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3.72/5 (sur 48 notes)

Nationalité : Cuba
Né(e) à : La Havane , le 15 juil 1900
Mort(e) le : 2 déc 1968
Biographie :

Enrique Serpa est né à La Havane en 1900.Il commence à travailler très jeune, dès l'âge de 13 ans. A 20 ans, il devient l'assistant de l'anthropologue Fernando Ortiz et côtoie les jeunes intellectuels de son temps au sein du groupe Cafe Marti : Ruben Martinez Villena, Juan Marinelle, Emilio Roig de Leuchsenring, Regino Pedroso...

Il fait parti de cette génération d'écrivains cubains marqués par la première guerre mondiale, l'ingérence américaine et la crise économique. A tout juste 25 ans, Serpa publie son premier texte, Felisa y yo, et en 1938 Contrabando remporte le Prix national du roman, mais c'est son activité de journaliste qui le fait vivre à une époque où écrire n'est pas encore considéré comme un véritable métier.

Son attrait pour la psychologie et les sciences humaines va par ailleurs durablement marquer son écriture. Connu pour son regard critique sur le contexte socio-historique du Cuba du début du XXe siècle, Serpa se distingue ainsi par la finesse de son analyse des comportements humains.
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Source : /www.zulma.fr
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Claude Fell & Claude Couffon - Traducteurs d'Enrique Serpa


Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
La solitude en mer absorbe et purifie tout.
Elle règne sur toutes choses comme un despote sur le territoire de sa victoire. La raison en est qu’en mer la solitude, énorme et mystérieuse, frôle l’éternité.
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Après tout, il n'y a ni communisme, ni anarchisme ni rien de tout ça, y a des hommes qui mangent et des hommes qui mangent pas, et ceux qui mangent pas sont la majorité.
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__ Tu as raison, Antonio ; la vie est triste.
Alcorta ébaucha un sourire pétri de souffrance, de sarcasme et de confusion :
--- Oh, vous en avez de bonnes !... Si pour moi la vie était seulement triste, ce serait déjà la fête !
..... J'aurais voulu le haïr et le rudoyer pour avoir achevé de troubler ma joie. Mais sa détresse infinie m'émouvait.
..... Dans mon coeur commença à fermenter la levure de la solidarité humaine. Et je remarquai que mon énergie s'atomisait comme une vague qui se brise sur un rocher.
Le silence devint gênant. Alcorta s'en aperçut et s'éloigna. Je fus incapable de trouver les mots pour le réconforter.
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Un pêcheur, le pantalon roulé autour des mollets et la vareuse à l'épaule, gravissait la rue escarpée qui relie le quai au village. Tel un miracle de pourpre et d'argent, de sa main pendait un bouquet de perches de mer écarlates, de daurades argentées et de fins serrans qu'on aurait dit découpés dans de la soie.
Un gamin déguenillé s'approcha de lui, tendant la main et détournant le visage, dans l'attitude d'un mendiant. L'homme eut un mouvement négatif de la tête. Non. Non. Non. Et je sentis soudain une bouffée de haine à l'égard de ce passant anonyme qui répétait --- à l'image des rebuffades que je venais de connaître -- le geste dur et impitoyable du refus.
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On prononce un mot, presque sans réfléchir, comme on jetterait négligemment le noyau d'un fruit. Mais le noyau d'un fruit est le mystère où dort la vie. Il tombe sur le sol et la terre, généreuse et maternelle le recueille. Toute aussi généreuse et maternelle, l'eau le cherche et le caresse, tandis que le soleil, tel un amant passionné le courtise. Et un beau jour le noyau se transforme en plante. L même chose se produit avec un mot qui, prononcé de façon irréfléchie, tombe dans les zones sombres de la conscience. Là, il se blottit et semble mort, alors qu'il est vivant et qu'il évolue, jusqu'au jour où, arrivé à maturité, il aspire à se changer en acte.
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Requin débordait d'admiration ingénue à l'égard des contrebandiers. Il ne faisait aucune distinction entre le bien et le mal dans leurs actes. Seul l'intéressait le courage avec lequel ils défiaient le danger, ce qui pour lui, dans les ténèbres de sa conscience et sans qu'il s'en rendit compte, revenait à donner un sens à la vie. C'est pourquoi, quand il me parlait, il redressait autant le buste et mettait tant de flamme dans son regard. Une bouffée d'enthousiasme lui gonflait les veines du cou et une ivresse primitive lui bombait le torse, semblable à la bravoure d'un coq de combat ou à la vaillance du marlin ferré à l'hameçon qui lutte jusqu'à la mort pour s'échapper. Je m'imaginai à cet instant que Requin était fait d'une substance étrange et précieuse, peut-être d'un matériau héroïque. Il aurait pu être tout aussi bien un vaillant militaire qu'un explorateur intrépide ou un valeureux chef de bande. Mais, à défaut de théâtre et d'occasions pour ses exploits, il se résignait au sort d'obscur contrebandier d'alcool.
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Des pins immenses se dressaient comme des fantômes décharnés dans la lumière diaphane de juin. Le vent berçait, dans un murmure de prière, leurs sombres branchages. En harmonie avec la prière des branches, les voix langoureuses d'un groupe d'hommes noirs transmuaient en rêveries lyriques, en amour, en poésie et en souvenir leur douleur ancestrale.
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La primel noooovia que tuve,
La tuuuuuve-en-un terraplén,
Ella cambiaaaa... ba de novio
Como chucho cambia el tren.

(La première fiancée que j'aie eue
Je l'ai trouvée sur un remblai
Mais elle changeait de fiancé
Comme les trains changent de quai.)
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La goélette s'appelait "La Buena Ventura"...... La mer avait beau se transformer en gueule béante, immense et avide, et le vent abuser de sa violence terrifiante, la mort nous solliciter sans relâche depuis l'eau pétrie de ténèbres, l'ouragan hurler, personne à bord ne bronchait. Au milieu des périls, nous réussissons à esquisser un sourire d'espoir, car il suffisait que quelqu'un prononçât à voix haute le nom de la goélette pour que, soudain, un souffle de confiance vînt balayer craintes et inquiétudes.
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(Les richards) .. ils collent à leur argent comme le Bernard l'ermite à sa coquille : ils se laisseraient brûler vifs plutôt que de le lâcher ! Par contre, les pauvres, en règle générale, ne sont pas ainsi. Ils sont souvent désintéressés, peut être parce qu'ils n'accordent pas une importance excessive à l'argent qui, au bout du compte, ne leur semble pas être une fin mais un moyen. Ils savent que l'argent ne vaut que par ce qu'il pourra rapporter en échange, jamais pour lui seul.
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