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Note moyenne 4.01 /5 (sur 711 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Tananarive (Madagascar) , le 10/10/1913
Mort(e) à : Paris , le 06/07/2005
Biographie :

Claude Simon est un écrivain français.

Né d'un père capitaine d'infanterie de marine dans les troupes coloniales, Claude Simon est orphelin de père dès le début de la Première Guerre mondiale. À l'âge de onze ans, il perd aussi sa mère et vit alors sous la tutelle de parents éloignés.

Claude Simon est alors interne au lycée Stanislas, à Paris. Bachelier à seize ans, il prépare son entrée à l'Ecole Navale, mais, rapidement, il se désintéresse de ses études supérieures et les abandonne pour satisfaire sa passion pour la peinture et la photographie.

Lors de la guerre d'Espagne, Claude Simon aide à approvisionner les Républicains en armes. Puis, il rentre en France, déçu par les querelles affaiblissant le camp républicain, et commence à écrire. Son premier roman "Le Tricheur" est publié à la Libération. Durant la Seconde Guerre mondiale, il échappe à la mort et est fait prisonnier. Après son évasion, il rentre dans un réseau de renseignements de la Résistance.

Ses rencontres avec Alain Robbe-Grillet (1956) puis Michel Butor (1957) transforment son écriture. En 1957, il publie "Le Vent", puis participe à la rédaction du Manifeste du Nouveau Roman publié dans la revue Esprit en 1958. Dans son œuvre la plus connue, "La Route des Flandres" (1960), Claude Simon juxtapose les souvenirs des membres d'une famille aux prises avec la débâcle de 1940. En 1967, il obtient le prix Médicis pour l'un de ses romans les plus connus, "Histoire". En 1981, il publie "Les Géorgiques" qui constitue l'un de ses romans majeurs.

Patchwork d'émotions, de visions, de fragments du passé et de relations d'un présent chaotique, son œuvre appartient pleinement au courant du Nouveau Roman. D'abord artiste peintre, Claude Simon écrit des compositions plutôt que des récits linéaires. Il détruit la narration, l'illusion représentative et ne recherche pas à reproduire le temps, la durée mais la simultanéité d'événements et d'émotions disparates.

Alors qu'il a participé à la guerre d'Espagne aux côtés des Républicains, fait partie d'un régime de cavalerie décimé par les divisions blindées allemandes au cours de la Seconde Guerre mondiale et signé le Manifeste des 121 (déclaration sur le droit à l'insoumission dans la guerre d'Algérie) ses productions littéraires ne sont ni moralisatrices ni engagées. Il considère en effet que l'art n'est pas destiné à véhiculer des messages idéologiques.

Le prix Nobel de littérature en 1985 est venu récompenser celui « qui, dans ses romans,
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Poursuivant cette (brève) incursion dans la littérature du XXe siècle pour honorer le pouvoir des mots et l'art du langage, il s'agira ici de reparcourir La Route des Flandres, de Claude Simon, en nous intéressant notamment à la liste des lieux dits, située au milieu de la IIIe partie du roman. Suivre la bibliothèque : SITE http://www.bpi.fr/bpi BALISES http://balises.bpi.fr FACEBOOK https://www.facebook.com/bpi.pompidou TWITTER https://twitter.com/bpi_pompidou

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Citations et extraits (193) Voir plus Ajouter une citation
Claude Simon
Piatka   07 mars 2019
Claude Simon
Il faut savoir abandonner le tableau que l’on voulait faire au profit de celui qui se fait.
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LydiaB   26 février 2014
Archipel et Nord de Claude Simon
Franciscains moines fanatiques déchaux venus d'où construire ici un sanctuaire de blocs roses lilas bistre cyclamen au toit couvert d'écailles peindre le flagellé le juge en robe prune qui se lave les mains sculpter ces grappes de sang coagulé



treille aux flancs aux paumes aux pieds percés de clous où pendent des raisins
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patrick75   27 mai 2012
L'Acacia de Claude Simon
Il avait avec le même égal et docile étonnement, sans bien comprendre, vu d'abord la femme toujours vêtue de sombre qui était sa mère fondre peu à peu, se résorber, échanger son visage bourbonien contre celui d'un échassier, puis d'une momie, puis ( grâce aux bistouris qui taillaient et retaillaient dans le corps) même plus une momie: quelque chose comme un bistouri lui-même, une lame de couteau, une sorte d'épouvantail vivant, la tête d'oiseau décharné émergeant de châles qui recouvraient quelque chose de plat d'abord étendu sur des liseuses, puis des divans, puis dans un lit, de plus en plus plat, soulevant à peine le drap, puis disparaissant tout à fait, ne laissant plus rien d'elle qu'une boite de chêne verni sous un amoncellement de fleurs au violent parfum mêlé à l'odeur des cierges, et rien d'autre.
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Henri-l-oiseleur   19 mai 2022
Histoire de Claude Simon
visage [...] commençant déjà à prendre, avec ses pommettes saillantes avivées de rouge par une suprême coquetterie ou plutôt un suprême et orgueilleux défi, cette consistance de matière insensible ou plutôt rendue insensible à force de souffrance : quelque chose comme du cuir ou encore ce carton bouilli des masques de carnaval, Polichinelle à l'aspect terrifiant et risible sous le coup d'un irrémédiable outrage, d'une irrémédiable blessure, et elle - ou ce qui restait d'elle - retranchée derrière comme ce



type que je devais voir plus tard promené d'une baraque de prisonniers à l'autre tenu en laisse par deux nègres une brique pendue à l'aide de fils de fer sur sa poitrine avec l'écriteau J'ai volé le pain de mes camarades, et non pas un visage humain mais une chose : ce même masque grotesque fardé de violentes couleurs par les coups gluant de crachats impassible au-delà de toute souffrance et de toute humiliation lui marchant pour ainsi dire derrière la protection de ce visage qui ne lui appartenait plus non pas même ahuri comme ceux illuminés de rouge des clowns ou des ivrognes mais somnambulique parfaitement figé vidé ou plutôt déserté par toute vie, ce qui avait été au départ peur humiliation et honte n'ayant cessé peu à peu de s'amenuiser depuis le premier crachat la première gifle jusqu'au point sans doute où il faut choisir entre la fuite et la folie, et en apparence donc (le visage) aussi insensible que du bois (et sans doute pour les mains qui le frappaient d'un contact aussi décevant) mais lui en réalité provisoirement (ou définitivement) mort ou fou



pp. 64-65
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patrick75   23 mai 2012
L'Acacia de Claude Simon
Quelque chose de comparable à ces ascèses monastiques et à ces inhumains exercices spirituels imposés aux novices des ordres religieux et au sortir desquels les élus (ou plutôt les survivants) peuvent s'enorgueillir d'une robustesse de mulets et d'une endurance de trappistes.
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SZRAMOWO   10 décembre 2015
Le cheval de Claude Simon
– Qu’est-ce que tu préférerais, dit-il : mourir de faim ou mourir de cafard ?

– Mourir d’amour, dis-je.

– Déjà vu mourir quelqu’un comme ça ?

– Non, dis-je. Si, dans les livres : Tristan.

– Ce n’est pas d’amour qu’il est mort, c’est de ne pas pouvoir le faire. Et puis ne me parle pas de ce sale cochon de Nazi.

– Il y en a qui en meurent, dis-je.

– Du Nazisme ?

– Du Nazisme bien sûr, dis-je. Mais je parlais de l’amour.

– Ah ! dit-il. Qui ça ?

– Les vérolés.

– Tu en es sûr ? dit-il. Tu en as vu ?

– Non, dis-je. Mais je l’ai lu.

– De combien de choses es-tu sûr que tu n’aies pas lues ?

– D’être vivant.
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Lazlo23   20 mai 2017
Histoire de Claude Simon
… et alors tous ressurgissant monstrueux gigantesques ils seront là s'agitant parlant tous à la fois avec leurs orbites vides un trou noir à la place du nez leurs bouches édentées leurs mentons aigus cous de poulets noués d'un chiffon sanglant leurs combinaisons tabac flottant sur leurs squelettes leurs bras brandissant leurs armes rouillées farouches frustrés puis ils sombreront de nouveau s'enfonceront continuant encore un moment à gesticuler comme les passagers d'un navire lentement submergé disparaissant peu à peu dans les épaisseurs du temps et moi impuissant les regardant s'engloutir lentement s'effacer conservant l'image d'un dernier visage d'une dernière bouche ouverte sur un dernier cri un dernier geste un dernier bras s'agitant non pour saluer ou appeler au secours mais pour maudire et moi tout seul maintenant pensant comment ça devait être au même moment là-bas à Capri ou à Sorrente...
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Henri-l-oiseleur   20 mai 2022
Histoire de Claude Simon
et encore cette photographie d'un champ de bataille prise d'avion (pas la terre, le damier des prés, des labours, des bois : une étendue croûteuse, pustuleuse, comme une maladie du sol même, une lèpre, sous l'effet de laquelle les reliefs, les ravins, les tracés rectilignes des anciennes constructions auraient été pour ainsi dire gommés ou plutôt déglutis, attaqués par quelque acide, quelque suintement purulent) et qui illustrait une des dernières pages du manuel d'Histoire, comme si celle-ci (l'Histoire) s'arrêtait là, comme si la suite des chapitres avec leurs résumés en caractères gras à apprendre par coeur, la longue suite des images qui les illustraient (le bas-relief sur lequel on pouvait voir ce roi en robe longue, coiffé de son bonnet géométrique, barbu et méticuleux, crever de sa lance les yeux des captifs agenouillés, et la reconstitution des trirèmes romaines, et les Très Riches Heures du Duc de Berry, et le portrait de ce roi soupçonneux et fou apparaissant sous son chapeau de loutre entre deux rideaux, avec son nez pendant, ses sourcils glabres, ses yeux de pigeon cerclés de rose, et les marquis en bas de soie noire et perruque prêtant serment, et le tsar sur les quais de Toulon parmi les claquements de drapeaux, les messieurs à gibus et les salves jaune et rouge des canons) n'avaient été écrites, sculptées, peintes, gravées, qu'en vue de cette seule fin, ce seul aboutissement, cette apothéose : les étendues grisâtres, mornes, informes, sans traces humaines (même pas de cadavres, même pas l'évocation du cliquetis des armes, des galops, des charges, des éclats, des cuirasses) à la contemplation desquelles me ramenait une sorte de fascination vaguement honteuse, vaguement coupable, comme si elles détenaient la réponse à quelque secret capital du même ordre que celui des mots crus et anatomiques cherchés en cachette dans le dictionnaire, les lectures défendues, clandestines et décevantes



pp. 111-112
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Charybde2   10 avril 2013
La Route des Flandres de Claude Simon
Et son père parlant toujours, comme pour lui-même, parlant de ce comment s'appelait-il philosophe qui a dit que l'homme ne connaissait que deux moyens de s'approprier ce qui appartient aux autres, la guerre et le commerce, et qu'il choisissait en général tout d'abord le premier parce qu'il lui paraissait le plus facile et le plus rapide et ensuite, mais seulement après avoir découvert les inconvénients et les dangers du premier, le second, c'est-à-dire le commerce qui était un moyen non loin déloyal et brutal mais plus confortable, et qu'au demeurant tous les peuples étaient obligatoirement passés par ces deux phases et avaient chacun à son tour mis l'Europe à feu et à sang avant de se transformer en sociétés anonymes de commis voyageurs comme les Anglais mais que guerre et commerce n'étaient jamais l'un comme l'autre que l'expression de leur rapacité et cette rapacité elle-même la conséquence de l'ancestrale terreur de la faim et de la mort, ce qui faisait que tuer voler piller et vendre n'étaient en réalité qu'une seule et même chose un simple besoin celui de se rassurer, comme les gamins qui sifflent ou chantent fort pour se donner du courage en traversant une forêt la nuit, ce qui expliquait pourquoi le chant en choeur faisait partie au même titre que le maniement d'armes ou les exercices de tir du programme d'instruction des troupes parce que rien n'est pire que le silence quand,...
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Henri-l-oiseleur   10 mai 2022
Le palace de Claude Simon
[Barcelone, après la guerre]

- mais peut-être était-ce des années plus tard : c'étaient pourtant les mêmes enfants, les mêmes vieillards, le même mouvant tapis de pigeons se déplaçant par saccades, le même carrousel de tramways ferraillants, peinturlurés (mais plus les deux sévères triangles accolés, le sceau rouge et noir : bariolés maintenant aux couleurs de marques d'apéritifs ou de lessives, tapageuses, criardes, mercantiles, sans aucune autre fonction que d'attirer l'oeil, comme des robes ou des maquillages de putains : rien que tapageuses, rien que criardes) avec les mêmes grappes de types efflanqués et cosmétiqués, aux pantalons élimés (mais ils avaient aussi une veste à présent, quelques-uns en manches de chemise, portant alors leur veste décemment pliée sur le bras, et une cravate - élimée aussi, mais une cravate - autour du cou) suspendus aux marchepieds - et quelque chose d'indéfinissable en eux ; comme des amputés, des manchots, avec leurs regards durs, aigus, fuyants, aquilins, leurs visages bruns, consumés, leurs voix d'aigle aussi, si l'on peut dire, non pas graves mais rauques, sommaires, rapides - trop rauques, trop rapides pour les sujets dont on pouvait maintenant les entendre parler : de matches de football, de courses cyclistes, de films, et cette commune expression outragée de perpétuelle indignation, de perpétuelle et incurable frustration, comme des hommes qui cacheraient quelque blessure invisible, secrète, que l'on aurait amputés de quelque chose d'essentiel, dont aucun homme ne peut supporter d'être privé : "Comme des eunuques", pensa-t-il ; puis il pensa : "Je sais : les armes" :



III, Pléiade p. 482-483
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