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Citations de David Peace (115)


Au cercle de la presse, on noyait notre chagrin.
Georges disait :
- Le problème, avec les courses, c’est que c’est comme le sexe : des préliminaires formidables, mais c’est terminé en deux minutes trente-six secondes et quarante-quatre dixièmes.
- Parle pour toi, dit Gaz.
- Sauf si on est français, fit Steph avec un clin d’œil.


Je précise que Steph est le diminutif de Stéphanie dans le roman, une anglaise qui a dû avoir une expérience heureuse avec la gent masculine française ! C'est une interprétation parmi d'autres...
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Yeux noirs, yeux noirs qui refusent de s'ouvrir.
Peau indienne peinte, rouge, blanche et bleue d'éraflures, de pus et d'hématomes.
Yeux noirs, yeux noirs révulsés dans la mort.
Peau indienne peinte, meurtre, meurtre dans la solitude.
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L’avenir, comme le passé, est écrit. On ne peut le changer, mais il peut contribuer à guérir les plaies du présent.
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- Il y a un chat mort en haut dans la baignoire, dis-je en montant en voiture.
- On sait, fit le plus jeune avec un rire étouffé. C'est nous qu'on l'a tué, putain.

Sept, huit, neuf, dix, les enfants sages vont au paradis.
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Je traînai ma carcasse éprouvée de Dickens à la commode, sur la moquette usée jusqu'à la corde, m'arrêtai devant le miroir et les os solitaires qui emplissaient le costume miteux dans lequel je dormais, dans lequel je rêvais, dans lequel je cachais ma peau.
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Je posai un genou au bord du siège, la portière toujours ouverte.
Elle remonta la robe noire, tendit les mains vers moi.
Puis je la sautai sur la banquette arrière, déchargeai sur son ventre, essuyai le foutre déposé sur l’intérieur de sa robe avec ma manche et la serrai, la serrai dans mes bras tandis qu’elle pleurait, là, sur la banquette arrière de ma voiture, son collant et sa culotte suspendus à une cheville, là, sur le terrain de jeu, sous la lune du Jubilé, alors que les feux d’artifice et les feux de joie éclairaient le ciel brun et, tandis qu’un autre feu d’artifice silencieux tombait en tournoyant jusqu’à la Terre, elle demanda :
- Qu’est-ce que ça veut dire, Jubilé ?
- C’est juif. Tous les cinquante ans, il y avait une année de réhabilitation, une période d’absolution et de pardon des péchés, la fin de la pénitence, donc c’était une période de fête.
- De jubilation ?
- Ouais.
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- Vous savez, Bismarck a dit qu'un journaliste est un homme qui a raté sa vocation. Vous auriez peut-être dû être flic, Dunston.
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Dehors, deux jeunes filles sont assises sur ce qui reste d’un banc. Elles boivent du cidre et du sirop pour la toux. Un chien aboie au passage d’un enfant effrayé dans une poussette, une bouteille de vin vide roule sur le béton. Les filles ont de courtes queues de rat teintes, de grosses jambes marbrées, des vêtements bleu turquoise et des bottes pointues en daim.
Le chien renonce à terrifier le bébé qui hurle, il se tourne vers toi et gronde.
Une des filles dit :
-T’as envie de tirer un coup, gros lard ? C’est dix livres.
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Yorkshire, putain de Yorkshire…
Yorkshire primitif, Yorkshire médiéval, Yorkshire industriel…
Trois âges, trois âges de ténèbres…
Âges des ténèbres locaux…
Décrépitude locale, décrépitude industrielle…
Meurtre local, meurtre industriel…
Enfer local, enfer industriel…
Enfers morts, âges morts…
Marécages morts, usines mortes…
Villes mortes…
Les corbeaux, la pluie, et leur Éventreur…
L’Éventreur du Yorkshire…
Ce putain d’Éventreur du Yorkshire.
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Qu'ils aillent se faire foutre...
Eux et la musique déprimante ainsi que les jingles irritants de la radio, la pluie incessante et le vent tiède, les clébards qui aboient toute la nuit et chient toute la journée, les plats mal cuits et le thé tiède, les boutiques pleines d'objets dont tu ne veux pas à des conditions que tu ne peux pas te permettre, les maisons qui sont des prisons et les prisons qui sont des maisons, l'odeur de la peinture qui masque l'odeur de la peur, les trains qui n'arrivent jamais à l'heure dans des endroits qui se ressemblent tous, les bus que tu n'oses pas prendre et ta voiture qu'on abîme toujours, les déchets qui tournoient, poussés par le vent, dans les rues, les films dans le noir et les promenades dans le parc pour tripoter ou baiser, un doigt ou une queue, le goût de la bière qui émousse celui de la peur, la télévision et le gouvernement, Sue Lawley et Maggie Thatcher, les Argies et les Falklands, UDA et LUFC bombés sur les murs de ta mère, la swastika et la corde au-dessus de sa porte, la merde dans sa boîte aux lettres et la brique à travers sa fenêtre, les coups de téléphone anonymes et les coups de téléphone orduriers, la respiration haletante et la tonalité, les sarcasmes des enfants et les injures de leurs parents, les yeux plein de larmes qui ne brûlent pas à cause du froid mais à cause de la frustration, les mensonges qu'ils disent et la souffrance qu'ils apportent, la solitude et la laideur, la stupidité et la brutalité, l'indifférence perpétuelle et fondamentale de tout le monde, à toutes les minutes, à toutes les heures, tous les jours, tous les mois, toutes les années de toutes les vies.
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J’ai le doigt sur la détente de l’arme que je tiens dans la main. Je ferme les yeux…
Je vois mon étoile, mon ange…
Mon ange ensanglanté, silencieux…
En enfer.
J’ouvre les yeux…
Nous sommes tous…
Disque du jukebox rayé…
En enfer…
— Tuez-les ! crie Bill. Tuez-les tous !
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J'avais les joues pleines de larmes, et pas à cause de la douleur.
Dans quel monde nous vivons.
On massacrait des enfants et tout le monde s'en doutait. Vive le roi Hérode.
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Je ne veux pas me souvenir. Je ne veux pas me souvenir
"Elles n'ont pas voulu regarder mon visage. Elles ont dit que Noma était mort...."
Mais, dans la pénombre, je ne peux pas oublier....
"Elles n'ont pas voulu regarder mes pieds...."
Ils nous punissent tous....
"Elles ont dit que j'étais un fantôme...."
Nous avertissent tous....
Personne n'est qui il paraît être.
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Et Bill dit, Tu n'as droit à rien quand tu finis deuxième, mon gars. Parce que, si tu es deuxième, tu n'es rien. Tu n'es nulle part -
Premier, c'est premier. Deuxième, c'est nulle part.
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Barry fixa le sol, se passa la main dans les cheveux et dit :
- Si un homme t'aborde dans la rue et te demande une adresse, il est perdu ou il t'interroge ?
Je souris.
- Big Brother.
- Il te regarde.
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Nishi fait le bon singe pendant le retour à Tokyo, alors que les champs se muent en ruines, que les ruines se muent en bidonvilles, que les bidonvilles se muent en immeubles et, assis, je le regarde en regrettant de ne pas avoir eu l'intelligence et le courage de rentrer à pied, de retourner à Tokyo pieds nus parmi les champs et parmi les ruines, en regrettant d'être assis là, à l'arrière de la jeep des Vainqueurs, à écouter Nishi confondre les l et les r pendant que les Vainqueurs rient, lui lancent des cigarettes et des chewing-gums, tandis qu'un sourire enfantin éclaire son visage reconnaissant, puis, quand nous descendons devant le quartier général, nous nous inclinons aussi bas que possible et les remercions mille fois, après qu'ils sont partis en riant et en blaguant, en lançant leurs cigarettes et leurs chewing-gums, même si je sais que, ce soir, ça les brûlera et ça les démangera, qu'ils pleureront et qu'ils se gratteront, ce n'est pas une consolation et je pivote sur moi-même puis gifle violemment Nishi, si violemment qu'il tombe sur la chaussée et ne se relève pas...
Parce que Nishi n'a pas de courage. Pas de courage.
Parce que Nishi est lâche...
Lâche. Lâche...
Exactement comme moi.
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Les samedis ont toujours été les plus beaux jours de ma vie, chuchote Ian St John. Mais samedi dernier, ç'a été le pire jour de ma vie. Et je n'ai jamais été aussi heureux que depuis que je suis à Liverpool, avec vous. Mais cette période-là, elle est finie, n'est-ce pas ? C'est fini, maintenant.

Bill regarde de nouveau l'horloge murale. Bill consulte de nouveau la montre à son poignet, Bill secoue la tête. Et Bill répond, Non, mon gars. Non. Pas encore. Mais c'est ce qui nous arrive à tous, mon gars. Et c'est pour ça qu'il faut s'y préparer. Il faut que tu sois prêt,mon gars. Parce que c'est toi qui dois décider de quelle façon tu vas le prendre. Est-ce que ce sera avec élégance et dignité ? Ou bien avec colère et amertume ? Mais il n'y a que toi qui puisses faire ce choix -
Il n'y a que toi qui puisses le savoir, mon gars.
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Extrait (page 68)
"aboiements, chez les voisins, par dessus la cinquieme.
Putains de chiens.
Je versai le reste du scotch dans le verre et me
souvins de l'époque où j'avais effectivement voulu
devenir flic, mais avais eu une telle chiasse que je
n'avais même pas essayé.
Putains de poulets.
Je bu la moitié du verre et me souvins de tous les
romans que j'avais voulu écrire, et que j'avais eu
une telle chiasse que je n'avais même pas essayé.
Putain de rat de bibliothèque.
Je ramassai un poil de chat sur mon pantalon, un
pantalon que mon père avait fait, un pantalon qui
nous enterrerait tous.
Putain de chats."
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Tout le monde parle du contre-amiral qui a tué son épouse, son fils de onze ans et sa fille de neuf ans, puis s'est suicidé en laissant ce message : Disposez de nos corps comme vous le feriez pour des chiens...
Tout le monde parle des cendres de millions de Victimes de guerre qui n'ont pas été réclamées, des quatre millions de civils et de soldats rapatriés, beaucoup avec les os et les cendres de leurs camarades et des membres de leur famille dans de petites boîtes blanches qu'ils portaient au cou, du million qui n'est pas rentré... Vivre des existences de joyaux brisés, pas d'argile ordinaire... Tout le monde parle de la pisse et de la merde des rivières, du choléra et du typhus, des catastrophes ferroviaires et des manifestations syndicales, des appels à la grève sur les flancs des trains... Je n'ai pas l'impression d'être libre. Je n'ai pas l'impression d'avoir des droits...
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- Clare Strachan a été pénétrée, sodomisée deux fois, dont une après sa mort, frappée à la tête avec un objet contondant, mais pas mortellement, étranglée, mais pas mortellement, et, ensuite, elle a finalement été tuée, tuée parce qu’elle a eu un poumon perforé, du fait que quelqu’un a sauté à pieds joints, à plusieurs reprises, sur sa poitrine, si bien qu’une côte a cassé, s’est enfoncée dans le poumon, qui s’est rempli de sang et qu’elle a donc étouffé, s’est noyée.

Nous restâmes une nouvelle fois immobiles, chacun dans son silence, nos petits silences désespérés, ongles glissant sur une vitre, visages tournés vers la fenêtre, envie de sortir, sortir, sortir.
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