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Citations de Didier Daeninckx (685)


annie   14 avril 2009
Cannibale de Didier Daeninckx
- "Tu vois, on fait des progrès : pour lui nous ne sommes pas des cannibales mais seulement des chimpanzés. Je suis sûr que quand nous serons là-bas, nous serons redevenus des hommes." (p. 41)
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Didier Daeninckx
petch   08 février 2013
Didier Daeninckx
Depuis la nuit des temps les enfants naissent en pleurant comme s'ils pressentaient ce qui les attend.
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Harioutz   09 avril 2020
Le roman noir de l'Histoire de Didier Daeninckx
Les haïkus de Reims

Toute la journée, la cathédrale avait brûlé. J'étais alors en dehors de la ville, face au fort de Brimont d'où partaient les obus incendiaires, enfoui dans une tranchée que nous avions reprise à l'ennemi trois jours plus tôt.
A l'aide du petit périscope que ma sœur m'avait envoyé en pièces détachées que j'avais patiemment assemblées, je pouvais apercevoir les artilleurs allemands éjectant les douilles de cuivre des culasses fumantes.
Entre deux explosions, on pouvait entendre les ordres hurlés par les officiers de la batterie pour que la troupe garde le rythme.
Les bombes volantes passaient à quelques mètres au-dessus de nous et leur souffle chaud faisait voler les pans de nos vareuses. Nous étions une trentaine d'hommes bloqués là, dont la mission consistait à observer les mouvements, à transmettre les positions adverses pour le réglage de nos propres pièces d'artillerie.

Le premier poste de téléphone se trouvait à cinq cents mètres en retrait, et deux hommes avaient déjà payé de leur vie l'ordre que je leur avais donné d'acheminer à l'arrière le résultat de nos constatations.
Les incendies, qui ravageaient le cœur de la ville, jetaient une lumière rouge à des kilomètres à la ronde, et la moindre tentative de sortie équivalait à un suicide.

Pourtant, quelle n'avait pas été ma surprise de voir arriver trois hommes envoyés par le commandant du 33e régiment d'infanterie auquel notre bataillon appartenait. Le lieutenant Girard, que je connaissais pour avoir participé à ses côtés à la reprise de la ville la semaine précédente, avait fui mon regard quand il s'était approché de moi.
-Vous venez en renfort ?
- Non sergent … On a ordre de vous ramener à l'arrière ...

Un obus défectueux avait labouré la colline, à notre gauche, nous obligeant à nous jeter sur le sol boueux. Je m'étais relevé le premier.

- Me ramener à l'arrière ? Et pourquoi ?
- Ne posez pas de questions, sergent, et remettez-moi votre arme. Vous êtes aux arrêts de rigueur.

Le lieutenant Girard avait attendu que l'enfer ne soit plus qu'un purgatoire pour prendre le chemin du retour. A trois heures du matin, harassé, je m'étais retrouvé devant le commandant Faubert, flanqué de deux subordonnés, qui avaient agité devant lui une poignée de feuilles.

- C'est bien vous, sergent Lapie, qui êtes responsable de cette publication, de cette Gazette du 33e ?
- Oui mon commandant. Il s'en publie dans tous les régiments et j'ai même obtenu votre autorisation …

Il s'était laissé tomber sur son siège et avait ouvert le dernier numéro pour en lire quelques extraits.

- Oui, pour des textes patriotiques, pas pour des écrits sans queue ni tête comme celui-ci :

Des arrivages de chair
Bien fraîche, toute préparée,
Pour cette nuit sont signalés.

Ou pire encore :

Le moribond criait : Maman !
De l'arrière, le journaliste
A entendu : Vive la France !

On est là dans l'entreprise de démoralisation. c'est le général Combes, pourtant ami avec l'un de nos plus grands poètes récemment disparu, Paul Déroulède, qui m'a alerté. Vous connaissez Le Clairon, j'imagine ?

Il s'était mis à déclamer d'une voix vibrante :

L'air est pur,
La route est large,
Le clairon sonne la charge,
Les Zouaves vont chantant,
Et là-haut sur la colline,
Dans la forêt qui domine,
Le Prussien les attend.

J'avais rectifié ma position.
- Ce sont des poèmes d'inspiration japonaise, mon commandant, des haïkus ... Plusieurs de mes hommes en écrivent … Ils ne pensent pas à mal …
- Ce n'est pas à vous d'en juger. Et je ne vois pas ce que les Japonais ont à faire dans notre histoire ! Lieutenant, conduisez le sergent dans le quartier de force en attendant que je décide de la suite à donner à cette affaire.
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Cancie   19 mai 2020
Passages d'enfer de Didier Daeninckx
Même en suivant ce qui se passe en Yougoslavie, on a du mal à imaginer des jeunes de notre âge qui partent à la guerre, qui perdent tout sens moral, qui tuent, massacrent, violent... J'essaye de montrer ce qui peut les conduire à devenir des tueurs, par quelles techniques de manipulation on fait croire aux jeunes que le cauchemar peut se substituer au rêve, que la guerre les libérera à tout jamais du carcan social, qu'elle leur apportera la fraternité, l'esprit de corps...
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Harioutz   05 décembre 2019
Caché dans la maison des fous de Didier Daeninckx
Lucien Bonafé (1912 – 2003) étudie la médecine à Toulouse, où il croise l'épopée du cinéma d'avant-garde et l'aventure surréaliste.
Militant communiste, il est membre de la direction du Front National des médecins dès 1941 et met au point la première action d'assistance médicale lors d'un acte de résistance.
Médecin-directeur de l'hôpital de Saint-Alban en 1943, il anime la Société du Gévaudan, qui jette les bases d'une critique radicale des institutions d'aliénés.
Parallèlement, il transforme l'institution en lieu d'asile pour les résistants pourchassés, les Juifs traqués.
Il participe aux combats du mont Mouchet contre les troupes allemandes sous le nom de guerre de Sylvain Forestier, rendant ainsi hommage au dessinateur et sculpteur Auguste Forestier, dont l’œuvre fut découverte et encouragée par son grand-père, Maxime Dubuisson.
Il ne cesse de combattre pour que la lumière soit faite sur la mort de 40 000 malades mentaux internés dans les hôpitaux psychiatriques français, victimes de l'  « extermination douce », imputable aux directives sanitaires du régime de Vichy.

François Tosquelles (1912 – 1994). Psychiatre catalan, républicain marxiste et libertaire, il est condamné à mort par Franco et interné dans un camp de concentration français. Transféré à Saint-Alban comme infirmier, il devra recommencer toute sa formation en France.
Il est un des éléments essentiels de la transformation de cet hôpital, s'appuyant sur les travaux de Hermann Simon, pour lequel un établissement psychiatrique est un organisme malade qu'il faut constamment soigner.
Considéré comme l'un des concepteurs de psychothérapie institutionnelle, il a fortement influencé Jean Oury, Félix Guattari ou Henri et Madeleine Vermorel.

Paul Éluard (1895 – 1952). Lors de son séjour de quatre mois à l'hôpital de Saint-Alban en compagnie de son épouse Nusch, Paul Éluard crée les éditions clandestines de la Bibliothèque française imprimées sur les presses de René Amarger à Saint-Flour.
Il côtoie plusieurs patients qui s'expriment au moyen de la peinture, du tissage, de la sculpture, comme Aimable Jayet, Clément Fraisse et surtout Auguste Forestier, dont il acquiert plusieurs œuvres parmi lesquelles « Le Roi fou », « La Bête du Gévaudan » et un « Homme-coq ».
Il offre certaines de ses trouvailles à Raymond Queneau, Picasso et Dora Maar. Jean Dubuffet découvrira le travail d'Auguste Forestier lors d'une visite chez Paul Éluard, à Paris, à la fin du printemps 1944. Le concept d'art brut n'allait pas tarder à émerger.

Denise Glaser (1920 – 1983). Fille unique de commerçants juifs d'Arras, à l'enseigne de La Maison bleue, elle se replie à Clermont-Ferrand quand le magasin familial est aryanisé. Elle noue une relation avec son professeur de philosophie, Dominique Desanti, qui l'intègre dans un réseau de résistance, le Mouvement national contre le racisme, dont l'une des principales activités consiste à organiser l'accueil d'enfants persécutés.
Pourchassée, elle trouve refuge à Saint-Alban, où elle s'occupe des enfants du Villaret.
Après guerre, Jean-Toussaint Desanti la présente à Frédéric Rossif, et elle participe à l'aventure de la naissance de la télévision.
En 1959, elle crée « Discorama », émission devenue mythique, où elle interviewera tous les talents de la scène musicale, Brel, Brassens, Ferré, Gainsbourg, Barbara, mais aussi Xénakis, Miriam Makeba ou les étoiles montantes du rock.
Elle s'attire les foudres du pouvoir gaulliste en 1963, en programmant « Nuit et brouillard » de Jean Ferrat, chanson alors mise à l'index.
Gréviste en 1968, licenciée en 1974, elle finit sa vie dans la misère.
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Cancie   18 mai 2020
Passages d'enfer de Didier Daeninckx
Je me suis même tapé le "Monte-Cristo" en trois volumes qu'on m'avait offert pour Noël ! mes parents n'en revenaient pas ; mille cinq cents pages dans la semaine. Ils me disaient que j'allais m'abîmer le yeux à force de lire... J'ai répondu à ma mère qu'elle ne s'usait pas la langue à force de parler ! Ils se sont marrés, sauf qu'au fond de ma tête je pensais qu'on ne s'usait pas la queue à force de baiser, mais ça, je pouvais pas leur dire.
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nameless   29 novembre 2018
12, rue Meckert de Didier Daeninckx
- Ces minuscules pointillés qui délimitent les pays, sur les cartes de nos livres, à l'école communale, ne tracent pas des lignes sinueuses par hasard ! Il nous a fallu livrer nombre de combats. Qui dira combien de nos ancêtres sont tombés pour chacun de ces tirets imprimés ?
p. 185
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carre   17 juillet 2016
Meurtres pour mémoire de Didier Daeninckx
il n’était pas rare au XIIIe siècle de voir la nourrice, dès que le bébé perçait des dents, mastiquer la nourriture avant de la glisser dans la bouche de l’enfant.
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Lorraine47   15 décembre 2012
Missak, l'enfant de l'Affiche rouge (BD) de Didier Daeninckx
Ma chère Mélinée, ma petite orpheline bien aimée. Dans quelques heures je ne serai plus de ce monde. On va être fusillés cet après midi à quinze heures. Cela m'arrivera comme un accident dans ma vie. Je n'y crois pas mais pourtant, je sais que je ne te verrai plus jamais.
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fanfanouche24   28 mai 2015
Caché dans la maison des fous de Didier Daeninckx
Un aliéné est aussi un homme que la Société n'a pas voulu entendre et qu'elle a voulu empêcher d'émettre d'insupportables vérités. -Antonin Artaud
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LydiaB   23 septembre 2013
Le retour d'Ataï de Didier Daeninckx
Cette statue est un moulage du corps de la jeune femme, pratiqué juste après sa mort, et c'est les naturalistes qui l'ont intentionnellement habillée de cette manière simiesque. Pendant plus d'un siècle, des centaines de milliers de personnes ont défilé devant son effigie, et la grande majorité s'est donné bonne conscience. La répulsion, au mieux la moquerie, confortaient les Européens dans l'idée de leur supériorité.
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ninosairosse   21 mai 2021
Leurre de vérité et autres nouvelles de Didier Daeninckx
Ils s'arrêtèrent devant l'Assemblée nationale, le cœur au bord des lèvres, comme au sortir d'un repas d'anniversaire, la bile remplaçant le cholestérol.
p98
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marina53   09 juin 2016
Corvée de bois de Didier Daeninckx
Quand on a du temps devant soi, il faut se fabriquer des souvenirs, ça peut servir, plus tard...
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Cancie   17 mai 2020
Passages d'enfer de Didier Daeninckx
Il n'y a rien de pire qu'un conflit qui s'éternise.
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kuroineko   08 août 2017
Cannibale de Didier Daeninckx
Le respect, chez nous en pays kanak, il ne vient pas à la naissance comme la couleur des yeux. Il se mérite tout au long de la vie.
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Didier Daeninckx
milamirage   09 avril 2015
Didier Daeninckx
[son témoignage suite à l'attentat contre Charlie Hebdo]
J’étais arrivé en urgence au centre cardiologique du Nord un peu avant Noël, et on m’avait placé dans une chambre du service de réanimation où un homme de près de 75 ans sortait d’un coma de huit jours. Le sommeil nous fuyait, et il m’avait raconté sa vie. Né à Barbès en 1942, il n’avait pas connu son père, raflé dans Paris et gazé à Auschwitz trois mois avant sa venue au monde. L’énigme de cet assassinat le poursuivait inlassablement, depuis trois quarts de siècle, et il savait qu’il n’en trouverait jamais la clef. Autour de lui s’affairaient Leila, Awa, Gogo, Maëwa, Cristina, toutes les couleurs, tous les accents, de la ville royale de Saint-Denis. Il y avait là, dans cette chambre, de quoi interroger le monde et d’en écrire toutes les histoires.
[.......] Je suis sorti de l’hôpital le samedi 10 janvier après-midi, le cœur pratiquement remis à neuf et l’esprit blessé à jamais...

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Didier Daeninckx
Spilett   12 mars 2015
Didier Daeninckx
Je me suis interrogé sur cette question: pourquoi en arrive-t-on à brûler les livres ? Et l'on sait, depuis la dernière guerre, que, quand on commence à brûler la pensée, on ne tarde pas à jeter des hommes au milieu des flammes.
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Didier Daeninckx
milamirage   06 octobre 2014
Didier Daeninckx
J'ai choisi la fiction pour faire passer des idées, des valeurs, parce que les mots du réel sont usés, les mots de la raison, de la morale, de la politique. Ils sont trop " vieux ", ils n'arrivent plus à rebondir...
[La revue des livres pour enfants n°268]
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santorin   24 septembre 2020
Meurtres pour mémoire de Didier Daeninckx
En oubliant le passé,
on se condamne à le revivre.
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santorin   29 septembre 2020
Meurtres pour mémoire de Didier Daeninckx
La DEportation était traitée de la même manière que les autres tâches de l'administration ; les fonctionnaires semblaient avoir rempli ces formulaires avec un soin identique à celui apporté aux bons de charbon ou à la rentrée scolaire. On manipulait la mort en lieu et place de l'espoir. Sans s'interroger. Epinglé sur un carton, un télégramme jauni signé Pierre Laval, daté du 29 septembre 1942 recommandait aux autorités préfectorales de ne pas démembrer les familles juives promises à la déportation et précisait que "devant l'émotion suscitée par cette mesure barbare, j'ai obtenu de l'armée allemande que les enfants ne soient pas séparés de leurs parents et puissent ainsi les suivre".
Une liasse de circulaires revêtues de paraphe A.V. mettait ces directives en oeuvre.
Contre la barbarie, direction Buchenwald et Auschwitz !
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