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3.35/5 (sur 81 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Lyon , 1971
Biographie :

Clovis Goux est un journaliste et auteur d'exofiction français.
Dans une biographie à peine romancée, il retrace l’ascension du duo The Carpenters et le martyre de sa chanteuse, emportée à 33 ans après avoir lutté en coulisse contre l’anorexie.

Source : everybodywiki.com
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Clovis Goux - La disparition de Karen Carpenter


Citations et extraits (38) Voir plus Ajouter une citation
Je me dis que la présence d'un "jeune" au Flamingo devait être aussi incongrue que celle de l'abbé Pierre dans une partouze quand je vis l'une d'elles se diriger vers moi en titubant.
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La mélancolie est un baiser mortel, qui se pose sur nos lèvres durant un moment d'égarement, un poison vicieux dont on ne guérit pas, une maladie qui nous ronge à petit feu, un démon qui nous dévore jusqu'à ce qu'on lui livre son dernier souffle.
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En arpentant le Hollywood Boulevard qui filait à travers la ville telle une flèche, le paysage s’offrant à moi le long du trottoir de béton (dépourvu des étoiles de son homologue angelino) était d’une uniformité typique des Villages-Unis : les villas pastel d’un ou deux étages, les garages, les voiturettes de golf stationnées dans les allées, les buissons, les plantes grasses, les pelouses et les haies taillées au cordeau sous une infinité de cocotiers formaient un décor tropical et mutique. Y avait-il une vie derrière cette monotonie de façade ? Les Villageois se terraient-ils dans leurs habitations, fuyant le mauvais temps comme les vampires la lumière du jour ?
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"Mais la monotonie inhérente aux tournées est un poison insidieux qui gangrène le baume de la gloire. Chaque journée est similaire : tourbus ou avion, déjeuner, balance, loge, concert, repas, hôtel et ainsi de suite, les villes anonymes qu'on visite en dix minute se succèdent et se ressemblent toutes. Un diner sur Main Street, un magasin de souvenirs, une église, la nouvelle salle de concert est la même que celle de la veille et les ombres qui l'envahissent à l'heure du show applaudiront aux moments voulus. "Hello Phoenix!", "Hello Denver!", "Hello Memphis!", "Hello Atlanta!", "Hello Portland!", "Hello Minneapolis!", "Hello Springfield!"...Après le rush du concert, il y a toujours la descente, les autographes, les fans pour vous prendre en photo, un restaurant où l'on picore après le spectacle. [...] On rentre dans une chambre d'hôtel vide, l'air conditionné, y est toujours trop chaud ou trop froid, le lit "king size" est recouvert d'une couverture à fleurs en polyester, il y a une litho de sous-bois avec des biches, une télé allumée, un mini-bar, une boîte de somnifères. Le réveil sonne à 6 heures alors qu'on allait s'endormir. Un bol de céréales, une tasse de café, le bus qui vous attend, le paysage qui défile : des vendeurs de voitures, des stations essences, des vendeurs de voitures, des stations essences, des champs. L'arrivée dans une nouvelle ville avec cette impression étrange de faire du surplace au milieu de nulle part." (p.54-55)
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"L'anorexie devient une maladie publique, les articles se mulitplient et l'on parle bientôt d'un véritable phénomène social : à en croire les médias on assisterait à travers tous les Etats-Unis à une véritable épidémie d'anorexie chez les adolescentes, toujours à deux doigts de se faire vomir après avoir feuilleté un numéro de Vogue. En 1978, Hilde BRUCH publie ce qui deviendra son classique, The Golden Cage : the Enigma of Anorexia Nervosa, basé sur le témoignage de ses patientes. Interrogée par la magazine People, elle déclare alors : "Durant les années 1959, il était acceptable d'être une gentille fille bien conciliante. Si elle était suffisamment brillante et issue d'une classe supérieure, elle était supposée aller à la fac, faire la rencontre d'un brave gars issu de Harvard et se ranger. Maintenant la même fille va à la fac pour écrire une thèse et obtenir un poste à Washington. Les filles à l'esprit conformistes se sentent obligées de faire des choses qui demandent un grand degré d'indépendance pour être respectées et reconnues. Quand elles sont coincées, la seule indépendance qu'elles pensent avoir est de contrôler leur corps. Je suis convaincue que cette maladie est liée au mouvement des femmes, parce que c'est ce que les filles veulent : montrer qu'elles sont spéciales." ( p.87-88)
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"Il avait demandé à Yéhiel pourquoi il n'avait pas inscrit son nom au dessus du titre. Sans se détourner de sa tâche, le rescapé avait répliqué : "Ce n'est pas moi qui écris ce livre, ce sont les morts. Ils s'appellent Ka-Tznetnik et ils portent ce numéro." Alors Yéhiel avait remonté la manche gauche de son pyjama pour découvrir l'avant-bras sur lequel était tatoué à l'encre bleue : 135633."
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"L'anorexia nervosa, c'est cette maladie vénéneuse qui se déploie dans votre esprit à mesure qu'elle se nourrit de votre corps, cette fleur du mal qu'on chérit comme la plus addictive des drogues. Votre meilleure amie, la seule qui vous mènera bien à destination : au fond du gouffre. Karen, pas plus qu'une autre, n'est pas née anorexique. Une graine s'est déposée dans son esprit et s'est mise à germer. L'idée est devenue obsession et l'adolescente boulotte s'est progressivement transformée en squelette vidant ses viscères dans la cuvette des toilettes avec la régularité d'un coucou suisse. Karen est devenue lentement et sûrement cette conscience dure, indestructible, qui pense maîtriser son destin en contrôlant ses intestins, cette énergie folle qui implose, s'éteint, jusqu'à n'être plus rien, juste une voix, un souffle, une essence qui n'a plus qu'un seul but : atteindre le nirvana en taille fillette, silhouette Auschwitz." (p.73-74)
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"Les Carpenters sont au sommet. Richard réfléchit à la tournée à venir et au futur du groupe. Karen a l'aura d'une star et une star doit être mise en valeur, sublimée. Elle est pour lui la voix des Carpenters, et doit en être également l'image, abandonner la batterie derrière laquelle elle se cache depuis leurs débuts et franchir le cercle lumineux sur le devant de la scène. Ces quelques pas sont décisifs, mais Karen ne se sent pas prête, préférant pour l'instant rester en retrait avec les autres musiciens. Richard insiste. Elle cède et propose un compromis : chanter les chansons d'amour en front line, face au public, remplacée par un second batteur, et retrouver son instrument pour les morceaux les plus rythmés.


Alors qu'elle s'approche du cercle Karen a le pressentiment qu'il s'agit d'un piège, qu'elle va s'y consumer. Elle accomplit néanmoins son destin en franchissant cette frontière qui la sépare d'un nouveau monde, mystérieux et dangereux, celui des hautes solitudes, celui du star-system. Elle laisse dans l'ombre ses manières de petite fille, ses tee-shirts, ses jeans et sa batterie pour adopter les atours d'une étoile : robes longues haute couture, coiffures impeccables, maquillage sobre et élégant. Karen scintille désormais au centre des attentions. Elle est cet éclat vers lequel les regards convergent. Elle se doit d'être parfaite, car elle incarne aux yeux du public cette image idéale d'une jeunesse wasp, propre, travailleuse et respectueuse des traditions, qui redresse fièrement la tête après avoir été trainée dans la boue par les hippies. Les Carpenters, nouveaux croisés de l'Amérique blanche, repartent en tournée, enchaînent date sur date, reproduisant chaque soir à l'identique, pour un public conquis d'avance, les chansons qui ont fait leurs succès." (p. 55 - 56)
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Comme John Wilkes Booth, comme le premier de cette longue lignée d'assassins américains, John, veut entrer dans la légende en perpétuant cette tradition séculaire qui veut qu'un citoyen ordinaire change le cours de l'Histoire, prenne possession de son destin et de celui de la nation, en abattant le plus illustre d'entre eux. Alors son visage ne sera plus une masse informe, alors son nom sera à la une des magazines, alors son aura hantera les journaux télévisés. Alors, il ne sera plus un inconnu pour Jodie Foster. Pour cela, il lui suffit d'appuyer sur la détente, de tuer un Président, n'importe lequel.
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Au coucher du soleil, Alejandro sortit de l’autoroute pour s’engager sur une voie secondaire qui nous mena, en longeant d’infranchissables grilles dissimulées dans les fourrés, à l’entrée du « Village Vert » (sans doute un hommage aux Kinks, les boomers étant d’inconditionnels fans de rock) où un vigile sexagénaire dans une guérite (les seniors qui n’avaient pas assez cotisé pouvaient quand même accéder au paradis en acceptant d’y travailler) demanda une carte d’accès à mon sinistre chauffeur.
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