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3.75/5 (sur 6 notes)

Biographie :

Christophe Bardyn est docteur en philosophie.

Il est l'auteur de Montaigne, la splendeur de la liberté (Flammarion, 2015) et de Philosopher avec les œuvres littéraires (Armand Colin, 2016).

Il a publié avec Marilise Six les Poésies complètes d’Étienne de La Boétie (éditions Classiques Garnier, 2018).

Son dernier ouvrage porte sur les correspondances entre philosophie grecque et philosophie chinoise : Socrate et Confucius (Armand Colin, 2020).



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Montaigne à la vérité Intervention lors des Rencontres de Sophie au Lieu Unique, Nantes - Mars 2018


Citations et extraits (7) Ajouter une citation
Chapitre 11. Swift, Les Voyages de Gulliver
L’animal dénaturé
Le voyage à Lilliput est le plus populaire et sans doute celui qui présente l’aspect le plus innocent. Les Lilliputiens étant de tout petits humains, Gulliver évolue dans leur île comme dans un monde de poupée. Le gouvernement de Lilliput n’est d’ailleurs pas sans reproche, mais ses défauts ne sont pas d’une nature très remarquable. La première partie des Voyages a donc un caractère pittoresque et récréatif qui explique sa célébrité.
Les choses se gâtent un peu dès le deuxième voyage, dans lequel Gulliver échoue cette fois sur une terre occupée par des géants : le pays de Brobdingnag. Le lecteur aurait pu s’attendre à ce que cette aventure soit simplement une réplique inversée de la première, mais ce n’est pas le cas. En effet, ce qui change tout, cette fois, c’est que Gulliver est considéré par ses hôtes comme un simple animal. À partir de ce moment, la distinction entre l’homme et la bête commence à devenir plus floue. Notre héros est en effet confondu avec un petit animal local, le Splacknuck, dès sa première rencontre avec un géant. Lorsque le fermier qui a ramassé Gulliver présente celui-ci à sa femme, « elle poussa un hurlement et s’enfuit comme font les femmes anglaises à la vue d’un crapaud ou d’une araignée. »
Mais, une fois mis en confiance par le comportement très poli du petit homme, le fermier comprend qu’il peut en tirer avantage en l’exhibant comme un animal de foire. On le promène donc dans une boîte et on le montre aux habitants de Brobdingnag...
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Chapitre 3. Rabelais, Pantagruel
Le désir infini
Pantagruel est roi des Dipsodes, peuple dont le nom signifie en grec « assoiffés ». La soif est, plus qu’une métaphore, l’exemple traditionnel du désir humain. Déjà Lucrèce utilisait la fable du tonneau des Danaïdes, que les jeunes filles remplissent en vain parce qu’il est percé, pour mettre en scène une humanité désirante et constamment insatisfaite. Le propre nom de notre héros renvoie lui aussi à la soif, car, étant né par une année de sécheresse, un jour que l’eau revenait couler sur la terre, on le nomma « Panta-gruel », « car Panta en grec vaut autant à dire comme tout, et Gruel en langue hagarène [moresque] vaut autant comme altéré. »
Bref, Pantagruel est l’homme qui a très soif. Et il le prouve bien vite dès le berceau :
« Je laisse ici à dire comment à chacun de ses repas il humait le lait de quatre mille six cent vaches. »
Avec un tel appétit, nous ne sommes pas surpris d’apprendre qu’il croque un jour la vache qui l’allaitait, et qu’il ne fait qu’une bouchée d’un ours qui a eu l’imprudence de s’approcher de lui. Un soir qu’il y avait fête chez son père et qu’on l’avait oublié dans son berceau sans lui donner à manger, il rompit ses liens et se précipita avec son berceau dans la salle où Gargantua, son père, dînait avec ses invités. L’appétit est donc le trait dominant du jeune géant. Il est d’ailleurs remarquable que le personnage qui va devenir son meilleur ami, j’ai nommé Panurge, se présente à leur première rencontre avec le ventre vide et une énorme faim...
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Chapitre 12. Defoe, Robinson Crusoé
La perfectibilité
Les années sur l’île occupent le cœur de la première partie du roman. Toutefois, la mésaventure du héros ne s’explique et ne se comprend que si l’on tient compte de ce qui précède et de ce qui suit. Robinson insiste dès les premières pages sur son caractère instable et son incapacité à se satisfaire d’une existence convenablement médiocre. Son père l’a pourtant bien élevé et lui a prodigué des conseils de sagesse. Voyant que son fils s’obstine dans des projets de voyage déraisonnables, il prophétise que le jeune homme « sera la créature la plus misérable qui ait jamais été. »
Tout le paradoxe du roman est que la vie de Robinson réalisera effectivement, en un sens, cette prophétie, mais fera naître en même temps de grands succès et des réussites dépassant toute attente. C’est dans les situations les plus désespérées que le héros fera preuve de ses capacités d’adaptation pour surmonter tous les obstacles.
Son aptitude à tirer parti des moindres opportunités se manifeste dès ses premiers déboires. S’étant embarqué sur un navire de commerce, il est fait prisonnier par des Maures et conduit dans le port de Salé, sur la côte atlantique du Maroc actuel. Il y demeure comme esclave durant plusieurs années. Ayant gagné la confiance de son maître, il s’enfuit un jour sur un petit bateau qui lui avait été confié. Recueilli par un navire en route vers le Brésil, il y aborde et se met au travail pour fonder une plantation.
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Chapitre 1. Terence, Héautontimorumenos
La personne humaine
Le titre grec de la pièce signifie « le bourreau de soi-même ». Le personnage principal, Ménédème, se torture en effet en pensant à son fils, qu’il a jadis chassé de chez lui pour un motif futile. La pièce commence lorsque Chrémès, le voisin de Ménédème, vient vers ce dernier et manifeste son inquiétude de le voir dans un tel état :
« Il me semble que vous vous traitez plus durement que ne le comporte votre âge et ne l’exige votre position. »
Ménédème accomplit en effet le travail qui devrait être dévolu à des esclaves, et il ne se donne pas de relâche. Un tel comportement est au premier abord incompréhensible.
Au lieu de s’expliquer, Ménédème commence par conseiller à Chrémès de s’occuper de ses affaires. Il s’attire alors une réplique qui est devenue l’une des maximes les plus célèbres de la littérature latine :« Je suis homme, et rien de ce qui est humain ne saurait m’être étranger » (homo sum, humani nihil a me alienum puto).
Ce faisant, Térence nous dévoile un des aspects fondamentaux de la personne humaine : son caractère relationnel. Dans cette pièce, aucun personnage n’est indifférent à un autre, et le destin de chacun se révèle lié à celui des autres par divers fils.
Le problème de Ménédème est qu’il a traité trop durement son fils, Clinia. Celui-ci, découragé, est parti s’enrôler dans l’armée. Depuis ce temps, son père est au désespoir et il a décidé de se punir lui-même pour compenser le tort qu’il a fait à son fils :
« Tant qu’il vivra de cette vie de privations, loin de son pays, dont je l’ai si cruellement éloigné, je me punirai moi-même pour le venger…
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Montaigne a toujours fait, autant qu’il le pouvait, ce qu’il voulait, sans se préoccuper à l’excès des jugements moraux, sociaux ou religieux. L’absence de repentir qu’il revendique hautement signifie qu’il assume tous les aspects de sa vie, parce qu’il les a tous voulus, pour autant que cela dépendait de lui
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L’époque des guerres civiles a façonné sa pensée et son style au point qu’ils entreront toujours en résonance avec les périodes troublées, inventives et inquiètes.
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Il faut rendre à Montaigne sa démesure, y compris dans la modération, ses passions violentes et ses colères sanguines, son goût à la fois puissant et raffiné, et pour finir, quand il le faut, son âme partisane
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