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Note moyenne 3.99 /5 (sur 103 notes)

Nationalité : France
Né(e) : 1971
Biographie :

Emmanuel Roudier est né en 1971 en région parisienne. Il obtient en 1992 son diplôme d’arts appliqués à l’ENSAAMA, et travaille dans un premier temps en tant qu’illustrateur pour la presse jeunesse et scientifique. Passionné d’archéologie, il met au point les grandes lignes d’une saga préhistorique : Le Cycle de Vo’hounâ pour lequel il reçoit en 2005 le prix Bo Doï - Leclerc « Décoincer la bulle ». Ces dernières années, le travail d’Emmanuel Roudier (planches de bandes dessinées ou illustrations originales) a fait l’objet de plusieurs expositions, notamment au Musée d’Archéologie Nationale de Saint- Germain-en-Laye en 2005, au Neanderthal Museum en Allemagne et au Musée de l’Homme en 2006 ainsi qu’au Musée National de Préhistoire des Eyzies en 2007. Une exposition de planches originales a également été présentée au public lors de l’édition 2006 du salon du livre du Mans, consacrée aux peuples de la préhistoire. Emmanuel Roudier vit actuellement dans l'Hérault.

Texte © Delcourt
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Source : http://www.bedetheque.com
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Vidéo de
Emmanuel Roudier en interview pour planetebd.com .
Dans la lignée d?André Cheret et de son cultissime Rahan, Emmanuel Roudier s?est spécialisé dans les aventures préhistoriques en BD. 3 tomes de Vo?houna chez Soleil, puis 3 autres de Néandertal chez Delcourt? et aujourd?hui, il s?attaque à l?adaptation de La guerre du feu, le roman de J-H Rosny, dont Jean-Jacques Annaud a déjà tiré un célèbre film. A travers son ?uvre de passionné, l?auteur offre une sorte de trait d?union habile entre l?aventure grand-public et l?étude universitaire de société, pointue et didactique. Une looongue et passionnante interview?
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
Erik_   21 novembre 2020
La Guerre du Feu, tome 1 : Dans la nuit des âges de Emmanuel Roudier
La guerre est semblable au feu, lorsqu'elle se prolonge elle met en péril ceux qui l'on provoquée.
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Oliv   10 octobre 2018
La Guerre du feu - Intégrale de Emmanuel Roudier
Et déjà le monde était vaste dans l'intelligence des Oulhamr. Ils connaissaient la marche du soleil et de la lune, le cycle de la lumière suivant les ténèbres, de la saison froide alternant avec la saison chaude ; la route des rivières et des fleuves ; la forme, les habitudes et la force des bêtes innombrables ; la croissance des arbres et des herbes, l'art de façonner l'épieu, la hache, la massue, le grattoir, et de s'en servir ; la course du vent et des nuages ; le caprice de la pluie et la férocité de la foudre...

Enfin, ils connaissaient le feu, la plus terrible et la plus douce des choses vivantes.
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PATissot   06 avril 2015
Néandertal, tome 1 : Le Cristal de Chasse de Emmanuel Roudier
- Tu as perdu la tête, Laghou ! Maabh a raison ! Cette tâche n'est pas pour toi ! Tu n'es pas un chasseur, tu vas te faire tuer !!

- C'est ce qu'on verra ! Mulghar m'aidera ! Kozamh m'aidera !

- Mais tu n'as pas besoin de mettre ta vie en danger pour prouver à tes frères que tu peux chasser ! Ils s'en moquent ! Et nous autres, nous reconnaissons tous tes dons exceptionnels ! Laghou, une telle aventure n'est pas pour toi, ainsi en ont décidés les esprits ! Ici, tu as ta part des repas et . . .

- Tai-toi ! Tu ne comprends rien ! Il y a . . . il y a cette force puissante dans ma poitrine qui me pousse en avant ! Est-ce le souffle des esprits ? Est-ce le sang de mes ancêtres qui m'exhorte sans relâche à recouvrer leur prestige ? Je ne sais pas mais . . . Tous ici vous respectez mon adresse pour tailler la pierre et le bois . . . Est-ce bien assez ? Combien de fois ai-je entendu Maabh se lamenter que jamais une femme ne voudrait d'un homme comme moi, qui ne pourrait être son pourvoyeur ?

- C'est faux ! Tu sais que lorsque les femmes comparent le prestige des hommes, la générosité et le talent comptent autant que la bravoure ! Laghou, si nous n'étions pas du même clan . . .

- Mais nous sommes du même clan, Kushti . . . Je vais partir sans tarder. Je ne voudrais pas croiser mes frères. J'ai une longue marche à faire.

- Tu seras seul, comme un loup loin de sa meute . . .

- Je ne serai pas seul. Mulghar, Kozamh, tous mes ancêtres et les esprits corbeaux marcheront avec moi.
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Oliv   10 octobre 2018
La Guerre du feu - Intégrale de Emmanuel Roudier
Les mammouths ne songeaient pas à la poursuite : une fois de plus ils avaient donné la mesure de leur puissance, une fois de plus ils se connaissaient les maîtres de la terre.

Et Naoh, comparant les bêtes souveraines à Nam et à Gaw, les bras grêles, les jambes minces, les torses étroits, aux pieds rudes comme des chênes, aux corps hauts comme des rochers, concevait la petitesse et la fragilité de l'homme, l'humble vie errante qu'il était sur la face des steppes.

Il songeait aussi aux lions jaunes, aux lions géants et aux tigres qu'il rencontrerait dans la forêt prochaine, et sous la griffe desquels l'homme ou le cerf élaphe sont aussi faibles qu'un ramier dans les serres d'un aigle.
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Moussaron32   25 juin 2017
Ao, petit Néandertal de Emmanuel Roudier
Le clan est regroupé autour de la maman d’Aki, en larmes. Aki court vers les siens ; en la voyant, sa maman pousse un grand cri de joie. Tout le monde se précipite vers elle. Ao pénètre à son tour dans le camp, le petit ours sur ses talons. Le garçon regarde autour de lui avec intérêt. Huttes, vêtements, coiffures, outils : tout est différent ici ! Les Cro-Magnon sont grands, avec des visages aplatis, comme s’ils étaient passés sous les pieds d’un mammouth ! Ils ont l’air beaucoup moins forts que les hommes et les femmes de son clan ! Soudain quelqu’un aperçoit l’étrange duo. Aussitôt un cercle se forme autour d’eux. D’où sort ce petit garçon à l’allure si singulière ? Et cet ourson avec ce prodigieux pelage blanc ? Chacun essaie de le toucher. Grrou a beau grogner et montrer les crocs, personne ne s’en soucie !

Aki regarde de tous côtés. – Où est donc passé son papa ? demande-t-elle. Les visages s’assombrissent. – au cours de la dernière chasse, un bison lui a donné un coup de corne ; il est couché dans la hutte, répond sa maman en l’invitant à la suivre. Ao retrouve Aki en larmes au chevet de son père. – je peux le soigner assure-t-il. Intriguée, la maman d’Aki lui propose de s’approcher. Ao étale délicatement le contenu de son petit sac sur la blessure. Le saignement s’interrompt aussitôt. Les membres du clan n’en reviennent pas. Comment a-t-il fait cela ? c’est de la Magie !

Le lendemain matin, à son réveil le papa d’Aki constate que sa blessure s’est presque refermée. Informé des mésaventures d’Ao, il se souvient d’avoir aperçu des chasseurs quand il cherchait la piste du troupeau de rennes ? Leur campement pourrait se situer de ce côté-là. – Je crois pouvoir t’aider à retrouver les tiens, dit-il. Je vais demander à mes frères de nous accompagner. Nous partirons dès demain. Aki et sa maman décident, elles aussi, de faire partie de l’expédition.

La petite troupe marche longtemps. Grrou trottine devant. Lui aussi voudrait rentrer chez lui. Ce n’est pas son territoire ici : il y fait beaucoup trop chaud. ! Les oursons blancs ne sont pas faits pour vivre loinb de la glace et de la neige. Après avoir exploré en vain de nombreux endroits, le groupe finit par apercevoir des volutes de fumée. Soudain deux silhouettes massives surgissent devant eux. Des Neandertal ! Impressionnés, les chasseurs Cro-Magnon se figent, sur la défensive. – c’est papa ! s’ecrit Ao. Stupéfait, le chasseur reconnait son petit garçon au milieu des gens étranges. Après l’avoir cherché pendant plusieurs jours, il avait perdu tout espoir de le revoir. Fou de joie, il serre son enfant dans ses bras en balbutiant des remerciements.

Dans le campement une bonne odeur de viande flotte autour du feu. Le clan Neandertal fête le garçon et ses nouveaux amis. Avec de grands gestes, Ao raconte son aventure. D’abord intimidé, Aki accepte de se joindre à lui pour miner l’affrontement avec la hyène. Les spectateurs rient aux éclats.

Couché dans un coin, tout renfrogné, Grrou se sent seul. Sa maman lui manque et il ne croit pas que ses humains bruyants vont beaucoup l’aider à rentrer chez lui ! Plusieurs jours ont passé. Les Néandertal et les cro-Magnon sont curieux de se connaître. Ils communiquent du mieux qu’ils peuvent, comparant leurs outils et leur savoir-faire. Le père d’Ao révèle au papa d’Aki la présence de troupeau de rennes, repérés dans une proche vallée par des guetteurs de son clan.

Ao et Aki sont devenus inséparables. Parfois ils font de longues promenades, toujours suivis de Grrou. Ao montre à Aki les endroits où poussent les plantes qui servent à fabriquer son précieux remède. Perché sur un promontoire, l’ourson hume la brise venue du Nord. Il croit reconnaître un effluve familier. Les enfants ne lui prêtent aucune attention. Alors, lentement, le petit ours leur tourne le dos et s’éloigne. Ao et Aki ne s’en aperçoivent même pas ! Le moment de se séparer finit par arriver. En bons voisins, Les Gro-Magnon ont invité les Neandertal à organiser avec eux la prochaine chasse et à participer aux fêtes qui suivront. Ao et Aki sont impatients d’y être. Ils sont tristes de se quitter bien sûr mais ils se réjouissent déjà des nouvelles aventures qui les attendent.

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PATissot   21 juin 2015
Vo'Hounâ une légende préhistorique de Emmanuel Roudier
{ 1ère partie }

[ Rencontre d'un homme de Cro-Magnon ( homme long ) et d'un couple de Néandertaliens ( hommes-ours ). ]

Et ainsi en alla-t-il, jusqu'au jour où Cheval-Cabré marcha plus encore vers l'ouest.

- " Pas si loin, pas si loin " ! Quels timorés ! Si les ancêtres avaient été aussi frileux, on aurait pas franchi les monts de glace de sitôt !

- Takhja ! Un clan de chevaux ! Ils pourront peut-être m'aider !

- Oh ! Qu. . . ? Qu'est-ce que c'est que ça ? ! Corne de bouquetin ! Des gens qui chassent des chevaux ? !

- Bande de hyènes, vous êtes mal tombés ! Personne ne touche aux enfants de Takhja !

- Fuyez, chevaux ! Etalon ! Entraîne ton clan loin d'ici, vite !

- Qu'est-ce que les chasseurs croyaient ? Qu'ils allaient tuer les frères de Cheval-Cabré sous ses yeux ? Et qu'il les laisserait faire ? !

- Maintenant que les chevaux ont pu fuir sains et saufs, tout va bien ! Que les chasseurs disent pl. . . ?

[ Un chasseur s'élance et terrasse Cheval-Cabré ]

- Faudraug !

[ Dans une grotte, la femme soigne Cheval-Cabré ]

- Qu. . . qu'est-ce que ? La douleur. . . elle disparaît.

- Les yeux de miel !

- Shh. . .

- Qu. . . qui. . . ?

- Cheval-Cabré salue la chamane. . . Cheval-Cabré du clan du Cheval des Vents.

- Cheval-Cabré. . . Qui sont les chasseurs de chevaux ?

- Vo'hounâ xö atr vou'ha-kani.

- Mais. . . Hé ! Femme ! Où. . . où vas-tu. . . où. . . ?

( . . . )

Plus tard au camp du clan de Takhja.

- Cheval-Cabré s'emporte à nouveau ! Est-il en train de dire que cette femme étrange aux. . . " aux yeux de miel " est celle dont a parlé Main-d'Ecume ?

- Aussi sûr que le soleil se lève le matin !

- Cheval-Cabré n'a jamais rencontré des gens comme elle et son homme avant cela ! Et la caverne ? ! La caverne que Takhja a montrée à Sabot-Tonnerre lors de sa transe, quand il a cherché la trace de cette femme ?

- Mais. . . mais dis-moi : cette femme qui porte sur la tête un crâne d'ours et son homme qui a la force de deux hommes, ne sont ils pas petits mais puissamment bâtis ? Leurs visages ne sont ils pas comme un museau et leurs yeux deux cavernes ?

- Quoi ! ? Mais non, pas du tout ! Enfin. . . d'une certaine manière, peut-être.

- Cheval-Cabré est un idiot ! Il a rencontré des hommes-ours ! Qu'il remercie Ao de ne pas avoir été massacré !

- Massacré ? ! Mais non, Ventre-Blanc ! D'accord, l'homme était dangereux, mais cette femme est une guérisseuse ! Elle m'a sauvé la vie ! Seulement. . . quand Cheval-Cabré a voulu lui parler, elle a disparu avec son homme. Et il n'y avait aucune trace pour suivre leur piste.

- Les suivre ? !

[ Plus tard, au-dessus d'une vaste combe. ]

- Takhja ! C'est donc là-dedans qu'ils vivent ces hommes-ours ? !

- Alors allons-y ! Cheval-Cabré te fait confiance Vo'hounâ ! Puisse-t-il prouver aux anciens qu'ils ont tort de se méfier !

- Hé bien ! Les voilà enfin, leurs empreintes invisibles ! Sang d'Ao, elles sont toutes fraîches. . .

- Pourquoi l'homme long fouine-t-il par ici ? !

- Attend, Trovl ! Il ne parle pas notre langage. Ainsi Vo'hounâ avait raison. L'homme long a réussi à retrouver notre piste.

- Oui ! Et Cheval-Cabré sait parler ta langue.

- Qui lui a appris les mots du grand ours ?

- Personne ! C'est. . . l'homme long possède de nombreux pouvoirs ! Mais aujourd'hui. . . il vient en paix à la rencontre des hommes-ours, avec des présents dans ses besaces !

- Suis nous !

Et peu après

- Enflamme une torche, nous allons traverser le ventre de la falaise.

Après une courte marche dans les ténèbres, les trois hommes reparurent à la lumière. . . de l'autre côté.

- Hmm. . . la clairvoyance de Vo'hounâ ne se dément pas ! Hurm ! Au nom de la tribu d'Ourzosbraugo, Gohoum salue l'homme long ! Mais avant tout, Quel est son nom ? Et pourquoi est-il venu seul jusqu'ici ?

- Salut à toi, Gohum ! L'homme long se nomme Cheval-Cabré, fils de Harfang et d'Œil-Noir du clan de Takhja, le grand Cheval des Vents. Il est venu trouver les hommes-ours en ami, au nom du peuple de Montharoumone.

- En ami ? Certains ici connaissent déjà l'homme long. Il reconnait sans doute la femme qui a soigné sa blessure, l'autre nuit. Voici Vo'hounâ ! Elle est la sœur de Faudraug, ce chasseur qui n'aime pas que l'on fasse fuir ses proies !

- Les hommes-ours chassaient des chevaux ! Cheval-Cabré ne pouvait pas les laisser faire : Takhja est l'ancêtre de mon clan ; les chevaux sont mes frères ! Pour être intervenu, Cheval-Cabré a été blessé puis soigné. Il pense être quitte de cette querelle !

- De cela, seul Faudraug peut être juge. Cheval-Cabré est aussi brave que fou, de venir ainsi narguer celui qui a failli le tuer ! Pour quelles raisons l'homme long risque-t-il une nouvelle fois sa vie ?

- Cheval-Cabré voulait retrouver Vo'hounâ, d'abord pour la remercier mais aussi. . . il ne croit pas que nos deux peuples doivent être ennemis ! Cheval-Cabré veut apprendre à connaître les hommes-ours pour raconter à son clan qui ils sont vraiment ! Avec ces présents, recevez le respect et la bienveillance des hommes longs.

- Nous les acceptons ! Par sa présence, Cheval-Cabré prouve son courage ; par ses paroles, il montre sa sagesse. Sois le bienvenu dans notre camp, homme long !

- Wouopopop ! Pas si vite Vo'hounâ ! Pour le moment, bien qu'elle soit curieuse de découvrir ces présents, la tribu va devoir se réunir et décider si elle accepte que Cheval-Cabré reste ici. Mais quoi qu'il advienne, tu partageras notre feu, ce soir. Gohoum a hâte de savoir comment tu es parvenu à trouver le camp d'Ourzosbraugo ! D'ici là, Trovl te mènera dans la hutte où tu pourras te reposer, boire et manger.

[ Après une mise à l'épreuve contre le grand ours rouge. ]

- Le fils d'Ourzohounkan doit pardonner la folie de Cheval-Cabré ! Il a compris son erreur. . . Vo'hounâ et les hommes-ours sont ses amis ! Entendez-vous, hommes-ours ? Tout comme il a empêché Faudraug de tuer les chevaux, Cheval-cabré ne combattra pas votre frère le grand ours rouge ! Et il rend hommage au sang du puissant Ourzohounkan qui coule dans les veines de Qrom !

- Vo'hounâ. . . on dirait que Cheval-Cabré va avoir besoin de tes soins à nouveau. A-t-il. . . a-t-il passé l'épreuve ?

- Oui, tu as réussi ! Mais Vo'hounâ a eu très peur ! Personne ne sait comment tu as fait pour calmer l'ours ! Même Faudraug est impressionné !

- Ne bouge pas, homme long. Nous allons te ramener au camp.

Et le lendemain. . .

- La volonté d'Ourzohounkan est que Cheval-Cabré demeure avec nous aussi longtemps qu'il le souhaite ! A partir d'aujourd'hui, il est notre frère ! Qu'il soit le bienvenu !

- Longue vie à notre frère ! - Bienvenue ! - Bienvenue à toi, homme long !

- Faudraug ne savait pas si l'homme long comprendrait ; mais désormais Cheval-Cabré est le frère de Faudraug, comme l'ours rouge !

- Alors Faudraug est le frère de Cheval-Cabré, comme les chevaux ! En espérant qu'il ne lui réserve pas d'autres surprises de ce genre !

- A un moment Faudraug a cru que. . . il a bien cru que Cheval-Cabré parlait avec l'ours ! Est-il un sorcier ? !

- Non. Mais il garde quelques surprises lui aussi !

Ce jour-là Cheval-Cabré festoya au côté des hommes-ours. Vo'hounâ était heureuse et fière. Car l'homme long en qui elle avait placé sa confiance. . . cet homme-là était bien celui dont avait parlé son père avant de mourir. Celui qui allait la délivrer de sa malédiction. Et dans le cœur de Vo'hounâ , un feu s'alluma qui ne s'éteindrait plus.

- Silence ! Silence ! A présent, Cheval-cabré doit connaître le secret de la tribu !

- Non, Gohum ! Vo'hounâ dira le secret elle-même ! Au nom de son père Ourzosbraugo, elle réclame ce privilège !

- Hrm. . . très bien Vo'hounâ, au nom d'Ourzosbraugo.

- Suis Vo'hounâ, Cheval-cabré ! Elle va te montrer un site sacré. Tu es en droit de le connaître désormais !

- Voici la grotte d'Ourzohounkan. C'est ici que la tribu préserve les crânes de ses ancêtres. Et aussi les crânes des grands ours rouges, nos protecteurs, nos guides.

- Ici s'étend la grotte de la fertilité, là où la vie renaît de la mort. On y conserve la sève des arbres immortels et le miel sacré des cérémonies. C'est un endroit magique. Parfait pour oublier.

- Est-ce que tout peut recommencer, Cheval-Cabré ? Est-ce qu'on peut naître une deuxième fois ?

A cet instant, les flammes qui brûlaient dans leurs cœurs s'unirent en un seul foyer ardent.

- Vou'ha-kani ak théniki wu-k-däuro.

Par delà les différences entre leurs peuples, par delà la vieille rivalité qui avait jadis opposé Ourzohounkan et Montharoumone. . . la grande Ao avait réuni la femme-ours et l'homme long.

Et pourtant, malgré la force de leur amour naissant, clair et brûlant comme une torche. . . bientôt, les ténèbres allaient les engloutir.









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Parthenia   22 août 2014
Néandertal, Tome 3 : Le meneur de meute de Emmanuel Roudier
Fais attention, Laghou. Les esprits de la vengeance ne sont pas ceux de la justice. ne te trompe pas d'alliés ; ils pourraient te mener sur des pistes trompeuses.
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PATissot   20 juin 2015
Vo'Hounâ une légende préhistorique de Emmanuel Roudier
{ 2ème partie.}

Pendant ce temps, Faudraug avait installé un petit abri à l'orée d'une forêt, au cœur d'une vaste plaine enneigée. Là, comme il l'avait promis, il attendait le retour hypothétique de Cheval-Cabré.

Ses journées, il les passait à chasser, à pêcher, à rêvasser, à fabriquer divers outils. . . Bien qu'étant d'un naturel ombrageux, Faudraug n'avait pas un goût particulier pour la solitude, et à vrai dire, il commençait à trouver le temps long.

Il avait bien du affronter quelques danger, car un homme isolé est une proie convoitée. Mais Faudraug était un homme-ours redoutable, maître du feu et du lourd épieu et avec dans ses mains urkhomoraug, sa massue ensorcelée, aucun prédateurs n'avaient insisté bien longtemps dans l'idée de dévorer ses cuisses épaisses ou ses chaudes entrailles.

Mais des surprises attendaient Faudraug, que le grand ours lui réservait.

- Hé ! Des barrissements ! Peut-être que Cheval-Cabré est enfin de retour avec les mammouths !

[ Des chasseurs abattent un mammouth. ]

- Alors ça ! Faudraug n'imaginait pas que les rejetons de Montharoumone pouvaient chasser des mammouths ! Ils sont fous ! En tous cas, pas trace de Cheval-Cabré parmi eux, peut-être l'ont-ils vu ? Si Faudraug leur demandait. . . Non. . . prudence ! On ne parle pas leur langage, et ils pourraient croire que Faudraug est l'éclaireur d'une tribu venue disputer leur proie ! Mmm. . . on verra plus tard. Faudraug suivra leur piste comme le loup, et il découvrira leur camp bien assez tôt.

- ? [ Faudraug découvre des traces dans la neige menant à son abri. ]

- Qu'est-ce que tu fouines dans ma hutte, fille longue ? !

- Xxxxxxx ! ( langue inconnue de la fille longue )

- Quoi ?

- Xxxxxxx !!!

- Mouais. . . cesse de baragouiner, Faudraug ne comprend rien à ce que tu racontes !

- La fille longue, qu'est-ce qu'elle cherche ici ?

- ?

- La fille longue. . . elle connait les chasseurs de mammouths ?

- Xxxxxxx. . . Xxxxxxx. . .

- Oui, bon, ça va !

[ Elle sort de la hutte et s'en va. ]

- Attends !

- Euh... manger ?

[ Gestes d'invitation, sourire timide. ]

[ Ils mangent ensemble. ]

- Xxxxxxx.

[ La nuit, Faudraug veille la fille longue, dormant dans sa hutte. ]

- Eh bien ! Par les griffes du grand ours, voilà une jeune femme étrange. Ils sont bizarres ces hommes longs avec leurs visages de bébés. . . Qu'est-ce qu'elle fait là, hein ? Qu'est-ce qu'elle fait loin de ceux de sa tribu ? Pourquoi est-ce qu'elle a l'air d'avoir peur comme ça ?

- Heh ! En tous cas, elle n'a pas l'air tellement effrayée par Faudraug. Tant mieux, tant mieux ! C'est peut-être les chasseurs de mammouths qui lui font peur ? Il faut vraiment qu'elle ait la frousse pour se jeter comme ça dans la gueule du loup, avec juste un petit couteau.

- Mmm. . . de toutes façons, elle n'a rien à craindre ! Elle est bien trop maigre et bien trop grande. Sinon Faudraug ne dit pas. . . il aurait bien respiré sa peau et ses cheveux, et pris ses fesses ! Mais regarde-moi ça : elles sont si petites, on dirait des fesses de gamines ! Quel homme sensé voudrait coucher avec une femme dont on doit sentir les os ?

- On verra ça demain. Cette nuit, mieux vaut dormir d'un œil. D'ici que ceux de sa tribu soient à sa recherche. . . ils pourraient bien croire que Faudraug l'a enlevée !

Le lendemain.

[ Ils sortent de la hutte. ]

- Non, non ! On ne part pas ! Sang d'Ao, arrête de t'agiter comme ça ! Il n'y a rien à craindre ! Ne t'inquiète pas, Faudraug surveille. Il part juste relever des collets ! Non, pas par là ! On ne part pas ! Faudraug attend ici un homme long ! Il va revenir bientôt et il pourra causer avec toi.

- D'ailleurs ce sera pas mal qu'il n'attende pas le dégel pour montrer son museau, celui-là !

- Tiens donc ! Que voici-que voilà ? D'autres traces ! Mal camouflées.

[ Un éclaireur passe au loin. ]

[ La nuit suivante, dans la hutte. ]

- Xxxxxxx ?

- Chut. Des gens approchent !

[ Faudraug sort rapidement et se cache sur un arbre ]

[ Sept hommes de la tribu de la fille longue arrivent ]

- X xxxxxx !

[ Elle sort et essaie de fuir. Un combat s'engage ]

- Cours, fille longue ! Fuis !

[ Bientôt, Faudraug, gravement blessé, et la fille longue sont emmenés au camp des chasseurs de mammouths. ]

[ Dans la hutte de la femme chef. ]

- Allons ! Tout ceci est pure folie ! Et où Aurochs-Rouge comptait-elle aller ? Elle ne pouvait pas sérieusement penser demeurer aux côtés de ce. . . gnome ? Par la force, il semblait bien surpasser nos meilleurs chasseurs. Mais il était d'aspect si laid et si grotesque qu'il ne pouvait être que vicieux et cruel.

- Aurochs-Rouge a passé deux jours avec cet homme étrange, Sveltéchine ! Et il lui a bien semblé, au contraire, qu'il n'était ni cruel, ni vicieux ! Bien moins que toi, en tous cas, ma propre mère, prête à envoyer Aurochs-Rouge dans les terres de brumes pour apaiser les esprits !

- Quelle insolence ! Comment Aurochs-Rouge ose-t-elle parler ainsi devant la voix des ancêtres de son clan ? !

- Sveltéchine, et toi, Panthère-Pâle, mon époux, vous avez pris Aurochs-Rouge pour une idiote ! Mais sa pensée est rapide comme le vol d'un faucon et voit loin comme l'œil d'un aigle ! Croyez-vous qu'elle n'avait pas compris ? Qui allait pouvoir apaiser Montharoumone comme le veulent les rites, après qu'un septième mammouth a été tué ?

- Qui, sinon Aurochs-Rouge, dont tous ici se méfient car son esprit est vif, et dont Sveltéchine et Panthère-Pâle déplorent l'absence d'enfants ? Pensez-vous vraiment qu'Aurochs-Rouge n'a pas vu vos regards et entendu les paroles que vous croyez secrètes ?

- Sveltéchine pense qu'Aurochs-Rouge a irrité les esprits et qu'elle porte-malheur, et ne veut pas admettre que sa fille aînée puisse être encore sans descendance ! Quant à Panthère-Pâle, se passe-t-il un jour sans qu'il ne couve mes cinq sœurs de regards brûlants de convoitises ? !

- Oui ! Il valait mieux m'exiler au cœur des plaines froides que partir pour les terres de brumes par les propres mains et la perfidie de ma mère et de mon époux !

- Mais par l'aide des esprits, Aurochs-Rouge a trouvé la hutte de cet homme étrange ! Un gnome, dis-tu ? Pour autant qu'elle puisse en juger, il semble plus humain que toi, mère !

- Voici des mots bien amers et cruels ! Xâar l'esprit des glaces t'a vraiment rendue folle ma fille ! Un septième mammouth a été tué, cela est juste, mais nulle autre que la grande aurochs Astrathani ne peut décider qui doit donner sa vie pour apaiser Montharoumone ! Personne, pas même Sveltéchine, ne peut choisir qui aura l'honneur de donner sa vie pour le clan !

- Car c'est bien d'un honneur qu'il s'agit, ce qu'Aurochs-Rouge semble oublier ! C'est la raison pour laquelle, quand bien même tu aurais été choisie par Atrathani, tu aurais dû te réjouir de ce grand sacrifice, l'occasion de pouvoir enfin te rendre utile au clan au lieu de maugréer des reproches injustes et de chercher à fuir !

- Mais ne savons nous pas que ce sont l'orgueil et l'égoïsme d'Aurochs-Rouge qui retiennent mes enfants dans son ventre ? ! De toutes façons, ces récriminations n'ont plus aucune raison d'être ! Aurochs-Rouge aura bientôt ce qu'elle voulait : l'union entre elle et Panthère-Pâle sera bientôt déliée.

- Quant à la vie qui sera offerte à Montharoumone, la grande aurochs a déjà choisi : le gnome, qui par sa force et sa rapidité a prouvé sa grande valeur, sera sacrifié au lever de la lune.

- Quoi ? Et Panthère-Pâle ose appeler cela le choix dAtrathani ? Quelle mascarade ! Ainsi vous n'avez pas ramené cet homme ici pour le soigner et tenter de savoir qui il est, mais pour lui voler sa force et vous venger lâchement des blessures qu'il vous a infligées pour me défendre, seul contre sept, à votre grande honte !

- En voilà assez Aurochs-Rouge ! Le clan a enduré assez de ton insolence ! Le gnome a attaqué nos chasseurs ! Par ta faute, trois d'entre eux sont aujourd'hui entre la vie et la mort, attendant dans l'entre-monde la décision funèbre de Mordagg à leur égard ! Trois chasseurs qui risquent en ce moment de partir pour les terres de brumes, parce qu'ils ont tenté de te retrouver et de te ramener saine et sauve !

- A compter de cet instant, la parole d'Aurochs-Rouge est tabou ! Quiconque l'écoutera provoquera la colère des esprits, entendez-vous ? ! Aurochs-Rouge est la fille aînée de Sveltéchine, la voix des ancêtres ! Mieux que quiconque, elle devrait connaître la loi ! Pour une fois, qu'elle s'y soumette, au lieu d'user de son rang pour se comporter de manière arrogante et insensée !

- Puissante mère, Panthère-Pâle va rejoindre les autres. Il faut voir comment vont les blessés, et préparer le gnome pour la cérémonie de ce soir.

( . . . )

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PATissot   20 juin 2015
Vo'Hounâ une légende préhistorique de Emmanuel Roudier
{ 3ème partie. }

[ Quelques temps plus tard ]

- Cheval-Cabré ! Vo'hounâ a l'impression de revenir à la vie. . . tu es ma lumière du matin, douce et irrésistible. Tes baisers chassent les ténèbres.

- C'est toi qui est belle comme l'aube. Ta chevelure est flamboyante comme un soleil levant, et ta peau est fraîche et claire. . .

- Et Aurochs-Rouge ? Comment et sa peau ? A-t-elle été l'amante de Cheval-Cabré ?

- Ha ! Et pourquoi l'aurait elle été ? Aurochs-Rouge est belle, mais si étrange. . . Cheval-Cabré ne sait pas quels esprits président à sa destinée, mais elle a dû vivre de bien durs moments parmi les siens. En tous cas, c'est surtout Faudraug qui à l'air de s'intéresser à elle ! Il l'a rencontrée lorsqu'il attendait mon retour, et depuis . . . Vo'hounâ n'a rien à craindre. Cheval-Cabré ne veut aucune autre femme. C'est pour toi qu'il affrontera Thuriaq ! Pour ça, et pour réparer le mal qu'il a fait en tahissant sa parole, quand il est allé dans la caverne interdite.

- Tous ça est loin, maintenant. Qui peut dire s'il ne devait pas en être ainsi depuis le début ? Cheval-cabré. . . Vo'hounâ a un aveu à te faire. . .

- Un aveu ? Vas-y. . .

- C'est. . . eh bien. . . Vo'hounâ est enceinte. Elle porte dans son ventre deux enfants et. . . ils sont peut-être les fruits de Thuriaq.

- Qui que soit le père de ces enfants, ils seront avant tout ceux de Vo'hounâ. Alors Cheval-Cabré les traitera comme s'ils étaient de son propre sang, pour toujours. Tu as raison : qui sait s'il ne devait pas en être ainsi depuis le début ? Et qui sait quels mystères président à la magie de la procréation ? Cheval-Cabré t'aime Vo'hounâ. Sois en sûre : Cheval-Cabré sera un père pour tes enfants.

Depuis plusieurs jours déjà, Cheval-Cabré, Vo'hounâ, Faudraug, Aurochs-Rouge et le bouquetin blanc s'étaient mis en chemin vers une sinistre destination.

[ Lutte contre Thuriaq. ]

( . . . )

Après un long voyage, les quatre compagnons atteignirent les hautes falaises où s'abritait le camp de la Vague Noire.

Ils étaient fatigués de leur longue marche, mais leur cœur était plein d'énergie. Celle-ci redoubla lorsqu'ils virent avec combien de joie, de chants et d'étreintes ils furent accueillis en ce lieu.

Cheval-Cabré eut la joie de découvrir, comme il l'avait supposé, que tous les siens étaient venu rejoindre ceux de la Vague Noire pour traverser la saison de Mordagg. Les foyers clairs du camp défiaient l'hiver avec vigueur...

Crinière-d'Ombre, Main-d'Ecume, Aileron-Noir, Vent-Salé. . . Tous étaient là, aux côtés de Sabot-Tonnerre, Souffle-Feu, Course-Vent et tous les gens du clan de Takhja !

A tous, Cheval-Cabré présenta Faudraug et Aurochs-Rouge. Et son cœur s'emplit de fierté lorsqu'il présenta Vo'hounâ, la femme-ours aux yeux de miel, sa compagne.

( . . . )

Au cours du festin, Cheval-Cabré présenta à tous Vo'hounâ la chamane et loua la vaillance de Faudraug. Puis Aurochs-Rouge évoqua son histoire et celle de son clan.

Cette nuit-là, les quatre compagnons racontèrent leurs aventures à un auditoire ébahi. Les yeux des enfants, des femmes et des chasseurs s'écarquillèrent de peur ou d'admiration au récit de ces événements où l'empreinte des grands esprits était si profonde.

( . . . )

Cette nuit-là, Faudraug découvrit que certains hommes longs pouvaient accepter l'union d'un des leurs avec une femme-ours. Pourquoi, dès lors n'accepteraient-ils pas l'union d'une femme longue avec un homme-ours ?

Car, après tout, cette femme haute et souple comme un roseau, aux formes, au visage de fillette, n'était pas sans posséder de nombreux charmes. . . Quelque chose du mystère que représentent toujours ceux qui sont étrangers ; ce mystère qui les rend si puissamment attirant. Une attirance peut-être voulue par la grande Ao pour que, par la magie du mélange, le sang de chaque peuple soit plus sain et vigoureux.

Aurochs-Rouge sentit sa poitrine se gonfler de désir pour ce gnome étrange, cet homme-ours robuste et loyal comme les héros des contes qu'elle écoutait enfant.

- Hah, Vo'hounâ regrette de ne pas comprendre le langage de ton peuple, Cheval-Cabré !

- Elle aura le temps d'apprendre ! Nous resterons ici jusqu'à ce que finisse la saison de Mordagg. Mes sœurs sont curieuses de savoir si nous nous unirons lors de la prochaine saison d'Ao.

- Nous serons unis, mais il faudra que cette union soit célébrée selon le rituel de mon peuple, dans le camp d'Ourzosbraugo. Ainsi, Vo'hounâ pourra ensevelir tous ses tourments passés.

- Plus encore que notre union, c'est la naissance de tes enfants qui sera le début d'une nouvelle vie.

Du temps passa ; la vie poursuivit son cours. . .

( . . . )

- Cheval-Cabré ! Vo'hounâ va accoucher !

- Quoi ? C'est impossible ! Il n'y a pas neuf lunes que Vo'hounâ est enceinte ! Est-ce qu'il est encore temps d'aller la voir ?

- Non, elle est déjà partie avec les anciennes vers la caverne-matrice.

( . . . )

- Les voilà ! Elles sont de retour !

- Alors ?

- Ce sont deux jumeaux : une petite femme et petit homme. Et ce sont tes enfants, homme long.

- Comment ?

Ce sont nos enfants ! Nous les avons conçus au camp d'Ourzosbraugo, dans la grotte de la fertilité, la première fois que nous nous sommes aimés. Regarde leurs mentons ! Vo'hounâ a donné la vie à deux enfants au sang mêlé ! Et c'est bien toi leur père, Cheval-Cabré !

- Ce n'est. . . c'est. . . c'est merveilleux !

- Ils se nomment Aodwâ et Urjaï , " Aube " et " Souffle Magique "

( . . . )

Les deux clans célébrèrent la naissance des enfants avec des chants et des danses. De grands feux de joie donnèrent à tous l'illusion de repousser à jamais les esprits obscurs de l'hiver.

Faudraug et Aurochs-Rouge étaient plein de l'espoir que du ventre d'une femme longue pouvaient aussi naître les enfants d'un homme-ours.

( . . . )

[ A la saison d'Ao ( au printemps ). ]

( . . .)

Aussi les compagnons se remirent-ils en chemin avant la finn du grand rassemblement.

Trovl, Mehounn'tha, Draugwë et les autres. . . Tous étaient là, de l'autre côté, solides et souriant. Comme si rien n'avait changé. Comme s'ils n'avaient fait qu'attendre le retour de Vo'hounâ.

La nouvelle de la mort de Thuriaq déclencha de puissant cris de joie. On honora longuement la bravoure de l'homme long des visions d'Ourzsobraugo le Sage. on prit les ancêtres à témoin de la force de la tribu !

Aodwâ et Urjaï portaient en eux cette force, mêlée au sang étrange des hommes longs. Vo'hounâ avait rompu le maléfice du sinistre Kumtheq. Il était temps qu'après sa longue nuit, le soleil se lève pour un nouveau cycle.

Au cœur du cercle de feu, sous le regard des ancêtres sans doute déconcertés, les hommes-ours lièrent leur destin à celui des hommes longs, irrémédiablement.

Vo'hounâ présenta ses deux enfants aux esprits protecteurs de la tribu. Elle les berça en fredonnant au creux de la terre.

( . . . )

- Que disent-ils Cheval-Cabré ?

- Des hommes longs sont venus ici. Trolv pense qu'ils convoitaient ces cavernes, peut-être ce territoire. Personne n'a compris leur langage. Ils ont été mis en fuite, mais tous craignent qu'ils ne reviennent mieux préparés.

- Cheval-Cabré peut-il transmettre ces paroles ? A présent les choses seront différentes ! Aurochs-Rouge est unie à Faudraug ! Elle va demeurer avec la tribu d'Ourzosbraugo. Si les hommes longs reviennent, elle parlera avec eux. Si leur sang n'est pas malfaisant, alors aidera les hommes-ours et les hommes longs à se comprendre, et à éviter que des gens meurent inutilement.

Et Cheval-Cabré traduisit les mots d'Aurochs-Rouge. Et tous, au sein de la tribu d'Ourzosbraugo, frémirent ou s'exaltèrent. Depuis la venue de l'homme long ami des chevaux, rien n'était plus comme avant. Mais désormais, la fille au visage d'enfant vivrait avec eux. Et tous sentirent qu'elle apportait avec elle des temps nouveaux. Peut-être saurait-elle les protéger contre les esprits inconnus qui marchent dans le sillage des hommes longs ?
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Moussaron32   25 juin 2017
Ao, petit Néandertal de Emmanuel Roudier
Tout est blanc. Le sol est gelé, le vent souffle fort Et la neige tombe, épaisse. Dans ce paysage de toundra préhistoire, trois petites silhouettes progressent péniblement. Ce sont des hommes de Neandertal. Les pans de fourrure de leurs vêtements plaqués contre leurs corps robustes, ils luttent contre le blizzard. Tête baissée, Ao suit de son mieux son papa et son grand-père. En pistant un troupeau de Rennes, ils se sont égarés, très loin vers le nord, Là où aucun être humain ne vit.

Soudain, dans la tourmente, se dresse une gigantesque masse blanche. Une ourse! Égarée, elle aussi, loin, très loin de son territoire. Les Neandertal n'ont jamais vu d'ours de cette taille. L'ourse n'a jamais rencontré de créatures qui ne s'enfuient pas á sa vue. À travers les bourrasques de neige, chacun s'observe, immobile. - Recule doucement. Va te cacher ! Souffle son grand-père à Ao. Le poing serré sur sa petite sagaie, le garçon obéit et disparaît.

Aveuglé par les rafales, très vite, Ao ne voit plus rien. Où trouver un abri pour se mettre en sûreté ? Il recule encore, perdu dans les tourbillons blancs. Il bute soudain contre une grosse pierre derrière laquelle il s'accroupit. L'oreille aux aguets, il attend, croyant discerner des voix et des grognements. Mais ce ne sont que des cris du vent et des grondements de la tempête. Le blizzard s'apaise enfin. Ao secoue la neige accrochée à ses vêtements et regarde autour de lui. Le petit garçon est tout seul.

Ao avance au hasard. Il appelle dans toutes les directions, mais personne ne répond. Soudain, il perçoit un mouvement derrière un amas de pierres. C'est peut-être son père ou son grand-père ? Ao se met à courir vers le monticule aussi vite qu'il peut.

Un grondement l'interrompt dans son élan: - grrr... Inquiet, Ao lève sa sagaie. Devant lui se dresse un ourson tout blanc. Le petit animal se grandit pour paraître le plus impressionnant possible. Les crocs en avant il grogne de toutes ses forces:-grrr... Le jeune Neandertal ne bouge pas. Lassé, l’ours finit par s'asseoir et entreprend de lécher le sang qui macule un de ses pattes. Il observe le garçon du coin de l'œil en continuant à gronder.

Avec des mouvements très lents, Ao puise de la matière gluante dans un minuscule sac de peau suspendu à son cou. Puis il s'approche doucement de l'ourson, qui proteste : - grrr

- grrr... grou.. mais tu n'arrêtes jamais de grogner, murmure Ao. N'aie pas peur, petit Grrrou, je veux juste te soigner ! L'animal continue de gronder, mais laisse Ao appliquer la substance sur sa patte. Très vite, la blessure cesse de saigner.

Ao s'accroupir dans la neige pour réfléchir. Son père et son grand-père ont disparu : il est complètement perdu. S'il reste ici trop longtemps, il ne tardera pas à mourir de faim et de froid. En s'orientant à l'aide du soleil, il devrait pouvoir retrouver son camp. Sans attendre, il se met en marche. L'ourson, ne sachant ou aller, lui emboîte le pas.

Tous deux cheminent très longtemps en direction du sud. Quand il est fatigué. Ao se repose, bien au chaud contre la fourrure de son nouvel ami. Aux abords d'une forêt, le murmure d'un ruisseau leur parvient. Assoiffés, ils faufilent entre les arbres. Mais après quelques pas, Grrr fronce le museau et grogne. Ao aussi á entendu quelque chose. Le passage est barré! Une hyène est là, qui gronde, les babines retroussées. Face à elle, une petite fille, un caillou levé au-dessus de la tête, recule. Lentement. La hyène se rapproche. Sans hésiter, brandissant sa sagaie, Ao avance á découvert, Grrr á ses côtés.

Á la vue de ces deux créatures menaçantes, la hyène renonce à son festin et détale sans demander son reste. La fillette n'en revient ! Elle pousse un grand cri de victoire : -yahaa !

Elle a réussi à faire fuir un grand prédateur avec un simple caillou ! Mais mieux vaut ne pas s'attarder ici, La hyène revenir avec du renfort.

Elle fait volte-face et se retrouve nez à nez avec Ao et son ami. E lle est tellement surprise qu'elle tombe á la renverse. Ao lui tend la main. Cette fille a un visage étrange, avec un petit nez tout fin et un front plat: ce n'est pas une Neandertal. Le garçon se frappe le torse du poing- je m'appelle Ao. il désigne l'ourson qui s’ébat dans l'eau. Et lui c'est Grrrou

La petite le dévisage, interloquée. Elle n'a encore jamais vu de Neandertal ! Ce garçon a une drôle de tête avec un visage pointu comme un museau et sa bosse au-dessus des yeux ! Mais il a l'air sympathique. Et c'est incroyable ourson tout blanc aussi. - moi Aki dit-elle le doigt pointè sur sa poitrine. Ao lui sourit.

Les deux enfants font connaissance. Aki mime sa mésaventure : en venant chercher de l'eau, avec sa maman et ses tantes, elles ont dérangé un lion venu se désaltérer. En courant derrière sa maman, Aki a fait une chute. Dans l’affolement personne ne s’en est aperçu. Distancée, Aki les a perdues de vue et s'est égarée. À force de tourner en rond elle est revenue sur les berges du ruisseau, ou la hyène avait pris la place du lion !

AO La rassure- ne t'inquiète pas. Mon père m'appris à relever les traces. Je vais t'aider à retrouver leur piste. Le petit garçon est très curieux de rencontrer ces fameux Cro-Magnon dont il a déjà entendu parler. Les yeux rivés au sol Ao et Aki finissent par découvrir des empreintes de pas humains. En les suivant, ils parviennent jusqu'au campement.

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