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Note moyenne 4.23 /5 (sur 11 notes)

Né(e) : 1955
Biographie :

Colette Poggi est une Indianiste-sanskritiste, spécialiste d’Abhinavagupta et du shivaïsme du Cachemire.
Elle mène des recherches sur le shivaïsme du Cachemire et les philosophies de l’Inde depuis le début de ses études universitaires à Aix -en-Provence en 1977 ; elle aborde alors deux cursus : littérature et civilisation germanique d’une part, études indiennes et sanscrit d’autre part.

Aujourd'hui, elle enseigne la pensée religieuse et philosophique de l’Inde dans divers centres universitaires à Lyon, Montpellier, Marseille, ainsi que le sanskrit.

Elle intervient également au Musée Guimet (Arts asiatiques) de Paris. Dans le cadre de ses recherches sur le shivaïsme du Cachemire elle a soutenu un premier doctorat en 1986 (Aix-Marseille) publié en 2000 aux Éditions des Deux Océans sous le titre "Les œuvres de vie selon Maître Eckhart et Abhinavagupta", traitant notamment de l’Art comme voie de libération, puis un second doctorat en Philosophie comparée (Paris IV Sorbonne, 1994) présentant la traduction d’un texte philosophique d’Abhinavagupta (X-XIe siècle), paru aux éditions du Cerf, dans la collection Patrimoines sous le titre "La Voie de la Reconnaissance intérieure dans le Shivaïsme du Cachemire". Elle est aussi l'auteure de "Le Sanskrit, Souffle et Lumière : parole sacrée, langue de connaissance" (Almora, 2012).
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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
ChrisBabel   18 septembre 2020
Dans la confidence du souffle de Colette Poggi
Eva : Pour les yogin, même si cela ne se passe pas au même niveau, la simple action de déposer ce poids, déclenche , chez le "porteur de fardeau", une euphorie insoupçonnée, l'accès à un moment d'éternité. Elle nous permet, enfin, de contempler la vie, comme un jardinier entend la végétale croissance, l'eau pénétrant le sillon et s'infusant dans les racines. C'est exactement le même processus qui se déroule dans le yoga : nous sommes à la fois le jardin, l'eau et le jardinier ! Le jardin de notre corps se désaltère de la fluidité du souffle, et tout cela se passe grâce au jardinier-conscience.
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Danieljean   01 octobre 2015
Le Sanskrit, souffle et lumière : Voyage au coeur de la langue sacrée de l'Inde de Colette Poggi
Les termes Dieu, divin, diurne, dies en latin dérivent de la racine sanskrite DIV qui signifie resplendir, rayonner.

Ainsi, nommer Dieu, le divin (deva en sanskrit) équivaut à évoquer la luminosité de l’Energie divine, un point source inconnaissable (Brahman), tel le soleil d’où émane une infinité de manifestations divines, les rayons solaires.

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Danieljean   07 octobre 2018
Sept joyaux du tantra shivaïte de Colette Poggi
- ātman

Le Soi, ātman, essence de l’être, est mis en lumière dans les Upaniṣad (VIIIe av. J.- C.). Cette dimension profonde, immanente, touche à l’universel: elle en cela supra- individuelle dans le sens où elle n’est ni limitée par un sentiment égocentré ni « encapsulée » dans la carapace individuelle. Elle est par nature non-distincte de Brahman, l’absolu. Qu’il s’agisse de l’ ātman ou du Brahman, la traduction couramment utilisée d’absolu ou de soi, ne restitue pas la nuance de vie, de dynamisme, impliqué dans ces termes sanskrits. Pour brahman, la racine BṚH bṛṃhayati, croître, faire accroître, suggérant une arborescence infinie en laquelle viennent s’inscrire l’univers et ses formes variées.

De même, le nom masculin ātman a pour racine le verbe AN, respirer, vivre, se mouvoir, ce qui met en relief l’énergie inhérente de cette réalité intime diversement appelée principe de vie, âme individuelle, essence. Dans le Shivaïsme du Cachemire, en continuité avec les antiques Upaniṣad ; il est conçu comme Conscience-énergie, de même nature que en sa plénitude, et de ce fait nommé « le danseur », en analogie avec Śiva-Naṭarāja. Sa nature est vie, vibration, conscience universelle.
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Danieljean   07 octobre 2018
Sept joyaux du tantra shivaïte de Colette Poggi
L’aspect vimarśa correspond à l’énergie de la prise de conscience, soit l’aspect dynamique et créatif de l’acte cognitif.

Pour Vasugupta et tous les shivaïtes de sa lignée qui lui succèderont, la vibration spanda constitue la nature véritable de la lumière-énergie consciente. Imperceptible, cette pulsation sans origine tisse et sous-tend inlassablement la trame cosmique. En sa plus haute fréquence, elle est conscience pure, plus relâchée elle devient pensée puis matière mais jamais ne déserte aucun aspect de la manifestation, même s’il semble inerte. La vibration universelle suscite l’univers entier en elle-même, à la manière d’un puissant magicien qui serait à la fois compositeur, musicien, instrument et auditeur, mais aussi silence et son, timbre, rythme, harmonie ou dysharmonie et enfin espace en lequel la musique émerge et se dissout.
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Danieljean   07 octobre 2018
Sept joyaux du tantra shivaïte de Colette Poggi
Tout d’abord, au niveau suprême ne règne que la Conscience absolue cit parfaitement libre, paisible et pure, tandis que caitanya, conscience plénière, intègre toutes les ondes de l’océan-conscience. Ainsi, la pure conscience (cit) dénuée d’objet, est-elle désignée comme l’absolu, l’originel, la dimension en laquelle tout phénomène éclot, vit et se résorbe. Elle est symbolisée par Śiva non distinct de son Énergie, Śakti, potentialité infinie, qui danse l’univers en son aspect de Seigneur de la Danse cosmique Śiva-Naṭarāja. Mais lorsqu’elle intègre l’univers, elle est nommée caitanya conscience en sa plénitude. Au niveau humain, il en va de même, ces modalités sont immanentes en toute conscience individuelle, mais oubliées, en latence.
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Danieljean   07 octobre 2018
Sept joyaux du tantra shivaïte de Colette Poggi
- sattā

Sattā, la réalité n’est ni tangible, ni objet de pensée, cependant sans elle rien ne serait.

De même que les reflets cachent la paroi du miroir, les phénomènes du monde se mouvant sans cesse, comme des ombres sur un mur, occultent le fond qui permet leur apparition. Sat est le participe présent du verbe être en sanskrit, AS : « étant », de là : présent, réel, vrai, vertueux. Sat-tā exprime le fait d’être, au présent. On ne peut que s’y accorder, non pas la saisir, car elle ne peut être « objet ». C’est à partir de la conscience du Soi, ou de Soi, que se réalise cette expérience: « Tant que l’on n’a pas une parfaite conscience de Soi, le Soi non reconnu n’a pas une connaissance irrécusable des choses » rappelle Abhinavagupta dans le Kramastotra.
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Danieljean   07 octobre 2018
L'art de l'illumination : Au coeur du Tantra de Colette Poggi
En écho, la philosophie de la grammaire nous permet de percevoir, au travers des phrases ou versets, plusieurs niveaux de parole paśyantī-madhyamā-vaikharī, correspondant à la triade citée ci-dessus, intégrant les degrés intérieur, médian et extérieur. Selon le shivaïsme du Cachemire non dualiste, tous trois sont sous-tendus par un niveau plus subtil encore appelé Parole suprême, de l’ordre de l’ineffable. De plus, la théorie indienne du sens suggéré (vyañjana) vient ici nous rappeler que le sens déborde toujours le cadre verbal qui le véhicule, de là découlent l’infinie potentialité d’interprétations, la capacité de renouveler la compréhension d’une proposition qui semblait définitive. La route est libre pour celui qui aspire à la découverte.
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Danieljean   07 octobre 2018
Sept joyaux du tantra shivaïte de Colette Poggi
Cit, terme sanskrit féminin, suggère selon son étymologie l’acte qui accueille, recueille, vibrant toujours au présent ; la conscience cit lie, relie, proche en cela du logos dont la racine verbale legein signifie également rassembler, cueillir, choisir. Cette présence vivante, aux sources de l’être, rime avec originel, primordial, infini, éternel, elle est parfaitement non duelle, sans origine, aussi vaste que l’espace irradiant, ākāśa, lit-on dans les Upaniṣad. Faire l’expérience directe de cette source sans cesse jaillissante conduit au seuil de l’éveil ; il s’agit ensuite d’y demeurer sans faillir.
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Danieljean   07 octobre 2018
Sept joyaux du tantra shivaïte de Colette Poggi
- sahaja,

Le spontané, sahaja, qualifie la réalité primordiale dans le sens où elle surgit d’elle-même, sans effort. Ce terme s’applique aussi à la compréhension intuitive qui permet de « reconnaître » soudain ce que l’on a toujours su, sans le savoir ! Pratyabhijñā est précisément cette reprise de contact fondamentale, intuitive, de nature mystique. Les chercheurs de ces écoles cachemiriennes ont bien perçu que l’essentiel se connaît sans effort, spontanément, comme se forme un écho. Sahaja a pour corollaire ānanda la félicité sans pourquoi.
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LivresBouddhistesZuiHo   15 octobre 2019
Dans la confidence du souffle de Colette Poggi
Colette Poggi :

« Ce livre se compose se trois parties où sont recueillis les propos d’Eva Ruchpaul, que j’ai regroupés en trois rubriques : le corps, le souffle, la conscience. De cette conversation au long cours qui s’est déroulée sur deux années, j’ai gardé les passages les plus significatifs au regard de sa conception du yoga et de sa transmission. Toujours improvisés, nos échanges sur les approches indiennes du yoga ou sur sa vie, ont su garder au fil des mois une saveur buissonnière. En terme musical, (son domaine de prédilection), c’est l’impromptu qui suggérerait au mieux le ton de cette conversation libre
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