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Note moyenne 3.71 /5 (sur 28 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Paris
Biographie :

Emmanuelle Heidsieck, née à Paris, est une écrivain et journaliste française. Diplômée de Sciences Po Paris et de l'Université Columbia, elle est aussi titulaire d'une maîtrise de droit.

Elle est l'auteur de plusieurs romans et de recueils de nouvelles, mêlant recherche littéraire et enquêtes socio-politiques. Ses quatre premiers ouvrages abordent notamment les problèmes des sans papiers (Territoire interdit), du chômage (Bonne année), la souffrance au travail occsionnée par la mutation-privatisation des services publics (Notre aimable clientèle), les opérations des assureurs privés contre la sécurité sociale et pour installer un système d'assurance discriminatoire (Il risque de pleuvoir).

Spécialiste des questions sociales, elle fut journaliste permanente au Monde Initiatives (supplément social du groupe Le Monde). Elle a notamment collaboré à Politis, à Actualités sociales hebdomadaires et à Viva (revue mutualiste).
Elle a publié : Il risque de pleuvoir (Le Seuil, Fiction & cie, 2008), Notre aimable clientèle (Denoël, 2005) ainsi que deux recueils de nouvelles : Bonne année ! (éd. du Toit, 1999) et Territoire interdit (éd. Syros, 1995)
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Source : Wikipédia
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Emmanuelle Heidsick - Trop beau

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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
Ziliz   30 janvier 2020
A l'aide ou Le rapport W de Emmanuelle Heidsieck
Ce qui rendait le rapport pertinent, ce qui lui donnerait sûrement un bel écho, ce qui faciliterait la transposition législative et l'application des peines, c'était le climat dans lequel il s'inscrivait. Chacun savait bien, sans avoir besoin de l'énoncer, que la gentillesse était parfaitement dévalorisée. Chacun considérait la gentillesse comme de la pure faiblesse. A partir de là, le geste altruiste était méprisable même quand il vous était destiné. On s'en méfiait, on en profitait éventuellement et jamais on ne remerciait, selon la devise : « Aucun bienfait ne restera impuni. » Ce qu'avait très bien écrit Céline dans son 'Voyage au bout de la nuit' : « Les gens se vengent des services qu'on leur rend. »

(p. 77)
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Ziliz   01 février 2020
A l'aide ou Le rapport W de Emmanuelle Heidsieck
Dans l'annexe 5, il était question du marché de la politesse. Les gens se conduisant comme des brutes dans les entreprises et les administrations, les sociétés de conseil en courtoisie, coachs en bienséance, consultants en gentillesse, enseignants en net-étiquette se multipliaient.

Ceux-ci apprenaient aux cadres sup à combiner le 'moi d'abord' avec quelques règles de savoir-être, malgré tout nécessaires pour séduire les clients et remporter des contrats. Dire 'bonjour', se tenir droit, ne pas parler en mangeant, écouter l'autre... Le marché était florissant, puisque, sur le fond, la politesse était parfaitement ringardisée et la goujaterie bien notée.

(p. 123-124)
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Ziliz   29 janvier 2020
A l'aide ou Le rapport W de Emmanuelle Heidsieck
Ils avaient à rédiger rapidement une sous-partie (...). Il proposa à A [son chef] de participer, de faire une trame, ce que A refusa. Il voulait travailler seul et pouvoir se plaindre de B, un boulet, un tire-au-flanc.

(p. 72)
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hcdahlem   23 mai 2020
Trop beau de Emmanuelle Heidsieck
La première fois, sa supérieure hiérarchique lui a fait des avances. Elle était séduisante, il a cédé, il a fini par avoir une aventure avec elle. Elle avait un petit côté Pénélope Cruz. Elle semblait très accrochée. Ce n’était pas du harcèlement, elle lui plaisait. Naturellement, elle était mariée. Cela ne se termine jamais bien ce style d’histoires dans l’entreprise. C’est toujours le subordonné qui trinque. Licencié pour motif personnel. p. 54
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MarianneL   03 septembre 2013
A l'aide ou Le rapport W de Emmanuelle Heidsieck
Ce qui était intolérable pour les dirigeants, en revanche, c’est quand ces activités bénévoles concurrençaient des entreprises ou quand il s’agissait d’actes purement individuels, spontanés, impulsifs, sournois, comme, par exemple, dans l’affaire D. Il fallait en finir avec ceux qui n’en faisaient qu’à leur tête. C’était ce qu’on appelait couramment «le coup du verre d’eau» en référence à la canicule de 2003 et au fait que certaines personnes âgées avaient été sauvées simplement parce qu’un voisin les avait fait boire. Sans ce geste, on aurait largement dépassé les 15 000 morts de plus de 75 ans enregistrés cet été-là. Fort de cette expérience, il était évident qu’il y avait un marché à conquérir. Quiconque l’entraverait se verrait condamné.
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Ziliz   29 janvier 2020
A l'aide ou Le rapport W de Emmanuelle Heidsieck
En attendant la remise du rapport qui doit servir de base à l'adoption d'une loi, probablement d'une ordonnance en réalité, il a été décidé de mettre l'accent sur un délit déjà répertorié et très nocif au bon fonctionnement du marché : celui de l'aide à domicile. Des consignes ont été lancées, des avertissements se sont multipliés, créant un climat de terreur dans la population. (...)

Pour faciliter la tâche des policiers qui pourraient se montrer peu enclins à rechercher et menotter des personnes tranquilles, parfois âgées, souvent souriantes, jamais armées, une fiche technique du profil du maniaque de l'ADS [Aide Don Service] a été adressée à tous les commissariats :

« Le comportement altruiste masque et indique des problèmes d'identité, des traumatismes dans l'enfance, le besoin malsain de se faire aimer. Cette tendance à vouloir secourir est un moyen suspect de se rassurer ('il est plus malheureux que moi') qui s'apparente à un désir de toute-puissance, de manipulation. C'est une façon d'obliger autrui, de l'abaisser, de le placer en position d'être redevable. Il s'agit donc bien d'un processus parfaitement égoïste et pervers. (...) »

Les flics les plus rétifs se dirent qu'il y avait du vrai. On ferait le boulot, sans discuter.

(p. 18-19)
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Charybde2   18 juillet 2013
A l'aide ou Le rapport W de Emmanuelle Heidsieck
La direction de l'ADS a été créée au début de l'année par décret en Conseil des ministres. Il s'agit de la direction "Aide Don Service". Le directeur de cabinet du ministre de l'Intérieur, P, a tout de suite pensé à A, ils sont de la même promo, les autres candidatures étaient de pure forme. Voilà donc A, affublé de ce B, chargé de faire un rapport de la plus haute importance délimitant les délits d'aide, de don et de service. Les pouvoirs publics ont pensé dans un premier temps rattacher cette direction au ministère de l'Économie et des Finances puisqu'il s'agit de traquer tout ce qui, dans le non-lucratif, peut fausser la libre concurrence. Mais la structure démographique de Bercy, une majorité de quinquas, posait problème. Il faut du sang neuf, des esprits purs, sans souvenirs, sans passé. C'est ainsi qu'il fut décidé que ce serait une direction interministérielle, sous la houlette de l'Intérieur qui, avec le délit d'aide aux sans-papiers, a une certaine expertise dans la définition du délit d'aide et la recherche de citoyens ordinaires, sans casier.
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hcdahlem   23 mai 2020
Trop beau de Emmanuelle Heidsieck
INCIPIT

PLAINTE EN JUSTICE

On a le droit de se plaindre? On peut en vouloir à la terre entière? C’est cela dont il parlait? La rage? Je la sens qui vient. J’en ai assez de faire des sourires. Je peux parler de lassitude? Je peux dire que ce n’est pas un fait exprès? Je n’y suis pour rien. C’est de naissance. Et pourquoi? Je n’en ai aucune idée. Personne n’en a aucune idée. Personne ne s’est d’ailleurs jamais posé la question. Mes parents m’ont accueilli comme une bénédiction, ont remercié le Ciel, les fées, ont fini par considérer que ce cadeau venait les récompenser. De quoi? On ne sait pas. Parce que vous croyez que c’est un cadeau? Ce serait une chance! Mais on la paye combien? Pendant combien de mois, combien d’années? Ad Vitam. C’est cela, la vérité. Vous ne savez rien de ce que l’on vit, rien de ce que l’on subit quand, par le plus grand des hasards, on attire tous les regards, quand on est, je vais finir par le dire, quand on est beau. Ma tante Inès, je m’en souviendrai toujours, a dit un soir en parlant de Villepin qu’il était d’une trop grande beauté. « C’est mauvais en politique, cela n’est pas passé », a-t-elle dit. « Nous, on a pu penser que son discours de l’ONU était un grand moment, glorieux, mais la presse anglaise l’a éreinté en le traitant de bellâtre. C’est mauvais. » C’est ce que disait tante Inès. « La mort de Gérard Philipe? Non, cela n’a rien à voir avec son physique, quoique... » m’a-t-elle dit. Quoique! Un cancer du foie à trente-six ans. Quoique ! Vous voyez le soupçon absurde, il faut l’entendre. C’est le sort du jeune premier. Elle racontait que sa mère, médecin des dispensaires antituberculeux de l’Oise dans l’Entre-deux-guerres, disait souvent : « Ce sont les plus beaux types qui attrapent la tuberculose. » Elle en a vu pendant vingt-cinq ans... elle en a vu… les plus beaux types. C’est tout, elle ne donnait pas d’explication. Il fallait voir ma tante affirmer des choses pareilles à son sublime neveu de trente-deux ans. Le mettre en garde, le chercher, lui prédire la peste. Il fallait rester détaché, penser qu’elle déraillait, lui garder son affection. C’est mauvais. Les bronches, les poumons. Vous ne pouvez pas comprendre.

(Je croyais qu’elle était moche madame Pompidou, elle était pas mal, en fait)

Pardon, une pensée m’a traversé, je reprends, je reprends. Bien. Donc. Est-ce qu’on peut dire qu’on n’a rien demandé? Ce n’est pas la peine, ce regard narquois. Justement, je veux dire la difficulté, je sais très bien que cela peut paraître insensé, mais pour une fois, pour la première fois depuis que je suis né, je veux dire. Écoutez-moi. Personne ne m’a jamais écouté. De toute façon, je n’ai pas osé. On reste silencieux, avec sa veine, son don de la nature. On a intégré très vite, à deux ans, c’est fini, on a compris que l’on devait se taire. Qui pourrait bien s’intéresser à ce que l’on peut ressentir? À trois ans, on teste, on reteste, on rereteste, encore et toujours le même succès. Après, c’est bien ancré, ça marche, l’institutrice, le copain, la grand-mère, je ne parle pas des parents, ils planent, toujours en contact avec les fées, ils croient aux miracles, ils méritent ce présent. La vie est bonne avec eux. Ils sont radieux. C’est marquant, ce n’est pas neutre. C’est une vie étrange. Aujourd’hui, je prends mon courage à deux mains, je me lance. Oui, tant de facilité, c’est perturbant pour nous autres. Depuis tout ce temps – j’ai trente-six ans –, depuis toujours, être adulé. Vous ne pouvez-vous figurer les multiples dangers. Le plus grand? C’est de sourire sans réfléchir. Personne ne peut y résister, c’est un chef-d’œuvre que l’on éclaire, la bonne lumière. Rosalind le dit si bien : Cécélia chérie, tu ne sais pas comme il est dur d’être... ce que je suis. Si je baisse la voix, les yeux ou que je lâche mon mouchoir dans un bal, mon cavalier m’appelle au téléphone tous les jours de la semaine. Que de malentendus... Le sourire doit être maîtrisé, rarement utilisé, avec précaution, intention. Savez-vous ce que cela nous fait d’être présenté? Tiens, Lola, je te présente Marco, Camille, je te présente Marco, Samia, je te présente Marco, Marie, je te présente Marco, Luce, je te présente Marco, Thelma, je te présente Marco, Anne-Laure, je te présente...

Ne pas trop sourire, ne pas trop sourire. Savez-vous ce que c’est d’avoir grandi, d’avoir eu quatorze ans, d’avoir eu seize ans, les premières sorties, d’avoir eu vingt ans en prépa, dans les bars, les fêtes, les dîners? Clac, d’un regard, on repart avec celle que tous convoitaient, clac on décide de repartir sans elle et la voilà désespérée.
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melina1965   24 septembre 2013
A l'aide ou Le rapport W de Emmanuelle Heidsieck
Le mieux, bien sûr, c'est le cadeau de Noël, tout le monde en même temps, le marché fonctionnait à plein régime. On constatait, d'année en année, le succès grandissant de cet exutoire collectif, les gens achetaient des montagnes de cadeaux, s'y prenaient à l'avance, de plus en plus à l'avance [...] Pour le pouvoir, tout était sous contrôle, tout était canalisé, c'était inespéré.
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crapette   03 juin 2011
Vacances d'été de Emmanuelle Heidsieck
C'était donc la fin de la domination exclusive et mortifère des nantis qui s'annonçait, la fin de cette société où tout semblait aplani. Les affaires reprenaient. On allait pouvoir batailler.
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