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Note moyenne 4.4 /5 (sur 21 notes)

Nationalité : Italie
Né(e) à : Bologne , le 29/04/1923
Mort(e) à : Rome , le 11/06/1977
Biographie :

Cristina Campo, de son vrai nom Vittoria Guerrini, est une écrivain, poète et traductrice italienne.

Son père, Guido Guerrini (1890-1965), musicien et compositeur, est nommé directeur du conservatoire Cherubini à Florence, où la famille s'installe en 1928. Elle a participé à la vie culturelle de la ville, où elle a longtemps vécu.

Elle publie ses premières traductions pendant la guerre: "Conversazioni con Sibelius" de B. von Törne (1943), "Una tazza di tè e altri racconti" de K. Mansfield (1944). Elle crée, avec G. Draghi, le Posta letteraria de Corriere dell'Adda vers 1951.

A partir de 1955, elle déménage à Rome où son père est directeur du conservatoire Sainte-Cécile depuis 1950.

"Passo d'addio", son premier livre (recueil de poésie), est publié en 1956.

Les dix dernières années de sa vie ont été consacrées à la spiritualité, dans une religion catholique classique.

Ses écrivains préférés ont été Hugo von Hofmannsthal, Simone Weil, Mario Luzi.
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"È rimasta laggiù, calda, la vita" di Cristina Campo- suggerita da Carla Pianelli Compagnia teatrale la platea voce recitante Gianni Moi Regia Gianni Moi


Citations et extraits (35) Voir plus Ajouter une citation
Malaura   12 juin 2012
Le tigre absence de Cristina Campo
Deux mondes – et moi je viens de l'autre.

Derrière et dans

les rues trempées

derrière et dans

brume et lacération

au delà de chaos et raison

portes minuscules et rudes tentes de cuir,

monde caché au monde, imprégnant le monde,

inénarrablement ignoré du monde,

par le souffle divin

un instant suscité,

par le souffle divin

aussitôt effacé,

il attend la Lumière voilée, le Soleil enseveli,

la prodigieuse Fleur.

Deux mondes – et moi je viens de l'autre.

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Cristina Campo
cathcor   24 janvier 2016
Cristina Campo
Pour chaque homme en son périple, il existe un thème, une mélodie qui est sienne et n'est destinée à nul autre, qui le cherche depuis sa naissance, depuis l'aurore avant les siècles.
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alzaia   22 août 2015
Les impardonnables de Cristina Campo
Demander à un homme de ne jamais se distraire, de soustraire sans relâche sa capacité d’attention à l’équivoque de l’imagination, à la paresse de l’habitude et à l’hypnose des mœurs, c’est lui demander de réaliser sa forme majeure.
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Sea_eaS   08 avril 2016
Les impardonnables de Cristina Campo
C'est le mystère du caractère - dû aux humeurs, aux étoiles, à l'héritage atavique d'un autre conte - qui conserve ses traits jusqu'à la fin et n'accède à la métamorphose qu'à travers la répétition des mêmes erreurs et la souffrance endurée devant des défaites identiques.
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alzaia   22 août 2015
Les impardonnables de Cristina Campo
J’ai posé le pied en ce point de la vie au-delà duquel on ne peut plus aller en gardant l’intention de revenir
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Atarah   11 janvier 2017
La noix d'or de Cristina Campo
Le miracle de Borges conteur tient à une sorte de "langage innombrable" dans lequel la figure la plus éclatante peut s'épancher sans trêve en mille autres, se complexifier infiniment dans le temps et dans l'espace, parcourir et animer toute une gamme de correspondances, de métaphores, d'analogies, et sur ce clavier dont on n'aperçoit pas les limites, le style fait qu'à chaque fois la plus pure abstraction se transforme en un tracé aussi somptueux et tangible qu'un tapis ou un portulan. "Décrire avec une extrême précision physique des choses physiquement impossibles, a écrit Hofmannsthal, telle est la véritable création par les moyens du verbe." [...]

Dans le bloc aveugle, massif et mutilé du siècle, Borges, d'une main légère, d'un geste vertigineux, pratique une ouverture: il nous laisse entrevoir encore une fois le monde infini qui se tient derrière le vrai et sans lequel le monde vrai deviendra bientôt un monde spectral. Son geste est semblable à celui de la magicienne persane qui jetait des grains d'encens sur la braise et "ouvrait de ses deux mains une porte dans la fumée"-c'est par cette porte que les prisonniers passaient dans les jardins et les bois qu'ils croyaient avoir oubliés.
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Atarah   09 janvier 2017
La noix d'or de Cristina Campo
S’il est une scène où l’identification évidente de l’auteur avec le personnage parvient à nous montrer la tragédie entière comme une pure méditation – tribut secret ou secrète apologie –, c’est dans les lamentations de Richard déchu. On touche là le signe même de l’infortune qui ne saurait être saisi par la pure imagination ; cette infortune « qui n’a pas grand-chose en commun avec le malheur » et qui seule révèle à l’homme la monotonie de l’horreur, l’immobilité, dans l’horreur, de toutes les pertes humaines. Ainsi Richard sent, dans sa prison, sa propre personne se transformer en temps :



Comme la douce musique est aigre, quand le temps est brisé…

Maintenant le temps a fait de moi l’horloge qui le mesure

Et toutes mes pensées sont des minutes.



De même il imagine que ses larmes, en tombant, arrivent à elles seules à creuser sa tombe :



Nous ferons mauvais temps avec nos larmes méprisées…

En tombant de façon monotone au même endroit

Elles creuseront pour nous deux tombes dans la terre ;

Et quand nous serons déposés là : « Ci-gisent

Deux chevaliers qui creusèrent leur tombe avec leurs yeux. »



De même il sent couler de son visage le sang de vingt mille soldats :



« Courage, mon suzerain, pourquoi Votre Grâce est-elle si pâle ?

– Il y a un instant le sang de vingt mille hommes

Triomphait sur ma face, et ils se sont enfuis ;

Et tant que tout ce sang ne me reviendra pas,

N’ai-je pas lieu d’avoir l’air pâle comme un mort ? »



Non moins et peut-être mieux que les Sonnets eux-mêmes, la chute de Richard II témoigne de la noche oscura de Shakespeare – de ce passage forcé de l’existence humaine par la violence morale dont ne peut sortir, mort ou vif, que l’homme nouveau.
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Atarah   09 janvier 2017
La noix d'or de Cristina Campo
Durant les soirées d'été passées au jardin, le silence prenait sa valeur réelle qui est celle d'accumuler des puissances; et quand mon oncle, souvent très fatigué par les nombreuses interventions chirurgicales qu'il avait pratiquées, tombait dans une légère rêverie que personne n'osait troubler, et que sa belle main, dont l’auriculaire était orné d'un serpent d'or aux yeux d'émeraude, se posait distraitement sur le vase de baccarat et laissait courir son doigt sur le bord, faisant naître un son subtil, pareil au gémissement d'un esprit prisonnier, la chère atmosphère de la maison se transformait en une sorte d'antre où un magicien, le Mage du Latemar, levant sa lanterne vers les pâles visages de ses otages, était sur le point de prononcer un verdict de vie ou de mort- ce que, au fond, mon oncle faisait plusieurs fois par jour-, mais moi seule percevais, dans ces silences exténués par le gémissement du cristal et ciselés par les reflets de la bague serpentine, d'impénétrables implications. Sur la table, les lueurs d'autres bagues faisaient répons: les quatre perles qui formaient sur l'annulaire de ma mère une sorte d'abeille lunaire, la tresse d'or de celle de mon père, qui brillait dans les longs crépuscules quand son crayon courait en silence sur les grandes pages des parutions, couvertes de signes noirs d'une autre langue, encore plus silencieuse, encore plus impénétrable.
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Atarah   09 janvier 2017
La noix d'or de Cristina Campo
Ma mère prononçait les paroles rituelles, douces et terrifiantes: "Ici c'est ta grand-mère; ici ton grand-père: prie pour eux...", et moi je lisais, sous le nom de celle que j'avais vu si désarmée sur sa photographie- en cet instant où les tentures tempétueuses semblaient prêtes à laisser entrer le monstrueux amour, à laisser pénétrer jusqu'à elle le Principe-; je lisais sous le nom qui était aussi le mien, Maria Angelica, deux mots: suavis anima, et à côté, sous le nom qui était aussi le mien, Marcello, anima fortis. Prie pour eux, répétait ma mère avec le regard de qui doit, par la seule force de son cœur, libérer le couple prisonnier, l'héroïque amour ensorcelé. Et avec ces paroles abstraites et révérencielles, le grand rideau de velours de la piété filiale se refermait enfin sur moi, et un nuage de larmes voilait mes yeux. Le conte de fées était là, terrible et rayonnant, pour un instant résolu et insoluble; le viatique éternel, qui revient toujours dans les rêves, pour le pèlerinage: la noix d'or qu'il faut garder dans la bouche et écraser entre les dents au moment du danger suprême.
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enkidu_   24 juin 2018
Les impardonnables de Cristina Campo
Mais c’est vrai, plus que la mort

ils craignent la beauté,

plus redoutable pour eux que la mort.



William Carlos Williams



Perfection, beauté. Qu’est-ce à dire ? Parmi les définitions, il en est une possible. C'est un caractère aristocratique. Mieux encore, c'est la suprême aristocratie. De la nature, de l'espèce, de l'idée. Même au sein de la nature, elle est culture. La démarche souple et altière d'une jeune Africaine de la Côte-de-l'Or est l'œuvre de siècles de nage, de jarres d’argiles portées d'aplomb sur le crâne, de danses et de chants plus difficiles que le grégorien le plus pur. Si un seul des trois éléments faisait défaut : piété, libre jeu, arts féminins, la perfection ne langerait pas de son voile chaste et impérieux le corps de la jeune fille. A travers les millénaires, en quelque sorte, l'arbre du paradis exprima l'oiseau-lyre; à force de se joindre en prière, les mains devinrent un jour des arcs gothiques.



Aujourd'hui, tout cela est offensé, renié, détruit. Introuvable et néanmoins présent, comme sous un ongle une épine empoisonnée. Ainsi l’homme a-t-il dû convertir la perfection en objet d'horreur sacrée. Que tout souvenir du temps céleste soit maintenant banni, enterré à jamais dans le jardin du potier. Et surtout, qu’il soit proscrit. Car l'on sait que la perfection est d'abord cette chose perdue, endurance et sereine immobilité. L'homme qui médite, la femme sur le seuil, le moine agenouillé, le silence prolongé du roi. Ou l'animal aux aguets, la besogne habile d'une bête. Ce poids aérien et terrible – silence, attente, durée – l'homme l’a exclu de son être. Et voici qu’il vit désormais une terreur paranoïde face à ce qui est « sentiment et précision, humilité, concentration, élégance. » Comment exiger, d’autre part, le courage du cri déchirant : « Beauté, éloigne-toi de moi, je te crains, ton souvenir me lacère, va et sois maudite » ? Comme le cri d’Eve chassée de l’Éden, tout cela réclame des voiles, l’obscurité d’une sylve. Et voici les attentats indirects contre les servantes de l’irretrouvable : grâce, légèreté, ironie, sens subtils, regard ferme et pointilleux. Ou, pour user intellectuellement de termes théologiques : clarté, finesse, agilité, impassibilité. (pp. 100-101)
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