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Note moyenne 4.14 /5 (sur 33 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Paris , le 21/05/65
Biographie :

Agé de 45 ans, Denis Lereffait est un ancien commercial qui écrit depuis l'âge de 12 ans sans jamais avoir tenté de se faire lire ou éditer par des professionnels.


Source : éditeur
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
cocomilady   25 octobre 2018
Ezéchiel Stan, tome 1 : La traque de Denis Lereffait
"CHAPITRE 1

Avec la tombée de la nuit, le sable brûlant recouvrant cette zone désertique refroidissait lentement sous les semelles épaisses de leurs bottes. Ezéchiel Stan fit signe à ses quatre compagnons de ralentir le pas puis sortit une boussole de sa poche extérieure, qu’il orienta sur la carte d’état-major qu’il conservait en permanence à portée de main. Quelques secondes lui suffirent pour confirmer au quatuor qu’ils avançaient dans la bonne direction. Une centaine de mètres plus tard, le sable devint plus mou, à chaque foulée. Ils s’enfoncèrent davantage de quelques centimètres jusqu’à ce que les pierres limitent leur enlisement. Malgré l’obscurité naissante, le dénivelé de la dune se dessinait comme une montée abrupte. Un obstacle aussi mineur ne les aurait pas ralentis en temps normal, mais voilà, ils marchaient sur ce terrain difficile depuis près d’une heure.



Chacun dans son coin maudissait cet exercice, mais faisait l’économie de salive en le gardant pour soi. Les Jeeps abandonnées plus tôt sur le parking d’un motel de la ville de Boulder City leur manquaient cruellement. Malheureusement, impossible de passer totalement inaperçu au volant de tels engins quand la discrétion s’imposait.



Les cinq hommes vêtus d’une tenue de camouflage adaptée à cet environnement aride n’étaient pas des néophytes, tant s’en faut. Que ce soit dans ce désert du Nevada ou dans la forêt amazonienne, ils ne reculaient devant aucun sacrifice, aucun effort, pour assouvir leur passion. À la différence de leurs précédentes pérégrinations, venait s’ajouter cette fois le danger de se faire surprendre par une patrouille de la police militaire.



Tous les cinq connaissaient les risques. On ne franchissait pas impunément les limites d’une zone militaire stratégique où se trouvaient enfouis des silos d’armes tactiques. Même si leurs intentions se situaient à des kilomètres de ces armes, ils tomberaient sous le coup de la loi. Après avoir sectionné des barbelés et des grillages, ils ne pourraient pas non plus invoquer s’être simplement égarés en chemin. Non, certainement pas dans cette tenue… Un tribunal militaire se moquerait bien d’entendre leurs justifications, que leur importerait qu’ils ne soient que des chasseurs de météorites. La guerre froide appartenait au passé, pas l’espionnage. Pour autant, les regains de tension entre bloc de l’Est et bloc de l’Ouest les indifféraient, seule la recherche scientifique possédait de la valeur à leurs yeux. Bien que ce quintet ne comprenait aucun diplômé d’une faculté des sciences, ils revendiquaient un savoir acquis dans les livres et sur internet. Surtout, au-delà de ça, ils nourrissaient une motivation propre à les conduire à prendre tous les risques. Comme ce soir…



Pour des raisons inconnues, les météorites prenaient souvent un malin plaisir à venir s’écraser loin de tout, et de préférence sur des terrains difficiles d’accès. Quand ce n’était pas dans les océans… Au moins pensaient-ils, ça valorisait leurs efforts et limitait la concurrence. En fonction de la composition de ces roches venues de l’espace, d’aucuns tentaient après analyse, de déterminer de quelle partie de l’espace elles provenaient. Ils laissaient bien volontiers cette géolocalisation à ceux que ça passionnait, leur quête du Graal n’était pas de cette nature. Intimement convaincus que la vie existait sous une forme ou sous une autre loin de ce monde, ils en cherchaient la fossilisation sur des roches cosmiques. Leur théorie pouvait prêter à sourire, mais la suffisance des hommes qui s’imaginaient être la seule merveille de l’univers les faisait doucement rigoler.



Les dinosaures avaient vécu dans un lointain passé sur terre puis disparurent en imprimant leurs traces fossilisées sur des morceaux de roche. Si demain la Terre devait exploser, des millions de tonnes de roche seraient précipitées dans l’espace et s’échoueraient un jour ou l’autre sur une autre planète sous forme de météorites. Ce qu’ils imaginaient possible dans un sens devait l’être également dans l’autre. Cette quête valait bien des risques, y compris ceux qu’ils prenaient ce soir.



La fraîcheur tombait rapidement. À mesure qu’ils prenaient de l’altitude ils sentirent le vent se lever. Une petite brise qui ne manqua pas de leur faire accélérer le pas. Si le vent forcissait, les météorites de petites tailles seraient vite ensevelies, ce qu’ils refusaient catégoriquement d’envisager. Leurs récentes observations les faisaient rêver à une moisson exceptionnelle, ils comptaient bien en profiter.



Quand les phares d’un véhicule militaire effectuant une ronde balayèrent la zone sur laquelle ils progressaient, tous se couchèrent sur le sol comme un seul homme. Se faire prendre si près du but ne pouvait s’envisager. Ezéchiel Stan profita de la vue dégagée proposée par ce plateau pour s’orienter de nouveau. L’un de ses compagnons se rapprocha de lui silencieusement.



— Dans combien de temps nous serons sur zone ?



— Quinze minutes devraient suffire, lui répondit-il en disposant sur son visage des lunettes à vision nocturne.



Tous l’imitèrent. Leurs yeux s’habituèrent vite à cette nouvelle luminosité verdâtre qui leur permettait à présent de distinguer les détails du terrain que la nuit leur masquait jusqu’à maintenant. Le soleil disparu sous l’horizon, la faune reprenait de la vigueur, de nombreuses espèces engageraient une lutte pour la survie qui ne s’achèverait qu’au petit matin. Le véhicule militaire ne ralentit pas et disparut dans le lointain après avoir contourné deux pics rocheux. La prochaine ronde n’aurait pas lieu avant deux bonnes heures, soit largement le temps de mener à bien leur opération et disparaître.



Toute montée possédant une descente, ils dévalèrent prudemment le versant opposé pour prendre pied dans le canyon. Au moins voyaient-ils maintenant où ils posaient leurs rangers. Ils redoublèrent d’attention, les cailloux roulaient facilement sous les talons, la roche friable représentait des pièges qu’il ne fallait pas sous-estimer. Enfin, selon leurs observations, ils arrivèrent sur la zone de leurs recherches.



Depuis deux années, l’organisation de ces chasses reposait sur les épaules d’Ezéchiel Stan sans que jamais il ne les déçoive. Aucune trace de fossile n’était encore venue couronner de succès leur entreprise mais leur motivation restait intacte. Un jour, ils en étaient certains, leur obstination serait payée en retour. Les noms de Paul Smith, John Walker, Richard Smiley, Georges Stolen brilleraient au firmament de l’humanité. Les uns et les autres s’imaginaient déjà promus à quelques mérites universels, recevant en grande pompe le prix Nobel de science. Ezéchiel Stan ne poursuivait pas le même but, lui travaillait pour l’argent et ses quatre compagnons fortunés n’en manquaient pas.



Ancien militaire, il ne manquait pas de relations pour obtenir le matériel de pointe nécessaire pour ce genre d’opération. Ils avaient fait sa connaissance sur Internet alors qu’il proposait ses services sur différents réseaux sociaux possédant cette thématique. Quelques conversations nourries sur la toile, puis dans un second temps par téléphone avaient achevé de les convaincre qu’il serait leur logisticien. Depuis, ils ne regrettaient pas ce choix. Toujours l’homme de la situation, l’organisation de ces voyages, souvent décidés à la dernière minute en fonction des pluies de météorites, ne l’avait jamais pris en défaut. Cette fois encore, confiant malgré la proximité des installations militaires sensibles, ils se déchargeaient sur lui de toutes les contraintes périphériques à leurs passions.



Il faudrait faire vite, leur zone de recherche ne pouvait excéder un kilomètre carré sous peine de trop se disperser. Le vent faiblit. Les yeux brillants d’excitation, le quatuor assembla rapidement leurs détecteurs de métaux miniatures. Le fer, le silicate ou le nickel constituant souvent les éléments de base des météorites, et dès les premiers crépitements de leurs appareils, ils sauraient qu’ils sont au bon endroit. Ensuite le facteur chance leur sourirait ou pas. Seul 0,2 % des météorites étaient d’origines extrasolaires, et seules celles-là pouvaient les conduire à la gloire. Un pourcentage assez faible, mais quand on savait que la Terre s’alourdissait chaque jour de cent tonnes de météorites inférieures à un mètre, la probabilité d’en découvrir croissait considérablement. Ils ramasseraient tout ce qui susciterait leur attention, achondrites, ureilites, winonaïtes et autres lodranites feraient rapidement un séjour sous leur spectromètre de masse à ionisation secondaire ou sous le spectromètre de masse à plasma en fonction de leur composition. Avec un peu de chance des howardites et des diogénites en provenance de l’astéroïde Vesta viendraient enrichir leur musée personnel, tout comme les shergottites et nakhlites, plus rares, en provenance de Mars. Chaque expédition venait apporter son obole à leur collection privée que beaucoup leur envieraient, pourtant les extrasolaires se refusaient toujours à eux.



Les pierres météorites se livrèrent assez rapidement. L’activité de leurs détecteurs ne laissait place à aucune interprétation, la moisson de cette nuit serait généreuse. Comme à leur habitude, ils se partagèrent la zone à couvrir à parts égales puis s’activèrent. Ezéchiel Stan, les yeux rivés sur les lentilles de sa paire de jumelles, balayait les environs pour prévenir tout danger. Ils savaient que leur chasse pouvait s’interrompre à n’importe quel moment, aussi ils s’activaient de leur mieux dans un silence total.



À mesure que leurs sacoches se remplissaient, ils s’éloignaient de leur point de convergence initial. Pourtant tous ne bénéficiaient pas de la même chance. À mesure de leur progression respective, trois des quatre chasseurs de météorites virent leur filon se tarir en s’amenuisant progressivement, inexorablement. Pour le dernier larron de ce quatuor, Paul Smith, il en allait bien autrement. À mesure de ses découvertes de ro
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Lectrice-Lambda   08 juillet 2014
Les dignitaires, tome 1 : La cabane aux orties de Denis Lereffait
" Le capitaine Croix d'Aubois consigna cette information dans un cahier puis continua.



- Revenons à Saturnin Desbottes. Depuis combien de temps s'occupait-il de la comptabilité du domaine ?



- Je ne me suis jamais posé la question. Je suppose depuis l'achat du domaine.



- Vous n'êtes pas très curieuse...



- Je laisse ce méchant trait de caractère à ceux qui ont le plaisir de cultiver l'art de la suspicion. Je n'aime pas regarder par le petit trou de la serrure ni écouter derrière les portes. Peut-être me trouverez-vous candide, mais espionner mes parents ne me semblait pas un jeu fort passionnant. Et vous, enfant, étiez-vous sage ou déjà soupçonneux ?



- Pardonnez-moi, je n'ai pas à porter de jugement sur votre façon de vivre.



Virginie de la Sablière savoura sa petite victoire. Voir ce capitaine faire machine arrière ne lui déplaisait vraiment pas. Elle tenta de pousser son relatif avantage jusqu'à poser une question.



- N'y voyez surtout aucune dérobade, mais je m'inquiète au sujet de Saturnin Desbottes. Votre lieutenant ne m'a rien dit...



- Son devoir de réserve. J'ai de bien mauvaises nouvelles à vous apprendre au sujet de votre notaire. Le lieutenant Capus l'a retrouvé mort à son domicile. Ses assassins ont essayé de nous fourvoyer en déclenchant un début d'incendie mais nous sommes arrivés à temps pour le circonscrire. Sans votre présence d'esprit, je dois admettre que bien des preuves nous auraient échappé. Son meurtre serait devenu un simple accident domestique et la disparition des livres de comptes de votre père, une simple conséquence du feu. Je suppose que nous avons affaire à la même bande que celle venue chez vous cette nuit.



Virginie de la Sablière accueillit la nouvelle sans broncher. Après les évènements nocturnes, elle redoutait le pire. Pourtant cette double agression n'expliquait pas totalement les moyens mis en oeuvre par le capitaine Croix d'Aubois. La suite du questionnaire allait lui donner matière à changer d'avis.



- Votre père vous semblait-il soucieux ces derniers temps ?



- Soucieux ? Non, mais très occupé, oui. Son voyage et surtout son audience papale l'accaparaient.



- Vous a-t-il entretenue de la nature de cette entrevue ?



- Non.



- Je vais vous poser la question autrement. Votre père entretenait-il des rapports avec le Saint Siège ou avec ses représentants légaux en France ?



Virginie de la Sablière se demanda ce que le capitaine cherchait à la faire dire. De quoi soupçonnait-il donc son père ? De toute évidence, ses investigations n'étaient pas innocentes.



- Capitaine, ne serait-il pas plus simple de me dire ce que l'Empire reproche à ma famille plutôt que de tourner autour du pot ?



- Ce que nous cherchons à comprendre est simple : pourquoi le Pape Pie VII a-t-il accepté de donner audience à votre père alors qu'il l'a refusé à nombre de dignitaires impériaux.



- Alors il ne s'agit que de jalousie...



- Non pas exactement ; en fait, nous croyons que votre père détenant un message important.



- Balivernes, mon père ne détenait aucun message, pour qui le prenez-vous à la fin ? Un anarchiste ? Un révolutionnaire provincial ? Que ne l'avez-vous pas connu de son vivant pour proférer pareilles vilenies. "
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Ewylyn   19 mai 2013
Les dignitaires, tome 1 : La cabane aux orties de Denis Lereffait
Certaines mauvaises langues disaient même que le mauvais oeil était sur la maison. Des commérages qui se répandaient comme une traînée de poudre et dont l'origine s'avérait bien discrète.
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JennDidi   08 avril 2016
Renaissance, tome 1 : Soupçon de Denis Lereffait
Une sirène retentit. Le son semblait provenir de partout à la fois. […] Pour Pénélope et Victor, ce son signifiait qu’il fallait regagner le village au plus vite. Les implants intégrés à leurs tympans ne se manifesteraient pas deux fois sans conséquences. Tout retard aurait des répercussions non négligeables, mieux valait ne pas devoir les subir. A compter de maintenant, ils disposaient de vingt minutes pour regagner le point de rassemblement, et pas une de plus.
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Ewylyn   18 mai 2013
Les dignitaires, tome 1 : La cabane aux orties de Denis Lereffait
Vraiment ? J'ai bien peur que leurs oreilles ne soient pas faites pour entendre les horreurs que certaines de mes médailles dissimulent sous un joli métal. Croyez-vous qu'il soit convenable de parler de sang, de corps mutilés, de bras arrachés après un si bon repas ? sachez que les militaires les plus endurcis n'abordent le sujet que saouls...
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Ewylyn   07 mars 2014
Les dignitaires, tome 2 : La reine noire de Denis Lereffait
Un conseil : dans la vie, nous apprenons chaque jour les uns des autres, il faut seulement savoir rester attentif.
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pika010   17 avril 2017
Renaissance, tome 2 : Révélation de Denis Lereffait
La seule chose certaine dans la vie, c'est la mort, tout le reste est de notre responsabilité.
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Ewylyn   21 mai 2013
Les dignitaires, tome 1 : La cabane aux orties de Denis Lereffait
Lieutenant Capus, penser est un privilège dont je vous dispense quand je suis à mon poste.
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Ewylyn   18 mai 2013
Les dignitaires, tome 1 : La cabane aux orties de Denis Lereffait
Ses grandes jambes lui donnaient des allures de héron cendré. Son air d'échassier prenait tout son sens de profil. Son appendice nasal hypertrophié brisé durant son enfance lors d'une bagarre accentuait encore ce trait.
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Ewylyn   19 mai 2013
Les dignitaires, tome 1 : La cabane aux orties de Denis Lereffait
Combien d'officiers impériaux se sentaient touchés quand un simple soldat tombait ? Elle n'était pas suffisamment au fait des pratiques militaires pour le savoir, mais ne pensait non plus qu'ils soient légion.
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