateau, avec des archives INA. En partenariat avec l’association “Les Amis de Charlotte Delbo”. http://www.charlottedelbo.org/. Conseillère littéraire : Céline Geoffroy. Enregistré au Festival d’Avignon le 18 Juillet 2013. Diffusion sur France Culture le 2 octobre 2016. Texte lu par Emmanuelle Riva. Photographie : Charlotte Delbo, via le site internet de “L'association des amis de Charlotte” • Crédits : @copyright Schwab. « Charlotte Delbo fut l’assistante de Louis Jouvet au Théâtre de l’Athénée avant d’entrer dans la Résistance. Elle est arrêtée avec son mari Georges Dudach le 2 mars 1942. Le 23 avril 1945, après vingt-sept mois de captivité dans les camps d’Auschwitz-Birkenau et de Ravensbrück, elle fut libérée par la Croix-Rouge et internée en Suède. Elle n’avait pas encore trente-deux ans. Des deux cent trente prisonnières de son convoi, elles n’étaient plus que quarante-neuf. Et Charlotte Delbo se préparait à consacrer le restant de ses jours à trouver les mots justes, à écrire des livres et des pièces de théâtre pour faire vivre la mémoire et les mots de ses amies assassinées, et de son mari fusillé. La première chose qu’elle fit, le 17 mai 1945, ce fut d’écrire une lettre. On peut imaginer dans quel état de faiblesse elle se trouvait. C’était une lettre à Louis Jouvet, qui disait : « Je reviens pour entendre votre voix. » Il y eut d’autres lettres, jusqu’à cette dernière qu’Emmanuelle Riva lira, une lettre non envoyée, non terminée, non reçue, interrompue par la mort de Louis Jouvet, en 1951. Une lettre comme un testament politique et littéraire, où le courage, la peur, le rêve et la pitié pèsent leur juste poids. » Geneviève Brisac Cette lecture de « Spectres, mes compagnons » est agrémentée d'extraits de la Radioscopie consacrée à Charlotte Delbo, produit par Jacques Chancel et diffusée le 2 avril 1974. Remerciements à Claude-Alice Peyrottes, présidente d'honneur de “L'association des amis de Charlotte”. Source : France Culture

+ Lire la suite
Podcasts (8) Voir tous


Citations et extraits (191) Voir plus Ajouter une citation
Butylphenyl   13 juillet 2012
Auschwitz et après, tome 2 : Une connaissance inutile de Charlotte Delbo
Je vous en supplie faites quelque chose apprenez un pas une danse quelque chose qui vous justifie qui vous donne le droit d'être habillés de votre peau de votre poil apprenez à marcher et à rire parce que ce serait trop bête à la fin que tant soient morts et que vous viviez sans rien faire de votre vie.
Commenter  J’apprécie          530
NathalC   25 juin 2020
Auschwitz et après, tome 2 : Une connaissance inutile de Charlotte Delbo
Vous direz qu'on peut tout enlever à un être humain sauf sa faculté de penser et d'imaginer. Vous ne savez pas. On peut faire d'un être humain un squelette où gargouille la diarrhée, lui ôter le temps de penser, la force de penser. L'imaginaire est le premier luxe du corps qui reçoit assez de nourriture, jouit d'une frange de temps libre, dispose de rudiments pour façonner ses rêves. A Auschwitz, on ne rêvait pas, on délirait.
Commenter  J’apprécie          360
NathalC   06 août 2020
Auschwitz et après, tome 2 : Une connaissance inutile de Charlotte Delbo
Ce point sur la carte

Cette tache noire au centre de l'Europe

cette tache rouge

cette tache de jeu cette tache de suie

cette tache de sang cette tache de cendres

pour des millions

un lieu sans nom.

De tous les pays d'Europe

de tous les points de l'horizon

les trains convergeaient

vers l'in-nommé

chargés de millions d'êtres

qui étaient versés là sans savoir où c'était

versés avec leur vie

avec leurs souvenirs

avec leurs petits maux

et leur grand étonnement

avec leur regard qui interrogeait

et qui n'y a vu que du feu,

qui ont brûlé là sans savoir où ils étaient.

Aujourd'hui on sait

Depuis quelques années on sait

On sait que ce point sur la carte

c'est Auschwitz

On sait cela

Et pour le reste on croit savoir
Commenter  J’apprécie          320
Charlotte Delbo
ASAI   23 octobre 2020
Charlotte Delbo
O vous qui savez

saviez-vous que la faim fait briller les yeux que la soif les ternit

O vous qui savez

saviez vous qu'on peut voir sa mère morte et rester sans larmes

O vous qui savez

saviez vous que le matin on veut mourir que le soir on a peur

O vous qui savez

saviez vous qu'un jour est plus qu'une année une minute plus qu'une vie

O vous qui savez

saviez vous que les jambes sont plus vulnérables que les yeux

les nerfs plus durs que les os

le coeur plus solide que l'acier

saviez-vous que les pierres du chemin ne pleurent pas

qu'il n'y a qu'un mot pour l'épouvante

qu'un mot pour l'angoisse

Saviez vous que la souffrance n'a pas de limite

l'horreur pas de frontière

Le saviez-vous

vous qui savez.
Commenter  J’apprécie          130
NathalC   05 septembre 2020
Auschwitz et après, tome 3 : Mesure de nos jours de Charlotte Delbo
Chacune de celles qui sont revenues a eu de la chance, disait Jeanne. La chance d'avoir les autres.
Commenter  J’apprécie          330
NathalC   04 août 2020
Auschwitz et après, tome 2 : Une connaissance inutile de Charlotte Delbo
Il est mort

parce qu'il faut à une histoire d'amour

pour qu'elle soit belle

une fin tragique

La nôtre était magnifique
Commenter  J’apprécie          320
NathalC   03 août 2020
Auschwitz et après, tome 2 : Une connaissance inutile de Charlotte Delbo
Je l'aimais

parce qu'il était beau

c'est une raison futile



Je l'aimais

parce qu'il m'aimait

c'est une raison égoïste



Mais

c'est pour vous

que je cherche des raisons

pour moi, je n'en avais pas

Je l'aimais comme une femme aime un homme

sans mots pour le dire
Commenter  J’apprécie          290
moravia   13 janvier 2018
Auschwitz et après, tome 1 : Aucun de nous ne reviendra de Charlotte Delbo
Il n'y avait pas non plus de boutiques

seulement des vitrines

où j'aurais bien voulu me reconnaître

dans les rangs qui glissaient sur les vitres.

Je levai un bras

mais toutes voulaient se reconnaître

toutes levaient le bras

et aucune n'a su laquelle elle était.
Commenter  J’apprécie          290
Iboo   09 janvier 2017
Auschwitz et après, tome 1 : Aucun de nous ne reviendra de Charlotte Delbo
Nous marchions. Nous interrogions le paysage. Un lac gelé couleur d'acier. Un paysage qui ne répond pas.

La route s'écarte du lac. Le mur de vent et de neige se déplace de côté. C'est là qu'apparaît la maison. Nous marchons moins durement. Nous allons vers une maison.

Elle est au bord de la route. En briques rouges. La cheminée fume. Qui peut habiter cette maison perdue ? Elle se rapproche. On voit des rideaux blancs. Des rideaux de mousseline. Nous disons "mousseline" avec du doux dans la bouche. Et, devant les rideaux, dans l'entre-deux des doubles fenêtres, il y a une tulipe.

Les yeux brillent comme à une apparition. "Vous avez vu ? Vous avez vu ? Une tulipe." Tous les regards se portent sur la fleur. Ici, dans le désert de glace et de neige, une tulipe. Rose entre deux feuilles pâles. Nous la regardons. Nous oublions la grêle qui cingle. La colonne ralentit. "Weiter", crie le SS. Nos têtes sont encore tournées vers la maison que nous l'avons depuis longtemps dépassée.

Tout le jour nous rêvons à la tulipe. La neige fondue tombait, collait au dos notre veste trempée et raidie. La journée était longue, aussi longue que toutes les journées. Au fond du fossé que nous creusions, la tulipe fleurissait dans sa corolle délicate.

Au retour, bien avant d'arriver à la maison du lac, nos yeux la guettaient. Elle était là, sur le fond des rideaux blancs. Coupe rose entre les feuilles pâles. Et pendant l'appel, à des camarades qui n'étaient pas avec nous, nous disions : "Nous avons vu une tulipe."

Nous ne sommes plus retournées à ce fossé. D'autres ont dû l'achever. Le matin, au croisement d'où partait la route du lac, nous avions un moment d'espoir.

Quand nous avons appris que c'était la maison du SS qui commandait la pêcherie, nous avons haï notre souvenir et cette tendresse qu'ils n'avaient pas encore séchée en nous.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          271
NathalC   22 juin 2020
Auschwitz et après, tome 1 : Aucun de nous ne reviendra de Charlotte Delbo
Nous restions immobiles. La volonté de lutter et de résister, la vie, s'étaient réfugiées dans une portion rapetissée du corps, juste l'immédiate périphérie du coeur.
Commenter  J’apprécie          280

Acheter les livres de cet auteur sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox



Quiz Voir plus

LNHI-49992

Où se déroula la journée des Barricades, le 12 mai 1588?

à Londres
à Paris

10 questions
12 lecteurs ont répondu
Thèmes : révolutionCréer un quiz sur cet auteur

.. ..