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Note moyenne 3.87 /5 (sur 124 notes)

Nationalité : Belgique
Né(e) à : Liège , 1955
Biographie :

Eugène Savitzkaya est un écrivain belge de langue française.

Il a publié très jeune des poèmes et des récits qui lui ont valu en Belgique et en France une reconnaissance précoce. Il a été pensionnaire de la Villa Médicis à Rome de 1987 à 1989. Il a reçu en Belgique en 1994 le Grand Prix triennal du roman pour "Marin mon cœur".

Hervé Guibert (qui juste avant sa mort avait stipulé qu'aucune correspondance de lui ne devait paraître "à part les lettres à Eugène Savitzkaya" ) a échangé avec lui une correspondance ( 1977-1987), publiée aux éditions Gallimard en avril 2013.

Il a été lauréat du Prix des Découvreurs 2004.
On lui doit aussi des textes de théâtre, notamment pour le groupe Transquinquennal. Eugène Savitzkaya a obtenu le prix Rossel 2015 pour son roman "Fraudeur", paru aux éditions de Minuit.

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Source : http://www.ville-boulogne-sur-mer.fr
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Vidéo de

Eugène SAVITZKAYA – Surpris par la Poésie (France Culture, 2003) L’émission « Surpris par la Poésie », par Frank Smith, enregistrée dans la Petite Salle du Centre Georges Pompidou, diffusée le 24 janvier 2003 sur France Culture.

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Citations et extraits (35) Voir plus Ajouter une citation
fbalestas   26 juillet 2020
Exquise Louise de Eugène Savitzkaya
Elle est Louise. Louise est pierre, désormais le prénom est repris aux garçons. Elle est dure, obstinée et lisse, personne ne peut l'attraper et rien ne peut entraver sa marche. Toutes les pierres sont filles et les garçons ne sont que de petits cailloux, des rochers détachés de la montagne de pierre. Louise est la mer et la forêt et la nuit entière.

Elle est la lumière, c'est-à-dire qu'elle est l'étoile la plus lumineuse et la plus proche dans la nuit des temps, le feu qui se consume et se transforme.
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Eugène Savitzkaya
moravia   06 septembre 2015
Eugène Savitzkaya
Mais parce que j'étais sensible à la poésie ! J'ai un frère aîné d'un an qui m'a initié à beaucoup de choses. Il me précédait. Nous avons lu très tôt du Michaux, des dadaïstes, des surréalistes. Je ne sais même pas comment il trouvait les livres, parce que nous vivions à la campagne. On partageait la même chambre et il me lisait des textes, le soir pour m'endormir. Je me souviens encore de moments précis de lectures de Michaux, de Beckett... C'est quelque chose qui est devenu très familier pour moi. C'était même devenu plus simple de lire de la poésie que du roman pour nous. Nous faisions un trio avec le fils du fermier de la ferme voisine. Dans cette ferme, il y avait de vieux greniers et on s'était aménagé un endroit. Il y avait un poêle, on faisait du feu et devant les flammes et le bois qui se consumait, nous inventions des poèmes, sur le moment, en buvant un peu de bière. J'avais à peu près quinze, seize ans. On écoutait aussi des chansons françaises, mais on parlait essentiellement, c'était de l'invention. La poésie est donc devenue pour moi la forme la plus familière à pratiquer. Ensuite, ça a été plus difficile de passer à un genre où il y a un personnage. Ce passage a été incité par Jérôme Lindon. Il m'a conseillé de parler de grands thèmes comme celui de la mort et de l'amour. Et donc, il a fallu que je trouve un personnage. J'ai pris un personnage qui était près de moi et qui restait mystérieux. Donc, c'était vraiment un personnage romanesque. J'ai beaucoup aimé ce passage au roman. On peut faire des portraits dans la poésie, mais dans la prose, il ne faut pas avoir peur d'avoir quelque chose de perdu, en trop, car ça amène d'autres choses. On écrit et parfois ce n'est pas utile d'insister, mais quelque chose naîtra quand même de cette insistance. C'est comme ça que j'imagine un peu la prose. Il ne faut pas avoir peur de broder un peu, alors que la poésie, c'est plus ramassé, il n'y a pas vraiment de nuances, du moins telle que je la pratique.



(http://culture.ulg.ac.be/jcms/prod_578464/fr/interview-d-eugene-savitzkaya?part=1).
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moravia   18 octobre 2014
La traversée de l'Afrique de Eugène Savitzkaya
Il s'agissait de petits cochons gris, hideux avec leur poil ras, leurs oreilles tremblantes, leur groin. Très vite, ils devenaient nerveux et méchants : il suffisait d'un peu trop de bruit ou de vent, il suffisait d'un peu de poussière, et, agacés, ils montraient leur immonde dentition, l'intérieur de leur gueule, ils criaient, rotaient, mordaient. Ils détruisaient nos arbres, piétinaient le jardin, les fleurs, fouinaient. Basile les détestait. Et ils pouvaient devenir dangereux.

Mais nous nous dissimulions dans la charrette du haut de laquelle nous leur jetions des pierres et des immondices pour les décourager ou les calmer. Parfois ils s'apaisaient, s'étendaient sur le sol, n'importe où, et admiraient notre véhicule au milieu des champs.
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Pirouette0001   02 juillet 2018
À la cyprine de Eugène Savitzkaya
Elle passe, elle passe

la joliette

elle est passée

la jolie, la jolie vie

Qu'as-tu couru mon mignon ?

As-tu moulu du son

et dans la boue

semé ?

Elle passe, elle passe

la jolie, la jolie vie
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moravia   16 octobre 2014
La traversée de l'Afrique de Eugène Savitzkaya
Nous aurions fait de piètres cultivateurs, incapables de distinguer un épi d'orge d'un épi de blé, l'ivraie du froment, le bambou de la canne à sucre, la ciguë du persil, le vent du nord du vent du sud, l'automne du printemps.

Eleveurs, nous aurions à coup sûr confondu tous les bestiaux, les femelles et les mâles, l'âne et le cheval, et nourri les vaches avec des pommes de terre, et les marchands nous auraient roulés et, trompés, nous ne nous serions même pas défendus, ignorants des coutumes et n'éprouvant aucun intérêt pour elles.
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claudeparis   31 juillet 2015
Fraudeur de Eugène Savitzkaya
Et ses fils lui répétaient la même chose, ne pense pas, ne pense plus. Est-ce que les pensées sont parfois comme des poux ? Est-ce que les pensées sont comme des vers dans les intestins du temps, les suceurs du mouvement des astres ? Est-ce que les pensées sont des termites dans la charpente des toits ou des tarets dans les poutres des pontons ? Et la mère de l'enfant cessa de penser, résolument.
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MuJo   23 juin 2012
Marin mon coeur de Eugène Savitzkaya
Un beau désordre vaut mieux qu'une inerte ordonnance
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coco4649   03 octobre 2019
Les couleurs de boucherie de Eugène Savitzkaya
Séquence Boucherie, fabrique





Extrait 4



Cria, porta ses draps hors de sa

chambre, les mêla, les colora, l

es mouilla avec l'herbe, les

donna à la fontaine, blanc édi-

fice, les jeta au décor, aux

statues, aux animaux, les dis-

persa aux boues, jaunes bouche-

ries, les perdit et périt,

foudroyé, maitre livide du jeu,

se dévorant l'index ou le cou-

teau, mentant, portant ses draps

au-delà de l'enceinte, aux cata-

pultes, aux sentinelles, les mê-

lant, morceaux et touffes, se

colorant aux buissons, pourpre

sous le feuillage, obscur garçon

devenu, pourpre mort, se mouil-

lant sur le pré avec les trèfles

et les cœurs, se donnant à la

fontaine, voué et pur, se jetant

au feu où il se déchira, voué

et pur, pourpre mort, et dévora le

linge qui puait, les feuilles

autour, au tronc, à la tête,

les figures, les morceaux perdus,

mêlés aux buissons et colorés

de la fontaine, des catapultes

blanches, et dévorant périt,

montrant sa fleur le palétuvir,

son bâton l’épée, l’incarnation,

le linge mouillé, les draps souil-

lés, ses couleurs, ses armes, et

dévorant péri, châtié périt, le

pourpoint aux orties.
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coco4649   21 mars 2020
Les couleurs de boucherie de Eugène Savitzkaya
Même oppression…





Même oppression des chambres fermées avec l'habitant unique, gisant, gorge percée et sternum retiré du corps, du fuseau ceint et rayé. Corps vaste entièrement marqué, totem usé à ses rameaux et flèches, tout maculé. Bison embaumé avec les loups, cousu à l'intérieur du tombeau (et on éparpille ses organes, tout son contenu refroidi ; on ensevelit sa corne fléchie, voilée). Simple objet d'incinération. Et on use les pylônes, les piles d'excréments, les pals ternes dont on a manipulé la base, le rasoir de la pointe. Simple outil, un peu pesant, d'usure (usage quotidien d'une même lame), de lustrage et d'oppression des métaux contre un champ pur ou salé. Usage d'une même flèche (fine et lisse porteuse, infime projectile) pour différents matériaux à dépecer, à ternir à mort d'un heurt. Matériau enseveli ou usé par plusieurs mains dans une petite loge inhabitée, chambre d'incinéré (cuirs et ivoires brûlés par un stylet porté à deux mains à la plus pure pointe). Ensevelissement le plus souple.
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claudeparis   31 juillet 2015
Fraudeur de Eugène Savitzkaya
L'espoir prolonge et aggrave la misère humaine, seul est heureux celui qui a perdu tout espoir.
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