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Note moyenne 3.6 /5 (sur 10 notes)

Nationalité : France
Biographie :

Charlotte Lazimi est diplômée à l'Institut d'études politiques de Bordeaux (2004-2008) et titulaire d'un Master de journalisme à l'École de journalisme de Sciences Po (2008-2010).

Elle a été journaliste freelance pour la presse féminine (Elle, L’Express Styles, Biba, Cheek Magazine) et pour la presse économique (L’Expansion).

Spécialisée dans les sujets de société, elle a animé pendant la présidentielle de 2012 le site PrésidentiELLE du magazine "Elle", sur tous les sujets qui concernaient les femmes dans les programmes des candidats.

Elle est également la cofondatrice, avec Myriam Levain, du blog Les Martiennes, en 2011.

Elle est consultante senior pour Havas Paris, spécialisée en RP, depuis 2016.

son blog : www.lesmartiennes.com
Twitter : https://twitter.com/charlottelazimi?lang=fr
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Entretien avec Charlotte Lazimi à propos de Toutes les femmes ne viennent pas de Vénus


En quelques mots, comment résumeriez-vous le projet derrière Toutes les femmes ne viennent pas de Vénus ?

L`idée c`est de m`adresser dans un premier temps à ma génération les Y et les plus jeunes d`ailleurs. Ces derniers pensent à tort que l`égalité est déjà acquise. Avec ce livre, je voulais parler concrètement. Qu`est-ce que les inégalités salariales, le harcèlement de rue, l`absence de femmes dans les médias, dans le monde culturel changent dans notre vie de tous les jours. Comment faire accepter un congé paternité et maternité dans une entreprise ? C`est de tous ces tracas quotidiens dont je veux parler.


Qui aimeriez-vous voir lire votre livre en priorité ?

En priorité, les jeunes, les étudiantes et étudiants, et les nouveaux arrivants sur le marché du travail. Jusqu`à présent, ils ont à peu près vécu dans l`illusion qu`hommes et femmes ont les mêmes opportunités et pourront faire les mêmes carrières. Or, les choses vont sérieusement se compliquer dans la vie en entreprise par exemple. Ils doivent en prendre conscience, ouvrir les yeux sur ce qui les attend, pour mieux ensuite appréhender les obstacles.


Vous abordez ces questions en tant que journaliste dans la presse ( Elle, Biba, Cheek Magazine) et sur votre blog ( Les Martiennes). Quelle démarche vous a conduite à les aborder dans un livre ? Quels ont été les avantages de ce medium ?

Avec le blog « Les Martiennes » que j`ai fondé avec Myriam Levain en 2011, nous voulions faire partager notre regard « féministe sur l`actualité » et ce de manière plus éditoriale et plus engagée que dans notre travail quotidien dans les magazines. le livre, c`est un regard féministe sur la société. Il s`agit d`un état des lieux pour voir où on en est en termes d`égalité en France. Ecrire un livre, c`était un peu la synthèse et l`apogée de ce travail quotidien de blogueuse et de journaliste.


Vous suivez de près les questions d`égalité entre les sexes. Néanmoins, quel est le chiffre ou le fait qui vous a le plus surprise dans vos recherches pour ce livre, le plus contre-intuitif ?

4,7 millions de femmes sont des travailleurs pauvres et 80% des personnes qui sont au SMIC sont des femmes. On oublie en fait que la précarité est d`abord féminine. Je n`avais pas conscience de cette réalité économique si dure pour les femmes. On pense toujours que les questions qui concernent les femmes ne sont pas prioritaires. La réponse de certains politiques est de dire : « On verra après la crise ». Mais les femmes sont les premières victimes de la crise économique, les premières concernées. Il est temps d`agir pour réduire le temps partiel subi ou créer des modes de garde correctes pour la petite enfance qui permette aux femmes de travailler de manière décente.


On a parfois le sentiment que même si la route est longue pour atteindre l`égalité hommes-femmes, les choses vont toujours en s`améliorant. Y a-t-il des sujets sur lesquels on constate des régressions ?

La France est un pays protecteur pour les femmes. Nous disposons d`un arsenal législatif conséquent. le grand combat d`aujourd`hui est de faire évoluer les mentalités. Car malgré les lois, certaines choses ne bougent pas comme l`écart des salaires entre hommes et femmes qui n`a pratiquement pas évolué depuis les années 90. En fait, nous avons beaucoup progressé dans certains domaines et aujourd`hui on stagne par exemple dans la représentation des femmes. Elles sont encore invisibles dans les sphères de pouvoir, mais aussi dans les médias ou les milieux culturels. Lydie Salvayre vient de remporter le prix Goncourt. C`est seulement la 11e femme à recevoir cette prestigieuse récompense depuis 1903. Ce n`est rien. Une explication ? Les jurys sont très masculins. Dès qu`il y a plus de mixité, les femmes ne sont plus ignorées et sont lauréates. Je rappelle qu`il n`y a eu que 8 femmes élues à l`Académie Française. Depuis 1630, c`est peu. La première est Marguerite Yourcenar, qui y a fait son entrée en 1980. Les académiciennes représentent en effet 1% des Académiciens.


A lire votre livre, on a l`impression que tout se joue dès l`enfance, avec les stéréotypes inculqués qui se répercutent à toutes les phases de la vie. N`est-ce pas là le premier théâtre sur lequel intervenir ?

C`est certain. Cependant, les freins sont nombreux. Avec l`incompréhension qu`a suscitée « l`ABCD de l`égalité », proposé par Vincent Peillon, on comprend que les conservatismes sont durs à faire bouger. Cela dit toute la société doit se remettre en cause, le monde des médias, de la publicité de la culture, du sport ou de la politique. Petite, j`adorais les dessins animés Disney et le rose. Je rêvais aussi d`être une princesse et je collectionnais les poupées barbies. Cela ne m`a pas empêchée d`ouvrir les yeux, plus grande, et de prendre conscience de nombreux stéréotypes qu`on véhicule. Si ce travail n`a pas été fait à l`école, il n`est pas trop tard pour « ouvrir les yeux » et constater les stéréotypes qu`on nous assigne.


A quel niveau agir pour que l`égalité progresse le plus rapidement ? Un niveau macro (réglementaire) ou micro (évolution des mentalités) ?

Il reste des lois à faire évoluer ou à promulguer. Car la loi instaure un cadre. aujourd`hui, il faut surtout faire évoluer les mentalités. Aujourd`hui, le « marketing genré » est une catastrophe, à la fois pour nos finances, car on nous incite à consommer toujours plus, et aussi pour notre représentation du monde. Il faut refuser qu`on nous mette dans des cases roses ou bleues. le monde est vaste, les possibilités multiples, il ne faut pas l`oublier.


Votre ouvrage fait le point sur la condition féminine en France. Y a-t-il des exemples de dispositifs étrangers qui vous sembleraient simples et utiles à adopter en France ?

Il faut rendre le congé paternel plus long et obligatoire. Car aujourd`hui, les femmes sont encore trop souvent pénalisées lorsqu`elles sont en congé maternité. En Norvège, le congé parental dure 14 semaines après la naissance de l`enfant. Il peut être pris par les deux parents, dont le papa pour l`intégralité du salaire. Les hommes sont plus susceptibles de le prendre. Avoir des enfants ou être en âge d`en avoir concerne tout le monde et n`est donc plus un handicap dans l`entreprise.


Le livre dresse un constat sombre des inégalités qui subsistent. Quelles sont les principales avancées dont on peut quand même se réjouir ?

Je ne partage pas votre sentiment. Ça a été pour moi la bonne surprise de ce livre. Certes, nous avons des progrès à faire. Cela dit, la France ne s`en sort pas si mal. Nous avons de brillantes jeunes chefs d`entreprises qui créent des sociétés florissantes, comme Céline Lazorthes fondatrice et PDG de Leetchi ou Tatiana Jama et Lara Rouyeres créatrices de Dealissime et aujourd`hui de Selectionnist. Le congé maternité en France est beaucoup plus avantageux que dans de nombreux pays comme aux Etats-Unis où il est de seulement deux semaines. Dans la culture, le cinéma, la littérature, le sport, des talents émergent avec une détermination déconcertante. Malgré les obstacles, les femmes, soutenues aussi parfois par des hommes, se battent et font mentir les nombreux préjugés qu`on leur accole. Analysons ces phénomènes avec un peu de perspective historique. Rappelons que les siècles précédents, les femmes n`avaient pas le droit d`aller à l`école, puis de poursuivre des études secondaires et universitaires ou encore de posséder un compte en banque sans l`accord de leur mari. Au XIXe siècle, certains neurobiologistes avaient même établi le fait qu`elles étaient moins intelligentes que les hommes, car le cerveau était plus petit. Ce qui est bien sûr complètement faux et infondé. Aujourd`hui, on sait que la taille du cerveau n`a aucun lien avec l`intelligence. Au XXe siècle, les femmes ont conquis leur droit. Ces bouleversements sont déjà prodigieux et à saluer, contrairement à ce que clame dans tous les médias un polémiste aux théories douteuses.



Découvrez " Toutes les femmes ne viennent pas de Vénus !" de Charlotte Lazimi aux éditions Michalon :


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Femmes au pluriel : entretien avec Charlotte Lazimi


Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
petitsoleil   28 novembre 2014
Toutes les femmes ne viennent pas de Vénus ! de Charlotte Lazimi
En 1985, l'auteure américaine Alison Bechdel crée une scène dans sa BD Dykes to Watch Out For, où deux de ses personnages féminins discutent de cinéma. L'une d'elles explique qu'elle ne va voir des films seulement s'ils répondent à trois critères.

D'abord, il faut qu'au moins deux personnages importants soient des femmes.

Ensuite, elles doivent se parler entre elles. Et enfin, elles doivent discuter d'autre chose que des hommes ou de l'amour.

Ces règles sont restées, on les appelle aussi "le test de Bechdel".

Lorsqu'on fait le compte aujourd'hui, peu de films réussissent ce désormais célèbre test.



Bien sûr, le test de Bechdel n'est pas infaillible et ne fait pas du film qui réussit le test un bon film ou un film non sexiste. (...)

Mais le test de Bechdel a le mérite de nous faire prendre conscience des stéréotypes ou de l'absence de femmes dans le domaine.



Car quand les femmes sont des héroïnes, ce sont souvent des héroïnes de comédies romantiques, dont le rêve est de trouver le grand amour.

D'ailleurs, leur carrière est souvent un obstacle pour trouver l'amour.

Meg Ryan, Katherine Heigl ou Rachel McAdam sont trois actrices qui n'ont pas réussi à sortir du genre. Elles jouent dans le même style de films, sans jamais vraiment changer d'histoire.
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petitsoleil   26 novembre 2014
Toutes les femmes ne viennent pas de Vénus ! de Charlotte Lazimi
Aujourd'hui, cependant, la mixité dans l'entreprise est valorisée.

Mieux, elle serait synonyme de performance et de créativité.

C'était en tout cas le constat de Women matters, une enquête menée par le cabinet McKinsey. Elle montre que les entreprises qui ont une forte représentation des femmes dans leurs comités de direction ou dans leurs équipes de management seraient aussi plus performantes.
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petitsoleil   29 novembre 2014
Toutes les femmes ne viennent pas de Vénus ! de Charlotte Lazimi
D'autres combats [hormis ceux évoqués juste avant, sur les Femen, sur les féministes musulmanes, etc.] provoquent des débats à la fois chez les féministes et dans la société.



Une action d'Osez le Féminisme, qui réclamait en 2012 la suppression de "mademoiselle" des formulaires administratifs, a divisé.

"Il y a de tels écarts dans les inégalités que traiter cette question, c'était plutôt de l'ordre du détail", regrette Faïza Zerouala.



Une idée que ne partage évidemment pas Julie Muret : (...)

Cette question de la hiérarchisation des combats revient systématiquement. Il y aurait de nobles causes et les autres, qui ne seraient que du détail.

Mais penser ainsi, c'est faire comme si tout n'était pas lié, faire comme si tout était déconnecté du reste. Les violences faites aux femmes et l'égalité salariale seraient donc anecdotiques ?



La présence aux élections européennes d'une liste "féministe" a aussi fait grincer quelques dents. (...) cette liste n'a pas obtenu les résultats escomptés.

Surtout, elle a brouillé les pistes au moment où le grand public peine à discerner les féministes et les féminismes. Dommage.

Car impossible de passer à côté des débats idéologiques forts comme le voile, la maternité ou la prostitution, qui divise les mouvements militants.
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petitsoleil   27 novembre 2014
Toutes les femmes ne viennent pas de Vénus ! de Charlotte Lazimi
Les chiffres sont pour le moins éloquents.

Les femmes sont sous-représentées dans les médias, comme le montrait le rapport de 2011 rendu par Brigitte Grésy, secrétaire générale du Conseil supérieur de l'égalité professionnelle, et Michèle Reiser, philosophe de formation et ancienne membre du CSA.



Non seulement celles-ci sont moins visibles tous médias confondus (télévision, Internet, radio, presse écrite), mais surtout elles apparaissent rarement en tant qu'expertes. D'ailleurs, leurs rôles sont bien définis.

Elles sont généralement des "témoins" ou des "victimes".

C'est presque comme si la parole de spécialiste ne pouvait être que masculine, idem pour l'autorité et la crédibilité.



En effet, les femmes ne constituent que 18% des personnes citées en moyenne selon le rapport de 2011 de la commission sur l'image des femmes dans les médias, soit 15% dans la presse, 23% à la radio et 18% à la télévision. C'est faible. Les stéréotypes ont encore la vie dure avec des femmes souvent cantonnées au rôle de mère, de femme-objet, de carriériste, de blonde ou de working girl.
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petitsoleil   28 novembre 2014
Toutes les femmes ne viennent pas de Vénus ! de Charlotte Lazimi
Selon les chiffres publiés par l'association Osez le Féminisme, en 2014, 25% des femmes prennent leur retraite à 65 ans ou plus (contre 15% des hommes) pour obtenir une retraite pleine.



Et les écarts de retraite entre les hommes et les femmes sont de ... 42%.

En effet, les femmes touchent en moyenne 930 euros pour leurs droits contre 1600 euros pour les hommes.



Ces dernières sont donc plus exposées à la précarité. Rappelons que la moitié des retraitées touchent une pension inférieure à 1000 euros.

L'inégalité salariale n'est pas la seule responsable de cet écart. On l'explique aussi notamment par les interruptions de carrière, plus fréquentes chez les femmes que chez les hommes.
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CharlotteL   19 novembre 2014
Toutes les femmes ne viennent pas de Vénus ! de Charlotte Lazimi
"Parmi ma génération, hommes et femmes ont parfois l'impression que tout est acquis, que l'égalité est déjà là. Ce livre s'adresse en priorité à eux. l'objectif: donner toutes les cartes en main aux jeunes, qui pensent à tord que tout est gagné".
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petitsoleil   26 novembre 2014
Toutes les femmes ne viennent pas de Vénus ! de Charlotte Lazimi
Les femmes sont rares à des postes de direction dans l'entreprise.

"Sur la liste des PDG des cinq cents plus grosses entreprises américaines, on ne dénombre que 4% de femmes, rappelait Sheryl Sandberg.

Aux Etats-Unis, les femmes détiennent à peu près 14% des postes de cadres de direction et 17% des sièges aux conseils d'administration, qui ont à peine augmenté au cours des dix dernières années."

Même constat en France et en Europe : "22% de femmes siègent en conseil d'administration, alors que 17% des cadres de direction sont des femmes."
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CharlotteL   19 novembre 2014
Toutes les femmes ne viennent pas de Vénus ! de Charlotte Lazimi
"J'ai été élevée avec la conviction que je pourrais devenir présidente ou astronaute. En grandissant, et surtout en entrant dans le monde du travail, j'ai peu à peu déchanté".
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petitsoleil   27 novembre 2014
Toutes les femmes ne viennent pas de Vénus ! de Charlotte Lazimi
On estime souvent que si un tel écart salarial entre hommes et femmes existe, c'est en raison, pour les femmes, des interruptions dues à leurs grossesses.

"Faux", constate de nouveau Rachel Silvera [dont l'auteure commente le livre "Un quart en moins"] qui met en lumière "le soupçon de maternité" qui pèse sur les femmes, qu'elles aient des enfants ou non.



Car lorsque l'on regarde attentivement leur carrière, comme le montre l'étude des économistes Dominique Meurs, Ariane Pailhé et Sophie Ponthieu, qui compare les salaires d'hommes et de femmes entre 39 et 49 ans, même lorsque les femmes n'ont pas interrompu leur carrière, l'écart salarial reste de 17% ...
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petitsoleil   27 novembre 2014
Toutes les femmes ne viennent pas de Vénus ! de Charlotte Lazimi
Se battre pour l'égalité salariale est donc loin d'être un combat désuet ou dépassé. Au contraire, il est d'autant plus d'actualité que beaucoup de jeunes femmes croient parfois que les combats du féminisme sont terminés et que l'égalité est là.



Une prise de conscience collective est nécessaire et pas seulement à la faveur du 8 mars, mais en vue d'une société plus juste.



L'égalité salariale, la lutte contre la pauvreté et la précarité sont des priorités, pas des combats de seconde zone. Surtout, ils concernent hommes et femmes pour une société plus égalitaire et plus mixte.
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