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Critiques de Denise Chong (5)
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La fille de la photo
  22 février 2018
La fille de la photo de Denise Chong
J'avais 26 ans lorsque assis un beau matin tôt devant une tasse de café en guise de petit déjeuner, j'ai vu pour la première fois cette photo qui allait devenir, dans mon esprit et celui de millions d'autres, l'image iconique associée à la Guerre du Vietnam. Je me souviens de ma réaction : j'ai vite détourné mes yeux comme si j'étais en train de regarder une photo indécente que la morale réprouve, bien que me trouvant seul dans la cuisine, puis j'y suis retourné en me posant une ribambelle de questions du genre mais quel est l'effet d'une bombe au napalm sur le corps humain, qui a bien pu lancer cette bombe et surtout qu'est devenu la pauvre môme victime de cette horreur et de la folie des hommes ?



Grâce à l'ouvrage de Denise Chong, je sais maintenant que la pauvre môme vietnamienne s'appelle Kim Phuc, qu'elle avait 9 ans au moment des événements tragiques qui allaient gouverner son existence et qu'aujourd'hui elle a 55 ans, habite à Toronto au Canada et qu'elle souffre toujours de ses brûlures, est atteinte de diabète, d'asthme, de migraines et de multiples allergies. Sa peau a perdu tout système de défense et ne respire plus. Sur une photo contenue dans le livre et prise de dos, en 1995, on voit ses cicatrices "qui lui gondolent la peau et s'enflamment souvent...quand le temps est capricieux". Elle s'est mariée et a cependant mis au monde 2 enfants, ce qui en dit long sur son courage !



Le bombardement au napalm par l'armée sud-vietnamienne a eu lieu dans le hameau de Trang Bang à 45 kilomètres au nord de Saigon et 25 kilomètres des fameux Tunnels de Cu Chi, qui camouflaient une véritable cité souterraine, que j'ai visitée en 1989 et dont j'ai fait un billet à partir du livre de John Penycate et Tom Mangold, le 9 avril 2017. J'ignorais, bien entendu, que je me trouvais si proche du domicile de Kim Phuc, sinon comme un bête touriste de catastrophe je n'aurais peut-être pas pu m'empêcher de me rendre un peu plus loin sur la route qui relie Saigon au Cambodge.



La photo symbole d'une guerre atroce date du 8 juin 1972 et a valu à son auteur, le photographe Nick Ut, le Prix Pulitzer et en a fait le gagnant du World Press photo de l'année. Dans ce livre j'apprends que les 2 sont devenus amis ultérieurement. Il y a la photo de leurs retrouvailles à La Havane en 1989. Il se trouve que le régime de Ho Chi Minh, constatant le "succès" de la photo de la "fille-napalm" en Occident s'en est largement servi à des fins de propagande. En compensation, Kim fut envoyée à Cuba pour y entreprendre des études de médecine, où elle a rencontré son mari, Bui Huy Toan.

Cela après 14 mois passés à l'hôpital Barsky de Saigon, où elle a subi 17 interventions chirurgicales entre autres des transplantations de la peau exécutées par le spécialiste finlandais, Aarne Rintala. Pourtant ce n'est qu'après son séjour au centre ultra réputé de Ludwigshafen en Allemagne, que Kim a récupéré sa liberté de mouvements... en 1982.



En voyage de noces pour Moscou, en 1992, Kim et Toan, firent escale à Gander, en Terre-Neuve, et en profitèrent pour demander l'asile politique au Canada, ce qui leur fut accordé évidemment.



Comme son prénom laisse deviner, Denise Chong, n'est pas née en Chine, mais à Vancouver au Canada, en 1953. En fait, une Chinoise de la 3ème génération. Et bien que doctoresse en économie à l'université de Toronto et à ce titre, en 1984 déjà, conseillère du Premier ministre du Canada, Pierre Elliot Trudeau (le père de Justin, l'actuel P.M. Canadien) , c'est en tant qu'écrivaine qu'elle s'est constituée une solide réputation dans de très nombreux pays.



Son premier ouvrage, publié lorsqu'elle avait pratiquement 40 ans, "The Concubine's Children" ou "Les enfants de la concubine", fut un succès immédiat et figura pendant 93 semaines sur la liste des best-sellers dans son pays. Bizarrement un autre livre que les éditeurs français ont boudé.

Son deuxième succès "La fille de la photo", publié 5 ans après en 1999, fut grâce à la maison d'édition Belfond, disponible en Français en 2001.



Cet ouvrage commence, le fastidieux 11 septembre 2001, à l'aéroport de Toronto, où Kim attendait nerveusement son vol pour les États-Unis, à la suite d'une invitation de la Maison-Blanche et où elle espérait pouvoir trouver de l'appui pour sa fondation en faveur des enfants victimes de guerres au Timor, en Afghanistan etc. Inutile de préciser que son vol fut annulé à cause de l'attaque terroriste des tours jumelles du World Trade Center à New York. Il ne faut guère beaucoup d'imagination pour se faire une idée ce que cet énorme feu, qu'elle voyait sur les grands écrans de l'aéroport, a dû représenter à l'ambassadrice de bonne volonté de l'UNESCO, titre qui lui fut décerné en 1997.



À ne pas confondre "La fille de la photo" avec "Eux sur la photo", la charmante oeuvre épistolaire et romantique d'Hélène Gestern, nettement moins horrible, bien sûr.



Je crains que j'en aie écrit déjà beaucoup trop, mais rassurez-vous chères lectrices et lecteurs, l'ouvrage passionnant de Denise Chong, introduit par Annick Cojean, compte 414 pages et il vous reste donc plein de choses à découvrir sur cette "héroïne-malgré-elle", Kim Phuc.

À propos, le prénom Kim signifie "doré" et Phuc "bienheureuse" !

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The Concubine's Children
  10 avril 2018
The Concubine's Children de Denise Chong
LES ENFANTS DE LA CONCUBINE



"La fille de la photo", se rapportant à l'image iconique de la Guerre du Vietnam, de cette auteure canadienne m'avait tellement plu que j'étais devenu intrigué par son autre ouvrage "Les enfants de la concubine". Bien qu'étant fort conscient de m'exposer à des noms chinois compliqués, Denise Chong étant une chinoise de la 3ème génération établie au Canada.



Non seulement les noms sont difficiles pour nous autres, Européens, l'histoire de la famille de cette auteure n'est pas non plus très simple, ni a fortiori l'histoire de la Chine elle-même. Mais l'auteure a décidé de découvrir et restaurer ce passé et c'est un plaisir pour le lecteur de la suivre dans son voyage fascinant.



Dans un bled paumé de Chine, une concubine enceinte, May-ying, consulte une liseuse de bonne aventure aveugle, persuadée qu'elle voit mieux l'avenir qu'une qui ne souffre pas de cécité. À son grand contentement, elle apprend que c'est un garçon qu'elle va mettre au monde. Elle décide que ce fils doit naître dans le pays de la Montagne d'Or, le nom chinois pour le Canada.



Quelques années passent et l'heureux père, Chan Sam, estime qu'il est grand temps de rentrer au heimat pour une visite à sa première femme. La concubine obtient son accord pour garder son fils avec elle à Vancouver pendant son absence. "Le fils prédit par la voyante... était, en fait, ma mère " nous annonce Denise Chong !



May-ying, la future grand-mère de l'assistante financière du Premier ministre canadien, Pierre Elliott Trudeau, a le double désavantage à sa naissance d'être une fille en Chine et pauvre. Sa tante lui arrange un mariage comme concubine et l'expédie, en 1924, au Canada : d'abord le long de la Rivière des Perles en sampan à Canton, ensuite en train à Hong Kong et finalement 18 jours en bateau à Vancouver et tout cela à ses 17 ans, munis de faux papiers ! Mais la petite May-ying au visage angélique (confirmé par les photos reprises dans le livre) arrive sans encombres.

L'auteure explique en passant que si, selon la tradition chinoise, c'est la famille qui choisit la femme pour leur fils, en revanche, c'est le fils qui sélectionne sa concubine.



Shan Sam était parti au Canada, lorsqu'il réalisa que son minuscule lopin de terre ne pouvait lui assurer une subsistance, laissant derrière lui une femme (choisie par ses parents) et une fille. À l'arrivée de May-ying, il avait 36 ans et avait réussi, à force d'énormément de travail, à ouvrir avec des potes un petit commerce dans la "China Town" de Vancouver. Pour sa jeune concubine, qui n'amena avec elle que quelques menus bijoux hérités de sa mère en or et jade qui devaient la protéger du mauvais sort, il avait trouvé une place dans un tea-shop situé dans le même quartier.



May-ying se montre un élément dynamique apprécié des clients et patrons et met au monde 2 filles : Ping en 1926 et, 2 ans plus tard, Nan. Au cours d'une visite en Chine, il est décidé de laisser les 2 aux bons soins de la 1ère épouse. Entretemps, la crise économique a durement frappé le quartier chinois : Shan Sam perd son emploi et ils sont obligés de déménager dans un quartier insalubre, où, manque de pot, naît la 3ème fille, Hing, en 1930.



L'experte économique et auteure n'est pas au bout de ses découvertes, ni évidemment le lecteur. Révéler davantage sur sa saga familiale serait cependant dommage. À vous de découvrir que sont devenus May-ying, Shan Sam et sa femme restée en Chine, Huangbo, et leur fils handicapé Yuen, sans oublier les 3 filles de la concubine : Ping, Nan et Hing ! Pour ne pas vous laisser complètement sur votre faim, je signale juste que la benjamine, Hing, qui a "canadisé" son prénom en Winnie, a épousé, en 1950 John Chong, le père de la future Denise Chong, née 3 ans après.



Cet ouvrage m'a souvent fait penser à l'oeuvre de Jung Chang "Les cygnes sauvages" qui retrace également une histoire de la Chine du siècle dernier à travers l'histoire de la grand-mère de l'auteure. Sur les problèmes d'immigration Chine-États-Unis, il y a le remarquable épos de Maxine Hong Kingston "Les hommes de Chine". Plus spécifiquement relatif à la Chine de Mao et sa "géniale" révolution culturelle, beaucoup d'entre vous ont sûrement lu "Balzac et la petite tailleuse chinoise" de Dai Sijie, mais il y a aussi "Vie et mort à Shanghai" de Nien Cheng, moins connu comme livre, mais que j'ai l'intention de chroniquer prochainement.

Comme Denise Chong fait référence explicite à l'horreur de l'occupation de l'ancienne capitale de Chine, Nankin, par les Japonais, je ne peux m'empêcher de mentionner l'ouvrage d'Iris Chang "Le viol de Nankin : 1937 ; un des plus grands massacres du XXe siècle ", basé sur les mémoires d'un homme d'affaires allemand, John Rabe (1882-1950), surnommé l'Oskar Schindler de Chine, mais dont "The Good Man of Nanking" n'a pas été traduit en Français.



Bref, un intéressant voyage entre 2 continents, 2 mondes et 2 cultures.





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La fille de la photo
  22 mars 2012
La fille de la photo de Denise Chong
C'est un roman plus qu'émouvant, POIGNANT ! a la limite du supportable comme les brulures de cette petite vietnamienne.

Cette photo a fait le tour du monde et reste gravée à jamais dans nos coeurs !

Hommage à cette petite fille qui nous fait partager sa douleur, son passe et l`histoire d`une guerre horrible et la lutte d`un peuple valeureux pour retrouver sa liberte.
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La fille de la photo
  17 avril 2020
La fille de la photo de Denise Chong
Quelle photo !

En 1972 j'avais 9 ans, je n'en suis pas sûr mais je l'ai probablement vue à la télévision.

Elle m'est en tout cas assurément connue depuis très longtemps tant elle était présente un peu partout dans les années 70 et 80, comme ont pu l'être les photographies du Che et de Nelson Mandela.

La photo de couverture est recadrée mais elle résume parfaitement ce moment d'indicible horreur.

La fillette qu'on devine hurlante, mais pas seulement.

Il y a aussi ce rictus et ce cri muet du jeune garçon à gauche et la plus jeune, qui se retourne, à la recherche d'on ne sait quoi, d'on ne sait qui.

Je me souviens parfaitement être tombé en arrêt devant le livre dans les rayons de la FNAC à sa sortie en poche.

Le témoignage ne se limite pas à décrire les circonstances directement liées à la photo. C'est la vie de la famille de Kim Phuc que l'on découvre d'abord, puis, après le drame, sa longue est douloureuse convalescence.

On apprends alors comment la politique s'est emparée d'elle comme objet de propagande, l'amenant à voyager dans les pays "frères" jusqu'à son évasion au Canada.

Effrayant, poignant, passionnant !
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La fille de la photo
  27 avril 2019
La fille de la photo de Denise Chong
Beaucoup connaissent cette photo mais peu connaissent l'histoire de cette photo, et encore moins l'histoire de la petite fille de la photo.

Un récit saisissant sur le parcours de cette fillette, devenue outil de la propagande de son pays avant de s'émanciper et d'être libre de croire elle et surtout de vivre pleinement sa foi.

Elle partage tout, de son enfance à l'attaque au napalm, de son passage à la morgue à sa vie à Cuba....

Elle enseigne le pardon, l'amour de Dieu et le respect.

Bien sur, elle n'est pas écrivain et cela se ressent mais en prenant en compte son parcours, on fait facilement abstraction de cela pour se laisser emporter par son récit.

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