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3.81/5 (sur 55 notes)

Nationalité : Royaume-Uni
Né(e) le : 16/11/1940
Mort(e) à : Aylsham , le 21/04/2022
Biographie :

Elspeth Barker (16 novembre 1940 - 21 avril 2022) était une romancière et journaliste écossaise.
Née sous le nom d'Elspeth Langlands, elle a grandi au château de Drumtochty, dans l'Aberdeenshire, en Écosse, où ses parents dirigeaient une école préparatoire pour garçons.
Le seul roman de Barker, O Caledonia, a été publié en 1991. Il a remporté quatre prix et a été présélectionné pour le prix Whitbread. Son anthologie éditée Loss, sur le deuil, a été publiée en 1997, et ses critiques et essais dans une collection de 2012, Dog Days.

Son premier mari était le poète George Barker dont elle a eu cinq enfants, dont la romancière Raffaella Barker. En 2007, elle a épousé l'écrivain Bill Troop.
Barker est décédée chez elle à Aylsham le 21 avril 2022, à l'âge de 81 ans, de problèmes de santé à la suite d'un AVC.
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Source : wikipedia
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Citations et extraits (35) Voir plus Ajouter une citation
Au milieu du grand escalier de pierre qui s’élève du hall sombre et voûté d’Auchnasaugh, il y a un grand vitrail. Les hauteurs de son arche gothique abritent un panneau circulaire dans lequel un cacatoès blanc, le cœur transpercé par une flèche, agonise. Tout autour, entrelacée parmi les feuilles d’un vert intense et les branches tordues, défile la légende : Moriens sed Invictus, « Mourant, mais insoumis ». Dans la journée, cette fenêtre laisse entrer peu de lumière, mais le soir, au début de l’hiver, quand le soleil émerge de derrière les collines qui se profilent à l’horizon pour se coucher aussitôt au loin dans le vallon, elle répand une splendeur surnaturelle ; des déferlantes écarlates, vertes et bleues, animées par des atomes de poussière tourbillonnants ; et elle déverse des pétales translucides sur les marches grises et froides. La nuit, quand elle est haute, la lune rayonne à travers le cacatoès à l’agonie et projette ses gouttes de sang, tel un collier de rubis, sur les dalles du hall. C’est là que fut découverte Janet, curieusement vêtue de la robe du soir en dentelle noire de sa mère, le corps tordu, affalée dans la mort, victime d’un meurtre sanglant.

(Incipit)
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Elles galopaient sur le sable mouillé et brillant, puis elles ôtaient les selles et se baignaient avec leurs montures. C'était merveilleux. Les chevaux pénétraient timidement dans l'eau, en levant haut les jambes, et faisaient de petits sauts de côté devant les vaguelettes. Puis, quand ils avançaient un peu plus loin, ils cambraient leur cou, s'ébrouaient et enfonçaient leur nez dans la houle verte. Leurs flancs mouillés devenaient glissants. Et soudain, dans un élan sauvage, ils s'abandonnaient à la mer, ils plongeaient en toute liberté, ressortaient de l'eau et s'y vautraient. Les embruns frappaient le visage de Janet, le vent lui coupait le souffle, elle s'accrochait à la crinière ; air et eau, terreur et extase. Elle aurait pu mourir ainsi, sans s'en apercevoir, chevauchant les messagers invisibles de l'atmosphère.
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Elspeth Barker
Les plaisirs du jour se poursuivaient. Les cours avaient lieu dehors. Ils lisaient Macbeth, dont l'action se déroulait manifestement à Auchnasaugh. Allongée dans l'herbe chaude, Janet regardait les hirondelles tournoyer au-dessus des remparts.

"J'ai remarqué qu'où il habite et multiplie de préférence,
L'air est délicieux."

Généralement on lui faisait lire le rôle de Lady Macbeth, ce qu'elle trouvait hautement gratifiant. Mais elle convoitait également quelques répliques de Macbeth, notamment :

" Cette mer qui empourprera les vagues innombrables
Faisant de la mer verte un océan rouge."

mais celles-ci, elle les apprit très vite par coeur. La nuit sombre des âmes des époux Macbeth était la nuit sombre d'Auchnasaugh en hiver.
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Elspeth Barker
Heureusement, on ne fêtait pas Halloween à St Uncumba car c'était un rituel païen satanique. En revanche, on allumait un grand feu pour la nuit de Guy Fawkes
(le 5 novembre. Commémoration de la "conspiration des poudres", journée au cours de laquelle des catholiques anglais tentèrent de faire sauter le Parlement)
et on brûlait une effigie humaine.
Il fallait voir l'assistance applaudir et pousser des cris de joie quand le bonhomme s'embrasait et s'affaissait en se recroquevillant sur lui-même, avec un réalisme effrayant. "C'est toujours un moment angoissant, lorsqu'on attend qu'il prenne feu", confia la directrice. Janet observait les silhouettes rassemblées autour du bûcher. Engoncées dans leurs gros manteaux et leurs écharpes, chaussées de leurs bottes d'hiver, elles ressemblaient à des paysans dans un tableau de Breughel : fascinées, hypnotisées par les flammes et le triste personnage en train de brûler. La populace, songea t'elle. La violence de la populace. Elle se souvint de ce jeu d'orgue appelé Vox Populi. Très peu pour elle.
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Vous allez pénétrer dans un monde de manteaux en tweed qui grattent, d'austères nounous sévères, de soeurs cadettes d'une perfection exaspérante, d'animaux domestiques excentriques et d'immenses châteaux glacials. Un monde où les filles ne sont considérées que comme une "forme inférieure d'un garçon" et où le rigorisme calviniste est souligné par la nature sauvage et séduisante des paysages des Higlands.
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Elle était la première personne sur terre ; elle seule venait troubler la rosée. Sur le trajet du retour, elle découvrait des merveilles cachées : trois bébés hérissons se régalaient d'une bogue de marron pourrie ; une biche et son faon croisaient son chemin, tranquilles, plongés dans leur monde. Un jour, elle tomba sur une étendue de Phallus impudicus, qui brillaient d'un éclat blanc et joyeux dans l'herbe tendre, un festival d'elfes priapiques ou un hommage à une reine des fées.
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Alors qu’elle s’éloignait des « Jours heureux », sur la route qui longeait la falaise, un oiseau blanc, un pétrel géant, l’avait accompagnée, escortée même. Il planait juste en dessous d’elle, sous le bord de la falaise, il plongeait et remontait, son visage rond et impénétrable tourné vers elle. Janet se disait que c’était peut-être l’âme de Lila, évadée temporairement de sa petite cellule blanche, de son lit étroit et de son être endormi, chevauchant en toute liberté sur le dos du vent : une présence fantomatique venue lui souhaiter bonne chance.
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Les vents furieux de l'aube se déchaînaient sur Auchnasaugh, gémissant entre les arbres et secouant les carreaux des fenêtre. Enfin, ils battirent en retraite vers le nord, emportant avec eux l'esprit de Janet, bien loin de l'amour et du chagrin, jusqu'à ce que leur éloignement se confonde avec le soupir de la mer dans un coquillage.
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L'appel solitaire d'une chouette, qui l'enchantait autrefois, la transperçait d'effroi maintenant. L'inhumanité de l'homme vis-à-vis de l'homme et des animaux dominait un monde où régnaient une anarchie cruelle et le déshonneur. Seuls les arbres, les collines et le ciel nocturne conservaient leur beauté pacifique, ‘contemple le firmament étoilé’. Elle dénicha un globe terrestre qu'elle emporta dans sa chambre. Assise par terre, elle l'étudiait en pleurant. Sans savoir pourquoi elle pleurait. (p. 203)
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Elspeth Barker
La lune venait de lui donner une idée. Dans le salon il y avait un ouvrage de Théocrite contenant un sortilège qui permettait à une fille de convoquer son amant à ses côtés. Il s'adressait à la lune. La fille était censée filer de la laine en même temps, mais tant pis, elle trouverait bien quelque chose pour remplacer un rouet...

Brille de tout ton éclat, déesse de la Lune ...
Ô cristal, conduis mon bien-aimé jusque chez moi ...
Songe, chère déesse, à mon amour et à la façon
dont il est survenu ...
Conduis le jusqu'ici, jusque chez moi ...
Brille de tout ton éclat, déesse de la Lune ...

Qu'est donc la vie pour moi sans toi,
Que reste t'il si tu n'es plus là ...
... Qu'est la vie sans mon amour ?

se lamentait Orphée, pendant que Janet marmonnait dans la pénombre.
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