AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontresLe Carnet

4.75/5 (sur 24 notes)

Nationalité : France
Biographie :

Édouard Durand est un magistrat français, expert sur les questions des violences intrafamiliales et des droits des enfants qu'il lie étroitement à la protection des droits des mères.

Édouard Durand a été juge aux affaires familiales ainsi que coordonnateur de formation à l'Ecole nationale de la magistrature, pour la formation initiale des auditeurs·rices de justice et pour la formation continue des magistrat·es.
Depuis décembre 2016, il est vice-président chargé des fonctions de juge des enfants au Tribunal de Grande Instance (TGI) de Bobigny. Il est également membre du conseil scientifique de l'Observatoire national de l'enfance en danger, membre du Conseil national de la protection de l’enfance (CNPE) et expert à la commission Violence de genre au Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes.

C'est l'auteur de l'ouvrage "Violences conjugales et parentalité : protéger la mère c'est protéger l'enfant" (L'Harmattan, 2013). Aux éditions Dunod, il a participé à l'ouvrage collectif dirigé par Karen Sadlier "Violences conjugales : un défi pour la parentalité" (2015) et vient de cosigner "Violences conjugales : le droit d'être protégée" avec Ernestine Ronai (2017).

Ses prises de position claires à l'encontre de la violence masculine, tout particulièrement celle des maris et pères de famille violents, ainsi que sa dénonciation de l'utilisation récurrente dans les tribunaux français du concept non reconnu par la communauté scientifique de "syndrome d'aliénation parentale" (SAP) pour discréditer les mères qui signalent à la justice des maltraitances de la part du père sur leur(s) enfant(s), lui ont valu d'être surnommé "le juge paterphobe" dans les réseaux anti-féministes dits masculinistes.
+ Voir plus
Source : HCE + Dunod
Ajouter des informations
Bibliographie de Edouard Durand   (8)Voir plus

étiquettes
Videos et interviews (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de

Édouard Durand vous présente son ouvrage "Défendre les enfants" aux éditions Seuil. Note de musique : © mollat


Citations et extraits (47) Voir plus Ajouter une citation
Edouard Durand
La présomption d'innocence n'a pas été conçue pour générer un système d'immunité des agresseurs.
- Juge Edouard Durand, septembre 2023
Commenter  J’apprécie          125
Edouard Durand
Je pense vraiment qu’il ne faut jamais perdre de vue le mécanisme d’emprise et de pouvoir que révèlent les violences conjugales. Il y a encore des professionnels qui regrettent qu’il n’y ait pas plus de médiation, qui disent : « La médiation, c’est bien pour les conflits. » Mais justement, les violences conjugales ne sont pas un conflit. Elles sont unilatérales, avec un seul auteur, et autant de victimes que de membres de la famille. Si l’on protège la mère, on lui redonne les moyens de protéger son enfant. Il y a des situations où il peut être légitime de mettre de la distance avec un parent maltraitant, et les violences conjugales sont une maltraitance.
Commenter  J’apprécie          180
II n'y a pas beaucoup de possibilités, il y en a que deux : quand une petite fille ou un petit garçon, une adolescente ou un adolescent, ou une femme ou un homme adulte se dit victime de violences sexuelles, soit on le protège, soit on ne le protège pas. On le croit ou on ne le croit pas. Si on le croit, on le protège. Si on ne le protège pas, c'est qu'on ne le croit pas.
Page 17
Commenter  J’apprécie          20
Et puis les enfants sont des gens sérieux, qui vivent leur vie sérieusement, et qui parfois sont confrontés à des choses absolument effrayantes, cruelles. Les enfants sont des gens sérieux, il n'y a qu'à regarder un enfant qui joue, rien n'est plus sérieux qu'un jeu d'enfant, rien n'est plus grave, plus intense.
Il n'y a qu'à regarder un enfant qui parle à un adulte, qui attend une réponse, un enfant qui regarde le monde des adultes et qui se demande s'il a bien fait de leur faire confiance, s'il a bien fait de les croire quand ils lui ont dit de leur faire confiance, de leur dire si quelque chose n'allait pas. Alors que c'est tellement difficile à dire, qu'on ne sait pas ce qui va se passer quand ça aura été dit, même si on sait bien que ce sera compliqué, c'est pour ça que l'enfant a longtemps hésité avant de le dire.
Les enfants sont des gens sérieux, on l'oublie toujours, on fait semblant d'être plus sérieux que les enfants. Pourtant c'est l'une des rares expériences absolument universelles : avoir été un enfant. Avoir été si vulnérable, si dépendant de la bienveillance, de l'attention des autres. Si dépendant du regard des autres, et d'abord de ses parents, pour être quelqu'un d'unique dans leur regard, avoir une identité, une identité inaliénable.
Page 18
Commenter  J’apprécie          00
En France, parmi la population adulte, 5, 5 millions de femmes et d'hommes ont été victimes de violences sexuelles dans leur enfance. Une personne sur dix. 5, 5 millions de femmes et d'hommes connaissent le présent perpétuel de la souffrance, l'état de stress post-traumatique, souvent jusqu'à l'empêchement d'être si justement évoqué par Jean-Marc Sauvé.
Dans toutes les familles, toutes les entreprises ou les administrations, toutes les fêtes entre amis, il y a des sœur, cousin, nièce, des collègues, des amis qui ont été ces enfants agressés sexuellement et violés.
Et chaque année, donc, 160 000 enfants subissent des violences sexuelles. Probablement plus en réalité. Au moins un enfant toutes les 3 minutes.
Dans toutes les classes, tous les centres de loisirs, tous les clubs, toutes les institutions de soin ou d'éducation, il y a des enfants qui sont agressés sexuellement et violés.
Page 13
Commenter  J’apprécie          00
Edouard Durand
La proposition de loi sur la résidence alternée fait référence à l'intérêt de l'enfant. Mais qu'est-ce que l'intérêt de l'enfant dans notre droit ? C'est une notion quasiment exclusivement subjective. L'intérêt de l'enfant, c'est la décision que j'estime, en tant que juge, devoir prendre. Mais mon collègue magistrat dira, pour une situation strictement identique, que l'intérêt de l'enfant est de prendre une décision contraire.

Il faut donc avoir une appréhension un peu plus objective de l'intérêt de l'enfant, en référence à ses besoins fondamentaux, tels qu'ils ont été introduits dans notre droit par la loi du 14 mars 2016 sur la protection de l'enfant. Vous avez initié, Madame Rossignol, une démarche de consensus sur les besoins fondamentaux des enfants, qui a réuni beaucoup d'experts, notamment pour centrer la protection de l'enfant sur son besoin de sécurité et de stabilité. Ce besoin passe par la nécessité de lui donner des repères éducatifs constants.

Mais tout l'enjeu pour vous, parlementaires, est de garantir la cohérence de la législation. Car si les mesures de protection de l'enfant, d'assistance éducative prises dans les conseils départementaux ou au sein des services d'aide sociale à l'enfance, visent à garantir son besoin de sécurité, il faut aussi avoir cette priorité en tête quand on détermine les modalités d'organisation de la vie de l'enfant en cas de séparation des parents. Car le besoin de sécurité de l'enfant devrait être identique devant n'importe quel juge ou professionnel de la protection de l'enfance.
Commenter  J’apprécie          130
Il faut voir la différence entre une effraction à l'intérieur du corps (le viol) et une effraction à la superficie du corps (l'agression sexuelle), ou entre une effraction unique et des effractions répétées pendant des mois et des années, ou encore entre une effraction perpétrée par des violences corporelles (des coups par exemple) et une effraction imposée par des violences mentales, comme des menaces ou de la séduction.
Page 8
Commenter  J’apprécie          00
Le problème c'est qu'on ne tient pas la promesse. On dirait que ce n'est jamais le bon moment pour qu'une victime de viol ou d'agression sexuelle révèle les violences et désigne l'agresseur. Ce n'est jamais le bon moment, Jamais la bonne manière. C'est trop tôt, trop tard, trop vague, trop précis, trop chuchoté, trop public. Jamais le bon moment, la bonne manière, le bon endroit, la bonne personne.
Page 19
Commenter  J’apprécie          00
Edouard Durand
De la même façon, en voulant coûte que coûte maintenir un droit de visite et d'hébergement, voire une résidence alternée, au profit du parent agresseur, nous laissons celui-ci continuer à exercer sa domination sur l'enfant. Pourtant, des études ont montré que l'exposition de l'enfant aux violences conjugales a un impact traumatique plus sévère que l'exposition à la guerre ou au terrorisme. Nous savons aussi qu'un enfant sur deux exposé aux violences conjugales est directement victime de violences physiques exercées contre lui par le violent conjugal. De plus, la fille d'un parent violent court 6,5 fois plus de risques qu'une autre d'être victime d'agressions sexuelles ou de viols par le violent conjugal. L'enjeu, pour le parent violent, c'est le pouvoir, qui passe aussi par le sexuel. Il faut donc prendre en compte la dangerosité des violents conjugaux.
Commenter  J’apprécie          130
Quand elles parlent, on leur reproche de faire de la délation, quand elles écrivent, on leur reproche de faire des réseaux sociaux un tribunal populaire, quand elles désignent l'agresseur, on leur reproche de lancer une chasse à l'homme, quand elles ne le nomment pas, on leur reproche de manquer de courage.
Page 25
Commenter  J’apprécie          00

Acheter les livres de cet auteur sur
Fnac
Amazon
Decitre
Cultura
Rakuten

Lecteurs de Edouard Durand (53)Voir plus

Quiz Voir plus

Hunger Games

Quelle est le plus grand atout de Katniss dans le jeu?

Sa force physique
son don pour le tir à l'arc
sa connaissance des plantes médicinales
Son sens de l'humour

6 questions
5332 lecteurs ont répondu
Thème : Hunger Games, tome 1 de Suzanne CollinsCréer un quiz sur cet auteur
¤¤

{* *}