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Note moyenne 3.63 /5 (sur 30 notes)

Nationalité : États-Unis
Né(e) à : Red Bank,New Jersey , le 14/09/1954
Mort(e) à : New York , le 22/07/1992
Biographie :

David Wojnarowicz était un peintre, photographe, écrivain, réalisateur de films, performeur et activiste homosexuel qui fut éminent dans le monde artistique de la ville de New York des années 1980.

Enfant battu et maltraité, David Wojnarowicz s’enfuit à New York, découvre son homosexualité, vit dans la rue, subsiste grâce à la prostitution occasionnelle. Il traverse les États-Unis en auto-stop.

De 1970 à 1973, il suit les cours de la haute école des arts de la performance à New York. Pendant les années 80, il appartient au mouvement artistique de l’East Village et évolue dans le milieu alternatif new-yorkais (Nan Goldin, Richard Kern, Lydia Lunch, Kathy Acker...).

De la fin des années 1970 jusque dans les années 1980, il réalise des films en super 8 tels que Heroin, commence la série photographique "Arthur Rimbaud", effectue un travail de pochoirs, joue dans le groupe appelé 3 Teens Kill 4, et expose dans les galeries fameuses de l'East Village.

En 1985, il est inclus dans le "so-called Graffiti Show" de la Biennale du Whitney Museum of American Art. Dans les années 1990, il se bat et mène un procès contre Donald Wildmon et "the American Family Association". Homosexuel militant, farouchement critique de la société américaine, il meurt du sida en 1992.

Ses papiers personnels appartiennent à la "Downtown Collection" tenue par la librairie "the Fales" à l'Université de New York.
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Source : Wikipedia
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1ère rétrospective.


Citations et extraits (9) Ajouter une citation
Vadaeme   28 avril 2013
Au bord du gouffre de David Wojnarowicz
Je suis un noeud de contradictions qui change constamment. Tant mieux puisqu'en me contredisant je brise les chaines mentales/physiques qui m'asservissent au code linguistique. Je fais abstraction de la maladie dont je souffre tout comme vous faites abstraction de la mort. Parfois j'oublie la maladie pendant des heures entières. J'en profite pour abattre du travail, et le travail me fait vivre, ou tout du moins me donne une raison de vivre pour un certain laps de temps. Je fais abstraction de la maladie mais elle revient régulièrement à la charge et me fout sur le cul.
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lilianelafond   31 mars 2020
Au bord du gouffre de David Wojnarowicz
D’abord il y a le Monde. Et il y a l’Autre Monde. C’est dans l’Autre Monde qu’il m’arrive de perdre pied. Dans ses changements de calendriers, dans son existence préfabriquée. Ses dédales tortueux dont je me lasse parfois lorsque j’essaie de tenir bon, de m’adapter minute par minute : le monde des feux rouges, des interdictions de fumer, le monde de la location, des clôtures qui protègent des centaines d’hectares de nature sauvage et vierge des intrusions humaines. Cet endroit où, parce que l’on est né avec des siècles de retard, on se voit refuser l’accès à la terre ou à l’espace, la liberté de choix ou de mouvement. Le monde acheté ; le monde possédé. Le monde des bruits cryptés : le monde des mots, le monde des mensonges. Le monde vendu en kit ; le monde de la vitesse industrielle. L’Autre Monde dans lequel je me suis toujours senti étranger. Pourtant il y a le Monde où l’on peut s’adapter et repousser les limites de l’Autre Monde grâce aux clés de l’imagination. Mais là encore, l’imagination est cryptée par les informations fabriquées dans l’Autre Monde. On s’arrête devant un feu qui passe au rouge et l’on vieillit subitement de quelques siècles. Il paraît que l’Autre Monde est aux mains d’une autre espèce d’hommes. Il faut avoir du recul et prendre le temps pour découvrir l’Autre Monde. Seul ce décalage permet de le mettre à nu pour la première fois car il s’est insinué dans votre système sanguin comme un amant invisible. Petit à petit il épouse la forme de vos cellules et vole leur énergie, il se tapit à l’intérieur du corps jusqu’à ce qu’il en devienne le prolongement. Voyager et découvrir des cultures primitives nous ouvre les yeux sur l’Autre Monde ; on comprend qu’en inventant le mot « nature » nous avons divorcé avec le sol sur lequel nous marchons. Quand j’étais petit je comprenais tout cela intuitivement, de la même façon que l’on ressent une sourde peur sans pouvoir l’identifier ou la différencier d’une table ou d’une tasse ou des cieux qui roulent derrière les fenêtres.

Depuis l’adolescence, j’ai l’impression de m’observer comme si je me trouvais à des kilomètres au-dessus de la terre, dans les nuages. De là-haut j’aperçois ma minuscule forme humaine, assise ou se mouvant dans la mécanique de la civilisation – parmi les tic-tac de la monstrueuse machine – et elle m’a tout l’air de tourner en roue libre. Seuls quelques-uns en ont le contrôle : ceux qui confectionnent les rouages et les ressorts de l’engin préfabriqué et ceux qui se jettent d’un pont ou du sommet d’un gratte-ciel. Depuis l’apparition du sida et la mort de mes amis et voisins, j’ai la sensation persistante d’avoir une vue plongeante sur les rues et le quadrillage des blocs, mais maintenant au lieu de me concentrer uniquement sur ma silhouette perdue dans l’Autre Monde je vois tout et tout le monde. Comme si je collais l’œil contre une petite fissure dans les ténèbres de la terre d’où sortiraient des processions de fourmis – tout cela me semble désormais insensé et pas seulement mortifère.
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Vadaeme   28 avril 2013
Au bord du gouffre de David Wojnarowicz
Depuis l'adolescence, j'ai l'impression de m'observer comme si je me trouvais à des kilomètres au-dessus de la terre, dans les nuages. De là-haut j'aperçois ma minuscule forme humaine, assise ou se mouvant dans la mécanique de la civilisation - parmi les tic-tac de la monstrueuse machine - et elle m'a tout l'air de tourner en roue libre.
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Alinee   11 janvier 2013
Chroniques des quais de David Wojnarowicz
A l'époque je tombais facilement amoureux: les mouvements d'un bras, la ligne pure d'une veine sur le cou, la courbure de la mâchoire sous une faible lumière, les contours d'un corps sous les vêtements, la lumière claire des yeux lorsque les visages se touchent presque.
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Alinee   11 janvier 2013
Chroniques des quais de David Wojnarowicz
[L'amour]. Ce n'est pas seulement la pulsion de s'insinuer sous la peau de quelqu'un et de se fondre dans les rivières de son sang; c'est désirer quitter la surface de la planète, nos corps roulant l'un contre l'autre dans les cieux frais et spacieux.
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Alinee   11 janvier 2013
Chroniques des quais de David Wojnarowicz
On s'est assis sur une poutre, l'eau qui courait sous nos pieds nous donnant l'impression de nous déplacer à toute vitesse dans un monde qui mourait en silence.
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Alinee   11 janvier 2013
Chroniques des quais de David Wojnarowicz
Je veux dire y a tellement de choses à faire ne serait-ce qu'aux Etats-Unis que ça me donne le tournis de penser à tout ce que je loupe en restant assise ici.
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Alinee   11 janvier 2013
Chroniques des quais de David Wojnarowicz
J'en ai tellement marre de me sentir las et étranger, même mes rêves me semblent idiots. Ils appartiennent à un autre monde, un autre siècle, peut-être à un autre sexe qui correspond à toutes ces saloperies et à leurs codes. Je ne sais pas.
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Alinee   11 janvier 2013
Chroniques des quais de David Wojnarowicz
Mes yeux ont toujours fait la publicité d'une mort précoce.
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