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Critiques de E. Richard Johnson (2)
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Le loup dans la smala

Avant toute chose, ceux qui n'apprécieraient pas cette critique recevront la visite de Jericho Jones, tueur au service de la Mafia... Que cela soit bien clair entre vous et moi !



Jericho Jones, dit "Judas" est un tueur à gages, travaillant en solo et offrant ses services à tous, Mafia ou pas. Sauf si vous voulez faire flinguer votre belle-mère ! Là, il déclinera le contrat. Dommage, hein ?



L'ami Jericho est un peu rouillé suite au 5 ans qu'il vient de passer à l'ombre pour un meurtre. Non, ce n'était pas un "contrat", les flics ne connaissent même pas sa profession particulière ! La raison, il nous l'expliquera plus tard.



À peine sorti de taule, avant même d'avoir pu manger un steak et d'avoir pu se taper une prostituée, on vient le chercher parce que Candoli, parrain de la Mafia de Chicago a besoin de ses services : son fils, qu'il avait envoyé mettre un peu d'ordre à Kansas City, n'a plus donné signe de vie.



La mission de Jericho, s'il l'accepte ? (peut pas refuser) Savoir ce qu'il est arrivé à l'unique héritier du parrain mourant de Chicago et s'il est mort, apprendre qui lui a remplacé son extrait de naissance par un avis de décès et lui régler son compte. Avec la Mafia, on ne rigole pas...

- Tu veux dire qu'il refuse de payer Bicek ?

- À ce qu'il paraît. S'il continue comme ça, je donne pas cher de sa peau. Des leggings en ciment qu'il aura, oui, quand il plongera dans le fleuve !



Notre tueur accepte surtout parce qu'il voudrait en profiter pour savoir ce qu'il est arrivé à son ami cambrioleur, Blanky Shaw, dit "Sanitary Blacky", retrouvé avec 4 balles dans le buffet et le portefeuille toujours dans la poche !



Dès le départ, les bâtons vont se mettre dans les roues du vélo de Jericho et... Tiens, quelqu'un aurait-il marché dans une déjection canine ? Non ? Mais alors, pourquoi a-t-il l'impression que ce contrat pue ?



Langage argotique, ambiance sombre, guerre de succession dans la mafia, volonté de renier les vieilles règles de la Famille, coups bas à tous les étages, une enquête qui piétine à cause du fait que personne ne moufte, mensonges à gogo et foutage de gueule, des personnages bien campés, tous plus glauques l'un que l'autre, des règlements de compte à O.K Kansas et du plomb qui vole...



Sans oublier une dose d'humour :

"Bicek est un con, il serait incapable de faire marcher un bordel pour militaires, rétorquai-je".



Notre surnommé Judas devra se méfier afin de ne pas tomber sur plus traître que lui ! Et tâcher de se secouer les méninges rouillées afin de comprendre ce qui pue dans cette affaire et la résoudre.



Ça puait plus qu'un putois et Jericho a trouvé... Une fin en partie inattendue (je ne peux pas tout déduire) et une lecture fraiche, bien que le livre soit de 1972.



Il est à noter que le titre original était "The Judas"... Plus que le renard dans le poulailler, Judas a vraiment été le loup dans la smala.


Lien : http://the-cannibal-lecteur...
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La chute de Pégase

Nick Brady est un clodo. Il roupille dans une ruelle à deux pas du Strip quand il voit un prédicateur se faire dézinguer d'une bastos dans le buffet. Nick voit clairement le visage du tireur. Alors il lui vient l'idée de marchander l'info auprès d'Al Pégase, le caïd qui règle tout. Mais Al est un peu dépassé. Il arrose un flic du Commissariat Central, mais celui-ci semble avoir des états d'âme.



L'Inspecteur Lonto hérite de l'enquête. En même temps, il a été désigné pour faire partie de la Sécurité Intérieure, c-à-d être un flic de flics... trouver le ripou et le balancer. C'est dire si cela plaît à Lonto... Et quand on découvre que le prédicateur portait une barbe postiche, des caleçons de soie à 16 dollars la pièce et un kilo de drogue dans sa bible évidée... Lonto est aux anges, bien sûr.



Ajoutons que Lonto a une touche auprès d'Helen, une ex-prostituée qui sert dans le rade où se retrouve toute la police. Mais Lonto a des réticences, malgré les appels très clairs d'Helen.



Au final, on a un polar "noir clair", où l'auteur nous crée une chouette ambiance qui rappellera l'âge d'or du polar US. Goodis, Cheney, etc. sont de chouettes sources d'inspiration. Et on se situe dans la droite ligne de la tradition noire US.



Le livre dénote clairement par le langage. Nous sommes en 1969 pour la version américaine 1970 pour la traduction. On est donc loin des textes édulcorés. On a dans le désordre des termes comme Polak, Rital, pédale, pédé, pute, etc. et personnellement cela ne m'a pas choqué. Cela rend compte d'une ambiance et d'un contexte très particulier. O tempora, o mores.
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