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Note moyenne 3.9 /5 (sur 73 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Chailles (Loir-et-Cher) , le 04/1943
Biographie :

Colette Beaune est une historienne française, professeur émérite à l'Université Paris X - Nanterre.

Colette Beaune se passionne pour le procès de Jeanne d'Arc (dont elle est devenue depuis l'une des meilleures spécialistes) en lisant l'intégralité de son procès, alors qu'elle est élève en khâgne au lycée Molière.

Devenue agrégée d'histoire en 1966, elle se spécialise dans l'histoire de la fin du Moyen Âge. Sa thèse d'Etat, soutenue en 1984 et publiée en 1985 sous le titre Naissance de la nation France, analyse l'imaginaire national ainsi que les différentes représentations symboliques du territoire et de la monarchie dans les derniers siècles du Moyen Âge.

D'abord maître de conférences à la Sorbonne (Paris I) de 1985 à 1992, Colette Beaune a délivré l'essentiel de ses enseignements à l'université de Paris X-Nanterre en tant que professeur (1992-2005).

En 2004, elle reçoit le prix du Sénat du Livre d'Histoire pour son ouvrage Jeanne d'Arc, qui éclaire ce personnage central de l'histoire de France d'un jour nouveau permettant de mieux appréhender cette période cruciale.
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Colette Beaune - le Grand Ferré, premier héros paysan .
A l'occasion des Rendez-vous de l'Histoire de Blois, Colette Beaune vous présente son ouvrage "Le Grand Ferré, premier héros paysan" aux éditions Perrin. http://www.mollat.com/livres/beaune-colette-grand-ferre-premier-heros-paysan-9782262028916.html Notes de musique : Gnomone a Piacere by MAT64
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Citations et extraits (9) Ajouter une citation
Sarindar   28 septembre 2018
Naissance de la nation France de Colette Beaune
Sous Louis VII, la fleur de lys occupe la place centrale entourée de la légende: "Le Christ vainc, le Christ règne, le Christ ordonne". Sous le règne de Philippe Auguste, une fleur de lys unique apparaît sur le contre-sceau. La bannière fleurdelisée conduit les chevaliers français à la croisade, elle est déployée à Bouvines [en 1214]. Les abbayes sous protection royale reçoivent des armoiries aux lys. Sous Louis VIII enfin, l'écu figure sur le contre-sceau et les vêtements du sacré sont semés de fleurs de lys. C'est l'époque où se fixe la forme du lys héraldique à trois pétales, sans pistil, avec une barrette transversale. Le pied est trilobé. Tout cela est acquis vers 1250. Il faut sans doute mettre cetre simplification du dessin en rapport [...] avec la valeur mystique du nombre trois. [...] Dès 1228 apparaît parfois un écu à trois fleurs, qui n'est que la simplification de l'écu semé [...] Cet usage n'est d'ailleurs pas particulier à la famille Capétienne. Charles V opère définitivement la réduction pour les armes royales, mais les branches cadettes (Anjou, Bourgogne) continuent à porter le semé jusque dans la deuxième moitié du XVème siècle.
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dedanso   13 juin 2018
Jeanne d'Arc de Colette Beaune
La Pucelle était morte avant d'avoir eu vingt ans, laissant une mission inachevée et des partisans abasourdis. Certes, les Anglais avaient pris bien des précautions pour prouver sa mort : une exécution publique, un corps exhibé et des cendres jetées à la Seine pour éviter sorcellerie. Mais ces précautions même les desservirent. Il n'y eut ni cadavre ni tombeau. Jeanne semblait s'être évanouie dans le néant. Reviendrait-elle ? Bien d'autres, morts dans des circonstances tragiques, avaient suscité l'attente et l'espoir d'un retour. César, Charlemagne, Arthur et le Christ lui-même reviendraient.
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dedanso   04 juin 2018
Jeanne d'Arc de Colette Beaune
Jeanne fut bergère non parce qu'elle l'était ou par référence à sa naissance théorique le jour de l'Épiphanie (le 5 janvier, les bergers et les rois adorent et reconnaissent l'enfant dans la crèche), elle fut bergère parce qu'il était nécessaire qu'elle le soit.

(...)

Qualifier Jeanne de bergère, c'était, en ce premier sens, la reconnaître humble, innocente, apte à entendre la voix de Dieu, et peut-être à conduire vers des temps qui marqueraient le retour de la justice et de l'abondance après les épreuves. Et si Jeanne était bergère, son roi devenait pasteur.
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urbanbike   12 janvier 2009
Jeanne d'Arc : Vérités et légendes de Colette Beaune
Les minimalistes et les mythographes, en général, n'ont aucune sympathie pour l'époque médiévale, "un monde irrationnel fait d'un mélange de symboles, de magie, de religion, de secrets, de sorcellerie…". Il leur échappe totalement que l'époque fut très créative en matière politique — elle inventa l'État moderne — comme en matière de lien social. La nation est une invention médiévale.
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dedanso   24 mai 2018
Jeanne d'Arc de Colette Beaune
La fonction prophétique et un imaginaire commun relient Marie Robine à Jeanne ou à la Pucelle du Mans. La seule différence - mais elle est d'importance - est que Jeanne voulut mettre en oeuvre elle-même le message, là où les autres confiaient au prince qu'elles venaient avertir la mission de le réaliser.
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urbanbike   12 janvier 2009
Jeanne d'Arc : Vérités et légendes de Colette Beaune
Comment invalider tous ces témoignages ? Les clercs sont tous plus ou moins suspects aux mythographes. Ils ont participés au procès (c'est aussi pourquoi on les interroge !).

(…)

Les laïcs, eux sont récusés en fonction de l'humilité de leur condition : "il y a aussi parmi les témoins beaucoup de pauvres gens… qui n'ont pas bien compris ce qu'on leur demandait et qui ont signé (ils ne savaient pas signer !) sans hésiter le texte qu'on leur présentait." Il est vrai que, à Rouen comme à Domrémy, les juges, en fabriquant les questions, ont orienté les réponses. Y a-t-il un tribunal, hier ou aujourd'hui, où les accusés ou les témoins fabriquent les questions ? Non. C'est la limite normale des sources judiciaires. Chaudronniers ou paysans ne sont pas forcément des imbéciles. Les questions qu'on leur a posées sont factuelles ("Qu'avez-vous vu ce jour-là ?"), elles n'ont rien de théologique.
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Jean-Daniel   24 novembre 2021
Jeanne d'Arc : Vérités et légendes de Colette Beaune
Entre 1316 et 1328, les trois fils de Philippe IV le Bel moururent l’un après l’autre, en moins de treize ans, sans laisser d’héritier mâle.

Le dernier des fils (Charles IV) disparu, les barons français choisirent d’attribuer la couronne à Philippe de Valois, le plus proche parent par les hommes du dernier Capétien direct. Mais un autre prétendant était possible, le jeune roi d’Angleterre Edouard III, petit-fils de Philippe IV par sa mère, la reine Isabelle. L’Anglais pouvait se dire plus proche en degrés du bon roi Saint Louis. La succession à la couronne de France était encore réglée surtout par la coutume, qui n’excluait clairement ni les femmes ni les fils des femmes. A ses débuts, la guerre de Cent Ans fut donc tout simplement un conflit féodal qui opposait deux prétendants au même héritage, la couronne de France.Edouard accepta d’abord de prêter hommage à son cousin pour ses fiefs continentaux de Guyenne. Mais, dès que la guerre éclata, il prit le titre de roi de France et les armes aux fleurs de lys. Ses victoires sur mer comme sur terre (Crécy en 1346, Poitiers en 1356 où Jean II fut fait prisonnier) forcèrent le roi de France à accepter le traité de Brétigny qui entérinait la supériorité des Plantagenêts. Edouard III tenait désormais en toute souveraineté un immense duché d’Aquitaine courant de Bayonne à Poitiers, le Ponthieu, dot de sa mère Isabelle, et Calais, dont il s’était emparé en 1347. En contrepartie, il devait renoncer à la couronne de France. Mais les renonciations (des Anglais à la couronne et des Français à la souveraineté sur la Guyenne) ne furent jamais échangées.
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Laureneb   28 mars 2022
Jeanne d'Arc : Vérités et légendes de Colette Beaune
Depuis le récit biblique, toutes les femmes sont des tentatrices potentielles, des séductrices dont il faut se garder. Toute femme qui échappe au contrôle des hommes est suspectée de mauvaise conduite. Or Jeanne n’est plus chez ses parents, elle n’a pas de mari. Certes, ses frères l’accompagnent et le roi la flanque du très respectable Jean d’Aulon. Elle n’en est pas moins une anomalie dans ce monde où il n’y a pas de femme seule. Elle n’est pas non plus abritée par les murs solides d’une maison familiale ou d’un couvent. Ce n’est pas une femme cachée, ce n’est pas une femme gardée. Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que de fâcheuses rumeurs courent très vite sur son compte et mettent à mal sa réputation. Comme toutes les femmes sont luxurieuses, comme toutes les femmes sont insatiables – les hommes, eux, seraient gouvernés par leur cerveau et non par leurs instincts -, Jeanne est traitée de putain, par les Anglo-Bourguignons, comme le seront bien plus tard Elisabeth Guigou, Dominique Voynet ou Anne-Marie Comparini. La longue durée est ici

garantie.
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Jean-Daniel   26 décembre 2021
Jeanne d'Arc : Vérités et légendes de Colette Beaune
Les Armagnacs ont cru que Jeanne était une vraie prophétesse, les Bourguignons qu’il s’agissait d’une fausse. Le mouvement prophétique des années 1350-1450 est une réalité bien connue des historiens.

La question n’a jamais cessé de troubler les esprits : pourquoi le roi Charles VII, qui, en 1429, avait tant de raisons de se montrer méfiant, accepta-t-il de donner une chance à une petite paysanne illettrée et venue d’une lointaine frontière ? Les explications les plus invraisemblables ont été données à partir du XIXe siècle, quand le prophétisme eut à peu près disparu de la pratique politique ou religieuse et devint incompréhensible. Or, Jeanne avait été accueillie pour une raison bien simple. C’était une prophétesse entre beaucoup d’autres et les rois de France comme ceux de l’Ancien Testament accueillaient traditionnellement les messagers de Dieu.
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