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Note moyenne 4.3 /5 (sur 27 notes)

Nationalité : France
Biographie :

Elsa Levy est auteur d'un essai remarqué intitulé « Je de société : Moi, chômeur de la République » en 2015, elle a aussi écrit des billets d'humeur, des chroniques radio sur Europe 1, tenu un blog sur Mediapart et rédigé des piges sur la thématique environnementale pour le Parisien.
Elle est également plasticienne. À travers ses multiples réalisations artistiques, elle questionne de façon impertinente et radicale la comédie des apparences en société.

Le fil conducteur de son activité étant l'écriture, elle publie un roman feel good Bouddha Boudoir en 2017 et Johnny a tué mon père en 2020.


Site : http://www.elsa-levy.com

Source : decitre
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Moi, chômeur de la République (Extrait de Je de société, Ed. L’Esprit Frappeur, 2015)


Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
Harioutz   19 avril 2020
Johnny a tué mon père de Elsa Levy
Je me tenais droite derrière le pupitre. 

Le cercueil de mon père à ma gauche, le prêtre à ma droite. Et je bloquais 

sur les trois gerbes de fleurs qui se battaient en duel sous mon nez.

Je trouvais déconcertant que l’enterrement de mon père puisse être aussi

médiocre. C’est vrai, comparé à celui de Johnny Hallyday que j’avais vu deux jours plus tôt à la télévision, celui de mon père était franchement pathétique. 

Pas un seul média pour relayer le drame, pas de fans, pas de stars, pas d’écran géant, pas de Champs- Elysées. 

Rien de tout ça. Juste une cinquantaine de pelés mal attifés dans une petite église moderne de banlieue et un prêtre décati. Déprimant. 

C’est bien la preuve que la taille des funérailles d’un défunt reflète à peu 

près la dimension de son existence. C’est ça le verdict implacable d’un enterrement.
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Harioutz   20 avril 2020
Johnny a tué mon père de Elsa Levy
Depuis toujours je traîne cette impression avec moi. J'ai le sentiment profond de vivre à côté des autres, à côté de la vie. Je n'arrive pas à comprendre comment font les gens, alors je les regarde vivre, déambuler, trébucher, rire. J'essaie de faire comme eux, mais ça ne marche pas. Je suis en décalage.

Du matin ouvre l'œil, jusqu'au soir où je ferme les deux, je suis à côté. Comme si j'étais né avec des bras, des jambes, des yeux, des connexions neuronales, tout ça, une sorte d'avatar en réalité, mais sans avoir les bons outils pour simplement vivre. J'ai toujours la sensation que tout se passe en dehors de moi et que je ne suis qu’observatrice. Pourtant, tout me heurte au plus haut point, mais je regarde la vie comme un film au cinéma. Impuissante. Alors j'écris dans ma tête des histoires. Depuis que je suis en âge de penser, j'écris des histoires et elles ne sortent pas de ma tête. Je suis comme une machine qui produit constamment des débuts d'histoires, des passages entiers, des dénouements. Et plein de titres, j'écris plein de titres. Tellement de titres que je les ai tous laissés au stade de titres, comme s'ils se suffisaient à eux-mêmes.



Un jour, j'aimerais réussir à coucher tous ces mots sur un document Word, mais pour l'instant ça ne sort pas. Je n'arrive pas à écrire ce que ma tête décrit. Je n'arrive pas à enregistrer les phrases. Ça va trop vite. Les phrases passent devant moi comme des voitures sur une autoroute. Impossible de les figer.

Dans l'idéal, il faudrait qu'un ordinateur soit directement connecté à mon cerveau et qu'il écrive à ma pensée. Parce que ce qui me fatigue, c'est de penser au chemin que doit prendre une idée depuis ma tête jusqu'au bout de mes doigts pour taper sur un clavier. Ça m'épuise.

En fait, tout m'épuise. J’ai 25 ans et la vie m'épuise. Il y en a qui croit en la réincarnation, moi, rien que l'idée de me retaper une autre vie sur Terre m'épuise. Et l'idée que je puisse me réincarner en chien, ou chat ou en baobab me fait encore plus flipper que l'idée de mourir.
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lechapitredangela   27 avril 2020
Johnny a tué mon père de Elsa Levy
"Autant, quelques heures plus tôt, la mort de Johnny me semblait dérisoire autant maintenant, elle donnait un écho désagréable à ce que j'étais en train de vivre. J4ai eu la sensation qu'on me volait la vedette. Pire, qu'en ce jour sacré, il était ridicule, voire interdit de pleurer quelques d'autre que Jean-Philippe Smet. Tout ce qui n'avait pas de lien avec Johnny, n'avais pas sa place."
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EcrireLire   15 octobre 2021
Je de société de Elsa Levy
Moi, chômeur de la République, je ne suis pas, de mon propre chef, le chef de la majorité ni de la minorité, je suis un numéro.



Moi, chômeur de la République, je ne suis pas un numéro de loto, ni un numéro de téléphone mais un mauvais numéro. Un numéro à sept chiffres qui ne peut pas faire son numéro mais seulement taper sur le 3949 (partiellement gratuit puisque le fixe me taxe).



Moi, chômeur de la République, je ne traite pas le premier ministre de collaborateur, je ne traite d’ailleurs personne de rien, j'ai trop peu de voix, je suis vouée à me taire et à laisser parler les chiffres.



Moi, chômeur de la République, je ne participe pas à des collectes de fonds pour mon propre parti, je me contente de toucher le fond avec toutes mes parties.



Moi, chômeur de la République, je fais fonctionner la justice de manière indépendante, en effet je n’attends rien d’elle, je la laisse faire son travail tranquillement puisqu’elle en a. Je n’ai aucun droit sur elle, juste quelques devoirs, alors je me contente de lui ressembler: à défaut d’être demandée je suis demandeuse, je suis parfois bafouée, souvent manipulée, de temps en temps recherchée mais jamais saisie.



Moi, chômeur de la République, je fais en sorte que mon comportement soit en chaque instant exemplaire puisque je m’actualise chaque mois en double exemplaire sur un site en tant qu’exemplaire numéroté et invendu. Je rends des comptes que je ne compte plus, je donne des entretiens à défaut de m’entretenir et des justificatifs pour éviter de perdre celui d’un domicile.



Moi, chômeur de la République, je ne cumule pas mes mandats pour me consacrer pleinement à ma tâche, je cumule juste mes dettes, mon stress et la détresse de tous les autres non mandatés qui font tâche.



Moi, chômeur de la République, j’essaie d’avoir de la hauteur de vue, et ce n’est pas compliqué vu que tout le monde me prend de haut.



Moi, chômeur de la République, j’ai le souci de la proximité avec les français, en effet j’ai plus de 3 millions de personnes qui savent de quoi je parle, et ça vaut largement les 65 millions de certains qui ne pipent rien, et ce, pas seulement parce qu’ils seraient enfants, ados, actifs ou retraités.



Enfin, moi, chômeur de la République, je ne meurs pas, mais c’est chaud puisque on me fait vivre dans la raie (du cul) publique.



Mais moi, chômeur de la République, je me relis. Et, comme on prend un chiffre au hasard, comme on justifie, comme on liquide, je me demande si moi, travaillant, cotisant et trimant, mon sentiment n'aurait pas été le même, mon billet semblable et son titre plus général « Moi, citoyen de la République »?
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EcrireLire   31 mars 2020
Johnny a tué mon père de Elsa Levy
Je suis retournée dans la librairie et me suis plantée devant la grande table de l’entrée. Lionel avait déjà réorganisé tout l’étale. Des piles de bouquins plus tape-à-l’œil les uns que les autres étaient venues s’imposer en un claquement de doigt. Et des titres on ne peut plus craignos « Johnny la légende », « Johnny le guerrier », « Johnny, le rock dans le sang », et j’en passe. Dans un coin, empilés par terre comme un tas de merde, des Sagan, Carrère, Bukowski, Gaudet, réduits à l’état de poussière. Ça faisait tout drôle. J’ai regardé les bouquins sur Johnny, aux couvertures épaisses et plastifiées avec des images grotesques qui trônaient sur la table et faisaient un sacré pied de nez à tous les grands de la littérature. J’avais du mal à qualifier la situation. Étonnante, absurde, déroutante ? Folle.
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VeryImportantBook   16 mai 2020
Johnny a tué mon père de Elsa Levy
On aurait dit une internée de Saint-Anne en cavale. Ou non, en fait, on aurait dit ma mère.
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Irisyne   20 avril 2020
Johnny a tué mon père de Elsa Levy
... J'avais vécu 25 ans dans le même pays que ces gens, je regardais les mêmes chaînes télé, faisais mes courses dans les mêmes supermarchés, vivais sous les mêmes lois, mais j'ignorais que ce monde parallèle cohabitait avec le mien.
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EcrireLire   31 mars 2020
Johnny a tué mon père de Elsa Levy
J’ai pensé à Laeticia Hallyday. Elle devait avoir rendez-vous à l’Élysée, avec Brigitte et Emmanuel Macron, pour s’entretenir de la cérémonie. C’est là qu’ils allaient décider ensemble de La Madeleine, du protocole, des discours, du dispositif. Dans la petite église Sainte-Thérèse du fin fond de l’Aquitaine, on se questionnait sur un choix de trois chansons et deux prières, et on estimait les convives à cinquante, riverains inclus.
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Marti94   28 avril 2020
Johnny a tué mon père de Elsa Levy
Ma mère n’a aucune de ses horloges à la bonne heure, elles avancent toutes d’environ 10 à 15 minutes. Pour elle, c’est une garantie de ne jamais être en retard. À mes yeux, c’est surtout une façon de se mettre en permanence sous pression et de chercher à tout contrôler, même le temps. C’est une curieuse manière d’avoir comme une emprise sur le temps et de penser qu’on peut le dominer.
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lechapitredangela   27 avril 2020
Johnny a tué mon père de Elsa Levy
"Je réfléchissais à mille à l'heure, ce qui ne veut pas dire que je réfléchissais bien. En réalité tout s'embrouillait dans mon esprit, mais je devais réfléchir. Je me souviens même réfléchir à ce à quoi je devais réfléchir. Bref, j'étais dans un sale état."
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