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Citation de CREER


CREER   28 mars 2013
L'âge de fer de Ernest Montusès
Nos souvenirs sont comme les campagnes de notre esprit. Elles l’entourent de leurs vallonnements, de leurs cimes, de leurs allées reposantes et de leurs chemins rocailleux. Et l’esprit a le libre choix de rechercher tel ou tel aspect, triste, mélancolique, calme ou joyeux. Il ne manque pas d’obéir à des habitudes vite acquises. De même qu'un promeneur reprend
tout naturellement la route qui l’a conduit vers un coin de terre imprévu, l’esprit retourne avec élan aux tableaux du souvenir.
Dès que Clément Meusnier était seul et même simplement lorsqu'il avait la faculté de s’isoler moralement, il revivait avec une parfaite netteté la scène du baiser. Cela avait été – il se l’avouait maintenant – une victoire imprévue, ou tout au moins d’une soudaineté imprévue.
Tout amour qui commence regarde un magnifique horizon. Mais l’horizon n’a pas de bornes et les distances ne peuvent être appréciées, on ignore, au départ, à quel moment on atteindra les sommets et même où ils sont placés. Clément n’avait jamais osé prévoir que Constance accepterait ses lèvres, ni fixer d’avance la date de cet évènement.
Il lui plaisait de retourner à son état d’âme antérieur, à la perplexité où il s’était complu longtemps. Il comparait ce moment à l’heure crépusculaire. On est alangui auprès de la fenêtre, en face de cette vaste mélancolie de la mort du jour à laquelle pas un être ne résiste. On sait que la lampe est prête, là, sur la table; que la clarté d’or fera sourdre les meubles amis et qu'il fera bon vivre dans leur intimité. Et l’on ne fait pas un geste, on attend; c’est un instant délicieux.
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