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Note moyenne 3.77 /5 (sur 82 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Lyon , le 16/11/1980
Biographie :

Jérémie Emmanuel Ruben Brassac, connu sous le nom de plume d'Emmanuel Ruben, est un écrivain et dessinateur français.

Ancien élève de l’École Normale Supérieure, agrégé de géographie, il passe plusieurs années à l’étranger, en tant que lecteur de français, professeur d’histoire-géographie ou volontaire international (Italie, États-Unis, Turquie, Lettonie, Ukraine) avant d’entamer une carrière universitaire qu’il abandonne avec la publication de son premier roman de manière à consacrer tout son temps libre à l’écriture et au dessin. Placé actuellement en disponibilité de l’éducation nationale, il a enseigné l’histoire et la géographie pendant quatre ans en banlieue parisienne.
Parallèlement à la publication de ses livres, il a signé une chronique mensuelle sur le site Sens Public et collaboré à différentes revues littéraires : Ravages, Edwarda, Possession immédiate, Remue.net. Par ailleurs, il a exposé ses dessins et ses aquarelles dans des galeries et des lieux publics. Enfin, il tient à jour un site Internet personnel (L’araignée givrée, www.emmanuelruben.com) où il dévoile de nombreux dessins et des textes inédits. Ses thèmes de prédilection (la frontière, la mémoire, l’histoire, la géographie, l’utopie, le voyage impossible) se retrouvent notamment dans son troisième roman, "La ligne des glaces", premier épisode d’une suite européenne et nordique à laquelle il travaille depuis plusieurs années. Le livre a été sélectionné pour de nombreux prix littéraires dont le Prix Goncourt 2014.

Depuis 2015, il participe à l’aventure du Collectif Inculte avec lequel il s’engage sur différents projets d’écriture à plusieurs mains. Il contribue ainsi aux volumes collectifs En procès. Une histoire du XXe siècle (2016) et Le livre des places (2018).
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Source : http://www.m-e-l.fr/Emmanuel%20Ruben,802
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Le vendredi 13 juillet 2018, la librairie Charybde (129 rue de Charenton 75012 Paris - www.charybde.fr ) avait la joie de recevoir Emmanuel Ruben pour évoquer les récentes publications de "Le coeur de l'Europe" (éditions La Contre Allée) et de "Terminus Schengen" (éditions le Réalgar), et pour effectuer un parcours au sein de la littérature d'ex-Yougoslavie. Il évoquait Milos Crnjanski, Ivo Andric, Aleksandar Tisma, Danilo Kis, Milorad Pavic et David Albahari, tandis que le librairie Charybde 2 évoquait Faruk Sehic, Miljenko Jergovic et Goran Petrovic. Ceci est l'enregistrement de la première heure de la rencontre.

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Citations et extraits (57) Voir plus Ajouter une citation
Charybde2   30 septembre 2015
Dans les ruines de la carte de Emmanuel Ruben
Revenons un instant à la quadruple image inaugurale : celle de la carte – craquelée chez Vermeer, envolée chez Pouchkine, dépliée chez Le Greco, éparpillée chez Borges. Nous vivons dans les ruines de la carte inutile. Nous vivons dans les ruines de la carte impossible. Nous vivons dans les ruines de toutes les cartes qui ont cru remplacer le monde et décalquer le réel. Nous vivons dans les ruines des mappemondes du XVIe siècle encombrées de lieux imaginaires. Nous vivons dans les ruines des utopies qui ont agité les esprits européens, de Thomas More à Eugène Cabet. Nous vivons dans les ruines de la grande carte totalitaire, orwellienne, du XXe siècle. Nous vivrons bientôt dans les ruines de l’Empire de la vidéosurveillance et de la géolocalisation. Et l’acte de création qui nous préoccupe – écrire ou dessiner – se situe quelque part dans ces déserts de l’Ou/est où gisent les lambeaux de l’impossible. Dans ce nulle-part, cet interstice, cette brèche, cette béance, ce vertige, cet entre-deux où se tutoient le réel et l’imaginaire, le rêve et la mémoire, l’ordinaire et le fabuleux, le proche et le lointain, l’intime et l’ultime. Non pas là où tout est possible – je ne suis pas de ceux qui croient que tout est possible en art, je ne crois pas que l’art soit le domaine de tous les possibles ni que le créateur soit une sorte de démiurge autonome – mais là où tout est improbable.

Improbable, à l’origine, ne signifie pas « ce qui a peu de chances de se produire » mais ce « que l’on ne peut prouver ». Rien ne se prouve en littérature, en peinture, dans le domaine de la création. Rien ne se démontre. Rien ne s’argumente. L’ordre ou plutôt le désordre – pour ne pas dire le chaos – qui règne est celui du hasard, du présage, de la coïncidence, de la découverte. Voyance rimbaldienne. Trouvaille surréaliste. Prémonition kafkaïenne. Hallucinations de Michaux. Prophéties d’Orwell ou de Huxley. Hérésie révolutionnaire prônée par Zamiatine.
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Charybde2   30 septembre 2015
Dans les ruines de la carte de Emmanuel Ruben
Car la Terre telle que la représentent nos cartes depuis l’époque de Vermeer n’est pas la Terre, n’est pas non plus un calque ou un miroir de la Terre, ni même une représentation fidèle de celle-ci. La carte topographique, la photographie aérienne ou satellite, qui livrent peu ou prou le même type d’informations et qui sont parfaitement superposables, ces cartes conformes et vraisemblables ne contiennent pas tout le réel, ne décalquent pas le réel – nous permettent à peine de l’approcher. Il faudrait utiliser des cartes thématiques, des cartes par anamorphose, des cartes décentrées, des cartes discontinues, des cartes inachevées, des cartes en réseau, des cartes archipélagiques, des cartes livrées sous forme de puzzle en vrac qui tiendraient compte d’autres métriques que celles auxquelles nous sommes habitués depuis le XVIIe siècle. Il nous faudrait des cartes où les distances seraient exprimées en temps, en coût, en valeurs, en nuances, en degrés d’ombre et de lumière, en potentialités d’émerveillement ou de dépaysement ; des cartes feuilletées où se verraient mieux les menus accidents, les petites catastrophes, la ruine qui nous menace, les strates et les stries de l’espace-temps, tout le chaos des mondes possibles ; il nous faudrait des atlas fractals. Ces atlas fractals existent. Ce sont les livres, que certains croient menacés de disparition. Ce sont les poèmes et les romans, qui n’ont pas attendu l’invention du papier pour exister et qui subsisteront sous d’autres formes que du papier. Ce sont aussi les dessins, les peintures, les partitions, les films, les vidéos.
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Charybde2   03 mars 2019
Sur la route du Danube de Emmanuel Ruben
Nous avons longtemps hésité, Vlad et moi, lorsque nous avons planifié notre itinéraire, ces derniers mois. Dans quel aéroport atterrir si l’on veut remonter le Danube jusqu’aux sources ? De quelle ville partir ? De Constanța, en Roumanie ? Ce serait l’option la plus facile, car l’Euro-Velo 6, cette piste cyclable de l’Atlantique à la mer Noire, qui n’existe que sur la toile et ne va guère plus loin, sur le terrain, que Budapest, s’achève en théorie dans le grand port roumain. Partir d’Istanbul ? Ce serait la version la plus folle, la plus osée… Mais Istanbul se situe loin du delta, loin du kilomètre zéro tandis qu’Odessa et Constanța sont les deux aéroports les plus proches de Sulina, où le Danube finit officiellement son marathon transeuropéen. En fait, oui, nous aurions dû partir d’Istanbul, pour prendre la même route que les guerriers ottomans, la même route que ces réfugiés syriens, kurdes, afghans, irakiens que nous avons la bêtise d’appeler des migrants. Mais Vlad est ukrainien, passionné d’histoire ancienne, et il m’a assez bassiné avec les Scythes, les Sarmates, les Coumans, les Huns, les Petchenègues, les Avars, pour ne pas choisir l’itinéraire des invasions barbares. Et puis, partir d’Odessa, c’était pour lui l’occasion de rendre une ultime visite à sa grand-mère octogénaire, la dernière survivante de la famille qui sût encore quelques mots de serbe : les ancêtres de Vlad étaient des émigrés serbes envoyés peupler la Nouvelle Russie à l’époque de Catherine II.
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Charybde2   04 octobre 2014
Kaddish pour orphelin célèbre et un matelot inconnu de Emmanuel Ruben
C’est ce soir- là, lisant la correspondance de Camus, que je réfléchis la première fois à la question des origines. Et je me dis que Camus, dans son exil parisien, s’il avait moins couru les jupons, s’il s’était promené davantage dans ces quartiers perdus, l’Algérie lui aurait sans doute un peu moins manqué. Au détour de l’exil, le royaume, qui sait, lui serait apparu.

Je n’ai d’Algérie que Ménilmontant, Belleville, la Goutte-d’Or, Clignancourt, Aubervilliers, Saint-Ouen, Saint-Denis, et ces Algérie-là me suffisent. Je m’y sens délivré de Saint-Germain, délivré du Quartier latin, délivré de la rue de la Paix, délivré de la rue Tronchet, délivré de tout ce qu’il y a encore d’haussmannien dans Paris, et qui m’interdit Paris, me l’arrache, à coup de fausses blondeurs trépidantes, de clic-clac maniaques, de scooters pétaradants, de limousines sur les grands boulevards, de m’as-tu-vu goguenards, au point que m’aventurer à l’ouest de la rue de Rome, cette entaille, ne se fait jamais sans qu’une irrépressible envie de vomir ne grimpe du pavé luisant – foutre le camp, je n’ai plus que cette idée en tête sous les façades de pierre de taille, les balcons de fer forgé, les frontons sculptés, l’ardoise et le zinc trop gris des mansardes, oui, mettre les voiles, quitter cette ville toute hérissée de murs invisibles… (…)

Ce n’est pas la France qui a perdu l’Algérie, ni l’Algérie qui a perdu la France. La France a gagné l’Etoile d’Alger, la pâtisserie Nour, la boucherie Ibrahim, le restaurant le Djoua, les cigares au miel, les kesra, les makroud, les bradj ; la France a gagné les cafés kabyles du passage du Roi-d’Alger ; la France a gagné le sourire du marchand d’épices, boulevard d’Ornano, qui vous pèse et vous sert, derrière son étal d’abondance, des olives, du halva, des dattes nouvellement arrivées. Oui parfaitement mon frère, la dernière récolte mon frère, avec un sourire immense sur ce français jovial, affectueux. L’Algérie a gagné la guerre, certes ; qu’a-t-elle perdu en échange ? Nos rictus de préfets ? Notre morgue ? Le droit de porter le guennour et le burnous des spahis et celui de se faire trucider dans nos tranchées ?
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Charybde2   03 mars 2019
Sur la route du Danube de Emmanuel Ruben
Sur le marché de Sanzhiika, j’achète une pastèque que j’arrime au porte-bagages et perds Vlad de vue ; je le retrouve un quart d’heure plus tard, tombé sous le charme d’une jolie brune qui pétrit énergiquement une pâte feuilletée – ses seins se balancent sous son tablier – et fait frire des beignets tout en poursuivant une conversation téléphonique – l’appareil coincé entre l’oreille et l’épaule gauches – dans une langue énigmatique. Comme nous n’avons jamais entendu de tels accents, qui rappellent le turc ou le tatar par moments, avec quelque chose de plus chantant, de plus rieur, et parfois des sons gutturaux proches de l’hébreu, le tout entrecoupé de nombreux mots empruntés au russe, nous lui demandons d’où elle vient. Taline est arménienne. Nous lui disons que sa langue est belle ; elle nous retourne le compliment. Elle n’est pas la seule caucasienne du marché ; en face aussi, le vendeur de kebabs est arménien, dit-elle, et son voisin géorgien. Quelques centaines de mètres plus loin, parvenus au bord de la plage, nous constaterons que ce n’est pas seulement le Caucase ou le pourtour de la mer Noire qui s’est donné rendez-vous ici, dans cette petite bourgade balnéaire : guinguettes ouzbeks où l’on sert du plov à toute heure, cuisine du Caucase, grillades azéries, mets tatars, alphabet géorgien ou arménien sur les enseignes, premières plaques minéralogiques moldaves… Et nous croiserons même, un peu plus loin, des motards lettons : dire qu’ils avaient parcouru près de deux mille bornes plein sud pour tremper leurs pieds dans une mer plus froide que la Baltique ! Trente ans après la chute du Mur, l’URSS n’est pas tout à fait morte et enterrée : elle survit dans les paysages urbains, dans les infrastructures balnéaires et dans les trajectoires – économiques ou touristiques – des uns et des autres.
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Charybde2   04 octobre 2014
Kaddish pour orphelin célèbre et un matelot inconnu de Emmanuel Ruben
Comment ? C’est ainsi que tu es trop tôt parti ! PAN, à bout portant. D’un seul coup de feu. Qui ne m’aura pas laissé le temps de te connaître. Mais qui résonne encore – PAN, à bout portant – dans la nuit. J’ignore s’il m’est permis de te tutoyer ; je pourrais ne pas m’adresser directement à toi, ne dire ni tu ni vous, les laisser parler, eux, les aînés, ceux et celles qui t’ont vue de leurs yeux vu. Seulement, eux se taisent, elles se taisent, et c’est ce silence, cette chape de plomb que je veux entailler. Je sais que mieux vaudrait me taire à mon tour, respecter des morts au moins le silence, la boucler pour de bon, te rejoindre en tes ténèbres. Comme chacun de nous je présume, j’en ai l’ivresse les nuits d’insomnie, les nuits sans oubli, les nuits où l’on voudrait que le monde s’arrête, qu’un séisme ouvre la terre, que les murs tuent. Seulement, tu m’as visité en songe trop souvent ces nuits-là, nous avons guetté trop d’aubes côte à côte, je me suis senti trop de fois envahi par ton regard noir, vieillissant sous tes rides, pour qu’il me soit permis de continuer à t’ignorer ainsi, l’air idiot, sans souffler mot. Tu serais bien étonné de l’apprendre : tu te dis peut-être, depuis ta terre à toi, que tu n’es rien pour moi, rien pour ceux de notre temps. Mais sois rassuré. Tu ne seras pas un personnage. D’où ce tu que je veux te donner, d’où ce monologue que sur du papier je veux t’adresser.
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MelleFifi   13 octobre 2014
La ligne des glaces de Emmanuel Ruben
En me rendant sur-le-champ dans l'obscur réduit où se trouve le seul poste connecté à la toile, je vérifie cette information. En réalité, le village de P., qui s'ennorgueillit d'être le centre authetique (sic) de l'Europe, se situe au plus près du centre géométrique de l'Europe physique, c'est-à-dire de l'Europe qui va de l'Atlantique à l'Oural, précise le site. p. 34
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Charybde2   30 septembre 2015
Dans les ruines de la carte de Emmanuel Ruben
L’Art de la peinture selon Vermeer serait donc riche d’un quadruple enseignement. Méditation sur l’inachevé, l’infini, le décentrement, le discontinu, ce serait l’art d’une époque inquiète. La Terre explorée et cartographiée s’avère alors un archipel, une Terre-archipel et cette Terre qui tourne peut-être autour du soleil, ne serait plus le centre de l’Univers. Époque post-copernicienne et post-galiléenne, époque de Descartes et de Pascal, époque de Kepler, de Newton et de Spinoza, époque où tous les savants s’interrogent sur les lois de réfraction de la lumière, sur les aberrations de la lumière, comme on disait alors. Or la question de la réfraction de la lumière – question qui fascinait sans doute Vermeer et qui fascine en retour celui qui regarde aujourd’hui ses tableaux -, cette question est inextricablement liée dès l’origine à la question de la triangulation, à la détermination des longitudes, à la recherche d’un point fixe, insituable, où le temps serait aboli.
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Charybde2   04 octobre 2014
Kaddish pour orphelin célèbre et un matelot inconnu de Emmanuel Ruben
Tu ne seras pas non plus l’alibi d’un roman. Tu n’as pas laissé suffisamment d’indices derrière toi pour que puisse s’élever à la place d’une tombe introuvable ce genre d’échafaudage amidonné. Et, si j’ai la force d’aller jusqu’au bout, ce récit sera la confession de ma petite ignorance, la confession de celui que tu n’auras jamais connu, qui ne sait que ton nom, ton prénom, ton visage héliogravé, ton écriture tortueuse, la date de ta mort, puisque le vrai motif en demeure incertain. Je ne réécrirai pas ta vie ; je ne t’inventerai pas la vie qu’à moins de cinquante ans ce grand PAN à bout portant t’a arrachée. J’ai quitté les bancs de l’école, j’en ai fini avec les injonctions du genre rédigez la suite ou le début de l’histoire ; je n’aurai pas pour but de poursuivre une vie inachevée ni de ressusciter un personnage dans sa chair et sa durée.
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Charybde2   22 avril 2014
La ligne des glaces de Emmanuel Ruben
Mais Lothar et moi-même, étions-nous vraiment en droit de jouer les donneurs de leçons ? N’avions-nous pas rêvé, nous aussi, des blondeurs ingénues, des minois angéliques, des pâleurs secrètes que vantaient tant d’auteurs du XIXe siècle ? Laissons de côté la question de l’entraînement à un besoin très grégaire que n’auraient pas dédaigné ces barbichus d’autrefois : le très fort soupçon qu’aujourd’hui ces filles-là n’y mettaient, et n’offraient en retour plus guère de joie nous défendait d’y goûter. Seulement le racolage était ici généralisé, et les lieux ne manquaient pas d’où l’on pouvait revenir agréablement escorté sans avoir mis la main au portefeuille. Non, nous le sentions bien, Lothar et moi, mais ne savions comment l’exprimer : l’espèce d’aventure qui se perdait ici avec le temps n’était pas de celles qui se jouaient jadis, à quatre pattes ou à deux dos, dans une alcôve, sous un vieux néon rose. Non, ce que nous regrettions à la terrasse des cafés, dans les bars, dans les venelles de la vieille ville en voyant passer les filles au bras des touristes, ce que Lothar, surtout, regrettait, c’était une forme de transgression plus quotidienne, plus candide et bien plus poétique : ce qui se perdait avec la disparition de toute idée d’ailleurs, c’était le petit frisson du franchissement. Tu peux la chercher sur toute l’étendue de la Terre, ta ligne rouge, Samuel, disait Lothar : il n’y a plus, nulle part, de frontières. Et ce petit frisson, ce petit effroi de la frontière, pour chacun de nous, était d’abord affaire de langue. Car tout le monde ici, déplorait-il, parlait la même langue. Celle qui s’entendait partout à la ronde, que beuglaient les glottes allemandes, les glottes espagnoles, les glottes italiennes, danoises, chiliennes, canadiennes, britanniques, américaines : le global english."
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