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Biographie :

Mme Eva le Grand enseigne la littérature à l’Université du Québec à Montréal. Docteur en littérature comparée, sa recherche porte sur l'esthétique romanesque du XXe siècle, notamment sur les paradigmes du kitsch dans le roman contemporain.

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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
Kichigai   27 septembre 2017
Kundera, ou la mémoire du désir de Eva Le Grand
Sont ainsi visés, en vrac, dans ses romans :

la vision « idyllique » du monde, qui suppose un indéracinable rêve d’harmonie ;

le kitsch omniprésent, — catégorie que Kundera arrache au seul domaine esthétique, pour en faire une clé quasi universelle de nos comportements (ce qui lui permet, à l’encontre du préjugé le plus courant, de mettre en lumière la continuité qui existe entre l’univers communiste et celui de nos sociétés démocratiques) ;

l’illusion lyrique, sous toutes ses formes, et notamment celle qui s’acharne à poétiser le monde pour y retrouver quelque chose de l’ordre d’un fantomatique paradis perdu ;

la religion de l’enfance, et celle, aveugle, de la modernité en tant que telle (par quoi Kundera se situe dans la lignée d’un romancier comme Gombrowicz) ;

la promotion du sentiment en valeur, et le culte de l’amour-passion, — niaiserie romantique généralement perçue comme « naturelle », à l’opposé de l’érotisme lucide et souverain postulé à la grande époque du Libertinage ;

le totalitarisme au quotidien introduit par le règne de l’indiscrétion généralisée, ce qui amène par réaction à devoir réévaluer la pudeur comme une attitude désormais subversive ;

la façon dont le triomphe du Spectacle (et de sa variante que Kundera désigne du terme d’« imagologie ») a désormais supplanté le règne de l’idéologie, et a été à ce point intériorisé que tout un chacun est constamment amené à vivre comme s’il était « sous l’œil des caméras » ;

la bien-pensance elle aussi généralisée, et notamment le paradoxal conformisme de la révolte ou de l’indignation, — irriguée par ce que Nietzsche appelait la « moraline », qui fait aujourd’hui du procès l’activité intellectuelle la plus répandue ;

la haine systématique de l’art, masquée par son culte officiel devenu rite social inoffensif ;

la confusion des valeurs, et en particulier la formidable perte de sens produite par la multiplication des « expressions » (la « graphomanie » proliférante) et le foisonnement des messages (tel pourrait être, en fait, le trait le plus caractéristique de notre époque : celle où, peu à peu, imperceptiblement, le mot « communiquer » est devenu un verbe intransitif).



En bref, on le voit, notre monde, TEL QU ’ IL EST , la sorte de barbarie douce unanimement acceptée qui est l’horizon même de nos vies.





in préface de Guy Scarpetta
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