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Note moyenne 4.1 /5 (sur 126 notes)

Nationalité : France
Né(e) le : 30/08/1932
Biographie :

Claude Louis-Combet est un écrivain français né à Lyon en 1932.

* Son père meurt en 1937. L'enfant est élevé par sa grand-mère maternelle.
* Études secondaires dans des petits séminaires de missionnaires, en 1950, entre en religion chez les Pères du Saint-Esprit. Un an de noviciat. Deux années de philosophie à l'Abbaye Blanche à Mortain (Manche). En 1953, il rompt avec la vie religieuse. Service militaire.
* 1954-1958 : études supérieures de philosophie à la Faculté des Lettres de Lyon. Son maître intellectuel est le phénoménologue Henri Maldiney.
* 1958-1992 : carrière d'enseignant à Besançon, d'abord comme professeur de philosophie dans un lycée, ensuite, pendant vingt-cinq ans, comme directeur d'un centre de formation d'instituteurs spécialisés pour les classes d'enfants en difficulté.
* Entre 1958 et 1964, il écrit des articles de psychopédagogie dans des revues publiées par l'École Moderne (mouvement Freinet).
* En 1970, publication de son premier roman, Infernaux Paluds (Flammarion).
* De 1972 à 1988, il publie régulièrement romans, nouvelles et essais dans la collection "Textes" dirigée successivement par Paul Otchakowsky-Laurens, Bernard Noël, Michel Nuridsany. Publie également à Lettres Vives et chez quelques autres petits éditeurs.

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Citations et extraits (64) Voir plus Ajouter une citation
nadejda   28 février 2015
Bethsabée, en clair comme à l'obscur (mythobiographie d'Hendrickje Stoffels) de Claude Louis-Combet
p 74 … elle avait sombré dans son rêve de prédilection : rêve de marée montante, de grand large et de grandes largesses, de plénitude d’être et fertilité de femme. Elle voyait son corps au-dedans comme une vaste prairie de fleurs et d’écume à la surface des flots, mobile comme eux, soulevée et affaissée, rythmiquement, comme si les eaux antérieures respiraient au fond, par-delà toutes racines, dans la ténèbre de la terre féconde, avec des mouvements et une rumeur de poitrine, en quoi elle reconnaissait indistinctement le souffle de l’amant, endormi à ses côtés, et le brassage marin du ciel et de la campagne en fleurs, à Noorstrand, les nuits de printemps

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Danieljean   26 avril 2016
L'Age de Rose de Claude Louis-Combet
À ce point rempli, en attente, en suspens...



Je le vois émerger progressivement du fond de la nuit. Il apparaît en tête, sur son alezan. Ce n'est pas encore son visage. C'est même comme s'il n'en avait pas : une ombre à peine issue de l'ombre et que seule distingue la luisance du casque et de la cuirasse. Cette forme guerrière, on peut se la représenter au souvenir d'images, dans les tableaux des maîtres espagnols ou flamands, contemporains. Le métal a accroché un rai de lumière nocturne et il s'exalte. Une main tient la bride, I 'autre s'appuie fermement sur le pommeau de l'épée dont le fourreau reste obscur. A la souplesse sinueuse du cheval, le corps de l'homme oppose son contrepoint de raideur concentrée, son énergie taciturne fixée sur un horizon hors de champ : peut-être un horizon purement intérieur, sans commune mesure avec les repères de ce bas monde. Gaspard se tient en avant. C'est lui qui dirige l'expédition - une trentaine de cavaliers : casques, cuirasses, mantelets, jambières, éperons, arquebuses - le silence en armes, dans la pression des corps, la tension des énergies, la puissance opaque de désirs sans figure. Nul cliquetis, nul tintement, les chevaux ont la forme dense et chaleureuse de leur souffle, à profusion. Cette respiration animale ramasse toute la générosité possible, ici, de l'espace et du temps. Nul ne saurait dire, d'abord, à quoi vise cette modeste, encore qu'intense, chevauchée, vers quoi elle se dirige. On pourrait la croire entièrement tournée vers le dedans, n'attirant le regard vers elle qu'afin de mieux occuper un territoire intérieur dont ces gens d'armes sont les produits autant que les gardiens. Aussi n'est-on pas surpris de constater que, tout en faisant mine d'avancer, hautainement, et de presser du talon leurs montures, ils ne bougent guère. Ils sont là. Ils sont entrés dans les hantises de la nuit. Ils en font partie. Hors l'éclat des aciers et des cuirs, rien ne les en distingue.
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cicou45   16 juin 2012
Terpsichore et autres riveraines de Claude Louis-Combet
"ce petit corps éternisé dans sa première expression qui laisse entendre que le temps est un mirage. Et c'est là tout ce qu'elle désire savoir."
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Danieljean   26 avril 2016
D'île et de mémoire de Claude Louis-Combet
Sans autre savoir étymologique que mon désir du sens des mots que j’aime, et rêvant sur leur charge de secret comme s’y prendrait l’amant, contemplant en l’épelant la forme de l’aimée, jusqu’à ce qu’ elle révèle la nature singulière de l’âme qu’elle tient close et celée, je lis dans l’insula du latin comme dans l’isola de l’italien, la racine de solitude qui a disparu de l’île du français. Et je tiens absolument à lire dans solitude, la conjonction, à l’infini, du soleil et de la terre, selon toute l’ambivalence du radical sol, le soleil, mais aussi le sol sur lequel nous marchons et que nous cultivons – radical qui est le même que solus, le seul, esseulé, solitaire, isolé, sola, au féminin, qui appelle, même s’il n’existe pas, pour dire l’île, le mot in-sola, l’intériorité ou territoire intérieur de celle qui est seule, en sorte que la voie est ouverte pour que l’île devienne, au féminin, la métaphore de la solitude
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coco4649   15 février 2020
Proses pour saluer l'absence de Claude Louis-Combet
    ORIGINE ET FIN DU PAYSAGE





    Le paysage ne se regarde pas d'abord : il

s'écoute. Avant d'être cejeu toujours mouvant

de masses et de lignes et ces formes assises qui

s'éploient en elles-mêmes, il est une rumeur ‒

l'infinitude bruissante de la vie et comme la res-

piration du ciel et de la terre, spacieuse, jamais

reprise, issue d'un lointain antérieur à toute mé-

moire et s'ouvrant sans réserve à cet autre loin-

tain promis aux générations à venir.  Une at-

mosphère, autrement dit. On voudrait croire :

une fidélité, une constance de fond dans la mo-

bilité des saisons et des heures.



p.85
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nadejda   19 février 2015
Bethsabée, en clair comme à l'obscur (mythobiographie d'Hendrickje Stoffels) de Claude Louis-Combet
Dans le petit atelier, clos, silencieux, pénombreux comme un cabinet d'intimités, Hendrickje goûtait, sans jamais se lasser le sentiment d'un temps hors de la vie, immobile et infini. Le Maître ignorait toute précipitation. Il avait les gestes lents même lorsque, cessant d'appuyer sa touche, il effleurait la toile et amenait les couleurs à la transparence, à de sourdes émanations de lumière dont la ténuité faisait vibrer et palpiter l'espace nocturne du tableau tout entier. C'était un travail d'extrême délicatesse et d'extrême patience qui ne pouvait se dérouler que dans la longueur d'une méditation contemplative. P 8
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Danieljean   26 avril 2016
D'île et de mémoire de Claude Louis-Combet
Sois assuré, mon cœur, et ne cherche pas à te rassurer, que ton île est inabordable, que tu n’en sortiras jamais, qu’il n’y a jamais eu de portes percées dans les murs, des dessins seulement, des ouvertures factices, qu’il n’y a pas d’être sous le paraître, et que la vérité n’est rien de plus que l’évidence du lapsus
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delitterys   14 février 2013
Terpsichore et autres riveraines de Claude Louis-Combet
Je ne suis pas un fléau, songe Lucine. Je ne tue que ceux que j’aime – et pour les protéger. Je n’accouche des monstres que pour me distraire – comme d’autres écrivent des livres. Et je ne produis des fous qu’afin de connaître la vérité.
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Erzuli_Capote   26 avril 2012
Blesse, ronce noire de Claude Louis-Combet
"Elle inventait sans se lasser, sur tous les tons et sur tous les modes, la vocalise d'un amour insensé auquel elle avait obscurément décidé d'appartenir - et cette autre vocalise, plus étrange, dont la mélodie se brisait à mesure qu'elle s'essayait à lui donner cours, par où l'enfant devenue adolescente annonçait la fascination du désir, sa violence aveugle et la déchirure qui tue et qui purifie."
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claudeparis   15 avril 2015
Bethsabée, en clair comme à l'obscur (mythobiographie d'Hendrickje Stoffels) de Claude Louis-Combet
Quand elle posait, nue, dans l’atelier, assise sur un monceau de tapis et draperies, Hendrickje n’en revenait pas d’exposer son ventre immense au regard du Maître et de tous les hôtes de la nuit, cachés dans les recoins, qu’elle ne pouvait distinguer, mais qui l’observaient et dont le désir rendait l’ombre sensible comme la corde d’une vielle.
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