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Note moyenne 3.42 /5 (sur 255 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : 1998
Biographie :

L'auteure a détentrice d'un master en création littéraire, délivré par l'université du Havre.

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Bibliographie de Claire Baglin   (1)Voir plus

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Claire Baglin et Yves Ravey vous présentent leurs ouvrages "En salle" et "Taormine" aux éditions de Minuit. Entretien avec Thomas Simmonet. Retrouvez les livres : - En salle : https://www.mollat.com/livres/2643227/claire-baglin-en-salle - Taormine : https://www.mollat.com/livres/2643226/yves-ravey-taormine Note de musique : © mollat Sous-titres générés automatiquement en français par YouTube. Visitez le site : http://www.mollat.com/ Suivez la librairie mollat sur les réseaux sociaux : Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat Linkedin : https://www.linkedin.com/in/votre-libraire-mollat/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Vimeo : https://vimeo.com/mollat
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Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
Bookycooky   11 septembre 2022
En salle de Claire Baglin
…le lendemain nous allons au premier salon du livre à la médiathèque…. Un groupe de gens très dissemblables pénètre dans le couloir de la bibliothèque, ils rient fort et se dirigent vers la salle polyvalente. Maman tire le bras de Nico et mon père suit. Je lui pose des questions mais il hausse les épaules, ils écrivent c’est tout, qu’est-ce que tu veux savoir de plus ?
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hcdahlem   29 décembre 2022
En salle de Claire Baglin
Après trois semaines au drive, je suis désormais en salle, le royaume dont personne ne veut, constitué du lobby intérieur où mangent les clients, de la terrasse, des toilettes et du local poubelle. Je suis en salle parce que je viens d’arriver et que les nouveaux servent à être là où personne ne veut travailler. Je comprends que je vais rester à ce poste. Lorsque je sers un des plateaux posés sur le comptoir, je sais que les équipières de l’autre côté se sont battues pour être derrière le rectangle en béton du comptoir, planquées.
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Kittiwake   29 décembre 2022
En salle de Claire Baglin
Lorsqu’on le rejoint, mon père a déjà fini toutes ses frites et maman le remarque, t’es pas chié, attention tes manches dans la sauce Nico.
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Annette55   09 octobre 2022
En salle de Claire Baglin
«  Maman dit attendez mais c’est trop tard, Nico est déjà parti .

Il se fraie un passage entre les gens , les écarte avec ses petites mains , pousse les rangées de jambes et les sacs tenus à bout de bras.

Nico profite des brèches et je file derrière lui » .
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babel95   13 septembre 2022
En salle de Claire Baglin
Un soir, alors que je cherche mon stage de troisième, mon père me dit dans le travail c'est simple, il faut pas se laisser bouffer. Il faut s'imposer. Il raconte son entretien d'embauche à l'usine, le directeur lui dit on signe ? et mon père dit je vais réfléchir, il ose demander, c'est une création de poste ou un remplacement ? Il pense au moulin, roulement continu des employés qui démissionnent à Besnier Charchigné. Mon père sort de l'usine avec en tête le bruit continu des presses, se dit jamais je viendrai travailler dans cette boîte de merde.

J'ai rédigé mon CV et ma lettre de motivation avec l'aide de maman, mon père les a relus mais n'a pas commenté. Il a froncé les sourcils et ajouté le boulot c'est pas toute la vie, on doit garder des loisirs, des passions, avoir des activités le week-end et il faut pas se laisser engloutir sinon c'est foutu. Je ne comprends pas ce qui est foutu et mon père répète attention, attention au travail.
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babel95   13 septembre 2022
En salle de Claire Baglin
Une vapeur m'enveloppe à chaque panière plongée. De leurs tables, les clients peuvent observer le processus : je suis le seul poste de cuisine visible depuis la salle. Je range les sachets par taille, petits, moyens, grands et à côté de moi, les équipiers préparent les burgers armés de pistolets à sauces, empaquettent, les font glisser jusqu'au tapis roulant central. Un manageur s'exclame attention l'embal' et un équipier des cuisines répond merci embal'. Ici personne ne cuisine, nous sommes occupés à garantir une température élevée, un aspect correct, conforme à ce que le client connaît déjà ou a pu goûter dans un autre restaurant de la chaîne. Nous manipulons l'équipement de production et nos gestes sont les mêmes que ceux des équipiers d'il y a vingt ans.
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ILLE   07 novembre 2022
En salle de Claire Baglin
Non, je ne vois rien, mon cerveau est endormi par les écrans. Mon bras se met de travers, j'empêche la retombée et la panière brûlante s'abat sur ma main.
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hcdahlem   29 décembre 2022
En salle de Claire Baglin
(Les premières pages du livre)

– Et pourquoi ici plutôt qu’ailleurs ? Je suppose que vous avez postulé partout, même chez nos concurrents.

La voiture ralentit et mon père met le clignotant à gauche.

Après une négociation d’une heure, la Berlingo passe enfin le portique et fait plusieurs tours avant de se stabiliser sur le parking. Mon père n’a pas retiré les clés que maman se retourne vers nous. Elle va prévenir, on y va mais c’est exceptionnel et surtout vous ne courez pas, vous ne criez pas. La portière arrière a déjà coulissé, nous sommes dehors. Nico court et passe une manche de manteau après l’autre. Ses lacets sont défaits, il les a dénoués quelques heures plus tôt, après la troisième halte autoroutière. Il faut se dépêcher avant que les parents ne changent d’avis, regrettent et nous rattrapent. Les lampadaires semblent s’allumer à mesure que nous nous approchons.

Très vite, je me fais distancer par Nico, soutiens la porte du regard. Mon nez coule sur ma bouche, de grosses larmes viennent remplir mes oreilles. Le logo lumineux jure que c’est ouvert et me rassure. Il dit on ne vous décevra jamais, on sera toujours là pour vous, partout. Je ne crois qu’en cette lumière qui vacille par intermittence.

Nico gravit les marches, son pied droit bute sur la dernière et son visage s’écrase contre la porte vitrée. Le nez dilaté il rit, je le rejoins. Les parents sont encore loin. Maman défait les manches du gilet autour de sa taille pour l’enfiler. Mon père déclenche la fermeture automatique de la voiture à distance, il appuie une fois, deux fois.

Nico les appelle, allez allez, et l’odeur de friture nous parvient à travers la porte, l’odeur de la fête, de la capitulation parentale.

– Non, non, je connais surtout votre chaîne. Les autres, je n’ai jamais essayé.

Nous entrons et à l’intérieur tout se complique. Le monde, la vache. Le hall est encombré et on ne sait pas où commander. C’est un dimanche soir, retour de vacances. Maman dit attendez mais c’est trop tard, Nico est déjà parti. Il se fraie un passage entre les gens, les écarte avec ses petites mains, pousse les rangées de jambes et les sacs tenus à bout de bras. Nico profite des brèches et je file derrière lui, me réduis à ses dimensions pour passer sans encombre, genoux fléchis, bras repliés le long du corps. J’avance mais contrairement à lui je m’excuse parce qu’on a trois ans d’écart. Nico trouve un espace vide et s’y jette, il sort de l’attroupement. Les néons l’éclairent et il finit par arriver aux caisses. On le renvoie faire la queue avec les parents.

Réfléchissez à ce que vous voulez manger pendant ce temps-là. Nico donne des coups de pied dans les serviettes roulées en boule. Quand il s’éloigne de nous et se rapproche du couple devant, comme s’il souhaitait changer de famille, les ongles de maman le ramènent. Je fixe gravement le porte-clés d’un sac à dos. Mon père a ouvert sa veste, il tripote sa sacoche et s’agace, je vois rien, c’est où les frites ? le prix c’est celui de droite ou de gauche ? Maman regarde autour d’elle comme si elle avait perdu quelqu’un. Les commissures de ses lèvres sont écarlates à cause du sel des chips. Lorsque le porte-clés avance et que je n’avance pas, elle me pousse de la main droite. Je regarde la nouvelle plaque au mur qui interdit de fumer, lis les petites lignes.

A la caisse, une dame à casquette noire pose quatre questions auxquelles mon père répond mais vous avez quoi ? Il se tourne vers maman qui hausse les épaules. Nico ne fait que sourire. Alors mon père me presse du regard, je dois décider. Sur les panneaux, les burgers, les menus, je ne les connais pas, les boissons brillent. A chaque question de la caissière, mon père répète, et en boisson ? et en dessert ? quel accompagnement ? Je m’en sors avec un menu enfant et un extraterrestre qui brille dans le noir.

Passé l’angoisse de la commande, Nico et moi guettons sa préparation derrière le comptoir. Nous crions par moments c’est celle-là, c’est celle-là, et enfin arrive le tour de mon père. Il répète alors, alors alors, et finit par demander des frites. La caissière se jette sur lui pour le manger tout cru. Elle lui propose le grand coca, le burger parfait pour les grosses faims et mon père répond c’est grand comment ? Il lutte à coups de portefeuille, mais ça coûte combien ? ah ouais peut-être pas ça alors. La dame s’accroche, si vous le prenez en menu vous l’aurez pour moins de dix euros. Mon père écarquille les yeux, les burgers ont trop de couleurs, il est sur le point de capituler mais résiste une dernière fois, je peux le prendre en normal ? Maman bâille et regarde sa montre qui retarde.

– Vous êtes sûre que vous allez vous réveiller ? Vous n’allez pas avoir de panne de réveil ?

Le directeur demande trois fois, peut-être quatre, et j’en viens à me poser la question sincèrement. Est-ce que je vais bien me réveiller et est-ce que je peux le promettre ? Le directeur est en face de moi, avec sa tête de trentenaire et sa légère moustache, celle qu’on peut se permettre de porter dans la restauration. Il a le regard narquois et attend que je réponde sans réfléchir. Il veut savoir qui je suis et à quoi je suis prête pour être à l’heure. Il attend que je parle d’honneur d’intégrer une équipe, d’intérêt pour, d’aptitude à. Sur sa feuille, il a commencé une liste à quatre items, c’est moi. Il a tracé un nouveau tiret, je dois lui donner quelque chose, et alors que je prononce une plaidoirie contre le sommeil, il me prend de court.

– D’accord, vous n’aimez pas les grasses matinées mais vous n’avez pas envie d’aller à la mer cet été ? De profiter de vos vacances ?

– Oui on prend les chèques-vacances monsieur.

Jérôme esquisse un sourire soulagé et ouvre la fermeture éclair de son sac. Un instant, il a vu les enfants en pleurs, sa femme qui lui dit t’es con Jérôme, t’aurais pu demander plus tôt franchement. Il a craint le retour jusqu’à la voiture, Nico qui menace de ne plus jamais manger de sa vie, et ce sera de votre faute, avant de pigner tout son saoul à la simple pensée d’une heure de plus sans repas. Il s’est imaginé conduire dans un silence complet, sans allumer la radio qui serait perçue comme une véritable provocation. Le silence se serait poursuivi jusque dans la cuisine, les enfants auraient avalé de grands verres d’eau pour faire passer les brocolis et leur déception aurait définitivement eu ce goût.

Puis Sylvie serait partie se coucher dans le canapé après avoir achevé la soirée comme on achève un animal en fin de vie, allez au dodo maintenant demain il y a école.

– Vous faites quoi comme études ? D’accord donc vous allez partir comme tous les autres pour la rentrée c’est ça ?

Le directeur prend un air mécontent. A ma réponse son sourire revient. En haut de sa fiche, il écrit mi-septembre et l’entoure deux fois. Je ne suis pas seulement dynamique, motivée et polyvalente comme les autres. Mi-septembre devient ma principale qualité. Mon dossier viendra se placer bien au-dessus des indécis, ceux qui ont vaguement évoqué qu’ils partiraient à la fin des vacances. J’ai l’impression que l’entretien va s’arrêter, qu’il va me mettre une casquette sur la tête et me présenter à mes nouveaux collègues mais je sens qu’il lui manque un élément pour être convaincu. Le stylo qu’il tient entre les doigts fait des moulinets, marque le décompte, et une famille passe à côté de notre table, les bras chargés de plateaux. Les enfants crèvent des ballons et veulent faire du toboggan. Je dois poser ma dernière carte.

– J’ai le permis B.

Là ! On s’installe là ! Les parents nous suivent jusqu’à une table de bar au milieu du restaurant. On jette nos manteaux sur les tabourets et ils retombent, on ouvre les emballages mais maman nous arrête, on va aux toilettes d’abord. Alors qu’on court vers la dernière étape qui nous sépare de la béatitude, maman parvient à retenir Nico par la manche. Il n’a plus rien d’humain. Ses cheveux sont ébouriffés par l’électricité statique du manteau retiré, ses joues sont rouges, ses lacets traînent encore au sol et son pull est à l’envers, l’étiquette luisante de salive. Son visage est une énorme contrariété, il est fou, il veut en finir. Dans ses yeux brillent encore les nuggets qu’il a entrevus. Je pousse la porte des toilettes et Nico la retient de toutes ses forces, nous crions parce que nos voix résonnent. Maman tient la porte derrière nous et se retourne, voit mon père attaquer ses frites, la lanière de sa sacoche enroulée deux fois autour de son poignet.



Nico est déjà loin, je rince mes mains et, en sortant, le battant que je pousse vient buter contre une plante verte, elle se renverse à demi. Derrière moi maman se fâche comme elle sait le faire dans les lieux publics, non mais c’est pas possible, fais attention un peu, un éléphant dans un magasin de porcelaine.

– Je dirai que mon principal défaut, c’est que je n’ai pas assez d’expérience.

– Arrêtez, arrêtez. Ce n’est pas un défaut, il faut bien commencer quelque part et ici vous êtes formés. Un défaut, donnez-moi un défaut, n’importe lequel, choisissez. Vous êtes impulsive ? Vous avez du mal à garder votre calme parfois ?

– Non, non.

– Vous n’avez pas peur du Covid, des maladies ?

– C’est pas ici que je l’attraperai plus qu’ailleurs.

– Bonne réponse. Vous êtes tête en l’air ? Vous avez tendance à oublier ?

– Non, enfin pas vraiment.

– Vous n’êtes pas dégoûtée par certaines tâches ? Ça ne vous dérange pas de sortir les poubelles ?

– Je le fais toutes les semaines chez moi.

– Il y a des gens que ça dégoûte.

– Non, pas moi.

– Je comprendrais si c’était le cas.

– Si j’y réfléchis bien… Non, ça ne me pose pas de problème.

– Donc vous n’avez pas de défaut, c’est ça que vous me dites ? Vous êtes parfaite comme moi alors ?

Lorsqu’on le rejoint, mon père a déjà fini toutes ses frites et maman le remarque
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ADVP   30 novembre 2022
En salle de Claire Baglin
Quand l'éponge passe sur le formica, elle range les miettes dans la rainure de l'extension, elle oublie les côtés, j'essaie de ne pas y penser.
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Sebarjo   14 octobre 2022
En salle de Claire Baglin
Ici, personne ne cuisine, nous sommes occupés à garantir une température élevée, un aspect correct, conforme à ce que le client connaît déjà ou a pu goûter dans un autre restaurant de la chaîne. Nous manipulons l'équipement de production et nos gestes sont les mêmes que ceux des équipiers d'il y a vingt ans.
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