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Citation de Harioutz


Harioutz   05 décembre 2019
Caché dans la maison des fous de Didier Daeninckx
Lucien Bonafé (1912 – 2003) étudie la médecine à Toulouse, où il croise l'épopée du cinéma d'avant-garde et l'aventure surréaliste.
Militant communiste, il est membre de la direction du Front National des médecins dès 1941 et met au point la première action d'assistance médicale lors d'un acte de résistance.
Médecin-directeur de l'hôpital de Saint-Alban en 1943, il anime la Société du Gévaudan, qui jette les bases d'une critique radicale des institutions d'aliénés.
Parallèlement, il transforme l'institution en lieu d'asile pour les résistants pourchassés, les Juifs traqués.
Il participe aux combats du mont Mouchet contre les troupes allemandes sous le nom de guerre de Sylvain Forestier, rendant ainsi hommage au dessinateur et sculpteur Auguste Forestier, dont l’œuvre fut découverte et encouragée par son grand-père, Maxime Dubuisson.
Il ne cesse de combattre pour que la lumière soit faite sur la mort de 40 000 malades mentaux internés dans les hôpitaux psychiatriques français, victimes de l'  « extermination douce », imputable aux directives sanitaires du régime de Vichy.

François Tosquelles (1912 – 1994). Psychiatre catalan, républicain marxiste et libertaire, il est condamné à mort par Franco et interné dans un camp de concentration français. Transféré à Saint-Alban comme infirmier, il devra recommencer toute sa formation en France.
Il est un des éléments essentiels de la transformation de cet hôpital, s'appuyant sur les travaux de Hermann Simon, pour lequel un établissement psychiatrique est un organisme malade qu'il faut constamment soigner.
Considéré comme l'un des concepteurs de psychothérapie institutionnelle, il a fortement influencé Jean Oury, Félix Guattari ou Henri et Madeleine Vermorel.

Paul Éluard (1895 – 1952). Lors de son séjour de quatre mois à l'hôpital de Saint-Alban en compagnie de son épouse Nusch, Paul Éluard crée les éditions clandestines de la Bibliothèque française imprimées sur les presses de René Amarger à Saint-Flour.
Il côtoie plusieurs patients qui s'expriment au moyen de la peinture, du tissage, de la sculpture, comme Aimable Jayet, Clément Fraisse et surtout Auguste Forestier, dont il acquiert plusieurs œuvres parmi lesquelles « Le Roi fou », « La Bête du Gévaudan » et un « Homme-coq ».
Il offre certaines de ses trouvailles à Raymond Queneau, Picasso et Dora Maar. Jean Dubuffet découvrira le travail d'Auguste Forestier lors d'une visite chez Paul Éluard, à Paris, à la fin du printemps 1944. Le concept d'art brut n'allait pas tarder à émerger.

Denise Glaser (1920 – 1983). Fille unique de commerçants juifs d'Arras, à l'enseigne de La Maison bleue, elle se replie à Clermont-Ferrand quand le magasin familial est aryanisé. Elle noue une relation avec son professeur de philosophie, Dominique Desanti, qui l'intègre dans un réseau de résistance, le Mouvement national contre le racisme, dont l'une des principales activités consiste à organiser l'accueil d'enfants persécutés.
Pourchassée, elle trouve refuge à Saint-Alban, où elle s'occupe des enfants du Villaret.
Après guerre, Jean-Toussaint Desanti la présente à Frédéric Rossif, et elle participe à l'aventure de la naissance de la télévision.
En 1959, elle crée « Discorama », émission devenue mythique, où elle interviewera tous les talents de la scène musicale, Brel, Brassens, Ferré, Gainsbourg, Barbara, mais aussi Xénakis, Miriam Makeba ou les étoiles montantes du rock.
Elle s'attire les foudres du pouvoir gaulliste en 1963, en programmant « Nuit et brouillard » de Jean Ferrat, chanson alors mise à l'index.
Gréviste en 1968, licenciée en 1974, elle finit sa vie dans la misère.
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