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Note moyenne 4.07 /5 (sur 374 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Reims , le 10/07/1953
Biographie :

Didier Eribon est un sociologue et philosophe français.

Il commence sa carrière, après des études de philosophie, comme critique littéraire à "Libération" de 1979 à 1983, puis, à partir de 1984, et jusqu'au milieu des années 1990, au "Nouvel Observateur".

Titulaire d'une habilitation à diriger des recherches soutenue à l'Université de Paris I Panthéon-Sorbonne, il est, de 2009 à 2017, professeur à la faculté de sciences humaines et sociales et philosophie de l'Université d'Amiens. Il est depuis octobre 2017 Montgomery Fellow de Dartmouth College, aux États-Unis.

Il est également pendant plusieurs années Visiting Professor of Philosophy and Theory à l'Université de Californie à Berkeley aux États-Unis, y donnant un séminaire de recherche pour étudiants doctorants, puis Visiting Scholar à l'Institute for Advanced Study de l'Université de Princeton.

Didier Eribon est l'auteur de plusieurs ouvrages, dans les domaines de la philosophie, de la sociologie et de l'histoire des idées, parmi lesquels une biographie qui fit date de Michel Foucault en 1989 (vingt traductions) suivie en 1994 de "Michel Foucault et ses contemporains", et en 1999 de "Réflexions sur la question gay" (Insult and the Making of the Gay Self, dans sa version anglaise), vite devenu une référence majeure des études de genre.

site officiel : http://didiereribon.blogspot.com/
Twitter : https://twitter.com/didiereribon

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Quelle est la place des artistes et des intellectuels dans le débat public, politique et social ? Didier Eribon, philosophe et sociologue, auteur de l'essai autobiographique "Retour à Reims" est notre invité, rejoint en deuxième partie par la comédienne Irène Jacob. Pour en savoir plus : https://www.franceculture.fr/emissions/linvite-des-matins/didier-eribon-itineraire-dun-intellectuel-engage Abonnez-vous pour retrouver toutes nos vidéos : https://www.youtube.com/channel/UCd5DKToXYTKAQ6khzewww2g Et retrouvez-nous sur... Facebook : https://fr-fr.facebook.com/franceculture Twitter : https://twitter.com/franceculture Instagram : https://www.instagram.com/franceculture/
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Citations et extraits (119) Voir plus Ajouter une citation
Vianna   16 avril 2014
Retour à Reims de Didier Eribon
Le retour dans le milieu d'où l'on vient- et dont on est sorti, dans tous les sens du terme- est toujours un retour sur soi et un retour à soi, des retrouvailles avec un soi même autant conservé que nié
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aleatoire   15 juillet 2018
Retour à Reims de Didier Eribon
Il est donc vain de vouloir opposer le changement ou la "capacité d'action" aux déterminismes et à la force autoreproductrice de l'ordre social et des normes sexuelles, ou une pensée de la "liberté" à une pensée de la "reproduction"... puisque ces dimensions sont inextricablement liées et relationnellement imbriquées. Tenir compte des déterminismes ne revient pas à affirmer que rien ne peut changer. Mais que les effets de l'activité hérétique qui met en question l'orthodoxie et la répétition de celle-ci ne peuvent être que limités et relatifs : la "subversion" absolue n'existe pas, pas plus que l'"émancipation" ; on subvertit quelque chose à un moment donné, on se déplace quelque peu, on accomplit un geste d'écart, un pas de côté. Pour le dire en termes foucaldiens : il ne faut pas rêver d'un impossible "affranchissement", tout au plus peut-on franchir quelques frontières instituées par l'histoire et qui enserrent nos existences.



Capitale fut donc pour moi la phrase de Sartre dans son livre sur Genet : " L'important n'est pas ce qu'on fait de nous, mais ce que nous faisons nous-mêmes de ce qu'on a fait de nous. " Elle constitua vite le principe de mon existence. Le principe d'une ascèse : d'un travail de soi sur soi.
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Xav93140   21 mai 2020
Michel Foucault, 1926-1984 de Didier Eribon
On parle depuis l'année 1981 d'une maladie mortelle qui frappe la communauté homosexuelle et qu'on appelle dans les journaux "le cancer gay". On n'en connaît pas les causes, on ignore tout, alors, de la réalité épidémiologique, des modes de transmission, etc... [...] Partageant l'étonnement et même l'incrédulité de presque tout le monde à l'annonce des premiers décès en série, Foucault se moque d'Edmund White lorsque ce dernier crée avec Larry Kramer le Gay Men Health Crisis pour faire face à cette situation inexplicable et inquiétante : "Oh non Edmund, lui dit-il. Laisse le soin aux Américains puritains d'inventer une maladie qui touche - qui tue ! - seulement les gays. C'est trop parfait. Peut-être que ça vous débarrassera de vos Noirs aussi..." Et comme Edmund White veut lui répondre que, justement," à ce propos... " Foucault continue de le "taquiner" : Non, non ! C'est trop parfait. Les gays ET les Noirs !" Il s'esclaffe également, à la même époque, au cours d'une conversation avec Hervé Guibert : "Un cancer qui toucherait exclusivement les homosexuels, non, ce serait trop beau pour être vrai, c'est à mourir de rire".



(pages 527-528)
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lesptitchats   25 novembre 2014
Retour à Reims de Didier Eribon
Quand je la vois aujourd'hui, le corps perclus de douleurs liées à la dureté des tâches qu'elle avait dû accomplir pendant près de quinze ans, debout devant une chaîne de montage où il lui fallait accrocher des couvercles à des bocaux de verre, avec le droit de se faire remplacer dix minutes le matin et dix minutes l'après-midi pour aller aux toilettes, je suis frappé par ce que signifie concrètement, physiquement, l'inégalité sociale. Et même ce mot d"'inégalité" m'apparaît comme un euphémisme qui déréalise ce dont il s'agit : la violence nue de l'exploitation. Un corps d'ouvrière, quand il vieillit, montre à tous les regards ce qu'est la vérité de l'existence des classes. Le rythme de travail était à peine imaginable dans cette usine, comme dans toute usine d'ailleurs : un contrôleur avait un jour chronométré une ouvrière pendant quelques minutes, et cela avait déterminé le nombre minimum de bocaux à "faire" par heure. C'était déjà extravagant, quasi inhumain. Mais comme une bonne partie de leur salaire se composait de primes dont l'obtention était liée au total quotidien, ma mère m'a indiqué qu'elle-même et ses collègues parvenaient à doubler ce qui était requis. Le soir, elle rentrait chez elle fourbue, "lessivée", comme elle disait, mais contente d'avoir gagné dans sa journée ce qui nous permettrait de vivre décemment.
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19chantal   20 août 2019
Retour à Reims de Didier Eribon
Je ne connaissais rien des classes préparatoires aux grandes écoles, des hypokhâgnes et des khâgnes, ni des écoles normales supérieures au concours d'entrée desquelles elles donnent accès....Là encore, l'ignorance des hiérarchies scolaires et l'absence de maîtrise des mécanismes de sélection conduisent à opérer des choix les plus contre-productifs, à élire les parcours condamnés, en s'émerveillant d'avoir accès à ce qu'évitent soigneusement ceux qui savent.
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fanfanouche24   16 août 2013
Retour à Reims de Didier Eribon
Le goût pour l'art s'apprend. Je l'appris. Cela fit partie de la rééducation quasi complète de moi-même qu'il me fallut accomplir pour entrer dans un autre monde, une autre classe sociale- et pour mettre à distance celui, celle d'où je venais.(...) Combien de fois, au cours de ma vie ultérieure de personne "cultivée", ai-je constaté en visitant une exposition ou en assistant à un concert ou à une représentation à l'opéra à quel point les gens qui s'adonnent aux pratiques culturelles les plus "hautes" semblent tirer de ces activités une sorte de contentement de soi et un sentiment de supériorité en lisant le discret sourire ont ils ne se départent jamais, dans le maintien de leur corps, dans leur manière de parler en connaisseurs, d'afficher leur aisance...tout cela exprimant la joie sociale de correspondre à ce qu'il convient d'être, d'appartenir au monde privilégié de ceux qui peuvent se flatter de goûter les arts "raffinés". Cela m'intimida toujours, mais j'essayai néanmoins de leur ressembler, d'agir comme si j'étais né comme eux, de manifester la même décontraction qu'eux dans la situation esthétique. (p.107-108)
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MegGomar   14 septembre 2014
Papiers d'identité : Interventions sur la question gay de Didier Eribon
C'est triste, n'est-ce pas, de voir d'anciens intellectuels radicaux reconvertis dans la préservation du statu quo et la peur du changement... Cela permet, d'ailleurs, de constater une fois encore à quel point le rapport à l'homosexualité est l'un des points sensibles où peut se juger la réalité de l'ouverture d'esprit et de l'engagement progressiste des intellectuels. C'est un peu comme un test de Rorschach : vous dites "homosexualité" et vous observez les réactions... et souvent, ce n'est pas très beau à voir. Mais je dois dire aussi que de très nombreux intellectuels et artistes, la grande majorité de ceux que j'ai sollicités ont signé tout de suite [le "Manifeste pour la reconnaissance du couple homosexuel", publié dans le Nouvel Observateur du 9 mai 1996], avec la conviction qu'l s'agissait d'un combat important.
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Didier Eribon
michdesol   23 mai 2019
Didier Eribon
Car ils sont tôt tracés, les destins sociaux ! Tout est joué d'avance ! Les verdicts sont rendus avant même que l'on puisse en prendre conscience. Les sentences sont gravées sur nos épaules, au fer rouge, au moment de notre naissance, et les places que nos allons occuper définies et délimitées par ce qui nous aura précédé : le passé de la famille et du milieu dans lesquels on vient au monde. Mon père n'eut même pas la possibilité de se préparer au certificat d'études primaires, le diplôme qui constituait, pour les enfants des classes populaires, l'aboutissement et le couronnement de la scolarité. Ceux de la bourgeoisie suivaient un autre parcours : à 11 ans, ils entraient au lycée. Tandis que les enfants d'ouvriers et de paysans restaient cantonnés dans l'enseignement primaire jusqu'à 14 ans et s'arrêtaient là.
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Musikant   03 décembre 2010
Retour à Reims de Didier Eribon
En fait, les classes défavorisées croient accéder à ce dont elles étaient auparavant exclues, alors que, quand elles y accèdent, ces positions ont perdu la place et la valeur qu'elles avaient dans un état antérieur du système. La relégation s'opère plus lentement. l'exclusion se produit plus tardivement, mais l'écart entre les dominants et les dominés reste intact : il se reproduit en se déplaçant.
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Moglug   15 mai 2016
Retour à Reims de Didier Eribon
[incipit]



Longtemps, ce ne fut pour moi qu’un nom. Mes parents s’étaient installés dans ce village à une époque où je n’allais plus les voir. De temps à autre, au cours de mes voyages à l’étranger, je leur envoyais une carte postale, ultime effort pour maintenir un lien que je souhaitais le plus ténu possible. En écrivant leur adresse, je me demandais à quoi ressemblait l’endroit où ils habitaient. Je ne poussais jamais plus loin la curiosité. Lorsque je lui parlais au téléphone, une fois ou deux par trimestre, souvent moins, ma mère me demandait : « quand viens-tu nous voir ? » J’éludais, prétextant que j’étais très occupé, et lui promettait de venir bientôt. Mais je n’en avais pas l’intention. J’avais fui ma famille et n’éprouvais aucune envie de la retrouver.
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